Médicaments anticancer: Bolduc doit respecter l’INESSS

Le ministre de la santé Yves Bolduc va demander plus d’explications à l’INESSS pour justifier son refus de rembourser plusieurs médicaments contre le cancer, et pourrait lui demander de réviser sa décision.

La Coalition Priorité Cancer, formés d’oncologues et de patients, juge que les décisions prises par l’INESSS sont injustifiées et qu’elles font passer les finances de l’État avant la santé des Québécois.

À moins que les spécialistes de l’INESSS n’aient fait une grossière erreur dans leurs évaluations, une telle révision constituerait un dangereux précédent.

Pour produire ses évaluations, l’INESSS compile les études  sur l’efficacité clinique et le rapport coût/efficacité des substances qui sont soumises par les compagnies à son approbation.

Son dernier avis au ministre, daté du 3 octobre, fait état de 14 médicaments refusés pour des raisons de coût, dont trois destinés au traitement de cancers : Alimta pour le traitement d’entretien du cancer du poumon non à petites cellules au stade local avancé ou métastatique , Afinitor pour le néphrocarcinome métastasique et Tarceva pour le cancer du poumon non à petites cellules.

L’INESSS a également maintenu sa décision de refuser l’Iressa pour le traitement du cancer du poumon.

Tous ces traitements sont très coûteux, mais n’offrent malheureusement qu’un soulagement temporaire aux victimes de ces cancers.

L’Alimta, par exemple, prolonge la survie des patients sans progression de la maladie de 4,3 mois contre 2,6 mois pour un placebo, selon une étude réalisée par le fabricant Eli Lilly et publiée dans The Lancet.

En moyenne, les gens qui reçoivent ce traitement vont survivre 13,4 mois, contre 10,6 pour ceux qui auront reçu le placebo. Pendant cette période, ils vont en revanche souffrir de plus d’effets secondaires comme de la fatigue.

L’INESSS considère que le médicament est efficace d’un point de vue clinique.

Pour évaluer son coût, l’organisme utilise comme la plupart des autres agences d’évaluation dans le monde une unité de mesure bien particulière, le dollar par QALY (quality adjusted life year, année de vie ajustée par la qualité). Cette unité combine l’espérance de vie et la qualité de vie, et correspond à l’utilité vue par les patients  d’une action médicale qui prolonge la vie d’un an.

Dans le cas de l’Alimta, l’analyse de l’INESSS donne 137 270 dollars/QALY, un coût largement supérieur à ce qui est jugé acceptable.

Refuser un traitement sur la base de son coût peut sembler inhumain. Tout accepter est en revanche impossible.

Car si l’on accorde une révision des décisions de l’INESSS aux malades du cancer, pourquoi ne pas l’accorder aussi aux personnes atteintes de sclérose en plaques, à celles qui sont aux soins intensifs, victimes du VIH, schizophrènes ou qui souffrent d’eczéma qui auraient peut-être bénéficié des autres traitements refusés par l’INESSS sur la base de leur coût?

Est-ce vraiment parce que les médicaments destinés au cancer sont plus bénéfiques? Ou parce que le lobby des médecins et des malades est plus efficace?

C’est pour s’assurer du plus d’impartialité possible dans ces décisions délicates que l’on fait reposer les analyses entre les mains d’experts maintenus autant que possible à l’abri des pressions politiques, qui doivent faire entrer dans le budget délimité par le gouvernement d’innombrables interventions en santé.

Remettre la décision d’approuver ou non certains médicaments entre les mains d’un ministre qui a des lobbies sur le dos et des électeurs à séduire est tout sauf une bonne idée.

À lire aussi à ce sujet, Les pilules de la controverse.

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Excellente chronique Mme Borde. Je suis tout à fait d’accord avec votre analyse.

J’aimerais toutefois apporté un petite précision. Vous écrivez: « La Coalition Priorité Cancer, formés d’oncologues et de patients… « .

Dans les faits. cet organisme est un lobby pharmaceutique. Voyez d’où provient leur financement: http://www.coalitioncancer.com/07/partenaires-financiers.php

Si M. Bolduc est pour renier l’INESSS, cela serait une grande victoire du lobby pharmaceutique.

Bon rappel à l’ordre: les lobbys jouent tellement avec l’émotion des gens, surtout avec un sujet comme le cancer.

Le cancer du poumon tue 85 fois sur 100. Alors vous aurez beau prendre toutes les pillules que vous voudrez, vous n’avez pas les maths de votre bords.

Merci de nous expliquer le processus d’acceptation ou de refus d’un médicament. La façon dont la Coalition Priorité Cancer parle laisse présager une grande part de partialité dans le processus, mais en fait, il y en a moins que la partialité inhérente à ce regroupement…

quels sont les dirigeants-médecins conseils qui pensent encore à leur serment de départ : aider son prochain ou si ils l’ont enterré profondément sous de l’argent et de la gloire…ça fait peur pour l’avenir.
bravo et merci pour tous les articles écris car seul l’information nous éclaire sur ce qui se passe dans les plus hautes sphères

Les résultats issues des études financées par les compagnies pharmaceutiques doivent toutefois être accueillis avec prudence. Si l’INESSS, pour établir ses propres calculs, s’appuie en partie ou en totalité sur les travaux du fabricant Eli Lilly, seul pourvoyeur financier de l’étude, alors il y a un problème apparent d’impartialité ou un risque d’erreur inhérent aux motivations économiques et financières des compagnies pharmaceutiques.

j;aimerais que nous puissions avoir tout les traitements payer par l assurance médicament du gouvernement contre le cancer je suis atteinte du cancer du poumon je n.ais pas les moyen de payer ca mais je voudrais encore vivre plusieurs années merci de lire

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