Les médecins et la marijuana : un sujet fumant

Pas facile de suivre les médecins canadiens en ce qui concerne le dossier de la marijuana consommée à des fins médicales. Après plusieurs débats et réflexions, l’Association médicale canadienne (AMC) a finalement précisé sa pensée sur le sujet.

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Photo : AFP/Getty Images

Pas facile de suivre les médecins canadiens en ce qui concerne le dossier de la marijuana. On les comprend : ils sont très mal à l’aise de devoir décider qui est en droit de fumer ou non.

Seulement voilà, ils n’ont pas le choix : Santé Canada, tout aussi mal à l’aise quand c’était elle qui distribuait les autorisations, a décidé de s’en laver les mains et de refiler aux médecins toute la responsabilité dans ce domaine…

Depuis avril dernier, c’est donc vers eux que se tournent les patients incapables d’apaiser certaines de leurs souffrances par un autre moyen. C’est aussi vers eux que se tournent les nombreuses compagnies qui veulent s’engouffrer dans ce nouveau marché !

Les malades n’ayant plus le droit de faire pousser leur propre cannabis, de nombreuses entreprises — bien trop nombreuses, vu le marché que la marijuana médicale est censé représenter — ont décidé de se lancer dans ce secteur potentiellement très lucratif…

Plusieurs médecins ont ainsi vu débarquer dans leur cabinet des représentants venus leur vanter les bienfaits de la marijuana à des fins médicales afin de les inciter à en prescrire, même si les preuves cliniques et les indications posologiques manquent encore.

Après trois jours de débat sur la façon dont la consommation de marijuana est devenue un enjeu politique, une séance d’éducation sur la marijuana médicale et plusieurs motions, l’Association médicale canadienne (AMC) s’est vue forcée de publier une mise au point pour préciser sa position.

Non, l’AMC ne recommande pas de fumer de la marijuana, puisque sa consommation sous forme de fumée inhalée a des effets néfastes pour la santé. Oui, l’AMC reconnaît que la marijuana peut avoir des effets bénéfiques pour certains patients, mais oui encore, l’AMC regrette que le gouvernement fédéral ne la considère pas comme tous les autres médicaments d’ordonnance. Oui, l’AMC estime aussi que l’on demande aux médecins de prescrire ce produit «aveuglément», étant donné l’absence de nouvelles données cliniques sur la sécurité et l’efficacité de la marijuana médicale. Et oui, l’AMC, réclame à Santé Canada qu’une recherche plus approfondie soit faite sur les bienfaits pour la santé de la marijuana à des fins médicales.

Voilà pour le résumé des positions officielles des médecins canadiens — du moins, celles de l’association qui les représente. Car rien n’est aussi simple pour qui a assisté aux échanges des médecins sur la question et les différents enjeux qui s’y rattachent.

Dans la vidéo ci-dessous : le docteur Pierre Harvey, porte-parole francophone de l’AMC, pour qui le dossier de la marijuana est «un peu le reflet de notre échec, au Québec et au Canada, pour offrir des services de qualité et disponibles dans le domaine de la gestion de la douleur chronique».

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