Mission Rosetta : l’atterrissage en direct

Si tout se passe bien, mercredi, à 10 h 34 (heure du Québec), le petit robot Philae largué par la sonde Rosetta se posera à la surface de la comète 67P/Churyumov-Gerasimenko. Un moment ni plus ni moins historique, explique Valérie Borde.

Si tout se passe bien, mercredi, à 10 h 34 (heure du Québec), le petit robot Philae largué par la sonde Rosetta se posera à la surface de la comète 67P/Churyumov-Gerasimenko.
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C’est un moment historique — l’aboutissement d’une mission d’un milliard d’euros, pensée depuis le début des années 1980, que vous pourrez suivre en direct ci-dessous.

Rosetta est entrée dans l’histoire le 6 août dernier, en devenant la première sonde spatiale à se placer en orbite autour d’une comète, à 508 millions de kilomètres de la Terre.

Cet amas de glace et de poussière, surnommée Tchouri, file à travers l’espace à plus de 27 km par seconde et mesure seulement une quinzaine de kilomètres carrés. La comète est désormais à environ 477 millions de kilomètres de la Terre.

Philae doit analyser la composition du noyau de la comète, qui n’a pas changé depuis la formation du Soleil. Il devrait permettre de mieux comprendre cet événement, survenu il y a environ 4,5 milliards d’années, et l’origine de l’eau que l’on retrouve sur la Terre.

Le robot doit aussi récolter des informations sur les composés organiques présents dans la comète, qui ont peut-être joué un rôle dans l’apparition de la vie.

On trouve tous les détails en français sur le site du Centre national d’études spatiales, avec en prime une version pour les jeunes très bien faite.

Et à ne pas manquer, cette «bande-annonce» de la mission — un superbe film de 7 minutes baptisé Ambition, mettant en vedette Eiden Gillen (connu pour son rôle de Little Finger dans la série Game of Thrones), qui explique de manière magistrale l’intérêt de ce genre de mission. Superbe !

L’Agence spatiale européenne (ESA), qui pilote cette mission d’un milliard d’euros, s’intéresse depuis très longtemps aux comètes. En 1986, elle a profité du passage de la comète de Halley pour envoyer une première sonde spatiale, Giotto, destinée à observer ces objets célestes depuis l’espace. La NASA, qui devait en faire autant, a renoncé pour des raisons budgétaires.

L’ESA s’était aussi associée à la NASA pour concevoir la mission Comet RendezVous Asteroid Flyby (CRAF ; le lien vous conduit vers une vidéo datant de 1986), sur laquelle les ingénieurs du jet Propulsion Laboratory ont commencé à plancher en 1983.

La sonde CRAF devait être lancée en 1995 pour orbiter autour de la comète Kopff en août 2000. Mais la mission a été abandonnée en 1991, à nouveau pour des raisons budgétaires.

Le Congrès américain a choisi de ne financer que la mission Cassini/Huygens en direction de Saturne, et l’Allemagne, qui croulait sous le coût de la réunification deux ans après la chute du mur de Berlin, s’est retirée du projet.

Tous les yeux sont donc aujourd’hui tournés vers Rosetta, qui doit larguer son robot à 3 h 30 cette nuit, heure du Québec. Les images seront diffusées à partir de 9 h 30, et à 9 h 34, la caméra à bord de Philae transmettra les premières vues du site d’atterrissage, baptisé Agilkia.

Philae, que la force soit avec toi…

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À propos de Valérie Borde

Journaliste scientifique lauréate de nombreux prix, Valérie Borde a publié près de 900 articles dans des magazines depuis 1990, au Canada et en France. Enseignante en journalisme scientifique et conférencière, cette grande vulgarisatrice est à l’affût des découvertes récentes en science et blogue pour L’actualité depuis 2009. Valérie Borde est aussi membre de la Commission de l’éthique en science et en technologie du gouvernement du Québec, en plus d’être régulièrement invitée dans les médias électroniques pour commenter l’actualité scientifique. On peut la suivre sur Twitter : @Lactu_Borde.

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