Les pharmaceutiques nous cachent encore des choses

Une récente étude de l’Université McGill montre que les compagnies pharmaceutiques ne divulguent pas tous leurs résultats de recherche. Le Dr Alain Vadeboncœur analyse le problème et ses conséquences sur la médecine et les patients.

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Photo : epSos.de/Flickr

Les compagnies pharmaceutiques ont souvent été frileuses de dévoiler les résultats de recherches moins «favorables». Le problème n’est donc pas nouveau. Une étude importante publiée récemment montre qu’il reste toutefois beaucoup de chemin à faire.
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Pourtant, depuis deux décennies, les choses s’amélioraient. Ainsi, tous les chercheurs — ceux des compagnies pharmaceutiques comme ceux des centres de recherche — sont maintenant tenus de divulguer leurs études sur Internet, afin de pouvoir suivre l’évolution des travaux et la publication des résultats. C’était un grand pas en avant.

C’est l’intéressant article de la journaliste Pauline Gravel, publié dans une édition récente du Devoir, qui a attiré mon attention sur le sujet. Elle rendait compte des recherches menées par Jonathan Kimmelman, professeur d’éthique biomédicale à l’Université McGill, à propos de la publication ou la non-publication de certains résultats. Le constat est plutôt renversant.

C’est que le professeur Kimmelman vient de montrer, une nouvelle fois, que la transparence ne fait pas encore vraiment partie des mœurs.

En se penchant sur des études menées de 2005 à 2009 sur des médicaments pour le traitement des maladies cardiovasculaires, des troubles neurologiques et du cancer, il a cherché à savoir si les résultats avaient été publiés ou non.

Le chercheur avait pour objectif de comparer le taux de publication des études portant sur les médicaments éventuellement approuvés par les autorités avec celui des médicaments qui sont refusés et ne sont pas (encore) commercialisés. Il faut rappeler qu’environ 80 à 90 % des médicaments mis au point ne sont jamais approuvés pour utilisation clinique, soit la vaste majorité.

Des résultats troublants

Les résultats sont étonnants : alors que 75 % des études menant à l’approbation d’un médicament sont publiées (notons qu’il en manque tout de même le quart!), seul un peu plus du tiers (37 %) de celles réalisées sur des produits refusés trouvent le chemin de la publication.

Pire : si 85 % des médicaments approuvés font l’objet d’une forme ou d’une autre de publication (résumé de recherche, actes d’un congrès, etc.), il est possible de mettre la main sur seulement 43 % des résultats d’études pour les médicaments non approuvés. Pour le reste, on ne peut se faire la moindre idée des résultats.

Le portrait est troublant : il nous manque beaucoup de données pour se faire une idée juste de l’état de la science en ce qui concerne certains traitements ou produits en médecine. Ma science médicale est donc pleine de trous.

Justifier le manque de transparence

Afin de justifier ce manque de transparence, les pharmaceutiques invoquent généralement deux types d’arguments.

D’abord un argument économique (c’est-à-dire essentiellement lié à la valeur de l’action) : la publication de ces résultats engendrerait des coûts et pourrait constituer un risque pour les compagnies pharmaceutiques — dont l’objectif, après tout, est de faire des profits, faut-il le rappeler.

Par ailleurs, on invoque la question de la confidentialité. En effet, depuis longtemps, les résultats de recherche sont considérés un peu sous le sceau du copyright, c’est-à-dire qu’ils appartiennent en propre aux compagnies qui les financent. Cette logique est compréhensible, mais il faut être conscient que cela peut aller beaucoup trop loin. En procès, on a déjà montré que des décès avaient effectivement été cachés à la connaissance des autorités, un biais inacceptable dans une société éthique.

On prive ainsi la science, la médecine et, en définitive, les patients eux-mêmes de résultats cliniquement importants.

Des résultats importants ou non ?

