Lipitor : honte au Collège des médecins !

Alors que la Régie de l’assurance maladie du Québec et l’Association québécoise des pharmaciens propriétaires ont dit non à Pfizer, le Collège des médecins ne voit aucun problème à ce que des médecins offrent à leurs patients des coupons-rabais pour qu’ils continuent d’acheter le Lipitor plutôt que des versions génériques de ce médicament anticholestérol.

Pourtant, la seule différence entre la marque d’origine et le générique, c’est le prix. Quoi qu’en disent les rumeurs, il n’y a aucune différence de qualité (pdf en français). Ces deux types de médicaments sont fabriqués de la même manière, et sont tout autant contrôlés par Santé Canada.

En appuyant Pfizer, le Collège des médecins contribue à propager ce mythe. C’est grave.

Car les médecins sont les mieux placés pour faire comprendre à leurs malades qu’ils ne courent aucun risque à prendre des génériques.

S’il reste des professionnels de la santé qui ne sont pas convaincus qu’il n’y a aucune différence entre le Lipitor et l’avostatine générique, ils feraient bien de retourner sur les bancs de l’école ou de se plonger un peu dans la littérature scientifique.

Le problème des coupons-rabais de Pfizer – pardon, de ses « cartes de continuité », c’est qu’ils ne bénéficient qu’aux malades. La RAMQ, elle, doit continuer de payer le plein prix du Lipitor plutôt que celui des génériques.

Tout cela serait peut-être anecdotique si le Lipitor n’était pas l’un des médicaments les plus vendus au monde et si la santé n’avalait pas déjà 45 % des dépenses de programmes du gouvernement du Québec (pdf). Céder à Pfizer créerait un dangereux précédent.

La RAMQ estime que pour chaque 1 % des malades qui prendront du Lipitor plutôt que le générique qui coûte deux fois moins cher, elle devra débourser 1,5 à 2 millions de dollars.

« Pfizer est motivée par un seul objectif: votre santé », nous annonce la compagnie en ouverture de son site. Pourrait-elle arrêter de nous prendre pour des imbéciles ?

En passant, si votre médecin vous suggère le Lipitor pour traiter la maladie d’Alzheimer ou une autre forme de démence, renvoyez-le aussi à la littérature scientifique: ce médicament n’a aucun effet sur ces maladies, selon les chercheurs indépendants de la collaboration Cochrane.

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«Le médecin essaie d’offrir les meilleurs soins à son patient, merci, bonjour. Si ça soulève des questions commerciales, ça ne relève pas du Collège. Moi, que le médicament coûte 5, 10, ou 15$, je m’en contrefous», dit Yves Robert, secrétaire du Collège des médecins.

Etrange réaction! Surtout qu’on sait que le Collège se préoccupe de bien d’autres choses que « les meilleurs soins aux patients ». On sait qu’il se préoccupe de la manière dont les médecins s’habillent; de leur façon de parler; du type d’émissions de radio qu’ils animent, etc.: 3 facteurs qui n’ont strictement rien à voir avec « les meilleurs soins aux patients ».

En s’intéressant au moins autant au coût des médicaments qu’au « prestige » de la profession, le Dr Robert pourrait montrer que le patient dans son ensemble (cela inclut un cadre financier) l’intéresse autant que le médecin dans son ensemble; que la protection du public l’intéresse autant que la protection de la profession.

«Le médecin essaie d’offrir les meilleurs soins à son patient, merci, bonjour. Si ça soulève des questions commerciales, ça ne relève pas du Collège. Moi, que le médicament coûte 5, 10, ou 15$, je m’en contrefous», dit Yves Robert, secrétaire du Collège des médecins. http://lapresseaffaires.cyberpresse.ca/economie/sante/201006/17/01-4291125-pfizer-et-son-medicament-lipitor-sement-la-pagaille.php

On comprend bien que le coût ne doit pas devenir l’élément déterminant du choix d’un médicament. Mais ce dont on parle ici, c’est de surcoût. Lorsque’il existe un équivalent générique, la prescription d’un médicament originel revient à faire le choix délibéré de payer plus… inutilement. Il serait urgent que les médecins prennent conscience qu’ils sont partie intégrante du système public de santé et que, dans un système ne disposant pas de ressources illimitées, tout accroissement des déboursés pour les médicaments risque de fragiliser ce système et à terme mettra sous pression la portion accordée à leur rémunération.

