Les victimes d’un moratoire fédéral en recherche

Le Conseil national de recherches en sciences et génie du Canada (CRSNG) a décrété il y a quelques semaines un «moratoire» sur son Programme d’appui aux ressources majeures, « dans le cadre des efforts du gouvernement du Canada afin de rétablir l’équilibre budgétaire».

Ce programme permettait de subventionner des chercheurs utilisant des ressources uniques à l’échelle nationale ou internationale, c’est-à-dire des laboratoires, des instituts et équipes de recherche ultraspécialisés, des appareils de recherche d’envergure ou des collections d’échantillons.

Les subventions en cours seront honorées, mais elles ne seront pas renouvelées et aucune nouvelle demande ne sera acceptée.

Fort heureusement, ce programme du CRSNG ne constitue qu’une partie des sources de financement des chercheurs, plus ou moins importante selon les labos.

Mais les coupures risquent de faire très mal à certains, et vont affecter surtout des projets de recherche fondamentale.

Dans tous les cas, cela va forcer les chercheurs à se démener pour trouver comment combler les trous en piochant dans d’autres programmes, s’ils y parviennent. Et à passer encore un peu plus de temps à grapiller quelques milliers de dollars par-ci par là plutôt qu’à faire leur travail de scientifiques.

Pour vous donner une idée, voici la liste des projets au Québec qui ont bénéficié de cette subvention dans les cinq dernières années, ainsi que la principale université à laquelle ils sont rattachés.

Station de recherche de Whapmagoostui-Kuujjuarapik, Université Laval, Québec

Laboratoire industriel de mise en oeuvre de polymères: École Polytechnique, Montréal

 Laboratoire de micro et nanofabrication : INRS-Énergie, Matérieux et Télécommunications, Varennes

Navire de recherche océanographique: Coriolis II: UQAR, Rimouski 

Laboratoire de recherche sur les films minces : École Polytechnique, Montréal

Integrated ocean drilling program : UQÀM, INRS-Eau, Terre et Environnement, Montréal et Québec

Observatoire du Mont Mégantic et laboratoire d’astrophysique expérimentale :Université de Montréal et Université Laval, Notre-Dame-des-Bois, Montréal

Brise-glace de recherche Amundsen, Université Laval, Québec

Centre de Résonance magnétique nucléaire à haut champ de l’Est du Canada : université McGill, Montréal

Advanced Laser Light Source,  INRS-Énergie, Matérieux et Télécommunications, Varennes

Centre de caractérisation microscopique des matériaux, École Polytechnique, Montréal

Centre Interdisciplinaire de Recherche en Musique, Médias et Technologie: université McGill, Montréal

Canadian charged particle accelerator consortium, Université de Montréal

Centre de recherches mathématiques, Université de Montréal

Centre canadien de faisceaux de neutrons, Université McGill, Chalk River

Calcul Canada, Université de Sherbrooke

Consortium for the operation of protein crystallographic microfocus synchrotron beamline, Université de Montréal, différents synchrotrons dans le monde.

Les subventions accordées à des chercheurs du Québec via ce programme pendant ces cinq ans s’échelonnent de 41 200 dollars à 2 millions (pour le labo Calcul Canada basé à Sherbrooke), pour un total d’un peu plus de 8 millions de dollars.

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Hélas,

Encore un autre recul à mettre au compte de ce gouvernement dictateur/fossoyeur de tous les acquis démocratiques chèrement gagnés au cours des 60 dernières années. La liste de ces reculs est déjà trop longue et, malheureusement, risque de s’allonger encore. Misère!

Les créationnistes réformistes conservateur religieux et la science c’est comme chien et chat.

Voilà où Harper et Charest qui ont les même patrons veulent nous mener à CROIRE plutôt que de se renseigner.

Un pays comme le nôtre, juste avec 1 Harper et
1 Charest, n’a pas besoin d’armes de destructions
massives. Le reste, Dieu nous sauvera!
Le recul semble dépasser plus de 60 ans.