Tous les résultats (négatifs ou positifs) portant sur des substances qui sont commercialisées ou non sont importants — pour la science en général et pour la médecine en particulier.

Il est ainsi fondamental de prendre en considération toutes les données de recherche pour se faire une idée juste, par exemple, de l’efficacité ou de l’innocuité d’un médicament ou d’un groupe de médicaments auquel une substance peut appartenir.

Par exemple, pour faire le point sur l’efficacité d’un traitement, il faut réaliser une «méta-analyse», soit une vaste étude qui tient compte d’un grand nombre de recherches individuelles pour en tirer les conclusions les plus complètes possible. Des organisations comme Cochrane s’en font une spécialité et rendent des services inestimables aux médecins et aux patients.

Une méta-analyse réussie suppose d’étudier tout ce qui est publié sur un sujet donné. Mais s’il manque une bonne proportion des résultats, on a un problème avec la validité des conclusions.

Par exemple, imaginez qu’il manque une proportion considérable des études négatives, celles qui démontrent qu’un médicament donné n’est pas efficace : on obtient alors un biais systématique, soit une distorsion prévisible des résultats. L’efficacité apparente du médicament est ainsi surévaluée, puisque les résultats positifs sont davantage pris en compte que les résultats négatifs. On surestime donc faussement l’efficacité de la substance.

Construire la science médicale sur la base de tels résultats fait peut-être l’affaire de certains joueurs, mais c’est tout simplement un non-sens du point de vue scientifique. Imaginons que la physique, les mathématiques, la biologie moléculaire ou l’astrophysique écartent systématiquement les résultats qui ne font pas l’affaire des chercheurs !

Des risques pour les patients ?

On est même en droit de penser que les patients, notamment ceux qui acceptent de participer à des projets de recherche, encourent des risques supplémentaires à cause de ce manque de transparence.

Prenons une recherche sur une molécule donnée, dans laquelle on constate des effets secondaires néfastes. Si ces résultats ne sont pas publiés, un autre chercheur pourrait effectuer plus tard une recherche sur la même molécule ou sur une molécule semblable, mais sans connaître les données démontrant l’existence de tels effets secondaires néfastes.

La question éthique se pose donc : est-il justifiable de soumettre d’autres patients à des recherches comportant un risque connu, mais non diffusé ? La réponse est évidemment non. Ce qui place les chercheurs en porte à faux avec l’éthique. On sait pourtant que les patients doivent être informés de tous les risques encourus lorsqu’ils participent à une recherche. C’est d’autant plus important en recherche clinique que pour des traitements courants et acceptés. Ils doivent même signer un consentement qui décrit en détail ces risques.

D’autre part, le fait de ne pas publier les résultats est tout aussi problématique du point de vue de la transparence. On dit aux patients qui participent à des projets qu’ils n’en bénéficieront peut-être pas eux-mêmes (notamment parce qu’ils pourraient recevoir un placébo), mais on ajoute qu’on soignera peut-être mieux les patients futurs grâce aux résultats. Or, si ces derniers ne sont jamais publiés, qu’en est-il de cette promesse ?

Dans l’étude du professeur Kimmelman, on estime qu’avec l’échantillon considéré, on a fait courir certains risques potentiels (comme dans toute recherche) à environ 20 000 patients, sans pour autant aider la science, puisque les résultats sont restés lettre morte.

Comment améliorer les choses ?

Les gens se sentent peut-être plus ou moins concernés par ces enjeux. Pourtant, on parle ici de recherches qui influencent (ou non) l’évolution de la pratique médicale. Faire des recherches sur ce problème et en discuter ensuite ouvertement et publiquement constituent déjà une avancée.

Ensuite, c’est aux gouvernements d’imposer ce qui est dans l’intérêt de la population, à savoir que toutes les données provenant de la recherche soient publiées — et ce, qu’elles soient favorables ou non à un médicament, à un chercheur ou à une compagnie pharmaceutique. Quand on parle de la santé des gens, c’est à ce niveau d’exigence qu’on doit s’attendre.

