Les tests sanguins, ça vient ?

Associés aux tests diagnostiques, les tests sérologiques devraient nous donner un portrait fidèle de l’impact de la COVID-19 sur la population. La question : quand ?

Crédit : L'actualité

L’auteure, stagiaire postdoctorale à l’École de santé publique de l’Université de Montréal, répond chaque semaine à vos questions de santé. Les connaissances scientifiques concernant la COVID-19 évoluant à vitesse grand V, ses propos reflètent sa compréhension (pas parfaite !) des enjeux à une date précise. 

Pourquoi la validation des tests sérologiques du coronavirus est-elle moins simple que prévu ? Quand pourrons-nous être testés afin de savoir si on a déjà contracté la maladie (ou non) ?

Pour comprendre l’objectif des tests sérologiques, il faut distinguer les types de tests utilisés dans le contexte de la pandémie. En ce moment, nous utilisons des tests diagnostiques de type PCR quantitative, qui permettent de détecter le virus grâce à un écouvillon inséré dans le nez du patient. Ces tests, très précis, ont été réservés jusqu’à tout récemment à des groupes de personnes bien définis. En effet, la stratégie de dépistage de la santé publique visait au début les voyageurs et les gens avec qui ils avaient été en contact puis, lorsque la transmission communautaire s’est installée, le personnel de la santé et la population générale présentant des symptômes associés à la COVID-19.

Cette approche nous empêche toutefois de savoir quelle est la véritable proportion de la population qui a été infectée par le coronavirus — rappelons que beaucoup de personnes infectées n’ont que peu ou pas de symptômes et ne subissent donc pas de tests diagnostiques par PCR quantitative.

Seuls les tests sérologiques (ou tests sanguins) nous permettront, d’un point de vue épidémiologique, d’identifier précisément le nombre de Québécois ayant été infectés par la COVID-19. L’objectif des tests sérologiques est donc d’estimer rapidement l’immunité collective en mesurant les anticorps produits à la suite d’une infection au coronavirus.

Il est important de noter que les tests sérologiques ne sont pas aussi précis que les PCR quantitative et que nous en sommes encore au stade des prototypes.

Il faut plusieurs mois avant qu’un prototype potentiellement fonctionnel soit homologué par Santé Canada. Il y a quelques semaines, un premier test sérologique appelé LIAISON et conçu par l’entreprise italienne DiaSorin a été approuvé au pays. Ce test sera utilisé par le Groupe de travail sur l’immunité, une équipe pancanadienne, afin de déterminer dans quelle proportion la population a contracté la COVID-19.

Santé Canada estime qu’au moins un million de tests sanguins seront réalisés pendant les deux prochaines années dans le cadre des travaux de ce groupe. Les échantillons seront représentatifs de la population générale et certains groupes plus précis seront aussi ciblés. En plus d’obtenir plus d’information sur la proportion de personnes ayant contracté le virus, ce type d’étude sera nécessaire pour mesurer l’efficacité et la durée de l’immunité acquise à la suite d’une infection.

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