Les supraconducteurs, Louis Taillefer et Avatar

L’équipe du physicien Louis Taillefer, professeur à l’université de Sherbrooke, publie cette semaine dans le magazine Nature un article qui rapporte une avancée dans la compréhension du mécanisme de la supraconductivité. Au Québec, plusieurs médias ont fait état de cette publication.

C’est indéniablement un bon coup pour l’équipe du physicien québécois. Mais l’université de Sherbrooke n’y va pas de main morte dans son communiqué pour mousser cette découverte qui, dit-on, «élimine un obstacle majeur pour le développement des matériaux supraconducteurs».

Je veux bien qu’on soit fier qu’un chercheur d’ici publie dans Nature, mais il y a des limites à essayer de nous faire croire que sa découverte est complètement révolutionnaire! 

Certes, les supraconducteurs n’ont pas de résistance électrique et peuvent donc conduire l’électricité sans perte. Mais pour l’instant, il faut encore les refroidir en deçà de -140°C (135K) pour qu’ils restent supraconducteurs, ce qui limite beaucoup leurs applications.

L’équipe de Louis Taillefer pense avoir compris ce qui se passe dans la phase de pseudogap, qui précède la phase supraconductrice quand on abaisse progressivement la température de ces matériaux.

Il va falloir d’innombrables autres avancées avant qu’on puisse utiliser les supraconducteurs à température ambiante. Des obstacles majeurs, ce n’est pas cela qui manque!

Si vous voulez voir de tels matériaux en action, allez voir Avatar (c’est plein de science) : c’est pour exploiter l’unobtainium, (l’inobtenable), un matériau supraconducteur jusqu’à plus de 1500 degrés, que les humains vont sur la planète Pandora… en 2154.

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