Les prisons menacent la lutte au sida

En cette journée mondiale du sida, le bioéthicien américain Arthur Caplan rappelle que la lutte au VIH passe par un bien meilleur contrôle de l’infection dans les prisons.

D’un bout à l’autre de la planète, explique ce grand spécialiste des questions éthiques dans son blogue Breaking Bioethics, les prisons abritent des taux records de personnes aux prises avec le VIH.

Aux États-Unis, 2% des deux millions de prisonniers sont séropositifs, contre 0,3% de la population générale.

«Les prisons sont des incubateurs de maladies. Elles sont sales et surpeuplées, l’hygiène y est limitée, les drogues et les contacts sexuels à risque y sont courants. Non traité et libre de proliférer, le VIH – comme la tuberculose et d’autres infections – risque de muter dans des formes que nos médicaments actuels pourraient ne pas traiter», écrit-il (traduction libre).

Aux États-Unis, selon Arthur Caplan, 20 % des personnes séropositives sont passées par les prisons.

Au Canada, ce n’est guère mieux : selon les services correctionnels, les personnes incarcérées dans des pénitenciers fédéraux ont un taux de taux de VIH 15 fois supérieur à celui de la population générale, et 39 fois plus d’hépatite C.

Ailleurs dans le monde, la situation est souvent encore plus grave. Selon l’OMS, 4% des prisonniers sont séropositifs en Argentine et au Brésil (jusqu’à 20% dans certains établissements), 5% en Russie, Ukraine et Estonie… et 40% dans certains pays africains.

Pour juguler l’épidémie de sida, croit le bioéthicien, on devra consacrer beaucoup plus de moyens à la prévention et aux traitements dans les prisons: suivre mieux l’état de santé des prisonniers et surveiller la prise de médicaments, les éduquer à propos des pratiques à risque, leur fournir des condoms et éventuellement des seringues propres…

Et ce, même si ces mesures sont impopulaires, parce que bien des gens vont penser qu’on n’a pas à investir autant pour s’occuper des criminels.

Sauf que faute d’interventions efficaces dans les prisons, le VIH va toujours garder une longueur d’avance sur les mesures de lutte mises en oeuvre dans le reste de la société.

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Les prisons SEMBLENT être des incubateurs de maladies, mais ce n’est pas évident quand on regarde les choses en contexte. Par exemple, Mme Borde affirme:

« Aux États-Unis, 2% des deux millions de prisonniers sont séropositifs, contre 0,3% de la population générale. »

Cela semble dramatique, mais ce ne l’est PAS quand on regarde les choses plus objectivement.

PREMIÈREMENT, 44 % des prisonniers sont noirs (les noirs ne forment que 12 % de la population américaine), et 46 % des séropositifs américains sont noirs.

DONC, 1,15 % des noirs américains sont séropositifs, comparativement à 0,18 % des « blancs » (les autres).

Il serait donc tout à fait normal que 0, 7% de la population carcérale soit séropositive, à cause de la prédominance de noirs dans les prisons.

Le 2 % de Mme Borde, mis en contexte, devrait se comparer, à première vue, à 0, 7 %, et non à 0,3 %, SI les séropositifs sont aussi peu porté vers les activités à risque (lire: illégale) que les séronégatifs.

(C’était le premier contexte)

Par ailleurs (2ème contexte) il est quasi évident qu’un groupe ayant fait la preuve de comportements à risque et pas très cashères (les séropositifs) est PLUS porté vers des comportements à risque (lire: illégaux) que ceux le groupe des séronégatifs.

En somme, la séropositivité est sans doute un facteur de risque vers la pratique d’activités illégales passibles de prison.

Conclusion: il y a 2 % de séropositifs dans les prisons américaines parce que:

1) près de la moitié des prisonniers sont noirs; ce facteur fait monter le 0,3 % de Mme Borde à 0,7 %.

2) les séropositifs sont, en moyenne, plus portés vers des gestes illégaux. Ce facteur fait sans doute monter le 0, 7% à 1,4 % et qui sait, peut être même 2 %.

En somme, la preuve est loin d’être faite que les prisons sont des incubateurs à SIDA.

Je résume pour ceux qui n’ont pas le temps de lire mes commentaires précédents:

Se pourrait-il que 2 % des prisonniers soient séropositifs dans les prisons américaines (alors que seulement 0, 3 % de la population générale est séropositive) PARCE QUE 2 % des criminels sont séropositifs AVANT d’entrer en prison?

Il faut d’abord répondre à cette question avant de prétendre que les prisons américaines sont des incubateurs de SIDA.

On a qu’à regarder le retour de la tuberculose dans des formes qui des fois RÉSISTENT À TOUT MÉDICAMENTS CONNUS – straight out from les prisons de l’ancienne URSS.

je ne suis pas surpris… et les prisons américaines sont honteuses…

Rien de suprenant à ce que les prisons soient des foyers du sida. Dès le début de l’épidémie dans les années 80, les personnes de race noire et les homosexuels mâles ont été identifiés comme étant les plus touchés et les plus à risque. Mais le politically correct a rapidement pris le dessus. Le sujet est devenu tabou et l’est encore.

Pas vraiment.
Cependant, comme le cas terrible de certains pays africain le prouve, il faut peut-être arrêter de se focuser ainsi sur le duo ‘pêcheurs’ des toxicomanes et surtout gays en matière de lutte globale au SIDA – les hétérosexuels forme la majorité des cas en Afrique par example, et je ne serait pas surprise dans d’autre pays moins riches, comme l’Inde.

En plus, ca stigmatise ces groupes.

@honorable, dans le post numéro 3,
Je ne pense que vous résumez pour ceux qui n’ont pas eu le temps de lire vos commentaires, mais plutôt pour ceux qui n’ont rien compris à votre pseudo analyse …
Personne n’a jamais dit dans cet article que le 2% de séros avait attrapé la maladie dans les prisons.
Surtout pas Mme Borde, qui d’ailleurs ne fait que relater les propos du bioéthicien américain Arthur Caplan.
Une meilleure compréhension des textes serait des plus honorables avant de réagir à tort et à travers.

@malt, l’argumentaire de Caplan se résume à ceci:

1) il y a 2 % de séropositifs dans la population carcérale; il y a 0,3 % de séropositifs dans la population en générale.

2) les prisons sont sales et peu hygiéniques.

3) Dons les prisons sont des incubateurs de maladie.

Je dis simplement qu’il serait intéressant de vérifier cette assertion par des données empiriques:

a) quelle est la proportion de séropositifs à l’entrée en prison (Caplan ne le dit pas).

b) quelle est la proportion de séropositifs 10 ans plus tard (Caplan ne le dit pas).

S’il y a 2 % de séropositifs à l’entrée et à peine plus de 2 % 10 ans plus tard, son argument ne tient pas.

S’il y a 1 % de séropositifs à l’entrée et 2 % 10 ans plus tard, son argument tient.

Je suis prêt à croire ce qu’il prétend, mais il ne me donne AUCUNE donnée quantitative pertinente sur le sujet. Que fait donc cet article non scientifique de Caplan dans un blogue scientifique?

Faut dire aussi que même les prisons canadiennes ont un coté obscur…

Regarder la dénonciation des viols en prisons américaines, une horreur passé sous silence par un certain revenchisme conservateur et toute l’attitude envers les crimes sexuels hommes-contre-hommes…
Est-ce mieux au Canada?

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