L’homme bionique

Ses implants électroniques pourraient redonner la vue aux aveugles d’ici quelques années.

Photo : Mathieu Rivard
Photo : Mathieu Rivard

Mohamad Sawan ne peut pas vous faire sauter une clôture de 10 m, comme le faisait la femme bionique, ni courir à 100 km/h, comme l’homme de six millions, les héros de séries télé des années 1970. Mais avec ses puces électroniques implantables dans le cerveau, il pourrait redonner la vue aux aveugles. C’est déjà pas mal!

Dans son laboratoire de l’École polytechnique de Montréal, un prototype est à l’essai sur les rats. Une caméra miniature de quelques millimètres de diamètre, installée sur la tête de l’animal, capte les images environnantes. L’information est traitée par un processeur, puis relayée par lien sans fil vers un implant visuel inséré dans le cerveau du rongeur, dans la portion du cortex associée à la vision. Ce lien sans fil remplace en quelque sorte le nerf optique.

Les rats aveugles munis de tels implants arrivent à suivre des signaux lumineux, que l’équipe de recherche leur envoie pour les aider à repérer l’issue d’un labyrinthe, par exemple. « Si l’on passe chez les humains, la vision restaurée ne sera que partielle, prévient Mohamad Sawan. Et on se contentera, dans un premier temps, du noir et blanc. » Les patients pourraient tout de même s’orienter et distinguer des visages ou des formes.

La lutte est chaude sur la scène internationale pour la mise au point des implants électroniques. Et l’équipe de Mohamad Sawan court dans le peloton de tête. Le chercheur demeure prudent, mais espère voir les premiers essais sur les humains avant sa retraite, prévue aux environs de 2025. « C’est le projet d’une vie », dit-il. Et il n’a que 51 ans !

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