Les sacs de plastique remplis d’idées fausses

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Devinette. Un sac de plastique et une feuille de laitue sont dans un dépotoir. Dans dix ans, qui sera toujours là?

La réponse, c’est… les deux ! Dans un dépotoir, il n’y a ni lumière, ni oxygène, et rien ne s’y décompose ou presque. Les déchets y sont en quelque sorte momifiés. Les pages des journaux restent lisibles pendant au moins 50 ans, les restes de table sont intacts après 15 ans et les sacs de plastique pendant une durée encore indéterminée. Des chercheurs de l’Arizona l’ont prouvé dans les années 1980 en menant des fouilles archéologiques dans les dépotoirs américains, qu’ils racontent dans un livre passionnant (malheureusement pas traduit en français).

D’après Basil Favis, professeur au Centre de recherche sur la plasturgie et les composites à l’École polytechnique de Montréal et spécialiste des plastiques biodégradables, le débat sur l’interdiction des sacs de plastique est biaisé par de nombreuses idées fausses.

La première, c’est celle qui voudrait qu’il soit beaucoup plus dommageable de jeter des sacs au dépotoir que n’importe quel autre déchet. En comparant ce qu’il arrive au sac de plastique et à la feuille de laitue, on voit tout de suite que cette idée ne tient pas la route.

On dit aussi que les sacs d’épicerie ne sont pas recyclables. C’est faux! Le polyéthylène dont ils sont faits est facile à recycler. Mais la plupart des centres de tri refusent les sacs parce que les séparer donne trop de boulot par rapport à ce qu’ils rapportent. La situation est pire depuis que certains sacs sont faits de matières biodégradables impossibles à recycler, qui contaminent les ballots de polyéthylène et font baisser leur valeur marchande. « Comment voulez-vous fabriquez des banc publics ou des vêtements en plastique recyclé si une partie de celui-ci se dégrade rapidement ? », me disait l’été dernier Daniel Gaudreau, PDG de Gaudreau Environnement, à l’occasion de mon enquête sur La grande illusion du recyclage.

Troisième idée reçue: les sacs biodégradables sont forcément plus verts. Savez-vous que nombre d’entre eux sont faits à partir du pétrole ? «Seuls ceux issus de ressources renouvelables permettent de résoudre ce qui me semble être le problème numéro un avec les sacs d’épicerie : le fait qu’ils consomment de grandes quantités d’une ressource, le pétrole, qui s’épuise », dit Basil Favis.

Sachant tout cela, pensez-vous qu’on devrait les interdire, les faire payer ou privilégier d’autres solutions? Une idée comme ça, pour lancer le débat : faire payer les stationnements des supermarchés plutôt que les sacs?

Photo :  Steve Punter

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Il me semble que le débat est à moitié dépassé, non?

Pour les « sacs d’épicerie » (ou supermarchés), en France, on se dirige vers la solution du pas de distribution systématique de sacs en caisse, les clients venant avec des sacs réutilisables (=solide, qui durent 1 an).

Mais reste le problème des sacs poubelles.

Des sacs réutilisables de coton ou autres fibre naturelle.
Ne devrait-on pas simplement incinérer systématiquement les déchets non-recyclables et non-compostables?

La solution est bien sûr le sac réutilisable! C’est celui qui a le plus de chance de diminuer le volume de déchet produit.

Ça va faire 4 ans que j’ai les mêmes sacs réutilisables, qui devraient faire un autre 4 ans! Je les utilise toutes les semaines.

At-on déjà analysé comment les fabricants de sacs de plastique écouleront désormais leur produit maintenant qu’il a baissé en cote en Occident? Plusieurs témoignages d’amis ayant séjourné en Afrique attestent que le fléau est maintenant rendu là-bas, où son utilisation n’est pas restreinte. Nous serions donc encore une fois en face d’un déplacement du problème, que nous croyons résolu car nous ne le voyons plus. Mais au moins nous avons bonne conscience avec nos beaux sacs réutilisables!

D’accord avec Fabien pour l’utilisation des sacs réutilisable en tissu. Pour ce qui est des sacs poubelles, il est temps que l’on fournisse aux citoyens des contenants solides dans lesquels ils pourront mettre leur déchets. Ceux-ci seront vidés par les employés de la ville. Chacun aura à laver son contenant à chaque semaine. Visons la fin de ce sac plastique non nécessaire.

Je n’ai rien lu d’aussi pathétique depuis la dernière étude financée par des pétrolières pour nous faire avaler que le réchauffement climatique est une idée de l’esprit. Les océans sont remplis de ces sacs, ça on en parle pas! Quel groupe de lobbyistes est encore à nous prendre pour des cons? Finalement, quel est votre intérêt de participer à une telle désinformation?

Ah ! les sacs réutilisables… depuis que je les ré-utilise, je n’ai plus de sacs de plastique pour la poubelle. Depuis des années, je recyclais mes sacs d’épicerie en sacs à poubelle. Mais voilà que je dois maintenant les acheter. Pas simple, le problème…

En ajoutant (injectant) de l’oxygène dans le dépotoir cela ferait un peu comme un bac de compostage…Ici mes feuilles de laitue ne restent pas plus que quelques mois intactes.

