Lettre ouverte à Mathieu Grégoire

Le Dr Alain Vadeboncœur l’encourage à se tenir debout afin de combattre la violence vécue par les gais et de contrer l’homophobie.

Photo tirée de la page Facebook de Mathieu Grégore
Photo tirée de la page Facebook de Mathieu Grégore

Sante_et_scienceOn ne se connaît pas, Mathieu. Mais au moment où j’ai aperçu ton visage en sang sur le Web, j’ai été envahi par la tristesse et la colère, comme bien des gens. Depuis, le courage dont tu fais preuve m’a tellement inspiré que l’idée m’est venue de t’écrire. Tu vas bientôt comprendre pourquoi.

Je pense que ce qui m’a le plus ému, c’est quand tu as dit à ton beau-père, après l’agression : «Je me souviens que je pleurais en le suppliant de me changer en hétéro.» Tu le sais déjà, j’en suis certain, mais tu faisais erreur, j’imagine éprouvé par la douleur. Parce que ce n’est pas à toi de changer. Ça ne sera jamais à toi. C’est lui, ton agresseur, de même que tous les imbéciles que tu déranges en étant simplement toi-même qui doivent changer.

Moi, je te demande de ne jamais changer. Parce que ce n’est pas toi qui as le problème, mais tous ceux qui sont «agressés» par ton homosexualité et qui ne savent qu’agresser en retour. C’est à eux de devenir «normaux», c’est-à-dire plus humains. Ce chemin sera long, mais nous allons les aider.

Tu sais, il ne faut pas se fier aux apparences : l’agression est un signe de faiblesse, non de force. On agresse quand on perd le contrôle. En réalité, il a perdu, cet imbécile qui t’a frappé. Si les coups lancés à ton visage ont laissé des traces, ce qu’on doit y lire, c’est la défaite de l’agresseur et non la tienne. Même s’il s’en est tiré sans une égratignure.

Certes, tu as failli perdre connaissance, mais au moins, peut-être que cela aura permis à des gens de prendre mieux conscience de l’absurdité de toute cette violence. C’est cher payé, je suis d’accord, mais essayons au moins de travailler ensemble à ce que ça ne soit pas inutile.

Ce n’est pas le bon moment pour te le rappeler, mais nous avons fait du chemin depuis quelques décennies dans la lutte contre l’homophobie. Parce que d’autres se sont tenus debout, comme toi. Et que d’autres le feront à l’avenir.

En partie grâce à toi et à tous ces gens qui ont eu le courage de dénoncer les agresseurs, cette haine aberrante recule peu à peu, les perceptions évoluent – quoique lentement – et les comportements s’améliorent. Mais comme tu l’as dit, il reste encore beaucoup de travail à accomplir.

Quant à moi, parce que j’ai ressenti dans mes tripes les raisons de ta colère, la justesse de ton combat et la force de ta détermination, je garde ma confiance dans le genre humain, comme chaque fois que quelqu’un se lève pour défendre la dignité.

Que tu n’aies pas eu peur de parler, que tu aies gardé la tête haute, puis dénoncé l’agression, que tu aies enfin continué d’avancer, ce sont des signes de la grande humanité qui t’anime. Nous sommes donc et serons à tes côtés, parce que tu as réussi à nous transmettre ce courage qui parfois manque pour changer les choses.

Il faut aussi que tu saches que j’ai un fils. Il a 22 ans, comme toi, et il te ressemble beaucoup. En lisant ton histoire, j’ai aussitôt pensé à lui. Je vais t’en dire deux mots.

Il y a plusieurs années, mon fils nous avait écrit une longue lettre. Nous avions, ma compagne et moi, craint qu’il ne soit suicidaire. En fait, il vivait une certaine détresse. Mais il avait surtout décidé, ce jour-là, de franchir une étape, celle de la vérité, envers nous comme avec lui-même. Dans cette lettre, il nous annonçait simplement qu’il était gai. Mais il craignait notre réaction – surtout la mienne, en fait, puisqu’il n’avait aucun doute sur celle de sa mère.

