Marée noire : la géoingénierie à la rescousse de BP

Avec quelles technologies va-t-on minimiser les impacts de la marée noire au large de la Louisiane, que ce soit pour boucher la fuite de pétrole ou pour l’empêcher de contaminer la côte ?

En désespoir de cause, l’administration américaine exaspérée par le manque de solutions proposées par BP a appelé à la rescousse un groupe de scientifiques émérites chargés de donner de nouvelles idées à la pétrolière.

Nul doute que dans l’état actuel des choses, toutes les idées sont bonnes à prendre.

J’avoue cependant que la composition de la dream team, constituée par le secrétaire à l’énergie des États-Unis Steven Chu, me fait un peu peur. Vers quelle genre de solution ces scientifiques risquent-ils d’orienter les efforts ?

Les cinq hommes choisis sont tous des physiciens qui ont par le passé proposé des solutions originales à toutes sortes de problèmes, de la conception de la bombe H à celle de techniques minières pour la planète Mars.

Ce sont sûrement des gens très intelligents, mais il aurait peut-être été plus prudent de leur adjoindre des spécialistes d’autres disciplines comme l’océanologie, les biotechnologies ou l’écologie, qui ont certainement une toute autre vision des impacts des technologies susceptibles d’être utilisées.

Le moins que l’on puisse dire de Jonathan Katz, un des cinq physiciens appelés à la rescousse, c’est qu’il ne semble pas avoir peur de grand-chose.

Cet astrophysicien, professeur de physique à la Washington University, à Saint-Louis, s’intéresse maintenant de près à la géoingénierie, une discipline qui vise à modifier le climat à l’échelle de la planète par divers moyens de grande ampleur.

Parmi ses idées : épandre des surfactants à la surface de la mer pour en diminuer la température et minimiser le risque d’ouragan. Pas un mot sur ce qu’il arriverait à la faune aquatique après une telle manipulation !

Sur son site, il présente toutes sortes de réflexions personnelles décapantes  sur des sujets tels que « à la défense de l’homophobie », « pourquoi le terrorisme est important » ou « ne devenez pas un scientifique ». Certaines me semblent très sensées, d’autres complètement farfelues !

Il y a urgence à trouver une solution pour cette marée noire. Mais pas au point de faire n’importe quoi pour y parvenir. Espérons qu’en tentant de régler le problème au plus vite, on ne fera pas plus de tort que de bien…

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Je déplore aussi l’absence d’océanographe et d’écologistes dans ce panel… « d’experts ». Mais ce qui m’inquiète encore plus, c’est que cela démontre la faiblesse de l’expertise scientifique et technique au sein du gouvernement américain. L’expertise scientifique dans les organismes gouvernementaux et les ministères est essentielle. La recherche universitaire a un rôle a jouer, mais il faut aussi des scientifiques et des ingénieurs qui ont spécifiquement le mandat de protéger l’environnement et la population, avec les ressources adéquates pour le faire.

Je suis bien peu optimiste concernant la réussite d’un colmatage à moyen terme. Dans quelques semaines, nous parlerons de la pire catastrophe écologique de l’humanité.

Une question simple en passant : Pourquoi aucune solution de colmatage permanent du puits (on bouche le trou complètement) n’a été envisagé par BP ???????

Jusqu’à maintenant, toutes les tentatives ont eu pour but de pomper le pétrole et non boucher complètemetn le trou.

Tout à fait d’accord il est urgent d’adjoindre à l’équipe de physiciens, des spécialistes d’autres disciplines comme l’océanologie, les biotechnologies ou l’écologie qui auront une autre vision des impacts des technologies à être utilisées pour enrayer la marée noire et, plus encore, pour les suites.

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