L’huile d’argan, richesse éphémère?

La grande mode de l’huile d’argan utilisée à des fins cosmétiques ou alimentaires risque d’avoir rapidement raison des forêts d’arganiers du Maroc, selon une étude publiée dans les Proceedings of the National Academy of Sciences par des chercheurs américains et marocains. 

Même l’amélioration des conditions de vie qu’elle a apportée aux populations locales sera probablement éphémère, préviennent Travis Lybbert, professeur en économie agricole à l’University of California in Davis et ses collègues.

L’arganier ne pousse qu’au Maroc et son huile atteint actuellement des prix records. C’est l’huile comestible la plus chère au monde, à environ 320 dollars le litre.

Exploitée traditionnellement depuis la nuit des temps, l’huile d’argan a connu un boom sans précédent à l’échelle internationale depuis 1999.

Des agences de développement ont aidé les régions où poussent les arganiers à s’organiser en coopératives qui emploient aujourd’hui 4000 femmes. L’huile d’argan est vendue partout dans le monde et est notamment servie dans de grands restaurants gastronomiques.

Les chercheurs ont analysé l’évolution de la densité des forêts d’arganiers observée par satellite depuis 1999 et des données socio-économiques sur la région.

Bilan: là où l’arganier est abondamment exploité, la population s’est en effet légèrement enrichie et les filles sont plus nombreuses à poursuivre leurs études. L’exploitation de l’argan est cependant à l’origine de nombreux conflits locaux qui minent la qualité de vie.

Les images montrent quant à elles que la forêt d’arganiers est de plus en plus clairsemée, ce que les chercheurs expliquent par les pratiques de récolte trop agressives, particulièrement en période de sécheresse, et par le broutage excessif par les chèvres, dont le nombre augmente au fur et à mesure que la population s’enrichit.

Laisser un commentaire

Très intéressant. Je voulais justement m’en procurer mais, suite à cette lecture, je ne suis plus certaine…