« et? le science n’existe pas snas l’État? »

Le privé ne fait pas de recherche fondamentale. Même eux vont souffrir de l’abolition de ce programme.

« Le privé ne fait pas de recherche fondamentale. »

Galilée était subventionné par l’État? Newton? Pascal?

«Galilée était subventionné par l’État? Newton? Pascal?»

À cette époque, c’était encore possible de faire des découvertes fondamentales avec une pierre, une pomme, du papier et un crayon. Ce n’est plus vraiment le cas aujourd’hui.

« Ce n’est plus vraiment le cas aujourd’hui »

et pourquoi donc? on connait à peine la taille de l’univers; on travaille constamment sur le génétique des plantes pour qu’elles soient plus productives et résistantes; on découvre encore de nouveaux animaux…

«et pourquoi donc? on connait à peine la taille de l’univers; on travaille constamment sur le génétique des plantes pour qu’elles soient plus productives et résistantes»

Et combien tu penses que ça coûte, un télescope pour observer l’univers? Et les ordinateurs pour analyser les images? Et le personnel technique?

@lemoutongris «Galilée était subventionné par l’État? Newton? Pascal?»

Justement, oui directement ou indirectement. Historiquement, la recherche est soit faite par des gens très riches ou par le mécénat de gens très riches. Un exemple parmi d’autres, le quart des revenus de la couronne de la Suède servait à opérer l’observatoire de Tycho Brahé.Les grandes missions d’exploration ont été payé par les gouvernements de tout temps.

Pour ce qui est de la recherche privée. Sans les subventions et le contrat gouvernementaux, il se ferait pas mal moins de recherche.

@Lemoutongris “Ce n’est plus vraiment le cas aujourd’hui” et pourquoi donc? on connait à peine la taille de l’univers; on travaille constamment sur le génétique des plantes pour qu’elles soient plus productives et résistantes; on découvre encore de nouveaux animaux… »

Essayez de faire de la recherche en astrophysique avec des fonds privés ou sur la de recherche d’espèces animales. Dans le cas de l’astrophysique, il y a bien quelques contributeurs privés, mais leur contribution représente bien moins de 10 % du budget. Et, c’est le seul endroit dans le monde ou cela existe, sauf peut-être au Japon où le gouvernement peut tordre le bras aux entreprises pour faire des dons.

» Sans les subventions et le contrat gouvernementaux, il se ferait pas mal moins de recherche. »

tu as une boule de cristal?

« Essayez de faire de la recherche en astrophysique avec des fonds privés ou sur la de recherche d’espèces animales. »

quiconque y trouve un intérêt le fera. Et sans toutes les ressources syphonnées par l’État, ça pourrait mieux se faire

« Galilée était subventionné par l’État? » (lemoutongris)

Galilée à gagné une grande partie de sa vie à l’université financé par l’état où il pouvait profiter de tout l’équipement du grand arsenal sophistiqué de la république pour faire de la recherche.

Y faut être toqué anti-étatique en simognac pour aller jusqu’à poser des questions stupides dans l’espoir de prouver que l’on a pas besoin de l’état.

Parcontre les libertariens anti-étatique ont besoin de la grosse police étatique.

« Galilée à gagné une grande partie de sa vie à l’université financé par l’état où il pouvait profiter de tout l’équipement du grand arsenal sophistiqué de la république pour faire de la recherche »

D’accord, alors je me suis trompé si tu dis vrai

«quiconque y trouve un intérêt le fera. Et sans toutes les ressources syphonnées par l’État, ça pourrait mieux se faire»

Le secteur privé va chercher sur ce qui peut lui rapporter à court terme. Des tas de technologies qui nous sont aujourd’hui très utile sont venues de recherches qui semblaient complètement farfelues, et que des entreprises privées n’auraient jamais faites.

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