Un autre enjeu dont on ne parlera pas en campagne

La question de la recherche pourrait faire l’objet d’un enjeu électoral, ne serait-ce que pour le financement, quand on voit les compressions appliquées et leurs répercussions. Bon, on peut toujours rêver.

De manière plus particulière, les partis devraient s’engager à ce que le Canada exige la publication de tous les résultats de recherche. Compte tenu de l’influence canadienne en recherche, malgré la taille modeste du pays, les effets d’une telle position ne seraient pas à négliger.

Pour leur part, les organismes subventionnaires publics, qui dépendent des gouvernements, mais qui travaillent aussi de plus en plus en partenariat avec les pharmaceutiques, devraient exiger davantage de transparence dans la diffusion des résultats.

Comme le fait le professeur Kimmelman, il faut encourager les institutions à refuser de participer à des études sans garantie de publication des résultats, positifs ou négatifs. Un des obstacles, c’est que les centres de recherche et les universités sont en conflit d’intérêts, parce qu’en ces périodes où le financement public diminue, les laboratoires ont besoin des fonds des compagnies pharmaceutiques pour survivre.

Mais si on met tous les enjeux dans la balance, on doit conclure qu’il faut favoriser la publication des résultats de toutes les recherches médicales. C’est une question de qualité, d’intégrité et de loyauté envers les patients.

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Mais que fait santé canada:
zzzzzzz

Bah, c’est pas grave, les conservateurs vont arranger ça. C’ets pas comme s’lls étaient copain-copain avec les grandes coprporations.
Désolé, j’ai pas pris mes pilules.

Ça serait bien qu’une volonté politique existe à ce sujet, mais je doute en effet de la trouver dans le gouvernement conservateur. Merci pour les commentaires.

« La question de la recherche pourrait faire l’objet d’un enjeu électoral, ne serait-ce que pour le financement, quand on voit les compressions appliquées et leurs répercussions. Bon, on peut toujours rêver. »

Je comprends tout à fait, et appui à 99%, l’idée de dépolitiser le financement de la recherche médicale, mais tant et aussi longtemps que ce seront des politiciens qui vont fournir les enveloppes, je tiens mordicus à ce que ces décisions soient étalées sur la place publique et que ça fasse partie du débat de société, surtout en campagne électorale!

La recherche médicale financée publiquement n’est généralement pas « politisée » dans le sens où on l’entend habituellement. Les fonds publics sont dirigés vers des organismes de financement (IRSC, FRSQ, etc), qui les distribuent selon leurs critères scientifiques. Par contre, le financement privé (eg: essentiellement pharmaceutique) prend de plus en plus de place, ce qui crée un environnement où leurs intérêts sont de mieux en mieux protégés, ce qui ne coïncide pas nécessairement avec celui de la population. D’où l’importance de réfléchir à la question et notamment à celle de la transparence. Merci pour les commentaires.

J’ai testé l’ ABT 874. cet anticorps monoclonal des interlukines 12 et 23 a guéri mon psoriaris en 1 mois. Toutefois j’ai du cesser l’étude; problèmes pulmonaires majeurs, vertiges, pharyngites, problèmés circulatoires act.. Ce médicament a été arrêté aux USA pour » major cardiac event » On m’avait bien assuré que cette 2e étude était sécuritaire. Allez voir sur internet le résultant de la 1e. Abbott a risqué ma vie sans me prévenir et pour rien.

C’est en effet inquiétant, mais disposiez vous des informations requises? Auriez-vous plus de précision sur la première étude? Merci pour les commentaires.

