Romney pour plus de recherche fondamentale, moins de frais de scolarité

Le candidat aux présidentielles américaines Mitt Romney veut s’attaquer à la hausse des frais de scolarité aux États-Unis, et encourager la recherche fondamentale, si l’on en croit son livre blanc « « A Chance for Every Child, » présenté la semaine dernière.

La majeure partie de ce document est consacré à l’égalité des chances au primaire et au secondaire (K-12 education dans le système américain). Mais l’ancien gouverneur du Massachussetts annonce aussi son programme pour améliorer la réussite aux études postsecondaires, puisque, selon ses chiffres, le pourcentage des emplois aux États-Unis qui nécessitent un diplôme collégial ou universitaire passera de 62% aujourd’hui à 70% d’ici 2020.

Mitt Romney dresse un portrait très sombre de l’éducation postsecondaire aux États-Unis. Aujourd’hui, explique-t-il, seuls 27% des étudiants américains finissent leur collège en moins de 3 ans et 57% obtiennent leur baccalauréat et diplome collégial en moins de 6 ans. La moitié des jeunes diplômés en 2006 ou après n’ont pas d’emploi à temps plein, alors que la dette globale des étudiants dépasse les 1000 milliards de dollars (plus de 25 000 dollars par étudiant gradué, en moyenne).

Pourtant, les États-Unis n’ont jamais autant investi dans l’éducation supérieure. Depuis 1982, les frais de scolarité au collège ont augmenté de 439%, alors que les bourses d’études données par le gouvernement fédéral américain ont cru de 475%. Mais on assiste aujourd’hui à l’échec du système, qu’il faut revoir de fond en comble, selon Romney.

Logiquement, le candidat républicain accuse son adversaire Barack Obama de n’avoir fait qu’empirer les choses en accordant encore plus d’argent à l’éducation supérieure sans pour autant être parvenu à juguler la dette croissante des étudiants.

La solution proposée ne plairait sûrement pas à la majorité des Québécois qui portent le carré rouge aujourd’hui.

Elle repose principalement sur un plus grand recours au privé, la réddition de comptes accrue et la responsabilité individuelle. On est loin d’une vision de l’éducation comme richesse collective!

Première étape annoncée par Mitt Romney : serrer la vis aux universités en ne leur permettant plus d’augmenter les frais de scolarité à leur guise, et récompenser celles qui innovent pour maintenir de bas coûts.

Puis simplifier les bourses d’études fédérales pour qu’elles soient plus généreuses envers les plus pauvres, et encourager l’épargne études.

Mettre sur pied un système d’information publique destiné à la population et aux prêteurs privés, pour recenser par institution le coût des études dans chaque filière, le taux de succès et les salaires des diplômés.

Et enfin, réorganiser les études collégiales pour que ceux qui sont capables d’assimiler la matière plus rapidement y passent moins de temps.

Fort appui à la recherche fondamentale

Même s’il veut couper dans les dépenses fédérales, Mitt Romney annonce en revanche qu’il n’a pas l’intention de sacrifier les programmes de soutien à la recherche fondamentale mis sur pied par son adversaire.

«Dans cette réforme, nous ne devons pas perdre de vue les politiques qui marchent.

L’investissement fédéral à long terme dans la recherche fondamentale au sein des institutions d’enseignement supérieur a été un moteur crucial pour l’innovation dans notre économie, qui ne peut pas être financé par d’autres sources.

Une administration Romney maintiendra un fort engagement dans la recherche en sciences physiques, biologiques et sociales et veillera à ce que les priorités pour le financement de la recherche ne soient pas détournées par des impératifs politiques à court terme».

Puisse-t-il en parler au premier ministre Stephen Harper quand il le croisera !

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Ce qui cause de si hauts frais, C’est justement l’intervention du gouvernement

«Pour Mitt Romney, le rôle du gouvernement fédéral dans l’aide aux études postsecondaires est réduit au strict minimum. Pour l’essentiel, le message aux étudiants est : débrouillez-vous et bonne chance»

«…il est aussi intéressant de noter que les plus importantes institutions d’enseignement postsecondaire à but lucratif du pays, qui avaient fait des contributions importantes à Barack Obama en 2008, ont dirigé la plus grande partie de leurs contributions à la caisse électorale de Mitt Romney en 2012. Ces institutions vont nettement dans le sens de la marchandisation de l’éducation et plusieurs spécialistes sont d’avis qu’elles remettent en question la nature même de la fonction éducative de l’université, sans parler de sa mission sociale.» Pierre Martin (blogue États-Unis)

La recherche fondamentale financée par Coca-Cola ou McDonald, c’est à voir !

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