Logiciels libres en santé: un pari gagnant

En adoptant un logiciel libre développé par la Veteran Health Administration des États-Unis, le Mexique estime avoir eu à investir 40 fois moins d’argent qu’avec des logiciels commerciaux pour informatiser son système de sécurité sociale, selon un article fort intéressant publié dans The Lancet.

Alors qu’il est devenu évident qu’informatiser les soins de santé peut faire économiser beaucoup d’argent, le marché des logiciels destinés aux systèmes de santé a atteint 60 milliards de dollars par année.

Mais face aux factures et aux exigences du secteur privé, le logiciel libre est en pleine explosion dans ce domaine, explique The Lancet.

Selon un sondage de l’Organisation mondiale de la santé, 114 pays travaillent actuellement à informatiser leurs dossiers médiaux.

L’Inde et la Chine sont les grandes championnes du logiciel libre en santé, mais de nombreux pays pauvres font désormais appel à ces outils. 

Selon Vital Wave, un consultant américain spécialisé dans ce domaine, le Bélize, un petit pays d’Amérique centrale qui compte seulement 300 000 habitants, dispose actuellement du système national de gestion de la santé informatisé le plus complet au monde. Et il repose uniquement sur des logiciels libres!

En Inde, les systèmes informatiques libres de droits de la National Rural Health Mission desservent des centaines de millions de patients, selon The Lancet.

Tous ces logiciels qui peuvent être téléchargés gratuitement, et améliorés par leurs utilisateurs, sont-ils aussi fiables que les outils des grandes compagnies informatiques?

Non! Ils sont encore plus fiables, si l’on en croit une analyse publiée récemment par Carl Reynolds et Jeremy Wyatt dans le Journal of Medical Internet Research.

Selon ces deux chercheurs britanniques, les logiciels libres seraient généralement plus résistants aux attaques car leurs codes sources libres permettent une évaluation indépendante de la sécurité des systèmes, ce qui force les développeurs à faire plus d’efforts pour produire des codes de qualité.

En décembre dernier, la ministre Michèle Courchesne a annoncé que le gouvernement du Québec s’ouvrirait davantage au logiciel libre, par un projet de loi qui forcera à inclure ceux-ci dans les appels d’offres.

Une solution pour régler l’épineux problème du dossier informatisé de santé dénoncé par le Vérificateur général ? Il semble qu’il reste beaucoup à faire pour faire accepter les logiciels libres…

(Merci à Jean V. d’avoir attiré mon attention sur cet article du Lancet :-))

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