La première étude fut effectuée sur 200 sujets en Angleterre. Le dosage était 90 mg. L’amélioration sur les sujets ayant recu la molécule comparé au groupe placebo fut 75%. Toutefois 79 % présentèrent des effets secondaires divers : infections, pharyngite,vertiges, problèmes gastro-intestinaux ect…Ce qui pour Abbott est considéré MINEUR. 4 % présentèrent des troubles MAJEURS ( ceux ayant nécessité une hospitalisation) on parle ici d’infractus du myocarde, pneumonie, infection majeure et dépression majeure. On note cependant qu’aucun décès n’est survenu lors de cette étude. J’ai pu lire ce rapport, mais n’ai pu en faire une copie car le dermatologue m’a souligné qu’il était la propriété d’Abbott.. A noter que la FDA a refusé l’homologation du BRIAKINUMAB lors de la 2e cohorte à cause de nombreux cas de MACE (major adverse cardiac event). Plutôt que poursuivre la recherche qui avait déjà du leur coûter des millions, ils ont préféré retirer leur demande d’homologation. On est en droit de se demander pourquoi. Cette 2e étude sur plus de 2000 sujets en Angleterre, au Canada et aux États-Unis haussait la dose à 200 mg aux deux semaines, Ce que j’ai recu et le résultat fut miraculeux; non pas amélioration, mais guérison totale en q.q. semaines. Ensuite le cauchemar, souffle court au repos, rhinite, pharyngite, vertiges, peresthésie et autres que je préfère garder confidentiels. j’ai été un an sans psoriasis et puis retour au départ avec un capacité pulmonaire réduite, sinusite chronique, paresthésie auquel je me suis plus ou moins adapté. Effets secondaires majeur à 90 mg, mais on autorise quand même une seconde étude en haussant la dose à 200 mg, Bravo aux comités d’éthique ayant autorisé cette progression. Jouer avec les interlukines, médécine du futur ? combien de cobayes y laisseront la vie ou du moins leur santé

Tout cela n’est pas du tout rassurant. Nous demandons PLUS de transparence et exigeons de connaître tous les résultats des recherches……….Que fait le Gouvernement dans tout ça??

On pourrait dire: les gouvernements. Seule une approche globale peut résoudre la question. C’est peut-être d’ailleurs une partie du problème. Merci pour les commentaires.

M. Vadeboncoeur. Seriez-vous intéressé par ce qui arrive aux cobayes d’une étude APRÈS que l’étude soit terminée ou cessée à cause d’effet secondaires trop graves ? On nous promet le suivi médical necessaire PENDANT l’étude, mais APRÈS ..plus rien.

Pourtant, s’il y a des complications, elles devraient être assumées par les compagnies de recherche. Je ne connais pas bien les règles à cet égard. Il y a peut-être des manquements. Merci pour les commentaires. Oui, je serais intéressé.

la règle est simple lorsque que l’on est sur l’étude le suivi médical est impeccable, examen réguliers, accès au dermatoloque responsable rapide et sans délais. On est traité aux petits oignons. Les problèmes arrivent, encore là aucun problèmes, consultations en pneumologie, orlo, neurologie dans les jours suivant la demande. Esseyez ca dans le systême régulier. Vos effets secondaires majeures mettent fin à l’étude, THAT’S IT vous ne faites plus partie de l’étude, on vous donne 125$ pour vos frais et le centre de recherche et Abbott ferment Le dossier. Après c’est VOTRE PROBLÈME. Aucun recours possible, qui voudrait poursuive une multinationale, surtout que j’avais signé un long document dégageant Abbort de tout recouRs pour divers effets secondaires incluant la mort. Eh oui j’ai signé ca. En retour ils m’assurait le suivi médical nécessaire PENDANT L’ÉTUDE, PAS APPRÈS.