Je te l’avoue, Mathieu, j’ai alors été un peu sonné. Durant une heure ou deux, je ne comprenais rien et j’avais vraiment le motton. J’étais sans doute aussi inquiet pour lui, voyant tout ce que cela pouvait ajouter de difficultés à sa vie. Et ce fut tout.

J’ai ensuite peu à peu retrouvé mon sourire, parce que j’admirais son courage, sa transparence et son honnêteté. Il démontrait ainsi beaucoup de détermination, comme tu le fais ces jours-ci.

J’ai donc trouvé que tout cela était bien correct, et il n’y a jamais eu de problème entre nous à ce sujet ni d’ailleurs avec toute autre personne de la famille ou de l’entourage. Il était comme il était, voilà tout.

Après avoir lu ton histoire dans les journaux, je lui ai envoyé une version de ce texte que je voulais t’écrire, lui demandant s’il accepterait de le voir publier ici. Il me semblait que cela pourrait en aider d’autres, par exemple ces pères parfois désemparés devant de telles annonces. Je ne voudrais surtout pas lui nuire ou que d’autres imbéciles le ciblent, lui aussi. Imaginer une telle situation me fait vraiment frémir de rage.

Mais il m’a répondu que ça lui ferait au contraire plaisir et m’a encouragé, moi qui hésitais, à publier cette lettre. Il m’a également assuré qu’il n’aurait pas de problème et qu’il n’y avait pas d’homophobie autour de lui. Il a parlé de sa fierté d’être gai et a déclaré qu’il assumait très bien sa «situation».

Mathieu, je dois te dire que j’étais alors et que je suis encore fier de lui, comme je le suis de toi aujourd’hui. En te tenant debout comme tu le fais – comme mon fils –, tu contribues à ta façon à rendre le monde meilleur. Et c’est important, parce que le monde en a bien besoin, ces temps-ci.

Alors, ne lâche surtout pas. Et ne change jamais. Parce qu’il reste encore beaucoup de travail devant nous et que nous avons besoin de personnes comme toi pour arriver à faire bouger les choses.

Voilà, c’est à peu près tout ce que j’avais à te dire. Mais si tu étais mon fils, je pense bien que je te serrerais maintenant dans mes bras.

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47 commentaires
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Bravo pour votre ouverture, votre humanisme et pourvotre sensibilité qui aide une autre personne à traverser une zone de turbulences terribles. Je vous admirais déjà comme médecin, urgentologue, pour vos interventions toujours à propos au sujet de notre système de santé, je vous admire maintenant encore un peu plus comme père et comme homme. MERCI!

Merci Dr Vandeboncoeur d’avoir pris les temps d’écrire à M Grégoire, d’avoir ouvert votre cœur en espérant que votre message fera ouvrir certains esprits.

Quels bons mots et un important soutien pour ce jeune Mathieu qui en aidera, assurément, bien d’autres à ne plus accepter l’innaceptable Son courage est exemplaire et nous devons tous, comme vous le faites dans vos rôles de père et aussi de médecin, lui apporter réconfort et énergie. Un très beau geste de votre part Dr. Vadeboncoeur qui touchera plusieurs membres de nos communautés LGBT, jeunes et moins jeunes.

Bravo Dr Vadeboncoeur, on a besoin de plus de sorties pour appuyer la communauté gaie comme vous venez de le faire. Moi aussi j’ai un fils qui est gai et je suis tellement fière de l’homme qu’il est devenu. Les gens ont tellement peur de ce qui leur est différent qu’ils réagissent souvent comme des faibles.

Quelle belle lettre qui vient du cœur. Un beau geste d’encouragement d’être soi-même et d’être heureux malgré ce que les autres peuvent penser. Il faut vivre et laisser vivre comme on le dit si souvent. Je suis encore surprise en 2015 de voir des gens agresser quelqu’un à cause de son homosexualité.

Votre lettre est touchante et très juste. C’est un témoignage qui donnera du courage à Mathieu. Merci aux noms de tous les gais.