Face à l’offre pernicieuse de Pfizer, on souhaite que la déclaration du secrétaire du Collège des médecins soit une maladresse de communication plutôt qu’une déplorable absence de vision sociale.

Facturer en tout ou en partie la différence de coût entre le médicament d’origine et le générique aux «prescripteurs» pourraient être un élément de motivation efficace pour les amener à (re)questionner les fondements scientifiques, cliniques et personnels qui déterminent leurs choix de prescription. Cet exercice devrait départager ceux qui le prescrivent par conviction de ceux qui le prescrivent par défaut, habitude, etc. Un peu comme chez les fumeurs, on peut soupçonner que les «vrais» ne seront pas légion.

La RAMQ n’a qu’à refuser le Lipitor. Il y a un médicament équivalent et moins cher, qu’elle adopte celui-là et ceux qui veulent absolument du Lipitor n’ont qu’à payer pour. Je ne comprends pas où est le problème ? Il me semble que cela devrait être automatique, dès qu’un médicament générique, qui fait le même travail pour moins cher, est mis en marché, il devrait être adopté et la marque d’origine abandonnée.

Quant au collège des médecins, sa réaction a-t-elle de quoi surprendre ? Il serait temps que ces gens-là soient remis à leur place.

La question qu’il faut se poser maintenant est: Quels sont les avantages ($$$) versés à un médecin lorsqu’il refuse que son patient reçoive le générique? Il faut bien qu »il y ait un avantage, car tout le monde sait qu’un générique c’est la même molécule. D’ailleurs, dans les hôpitaux il n’y a que des génériques!!! Certains médecins se font payer des voyages (pseudocongrès) lorsqu’ils prescrivent un médicament d’une compagnie encore sous brevet. C’est connu dans le milieu, mais personne en parle publiquement. Petite parenthèse: lorsque le brevet du Losec, un médicament largement prescrit, a pris fin, certains médecins ont appelé les pharmacies des environs pour leur dire de changer le Losec par le Nexium pour tous leurs patients, sans en parler à leurs patients…le nexium est fabriqué par la même compagnie que le Losec (Astra Zeneca). Était-ce dans l’intérêt des patients? J’en doute fort, puisque ces 2 médicaments sont équivalents au point de vue clinique. Qu’ont-ils reçu en retour ces chers médecins qui se contrefoutent du coût du médicament payé par le patient et la RAMQ?

Il est grand temps que le Collège des médecins lance un message à ses membres. Oui, il est vraiment temps car ils vont perdre beaucoup de crédibilité auprès de la population s’ils continuent de boire les paroles des représentants pharmaceutiques (une source d’information excessivement biaisée). Message: Les médecins doivent faire parti de la solution pour diminuer les coûts en soin de santé. S’ils prescrivent le générique à tous leurs patients, le gouvernement réalisera des économies de plusieurs milliards de dollars. Il sera beaucoup plus facile de négocier les augmentations d’honoraires (salaire) pour tous les médecins du Québec grâce à ces économies substantielles.

Plusieurs médecins doivent être gênés de lire la citation du Dr Yves Robert. En tant que pharmacienne, je trouve que c’est un grave manque de jugement. J’espère qu’il retirera ses paroles dans les prochains jours afin de sauver l’honneur des médecins. Il s’agit de nos impôts Dr Robert, au cas où vous l’auriez oublié. Les médecins en payent beaucoup d’ailleurs…

Et combien payent Pfizer aux médecins qui donnent des coupons-rabais à leurs patients… Il nous faut encore payer pour leur maudite gourmandise.

Félicitation Madame Borde!
C’est toujours agréable de constater qui reste des esprits critiques face aux absurdités de la société, et même si c’est la « haute » (collège des médecins).

Depuis que le Dr Michel de Lorgeril, cardiologue et chercheur, a démontré par ses deux publications que tout ce qui avait été véhiculé par les groupes pharmaceutiques sur le cholestérol et sur les différentes statines (Lipitor, etc) pour le diminuer, n’étaient qu’une immense arnaque pour simplement protéger leurs avoirs et continuer à faire des milliards sur le dos des gouvernements, les médecins devraient cesser de prescrire ces statines, ils soulageraient ainsi les finances publiques de dépenses gigantesques et complètement inutiles pour diminuer les AVC.

Les génériques…c’est un long débat, mais en l’absence de compétence en ce domaine, je laisse libre à chacun de décider ce qui est bon pour lui.

