Les Québécois ne se feront pas prier pour aller se faire vacciner

Les Québécois sont plus nombreux que le mois dernier à désirer se faire vacciner contre la COVID dès que ce sera possible. Leurs voisins aussi. Mais pas ceux du Sud. 

Crédit : L'actualité

Il y a de l’espoir pour 2021. Des vaccins, que le monde entier appelle de tous ses vœux, semblent sur le point d’être homologués.

Mais dans l’immédiat, la situation n’est pas rose en Amérique du Nord. Aux États-Unis, la pandémie est hors de contrôle avec plus de 150 000 nouvelles infections par jour depuis le début novembre. Les infections sont aussi en hausse dans plusieurs provinces canadiennes. Au Québec, le premier « défi 28 jours » imposé au début octobre par le gouvernement Legault n’a pas eu les effets désirés sur la propagation de la maladie. Alors que le troisième « défi 28 jours » commencera sous peu, le Québec accumule en moyenne plus de 1 000 nouvelles infections chaque jour. La situation demeure pour le moins précaire avec le temps des Fêtes à l’horizon.

Les vaccins arrivent. Il y a de l’espoir.

Dans le dernier coup de sonde de la maison Léger publié mardi, nous constatons qu’une forte majorité de Québécois demeurent ouverts à l’idée de la vaccination contre la COVID-19 dès qu’un vaccin approuvé par les autorités sera disponible. En effet, 73 % des Québécois et 69 % des Canadiens affirment qu’ils ont l’intention de se faire vacciner :
Il est important de souligner que, parmi les répondants canadiens, la fraction affirmant avoir l’intention de se faire vacciner a augmenté de 6 points depuis un mois (c’était 63 % au 13 octobre) et la proportion de ceux qui affirment ne pas vouloir du vaccin a glissé de trois points (17 % en octobre). Nous observons les mêmes tendances au Québec. Alors que 73 % des Québécois assurent vouloir recevoir le vaccin dans ce nouveau sondage, cette proportion n’était que de 65 % en octobre. Ce déplacement de l’opinion publique canadienne concernant le vaccin pourrait-il s’expliquer par la forte hausse des infections au pays au cours du dernier mois ? Par le désir de retrouver une certaine liberté prépandémie ? Ces hypothèses méritent d’être étudiées.

Parmi les répondants de l’échantillon américain du sondage, seulement 48 % affirment avoir l’intention de se faire administrer ce nouveau vaccin lorsqu’il sera disponible (ils étaient 47 % en octobre). Considérant que le virus se propage comme un feu de brousse cet automne chez nos voisins au sud de la frontière, cette donnée est inquiétante.

Heureusement, les conspirationnistes antivaccins occupent beaucoup moins d’espace au Canada qu’aux États-Unis. En effet, dans le même sondage Léger, on demande aux répondants : « Pensez-vous personnellement que les vaccins sont dangereux et qu’ils ne doivent pas être pris ou administrés ? » Nous observons les mêmes proportions au Québec et au Canada : 9 % des sondés répondent par l’affirmative, alors que 79 % sont d’avis contraire. Aux États-Unis, c’est 21 % des répondants qui croient que les vaccins ne devraient pas être administrés :
Que faire toutefois avec les citoyens qui refuseront le vaccin ? Le gouvernement dispose des outils législatifs pour rendre la vaccination obligatoire, mais de telles mesures coercitives pourraient potentiellement créer des fractures importantes au sein de la société. En effet, près de la moitié des répondants québécois croient que le vaccin devrait être administré sur une base volontaire, alors que l’autre moitié est d’avis que la vaccination devrait être obligatoire.
La proportion est similaire au Canada avec 42 % des électeurs en faveur de la vaccination obligatoire. Aux États-Unis, seulement 29 % des répondants sont de cet avis.

Après les casse-tête du confinement du printemps, du déconfinement estival et du reconfinement partiel cet automne, les gouvernements sur le continent devront bientôt gérer une nouvelle problématique : la distribution massive de vaccins auprès de la population, dont une fraction non négligeable y sera réticente. Il s’agira certainement d’un défi de taille.

Néanmoins, il semble bien que nous puissions voir la lumière au bout de ce long tunnel qu’aura été l’année 2020. Il n’est donc pas frivole de faire preuve d’optimisme prudent à l’aube de 2021. Vive la science.

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