Les médicaments constituent un élément primordial du traitement et un facteur déterminant sur son coût. Les compagnies pharmaceutiques font tout pour contrôler les prix des médicaments (quitte à créer la rareté) et les résultats des recherches. Je me demande sérieusement si il n’y aurait pas lieu de créer une compagnie gouvernentale associée aux chercheurs universitaires canadiens qui auraient comme objectif de garantir l’approvisionnement à un prix raisonnable tout en stimulant la recherche médicale et pharmaceutique ici. Je ne suis généralement pas en faveur de l’étatisation mais dans ce cas précis je ferais une exception.

La proposition a déjà été soulevée. Il y a beaucoup de facteurs en jeu. La question a même été posée au ministre G Barrette lors de sa conférence récente. Il a répondu que certaines dispositions des traités de libre-échange pourraient aller à l’encontre de telles propositions. Il y a aussi la question de la capacité de créer de telles compagnies, et d’assumer les coûts énormes de recherche (donc les risques) publiquement. Mais c’est certainement un idée à approfondir. Merci pour les commentaires.

Le député Amir Khadir propose depuis un certain temps de créer un organisme pour produire nous même des médicaments génériques et baisser ainsi le coût total de la facture de l’assurance médicament.

Ce qui m’amène à penser qu’une usine gouvernementale qui réduirait les coûts de notre assurance médicament pourrait utiliser les mêmes équipements pour s’associer aux universités pour la recherche et ainsi, garder une indépendance par rapport aux compagnies pharmaceutiques.

Ce serait un beau projet de société à mon humble avis.

Après avoir lu le livre Remèdes mortels et crime organisé je crois qu’il faut être prudent et poser des questions à son médecin et à son pharmacien.

Merci pour un article détaillé et équilibré. En plus, vous avez montré des solutions possibles en mentionnant l’idée de Kimmelman. Vous donnez vraiment de quoi réfléchir.

J’ai beaucoup de respect de voir un professionnel de la santé, remettre en question la transparence de l’industrie pharmaceutique!!! On le dira jamais assez, « les médicaments ne sont pas des bonbons miraculeux » !!! Tu peux en payer le prix!! Je suis moi- même abonnée à ses petites pilules. Je sais très bien pourquoi et comment elles fonctionnent dans mon corps mais ce que je ne peux savoir de la part de personnes, c’est comment ses comprimés inter-agissent entre eux. On ne le sait pas!!! et si tu commences à avoir des effets secondaires qui t’empoissent la vie, on te réplique c’est ça ou bien la maladie va reprendre ses droits. Après on te fait regarder les bénéfices et on oublie complètement que les dits médicaments te rendent malades!! Alors tu n’as autre choix que » d’avaler ta pilule et arrêter de te plaindre « . J’ai une épée de Damoclès au-dessus de moi et je n’ai aucune instance, aucune autorité pour pouvoir m’aider!! Et toi tu sais qu’il y a quelque chose qui n’est pas normal!!! Je suis vraiment un COBAYE !!! S.V.P: Soyez plus critique et vigilant quand on vous prescrit un médicament..Ce n’est pas du BONBON.

Si un médicament a un effet positif, c’est qu’il modifie en quelque part le fonctionnement normal de ton organisme.et malheureusement ton corp est un tout, rien ne peut y être isolé. Donc il faut accepter la balance positif/négatif. Malheureusement le but d’une compagnie est de faire du profit et c’est normal. Ce qui ne l’est pas est de mettre sur le marché des NOUVEAUX médicaments, souvent pas meilleurs que ceux qu’ils remplacent et ce uniquement parce ce que la période de protection de leurs brevets est écoulée

Artcile très intéressant.

Toutefois, la même chose arrive avec la recherche fondamentale fait en université. S’il n’y a pas de résultat ou si les résultats sont négatifs, les chercheurs ne sont pas tentés de les publier. Pire les maisons d’édition des journaux scientifiques non plus…

Des résultats négatifs font également mal aux chercheurs fondamentaux, car après les institutions leur accordant leur financement sont moins tenté de les financer…

C’est un cercle vicieux dans tout le monde de la recherche et pas seulement pharmaceutique.

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