Maux de ventre : au-delà du gluten

Qu’est-ce qui fait que de nombreuses personnes ont des maux de ventre après avoir mangé des aliments courants que leur système digestif ne semble plus tolérer ? La recherche progresse, mais à petits pas… et il faudra des années pour qu’on y voie plus clair. Deux pistes sont cependant prometteuses.

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Le régime sans gluten est à la mode, comme le raconte mon collègue Yanick Villedieu dans son excellent reportage publié dans l’édition du 1er décembre de L’actualité (toujours en kiosque).

Pourtant, la maladie cœliaque ne touche qu’une personne sur 100. Une fois qu’elle est soupçonnée, elle est relativement facile à confirmer, par une prise de sang et une biopsie du duodénum.

En revanche, il n’existe aucun marqueur biologique de la «sensibilité au gluten non-cœliaque», qui pourrait expliquer pourquoi certaines personnes semblent se sentir beaucoup mieux quand elles bannissent de leur régime tout aliment contenant du gluten, et ce, même si elles n’ont pas la maladie cœliaque.

À l’heure actuelle, pour étudier ce trouble dont on ne sait s’il existe réellement, les chercheurs ne peuvent que se fier aux témoignages pas toujours très fiables des personnes qui pensent en être atteintes.

Or, manger sans gluten implique de revoir de fond en comble son régime alimentaire, tant cet ingrédient est omniprésent — notamment dans les aliments préparés et la malbouffe.

Sans gluten, vous mangerez infiniment moins de pain, pâtes, pizza, saucisses, morceaux de poulet (ou de poisson) panés, craquelins, muffins, desserts et grignotises, sauces et soupes préparées offertes dans les épiceries et les restaurants, même en substituant tout cela par les produits sans gluten, de plus en plus nombreux.

Les chances sont grandes que, ce faisant, vous mangiez plus de produits frais ou non transformés… et donc pas mal moins de sucre et de sel, omniprésents dans les aliments industriels.

Tous ces changements dans l’alimentation rendent bien hasardeuses les études «avant-après gluten» qui pourraient établir un lien clair entre un régime sans gluten et l’amélioration de l’état général d’une personne.

Surtout que pour l’instant, la science peine à comprendre l’ensemble des troubles digestifs qui ne s’accompagnent pas d’atteintes visibles du système.

Le syndrome du colon irritable, qui toucherait de 10 % à 20 % de la population mondiale, reste une boîte noire pour les chercheurs. Et un diagnostic «faute de mieux» pour les médecins.

La «sensibilité au gluten non cœliaque» en est-elle une forme ? D’autres composantes de l’alimentation, comme le fructose — dont la consommation a aussi explosé — sont-ils en cause ? Qu’est-ce qui fait que de nombreuses personnes ont des maux de ventre après avoir mangé des aliments courants que leur système digestif ne semble plus tolérer ?

La recherche progresse, mais à tout petits pas, et il faudra des années pour qu’on y voie plus clair.

Deux pistes sont cependant prometteuses.

Tout d’abord, l’étude du rôle de l’intestin comme «deuxième cerveau». Constitué de plus de 100 millions de neurones, le système nerveux entérique qui contrôle le système digestif est en lien direct avec le cerveau.

En étudiant comment ce lien s’articule, on parviendra peut-être à mettre le doigt sur les explications biologiques de corrélations que l’on soupçonne entre des intolérances alimentaires et des troubles neurologiques comme la schizophrénie, la dépression ou l’autisme.

La seconde piste est celle du microbiome. Les centaines de milliards de microbes qui vivent dans notre tube digestif jouent un rôle fondamental dans notre état de santé, et des débalancements de la flore intestinale pourraient expliquer bien des problèmes.

Notre alimentation ultrariche en gluten a-t-elle rendu nos microbes intestinaux de moins en moins capables de le digérer, comme le soupçonnent certains chercheurs ?

Si cette hypopthèse se confirme, cela voudra dire, qui sait, qu’il suffirait peut-être de réduire ses apports en gluten — plutôt que de l’éliminer complètement — pour se sentir mieux.

La vitesse folle à laquelle le régime sans gluten a trouvé ses adeptes montre qu’on se méfie de plus en plus du contenu de son assiette. À tort ou à raison.

Pour couper court aux régimes miracles, aux charlatans et aux angoisses, on compte aujourd’hui avant tout sur la prudence et le gros bon sens.

Si vous croyez que le gluten ou un autre aliment vous rend malade, allez voir un médecin qui conduira les tests appropriés.

Si aucune maladie n’est repérée, il vous conseillera, très probablement, de tenter d’éliminer pour quelques semaines l’aliment soupçonné avant de le réintroduire en petites quantités afin de voir ce qui se passe.

Mais les médecins auraient vraiment besoin que la recherche leur fournisse des bases plus solides sur lesquelles s’appuyer.

Or, pour l’instant, les scientifiques ne s’intéressent guère aux troubles digestifs fonctionnels, réputés trop difficiles à étudier, pas très graves de toute façon, et peu populaires auprès des organismes subventionnaires.

Ils préfèrent nettement travailler sur le cancer colorectal, bien mieux financé, notamment par l’industrie pharmaceutique.

Mais est-ce vraiment ce qui répond le mieux aux besoins de la population ? Qu’en pensez-vous ?

Les commentaires sont fermés.