WOW, Vraiment très touchant Dr. Alain Vadeboncoeur, ce jeune Mathieu auras surement été touché par votre belle lettre à son égard, c’est vraiment gentil d’avoir prit le temps de partager votre vécu, et celui également de votre fils, quelle belle générosité de votre part, je vous félicites, et remercie au nom d’un de mes frères décédé en juillet de cet année, il était gai et aurait j’en suis sur également apprécié cet intervention!

Merci Dr Vadeboncoeur pou Mathieu, merci de l’aider, moi aussi tellement ATTRISTÉE qu’un minable s’attaque à Mathieu, c’est pas trop fort.

merci milles fois mr cette lettre me touche beaucoup etant aussi gay j aime ma vie et ce que je suis devenus et rien au mionde ne me ferais change ca je suis comme je suis gay et bien dans ma peau merci de cette ouverture et chapeau pour votre excellent temoignage

Désolé mais draguer un hétéro dans un Festival de rodéo, à trois heures du matin, c’est courir après le trouble.
Rien à voir avec l’homophobie. D’ailleurs dans la plupart des agressions dites homophobes, les gars ont couru après. (Les agressions gratuites sur des homosexuels au Québec sont rares.)

J’ai été harcelé si souvent dans ma jeunesse par des homos, comme on disait avant que la rectitude n’invente un nouveau mot venu de Californie, que je ne
peux les blairer encore aujourd’ hui. Et quand je les entends jouer les victimes, crier à l’homophobie qu’ils ont créé par leur propre comportement, j’ai envie de hurler. Désolé, Docteur. Votre amour bien normal pour votre fils vous fait oublier toutes les victimes qu’ils font.

Désolée pour la souffrance que vous avez connue à cause de ça. Toutefois, même s’il y avait eu une proposition déplacée, cela ne justifie pas la violence.

« […] c’est courir après le trouble. » « […] les gars ont couru après. »

Je suis toujours éberlué d’entendre de tels arguments envers un homme gai ayant – volontairement ou non – dragué un homme hétérosexuel. On ne tolère pas – on ne devrait jamais le faire – ce genre d’excuses minables dans des cas d’agressions envers une femme, mais si la victime est un homme, c’est correct? Suis-je justifié de battre mon voisin à coup de bâton de baseball parce qu’il fait du tapage nocture? Après tout, il a couru après, lui aussi, non? J’ai donc le droit de sortir de ma voiture et d’envoyer le conducteur devant moi aux urgences parce qu’il a effectué une manoeuvre téméraire qui m’a forcé à réagir promptement? Il était au volant, il a donc couru après lui aussi, non?

Un homme qui se fait draguer peut mettre rapidement un terme aux avances, qu’elles proviennent d’une femme ou d’un homme. Dans un monde civilisé, ce genre de choses se fait avec des mots, fermes certes, mais des mots tout de même. Si votre estime de vous-même et votre confiance en votre hétérosexualité se trouvent mises à mal par un commentaire provenant d’un homme gai, c’est qu’ils tiennent à bien peu de choses…

Tout votre commentaire démontre bien votre profond dégoût, des hommes gais. Vous faites donc une démonstration parfaite de ce qu’est, justement, l’homophobie. À vous, un jour, de sortir du confort de votre ignorance.

Je ne dis pas que ca méritait pareille volée mais tout ça ne serait jamais arrivé si le jeune gay s’était tenu tranquille et ne s’était pas essayé en dehors de sa talle de chasse….
Alors lâchez-moi avec l’homophobie. Il a couru après, un point s’est tout.

Sa talle de chasse? Tu peux me dire elle se situe où ma talle de chasse? On pourrait peut-être aussi porter une badge ou une étiquette un coup partie pour être sûr d’approcher d’autres gay. C’est à cause de gens comme vous autres que de tel geste arrive. Un simple « Scuse, je suis pas intéressé » ou « J’suis straight » aurait amplement suffit à mettre un terme à cette situation. Et si on fait le contraire, je me fais accoster par une femme qui me dit que je suis beau, dois-je lui répondre avec un coup de poing au visage parce qu’elle ne s’est pas « tenue tranquille »?