Vous écrivez un article sur la santé des gens, pour donner votre avis, voire influencer, (à tort ou à raison) leur comportement en terme de consommation de médicaments. J’aime de manière générale votre esprit critique qui manque tant à notre époque, mais cette fois ci je ne suis pas aussi tranché que vous sur la question.

Tout d’abord, je pourrai tout à fait citer des études, des médecins qui contredisent les documents que vous présentez. Le fait que certains affirme un fait, ne signifie pas qu’ils ont raisons.

Ensuite, vous affirmez que les médecins qui ne seraient pas d’accord avec vos affirmations devraient retourner sur les bancs de l’école. Etes vous une experte en pharmacologie ? en biologie ? en médecine ? possédez vous des qualifications nécessaires pour pouvoir trancher cette question ? Comment pouvez vous affirmer qui a raison de qui a tort sur un sujet qui touche à la santé des gens.
Présenter une idée est tout a fait légitime de votre part. Donner un avis à la rigueur. Mais affirmer ce qui est « bien » et « mal » ne me parait pas de votre ressort, surtout sur un sujet aussi personnel que la santé de tout à chacun.

Enfin, votre manière de présenter cette information est subjective. Par exemple, dans votre phrase « Quoi qu’en disent les rumeurs » amène une connotation péjorative. Quelques mots plus loin : »Ces deux types de médicaments sont fabriqués de la même manière, et sont tout autant contrôlés ». Ils ne sont sûrement pas fabriqués de la même manière, car pas dans la même usine…En terme de contrôle j’émets également des doutes : Je ne sais pas pour le Canada, mais en France, il faut une autorisation de mise sur le marché pour commercialiser un médicament : ceci consiste en de longues (et coûteuses) études qui doivent prouver que le médicament est efficace. Mais également, qu’il est sans effet secondaire. Plus exactement, que le rapport bénéfice risque est très favorable. Ces études ne sont faites que pour le princeps. Pour les génériques, aucunement besoin de démontrer que le « nouveau » médicament est aussi efficace. Pourquoi ne pas plutôt donner une autorisation de mise sur le marché (ou un l’équivalent au canada)uniquement aux médicaments apportant un meilleurs bénéfice risque que celui déjà présent. Aujourd’hui plusieurs médicaments de labo différents traitent les mêmes symptômes ou maladies.

Je ne suis donc pas complètement d’accord sur votre manière d’asséner une vérité médicale, même si je comprends le fond de votre pensée. En revanche, je vous en supplie, gardez cet esprit critique… Nul ne se trompe jamais (moi y compris ;-)), c’est pour cela que je ne vous en tiendrait pas rigueur 🙂

Pascal

Dernièrement je recevais une carte plastifiée de Lipitor me disant qu’en la présentant à la pharmacie je pouvais recevoir mon Lipitor d’origine, la compagnie m’avisant qu’il paierait la différence avec le générique. Ma question est la suivante: Est-ce que le rabais réduit les frais à la RAMQ ? Ou est-ce seulement moi qui bénéficie de ce rabais ?

MERCI DE M’INFORMER !

@ Paskal441,
Une molécule chimique est une molécule chimique, atome pour atome à la même place. Donc, son effet ne peut être que le même sur un effet présumé. La seule chose qui peut être différente est sa biodisponibilité, soit, autrement dit, la composition du comprimé qui contient le principe actif. Ceci, pour une molécule qui est absorbée sur une période de 24 heures, n’a aucun effet. Vous conviendrez qu’il n’y a pas besoin de refaire les études cliniques de stade 1, 2 et 3 pour arriver à la conclusion que c’est la même chose.
Pour ce qui est du Dr de Lorgeril,(sic, c’est bien un français (le de)), il y a un principe qui est de plus en plus reconnu en pharmacologie, qu’un médicament peut être parfait pour une personne mais inutile pour une autre. La pharmocogénomique répondra à cette question, j’espère un jour. Mais pour la majorité des gens,les statines sont efficaces et améliorent la condition cardiaque (athérosclérose). Mais il est vrai que pour une minorité de personne ces médicaments sont innéficaces.
Marc Vachon Ph.D. Pharmacologie

vous êtes vous seulement poser la question: quelle ristourne les pharmaciens recoivent-ils des compagnies de génériques? au moins 20% en plus de leur honoraire professionnel; alors le drappage dans l’économie de la RAMQ, on repassera.
Oui les génériques ont la même molécule, mais qu’en est-il de la biodisponibilité? du mode de libération? et des différences d’une compagnie de générique à l’autre? le problème est surtout là: naviguer d’une compagnie de générique à l’autre selon les profits.
Je crois que vos connaissances en pharmacologie sont assez limitées et orientées par les co. de génériques.
Oui les pharma font beaucoup de profits, mais ce sont les générateurs de nouvelles molécules et non pas simplement des parasites qui sont là juste pour profiter des autres; pas de molécules originales, pas de génériques.