Ici à St-Hyacinthe, on a trois bacs de couleurs différentes:
le brun pour les déchets décomposables ,tels que nourriture, feuilles, petites branchailles, mauvaises herbes du potager,etc ,
le vert pour le recyclage, tel le verre, journaux, autres revues, matieres plastiques
le gris pour toute matiere qui ne va pas au compostable et au recyclage
Ça va tres bien, il faut seulement prendre l’habitude.

Il me semble que la France est vraiment une décénnie en avance sur le Québec. La preuve, ca fait 3 ans que notre famille est de retour au Québec après avoir vécu à Grenoble et nous faisons notre marché à Québec avec des sacs réutilisables « Carefour » « Monoprix » et « Leclerc » !

Les touristes Francais sont tous mélangés en nous voyant sur la rue, mais bon !

Les fameux sacs de plastiques…………..??
Ce que j’ai toujours dit pour les sacs de plastiques est très bien décrit ici, JAMAIS je ne vais changer d’attitude et apporter des sacs à l’épicerie pour économiser les sacs de plastiques, les gouvernements ainsi que les médias ont donné un os à gruger et tous ont embarqué comme une parole d’évangile sans poser de questions. Pendant ce temps tous continuent à faire leur épicerie en automobile qui est cent fois plus polluante que ces sacs.
Comme toujours, j’ai encore raison, le pétrole et les taxes ont encore faussé les données.
P/S sans être imbécile, je les utilise pour mes vidanges au lieu d’en acheter d’autres beaucoup plus épais, ils font très bien mon affaire.

C’est sans parler du suremballage de tout ce que nous achetons. On achète une boîte de biscuits où chaque biscuit est emballé individuellement dans un sac en plastique et aluminium tout ça emballé dans un sac de plastique scellé, tout ça mit dans une magnifique boîte de carton décorée pour attirer notre attention. Et probablement qu’à la livraison dans un supermarché, toutes ces superbes boîtes étaient dans une méga-boite de carton. Et ces délicieux biscuits sont fabriquées en californie avec de la farine provenant de la saskatchewan et de la noix de coco d’amérique du sud…. On s’en sortira jamais! :o)

Les sac en plastique c’est quoi ?

Du pétrole.

Où est le pétrole ?

Enfoui sous terre.

Que ce soit un sac ou une nappe de pétrole qui soit enfoui sous terre je ne vois pas le problème.

L’argument est un peu faux de dire qu’une feuille de laitue et un sac plastique reviennent au même.

Je n’ai jamais vu une feuille de laitue accrochée à une branche d’arbre, sur le bord de la route ou dans l’estomac d’un poisson mourant. De dire que un résidu alimentaire ou un sac ne se décompose pas dans un site d’enfouissement est vrai, à condition qu’ils y soient. Ce qui n’est pas toujours le cas.

Il y a un suremballage généralisé et le sac de plastique en est un élément clé. Abandonner ce symbole est un bon début.

Même si le taux de décomposition du sac de plastique et de la laitue dans un dépotoir est à peu près le même, la question selon moi est: peut-on éviter de remplir nos dépotoirs inutilement?
Les 3RV (réduire, réutiliser, recycler, valoriser) devraient guider nos décisions. Ainsi, utiliser des sacs réutilisables et réutiliser nos sacs de platiques sont deux moyens faciles qui contribuent à diminuer la quantité de déchets qui se retrouvent dans les sites d’enfouissement. De plus, comme le mentionne un autre lecteur, beaucoup de ces sacs de plastique se retrouvent dans les cours d’eau, les lacs, les océans, et provoquent des impacts sur la faune aquatique.
L’utilisation de sacs biodégradables n’est pas non plus une panacée. L’utilisation de l’agriculture, dont la culture du maïs qui est très polluante, pour créer des biens matériels (ou de l’essence) amène également d’autres problèmes… Bref, pourquoi ne pas privilégier une solution simple et contrer le problème à la source: réduire notre utilisation avant de recycler et de réutiliser… Je pense donc que le fait d’interdire les sacs de plastique ou de les faire payer est une bonne solution, même si ces décisions sont parfois guidées par des idées fausses ou de la désinformation…

Les sacs oxo-biodégradables « EPI » peuvent être mis au recyclage sans problème, selon une étude du Centre de recherche industrielle du Québec (CRIQ) réalisée pour le compte de Recyc-Québec en 2007 :

« En somme, les deux sacs hydro-biodégradables étudiés (Eco FilmTM et BioBag®) ne sont pas compatibles avec la filière de recyclage des sacs de plastique traditionnels, car de nombreux problèmes ont été observés lors de la préparation des mélanges et lors de l’extrusion des profilés et des pellicules. De plus, le mélange de ces sacs avec les sacs traditionnels induit une chute importante des performances mécaniques des pellicules, principalement en ce qui a trait à la résistance à la déchirure.