Talle de chasse: bar gay, village, sauna, certains parcs. C’est pas les endroits qui manquent au Québec pour vous épanouir dans votre orientation….

Bel exemple d’homophobie. Que fais-tu si une fille te drague, tu l’envoies aux urgences?Rien de justifie une telle violence.En espérant que la vie te rend un peu plus humain.

Bravo Sébastien, j’appuie votre commentaire et vous en félicite, je n’aurais pu dire mieux. Votre respect et votre ouverture d’esprit face aux autres sont tout à votre honneur.

Cher Jack,
j’ai relu deux fois votre commentaire, j’ai cru avoir mal compris au départ. Vous parler de « courir après le trouble » ? Est-ce qu’une femme qui vous drague à 3h du matin court aussi après le trouble si elle se fait violer ensuite? Est-ce qu’un gars qui cruise une fille à 3h du mat court aussi après le trouble?

De quel genre de harcèlement parlez-vous? Vous faire cruiser par un gai est selon vous du harcèlement? De quels genres de comportements parlez-vous qui méritent une raclée?

M.Jack, quand on parle d’homophobes, on parle exactement de gens comme vous.
Quand on parle que le travail sera long encore, on parle de votre manque d’ouverture d’esprit.

Une femme qui me drague après ne court après le trouble. Si elle ne plait pas, ca ne va pas loin
Un homo qui me drague m’insulte. C’est une tout autre histoire.

Vous est-il déjà arrivé de draguer des filles, des femmes Jack2?
Si oui (ce que je présume, mais peut-être pas…???), est-il déjà arrivé que ce soit une lesbienne?
Que ça doit-être insultant pour une lesbienne de se faire draguer, par un homme, « normal », en plus !?
Chanceux que vous n’ayez jamais dragué une lesbienne qui vous ait démontrée sa frustration, son insulte, sa colère d’un coup de bouteille de bière!
On aurait pu dire alors si je vous ai bien compris, que vous ne méritiez pas un tel traitement…, mais que vous auriez couru après!

J’ai regardé la date plusieurs fois en vous lisant et avant d’écrire ses lignes. Et puis pas de doute nous sommes bien en 2015.
Je pensais me réveiller d’un cauchemar. Et non j’étais bien réveillé.
Somme-nous bien au Québec, me suis-je dit, là où les LGBT sont le mieux traités sur la planète. Et oui!

Ça prouve juste une chose, c’est que même au Québec, en 2015, on est pas encore sorti des bois pour pas mal de Québécois, des bois à la mode des années 50 (19) et qu’une tapette est plus en sécurité dans « son village » des grandes villes même si même là un LGBT peut aussi se faire agresser.

Par curiosité Jack 2, une question: quelle âge avez-vous?

Moi j’en aurai 66 dans 3 jours.
J’ai hésité avant de venir lire ce billet et ses commentaires.
Dans les faits, je n’ai pas encore lu la lettre du docteur Vadeboncoeur.
J’ai peur de le faire. À 66 ans, j’ai peur de lire cette lettre et surtout les commentaires.
Et pourtant je suis bien un homme. La preuve je viens de vérifier. Donc je suis comme vous. Non c’est vrai, pas exactement comme vous. Je m’excuse si je vous ai insulté.
J’ai peur que ça brasse trop en dedans.
C’est d’ailleurs le cas.
Parce que jeune, à l’âge de Mathieu, et à l’adolescence et bien avant, je me faisais brassé à l’école et ailleurs aussi…par des gars avec votre mentalité. Pas parce que je les draguais, mais juste parce que j’existais!
Cinquante ans plus tard, cette peur maladive est encore là!
J’ai fait un tour rapide des commentaires avant de lire les vôtres et j’ai resté collé aux vôtres sans pouvoir continuer.

J’en ai très long à dire…à vous dire…et aux vôtres.
Et je vais probablement le faire après avoir pris mon courage à 2 mains et avoir rammassé toute mon énergie ainsi qu’après avoir lu la lettre du docteur et tous les commentaires.
J’espère que vous serez toujours là pour me lire!