Je viens de lire l’article de Yannick Villedieu sur le gluten et je ne comprend pas trop le but de cet article…se méfier de quoi au juste? Qu’est ce qu’on risque? Manquer de fibres? Les asiatiques ne mangent pas de gluten et ils sont en bien meilleure santé que nous! Je voudrais bien savoir sur quoi se base la diététiste Louise Desaulniers? Et le gastroentérologue Patrick Godet qui dit que c’est dangereux de couper le gluten par ce qu’on ne pourrait plus détecter la maladie coeliaque ………………qui se traite en coupant le gluten!!!! C’est tout? y a pas d’autres dangers??

Vous dites l’excellent reportage de Yannick VIlledieu. Je dis comme Anie plus bas, en quoi le régime sans gluten est-il dangereux. Dans votre article ci-haut mentionné, vous dites même que c’est mieux de manger sans gluten car on mange moins de produits préparés, on mange plus de fruits, légumes, plats préparés maison, moins de sucre. J’aime beaucoup mon Actualité, mais pas le dernier. On dirait un article du Journal de Québec « Gare à la mode du SANS GLUTEN ». Des gens mettent leur santé en danger??? Discutez avec des gens qui sont passés au sans gluten, et vous verrez que ceux-ci se sentent de mieux en mieux. Vous n’avez aucun témoignage, aucune étude contre le sans gluten.

Bonjour
J’ai moi-même des problèmes de digestion, mais ils ne sont pas associés au gluten. Je peux manger du pain sans problème. Par contre, les gras sont difficiles à digérer, mais ça dépend beaucoup de la quantité ingérée; j’ai surtout des difficultés avec les fromages, les aliments panés frits, les chips et les sauces épicées BBQ.
Comme je fais de l’apnée et qu’elle est associée au syndrome des jambes qui bougent, manger ces aliments me fait ‘’gonfler’’ le ventre, m’indispose et, la nuit, déclenche des contractions musculaires involontaires des jambes, contractions qui sont aussi reliées à l’apnée du sommeil.
Quand au gluten, il faudrait vraiment savoir, dans les régimes sans gluten, si c’est l’absence de gluten qui rend la vie meilleure, ou si c’est le reste du régime. C’est comme avec les médicaments : dans le traitement d’une maladie, il faut faire la différence entre l’effet placébo (ne contenant aucun produit actif; ce que certains appellent une pilule de farine) et l’effet du médicament lui-même. Ici, on peut aussi se demander si le régime sans gluten n’a qu’un effet psychosomatique (un effet placébo), sans aucun lien avec le gluten. Des études scientifiques seraient nécessaires. Mais qui va les subventionner? C’est bien plus payant de continuer à faire peur avec le gluten et de développer des aliments sans gluten qu’on peut vendre avec de meilleurs profits. C’est aussi comme pour la plupart des produits naturels, l’homéopathie, les colliers de noisetiers, etc : aucune étude sérieuse confirmant leur effet, mais ça se vend très bien.

Décevant et un peu mince cet article sur le gluten (en plus du titre et de la page couverture sensationaliste… Ai-je un journal de Montréal entre les mains?!). Je partage entièrement le point de vue de Maryse, émis plus tôt. À cela, j’ajouterais ceci: Je ne consulterai ni médecin, ni nutritionniste pour me guider dans mon alimentation, et les propos de ceux cités dans l’article me confortent en ce sens. Pourquoi ne pas plutôt parler des travaux de la Dr.Jacqueline Lagacé, qui fut enseignante et chef de labo en immunologie et bactériologie à la faculté de médecine de l’Université de Montréal et qui démontre de façon fort éloquente et de façon rigoureusement scientifique, les travaux du Dr Jean Seignalet sur la toxicité de plusieurs aliments, dont le blé (modifié depuis des décennies, pour satisfaire aux impératifs de productivité de l’industrie), le maïs, le lait (qui entraîne selon elle l’apparition de plusieurs maladies inflammatoires chroniques et plusieurs types de cancers) ? Ce lait, qui a bien changé depuis le début des années 60, encore une fois pour augmenter la productivité de l’industrie. Le Dr Seignalet (sur qui Mme Lagacé a basé son livre), recense 90 maladies (qu’il divise en 3 catégories: auto-immunes, d’encrassage et d’élimination), toutes induites par l’alimentation déficiente moderne de bien des gens. La solution ? Le régime ancestral, dit hypotoxique, que je suis depuis près de 14 ans et qui a contribué à mon bien-être depuis ce temps. Et que le gastroentérologue ne s’inquiète pas pour ma consommation de fibres. Avec une quinzaine de portions de fruits et légumes par jour, je suis ok!

——-Douleurs articulaires—-

Un de mes proches avait des douleurs aux articulations depuis plusieurs années, pris des anti-inflammatoire, même été diagnostiqué d’arthrite à la fin et est rentré à l’hôpital après la prise d’un médicament contre l’arthrite qui enlève le système immunitaire. Ils ont fait des tests et découvert qu’elle avait l’intestin enflé. Elle est revenue de l’hôpital avec des douleurs encore plus fortes. Je me suis demandé le lien entre arthrite et intestin enflé. J’ai fait une recherche sur internet et suis tombé sur un article qui parlait du lien entre le gluten et les douleurs articulaires. La personne en question a essayé le régime sans gluten et est très bien depuis ce temps. Les douleurs ont presque toutes disparues après une semaine et n’ont pas revenu depuis des années . Alors si vous avez mal, je vous souhaite que ce soit la solution !

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