Les sacs oxo-biodégradables « NéoSac et EPI » ont présenté une excellente compatibilité avec les sacs traditionnels lors de la préparation des mélanges et lors de l’extrusion des profilés et des pellicules. Toutefois, les pellicules obtenues à partir des mélanges entre les sacs « NéoSac » et les sacs traditionnels ont présenté une dégradation rapide et considérable après seulement quelques jours de vieillissement accéléré. Ces sacs ne peuvent donc pas être considérés comme étant parfaitement compatibles avec la filière de recyclage des sacs de plastique traditionnels.

Les sacs oxo-biodégradables « EPI », quant à eux, peuvent être considérés comme étant compatibles avec la filière de recyclage des sacs de plastique traditionnels, en raison des résultats obtenus lors de la préparation des mélanges et lors de l’extrusion des profilés et des pellicules de même que des performances mécaniques initiales des profilés et des pellicules et des performances mécaniques de ceux-ci à la suite du vieillissement accéléré. »

Source : http://www.recyc-quebec.gouv.qc.ca/Upload/Publications/MICI/Rapport-Criq-Sacs-2007.pdf

Les sacs de plastiques sont très utiles. Je les utilise pour mes déchets et pour bien d’autres utilités. Les hypocondriaques environnementalistes ont fait en sorte que maintenant les compagnies ont trouvé un moyen de plus pour nous extorquer encore plus d’argent. Et en plus on devra payer pour nos sacs a vidanges qui eux aussi sont en plastique.
Tout n’est que fumisterie et le réchauffement climatique aussi prétexte à nous faire payer toujours plus. Réveillons nous.

J’essaie autant que possible d’utiliser mes sacs réutilisables. Mais depuis je dois acheter des sacs de plastique pour la poubelle ou autre car j’utilisais toujours les sacs de plastique de l’épicerie. Alors où est le virage vert ?

À Serge Lessard, je réponds que ce n’est pas de l’hypocondrie que de réduire l’utilisation des sacs de plastique. Et à notre journaliste scientifique, je dis que son raisonnement par lequel elle saute à la conclusion que les sacs de plastique dans les dépotoirs ne sont pas plus dommageables que d’autres déchets ne tient pas la route. A-t-elle seulement pris la peine d’essayer de calculer (après tout elle se dit scientifique) la quantité effarante de sacs jetés par la population mondiale jusqu’à présent? Il était temps que les gens se rendent compte qu’il fallait arrêter cette surconsommation; d’ailleurs il serait temps qu’on arrête tout genre de suremballage – ce devrait être interdit par la loi.

@LouiseP:

Ce que vous appelez le « suremballage », c’est plutôt justifié.

Je ne vois pas qui irait choisir la viande saignante laissée à l’air ambiant toute la journée au marché plutôt que celle bien emballée…

Ne vous en faites pas. Si une entreprise se rend compte qu’elle peut couper sur du fla-fla inutile (quinze couches de carton ou de plastique) pour maximiser ses revenus, elle le fera.

Et n’hésitez pas à écrire à la compagnie pour qu’elle puisse économiser si elle suremballe avant de demander à l’État de nous créer un étage supplémentaire de bureaucratie et d’inspecteurs qui ne vont travailler que lorsque les médias vont avoir les yeux rivés sur eux.

Vous écrivez : « En comparant ce qu’il arrive au sac de plastique et à la feuille de laitue, on voit tout de suite que cette idée ne tient pas la route. »

Mais le fait sur lequel vous vous appuyez pour dire cela n’est qu’une comparaison échelonnée sur 10 ans. Or c’est sur de plus longues périodes qu’il faut regarder, et ne pas oublier qu’un dépotoir n’est pas complètement anaérobique.

Des fois je me demande si vous tenez vraiment à la rigueur scientifique.

Le plastique en lui-même est le problème. Sous presque toutes ces formes. Tout est fait en plastique maintenant. Et en plus d’être polluant, le plastique donne des objets de qualité inférieure. Le vieux VCR que mon père a achété en 1981 et qui fonctionne encore est presque entièrement composé de métal. Certes il est plus lourd, et je sais que produire du métal est aussi polluant, cependant il fonctionne toujours. Je suis sûrement passé au travers 3 VCR et 2 DVD de plastique depuis 1990.

Je ne sais pas comment se décomposent les déchets dans un dépotoir. Mais les milliards d’objets que l’on jette ne se retrouvent malheureusement pas tous au dépotoir. Des tonnes d’objets de plastique tel que sacs, bouteilles, ustensiles, contenants, emballages, etc. se retrouvent dans les cours d’eau et dérivent jusqu’à la mer.

Savez-vous qu’à certains endroits du Pacifique les concentrations de particules de plastiques sont plus importantes que celles du plancton? Imaginez quelle santé vous auriez si dans votre bol de céréales chaque matin on remplaçait 50% de vos corn flakes par des particules de plastique?

Vous voulez en savoir plus? Tapez «plastic island» dans Youtube. Des heures de plaisirs…

Mais bon, on ne demandera pas à nos gouvernements d’intervenir, cela irait à l’encontre de la loi ultime qui régit notre planète: le Saint-marché. Si le marché dit que le plastique est indispensable et qu’il est impossible à remplacer, et bien nous en mangerons.