Jack 2, vous me faites penser à ma mère décédée. Sauf qu’elle est née dans les années 30 (19). Et vous?
En effet lorsque je me faisais brasser à l’école ou ailleurs, que j’arrivais à la maison et que ma mère s’en appercevais, parce qu’une pièce de vêtement était déchirée ou que pour la 3ième fois depuis le début de l’année mes lunettes étaient brisées, en colère elle en remettait…et en me disant que c’était tant pis pour moi, que je n’avais qu’à ne pas « agacer » les garcons.
Je ne comprenais pas ce qu’elle voulais dire.
Parce que pour éviter de me faire battre, j’essayais de me faire discret, je restais dans mon coin et j’évitais de causer tout désagrément, taquitenneries, bouscoulades…
J’ai compris 40 ans plus tard ce qu’elle sous-entendait!

Vous confondez victimes et agresseurs
Dans mon cas, je n’ai jamais agressé d’homosexuels. Mais j’ai été harcelé des centaines et des centaines de fois au point de ne pas pouvoir les sentir
Je faisais du pouce la nuit: la plupart du temps c’était des homos. 10, 15 minutes à supporter leur drague. L’enfer.
Alors je n’achète pas tout leur discours victimaire parce que je sais d’expérience que ce sont de dangereux prédateurs qui courent après le trouble (je parle toujours du Québec, ailleurs dans le monde je sais qu’ils peuvent être victimes de violence gratuite, mais au Québec c’est rarissisme)

J’ai déjà été draguée par des hommes ou des femmes pour lesquelles je n’avais pas d’intérêt ou de disponibilités, j’ai simplement souris et passé à autre chose. Pas besoin de devenir violent face à une approche ou un compliment. Je suis hétéro et ça me flatte de voir que je peux plaire aussi à des femmes.

@ Jack2

SVP lisez l’histoire de l’agression à http://ici.radio-canada.ca/regions/mauricie/2015/09/21/003-festival-western-st-tite-violence-agression-homophobie-gai-tabasse.shtml

Vous verrez que ce n’est pas un cas ou un homosexuel a harcelé un hétérosexuel. C’est plutôt un gars probablement à moitié saoul qui a harcelé la sœur de Mathieu, et qui s’en est ensuite pris à Mathieu lui-même. Il arrive assez fréquemment que des gros bras cherchent la bagarre…

Deux autres incidents ont été rapportés. Le pire est le cas de M Caron, qui est dans le coma présentement. On ne parle pas d’homophobie dans ce cas-là, mais de violence gratuite. http://www.lapresse.ca/le-nouvelliste/justice-et-faits-divers/201509/21/01-4902652-saint-tite-marc-andre-paquin-accuse-de-voies-de-fait-graves-.php?

Je pense que même si on tente de diminuer l’homophobie, ça ne règlera pas ce type de problème. Ça ne fera que le déplacer envers d’autres personnes: soit d’autres minorités, soit simplement des gens plus maigres qu’un gros bras peut tabasser facilement. Toutes les raisons sont bonnes pour ces derniers, surtout si on tente de les empêcher de siffler ou de harceler une jeune femme.

Donc suivant votre logique monsieur, étant lesbienne et n’appréciant pas du tout de me faire draguer par des hommes hétérosexuels ( qui sont dans la majorité des cas très insistant voir harcelant ) je devrais moi aussi avoir le droit de les frapper ?

De plus, dans le cas qui nous concerne, Matthieu Grégoire a simplement dit à un homme qu’il le trouvait très chaud. Un homme qui venait de siffler sa soeur est-ce que celle-ci aurait eu le droit de le tabasser ?

Je crois que poser la question s’est d’y répondre. Peut-être qu’une bonne psychothérapie pour soigner votre homophobie vous ferait du bien ?

Mon cher Jack2, vos êtes en train de courir après le trouble avec ce genre de commentaire. Vous devriez vous tenir tranquille, car votre opinion semble insulter plus qu’elle ne rassemble. Peut être devriez-vous la partager uniquement avec ceux qui sont de votre avis, votre tale. Ça vous évitera possiblement bien des ennuis.