Pour répondre à ltessier, la biodisponibilité et le mode de libération des génériques sont évalués selon des normes strictes pour permettre leur mise sur le marché, en plus de la teneur en principe actif. Il y a autant de différence entre 2 compagnies génériques qu’entre le lot d’une même compagnie fabriqué le mardi et celui fabriqué le mercredi. Cela vaut aussi pour les originaux.

Il ne faut pas oublier aussi que plusieurs compagnies novatrices possèdent leurs propres compagnies génériques. Ainsi, les génériques et les originaux sont souvent fabriqués sur la même chaîne de montage, mais emballés dans des contenants différents! Certains innovateurs ont été intelligents et ont tout simplement baissé le prix de leur molécule, coupant l’herbe sous le pied des génériques.
Et avant qu’on me questionne sur mes compétences en pharmaco, je précise que je suis pharmacien depuis bientôt 7 ans. L’évaluation du prix d’un traitement fait partie intégrante de la prise de décision, dans un contexte de ressources limitées.

@ltessier

Avant de critiquer la méconnaissance des autres, peut-être auriez-vous mieux fait de vous valider vos informations vous aussi…

Le 20% redonner aux pharmacies, permis par la politique du médicament, doit être dépensé selon 5 catégories de services, facture à l’appui, qui ont trait à l’amélioration des services aux patients…

De plus, votre cafouillage sur les différences des médications générique est pathétique… Ce qui ne veut pas dire que tout l’un ou tout l’autre est à jeter en entier!

Mais attention aux jugement rapide!

Mme Borde,
Tous les génériques d’un même médicament ne sont pas pareils. La biodisponibilité du générique peut être de 80 à 125% pour être accepté par Santé Canada. L’efficacité n’est pas étudiée. Des pays européens refusent des génériques de certaines catégories de médicaments comme ceux pour l’épilepsie et les anti-dépresseurs. Affirmer qu' »il n’y a aucune différence de qualité » est un mythe véhiculé par les compagnies de génériques qui ne font aucune recherche qui bénéficie la population ou la communauté médicale. Un copie est toujours plus pâle que l’original.

@ M. Vincent Ouellet,

Merci pour votre commetaire venant d’une personne travaillant à au sein de l’industrie. C’est toujours instructif et plaisant de lire des commentaires comme le votre.

« S’il reste des professionnels de la santé qui ne sont pas convaincus qu’il n’y a aucune différence entre le Lipitor et l’avostatine générique, ils feraient bien de retourner sur les bancs de l’école ou de se plonger un peu dans la littérature scientifique. »

Petite précision, le générique de Lipitor se nomme atorvastatine, à vous de vous replonger dans vos recherches.

@Marc Vachon

Effectivement une molécule reste une molécule.

Un médicament est composé du principe actif, une molécule qui ne varie pas que ce soit pour le princeps ou pour les génériques, et un support pour cette molécule. Mais ce que l’on ingère, injecte, inhale…c’est un ensemble de molécules. Or, l’interaction entre le principe actif et son support n’a été étudiée que pour le princeps.
Pour moi l’absence de preuve d’innocuité d’un générique (car il n’y a pas eu de nouvelles études) n’est pas une preuve de l’innocuité.

tout ceci est assez bien expliqué dans cette articlesur wikipedia (pour le contexte français )
http://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9dicament_g%C3%A9n%C3%A9rique

certe, je ne cite qu’une source à charge, j’en conçois.

Peu importe ce que certain en pense, les génériques ont failli me tuer.
Essouflements, angine, gorge sèche, les poumons
voulaient me traverser les côtes etc. jusqu’au moment où j’allume et que je trouve le coupable.
Je sais que le pharmacien fait plus d’argent avec le générique, mais moi j’ai juste une santé!!
Après cinq ans au lipitor 80mg et un cholestérol stable, je l’ai vu augmenter de 25% en huit mois.
PERSONNE au monde ne me fera prendre ces sustituts à l’avenir!!