J’ose imaginer que les lignes que j’ai écrites ci-dessus vous ont fait réagir. Je vous laisse apprécier toute la futilité de cet argumentaire qui est le votre. Argumentaire qui n’a pas sa place autant pour justifier une divergence d’opinion qu’un acte de violence.

Au risque de répéter certains des commentaires précédents, vous êtes ce qu’on appelle un homophobe. Je vous souhaite de grandir un jour.

Tellement bien dit plus rien a rajouter aujourd’hui être gai est tellement normal c’est aussi normal qu’être hetero .ce qui ne l’est pas c’est cette violence .agissons contre ces monstres si quelqu’un les à vu parler ! !!

Merci Alain pour ce magnifique texte! Depuis des années, je travaille dans un monde à fort % homosexuel et mon admiration envers leur courage est sans bornes. Il est grand temps que tout le monde se lèvent debout et tentent de faire cesser les injustices portées envers les gais. Merci d’utiliser votre tribune afin d’inspirer les gens à dénoncer de tels actes.

Tu sais quoi Mattieu , souvent, tu leurs reflettes une parti d’eux qui n’ont pas encore accepter et aimer malheureusement!!! Merci Mr. Vadeboncoeur!!!

Je vous merci beaucoup d’avoir partager ces mots Docteur. Comme parent d’enfant LGBTQ, comme professionnel, comme personne digne, comme être humain, et quelqu’un qui respecte la vie, je suis parfaitement d’accord avec vous que nous avons du chemin à faire pour que le monde respecte notre belle diversité.

Maria
PFLAG Montréal

Wow. Quel magnifique texte, quel humanisme. Je ferai lire à mes enfants. Simple, vrai, plein d’amour et de respect. Je m’exprime souvent sur ce sujet mais avec colère et incompréhension, rage même. Ça ne porte pas nécessairement autant à l’écoute comme votre texte. J’admire votre calme et votre capacité à si bien exprimer votre respect de tout humain et à très bien expliquer la faiblesse et la peur des agresseurs. Mais c’est vrai qu’on a progressé et j’en suis fière.

J’aimerais tout simplement que personne n’ait à écrire ce genre de lettre et encore moins à subir un tel sort à cause de son orientation sexuelle! Je ne peux croire que les êtres que nous appelons « humains » soient aussi sauvages et ne comprennent rien à ce qui devrait être tout naturel. Les bien pensants religieux devraient plutôt suivre les écrits saints et appliquer le: ne fais pas aux autres ce que tu ne veux pas qu’on te fasse!

Merci pour cette lettre ouverte.merci pour votre témoignage, nous en avons besoin pour continuer nos combats quotidiens contre l’homophobie parce que parfois, nous sentons le besoin de se reposer. Votre témoignage me donne le goût malgré mes 70 ans de continuer le combat et me réconcilie avec une partie du genre humain .

Vous avez tellement raison et moi aussi j’admire ce jeune et tous ceux qui s’affirment dans le respect de ce qu’ils sont et des autres.
Je me souviens que lorsque l’épidémie de sida fut connue à son début, je travaillais alors comme infirmière. Ce qui m’a le plus choquée dans mes tripes à cette époque fut le rejet de mes pairs devant ceux qui se présentaient à
l’urgence anéantis par cette maladie. Je n’ai pas compris que des gens qui connaissent le corps humain et qui travaillent à enrayer la maladie et la douleur puissent être aussi intolérants devant ces gens qui souffraient.
Comme à chaque fois que la bêtise humaine fait rage, je me révolte et me révolterai mais de façon pacifique.
Chapeau Mathieu! C’est toi qui est dans le vrai!

Merci Dr Vadeboncoeur pour ce beau message vraiment touchant. La profondeur de vos écrits m’a touchée, émue. Je suis aussi maman d’un grand garçon de 20 ans homosexuel et depuis le jour de ses 13 ans où il m’a appris son orientation sexuel, je crains qu’il subisse la frustration des homophobes. À Jack2 qui mentionne que Mathieu a sans doute couru après le trouble, je dois dire que mon beau garçon se fait courtiser régulièrement par la gente féminine et qu’il ne s’en prend pas agressivement à ces dernières. Merci pour cette belle lettre touchante Dr Vadeboncoeur !!!

Bravo Docteur Vadeboncoeur pour votre lettre pleine de raison et de compassion. Je suis d’autant plus touché par l’agression de Mathieu car comme vous, j’ai un fils gai qui mord pleinement dans la vie et réussit tellement bien. Souhaitons-lui un prompt rétablissement et bon courage car oui, il y a de la place pour les homosexuels dans notre monde qui contribuent à le rende meilleur.

Mille fois bravo,c’est grâce à des gens comme vous que le monde devient meilleur,Il faut dénoncer ce qui est absurde et se tenir debout.Ayant moi même un fille qui après un période dépressive m’a annoncé à l’âge de 13 ans qu’elle était lesbienne.Votre témoignage aide certainement d’autres jeunes dans la même situation et contribue, je l’espère a ouvrir certains esprits.Merci!

Vous devez être content là, vous m’avez fait brailler. Merci d’être ce que vous êtes, i.e. une bonne personne…

Pauvre chou, j’ai eu la même tête que toi à 19 ans quand je me suis fait agresser. Tu n’as pas à changer, c’est un hétéro qui nous a fait ça. Il n’y a aucune fierté à en être un. Reste un homme gai et prends soin de toi, profite de l’aide offerte pour continuer. Ne t’arrête pas de grandir et d’évoluer, ce monstre va mourir seul dans sa laideur et toi tu seras là entouré d’affection et de gens solides grâce à ton courage de dénoncer.

Je suis profondément ému. C’est un texte d’une grande humanité ! Merci M. Vadeboncoeur vous êtes un grand homme et vous portez bien votre nom !

avec l’homophobie on parle bien justement de « peur », alors que bien trop souvent ce mot est injustement utilisé pour exprimer le » dégout » de certain. Ce qui pourrait plutôt s’apparenter à du racisme. Car je me confesse, j’ai moi même une petite part d’homophobie. Mais au grand jamais de racisme. Alors j’analyse ça de la façon suivante, je pense que c’est une réaction naturelle face à ce qui nous fait peur, qu’on ne maîtrise pas. On a tous une part d’homosexualité en nous, plus ou moins développée, plus ou moins assumée. Et alors ceux qui justement la maitrise, peuvent parfois paraître déconcertant. Dans un autre registre, mais avec une réaction similaire je trouve, est le monde de la drogue. On a tous en nous un petit « sheitan », un petit diable, et un besoin ou du moins une envie de se défoncer, (après chacun sa molécule de prédilection…) et donc les personnes qui s’y adonnent avec plus ou moins d’excès, plus ou moins de maîtrise, peuvent faire peur, être déconcertante. Pour résumer, je pense qu’on a peur de ce qui est en nous, qu’on ne maitrise pas, ou difficilement, et du coup on rejette les personnes qui eux y arrivent, ou s’y laisse aller. Après chacun sa manière de réagir, comme le dit justement ce Dr, hélas le passage à la violence marque la fin des arguments, la limite intellectuelle et comme certains sont très limité, bah on vient à découvrir des atrocités comme celles dont a été victime ce jeune homme. Alors voilà, j’avoue que si au cours d’une soirée un homo vient glisser sa ma sur ma cuisse, je serai complètement troublé, mais ma réaction dépendra surtout de la manière dont sera fait ce geste. Si il se rend compte que ça ne m’intéresse pas et s’en excuse, on pourra alors très bien en rire, mais si c’est exécuté avec insistance et lourdeur, il y aura alors moyen qu’il s’arrête après avoir essuyé un coup de tête (eh ouai, plus d’argument!!) De la même manière j’apprécierai volontiers qu’on m’offre un petit joint d’herbe pendant un concert de jazz, alors que ça me ferai exploser de voir un dealer d’héroïne à la sortie d’un lycée… Voilà, c’était juste mon tout petit point de vue pour se rappeler de l’étymologie du mot homophobe…