Mollo, les bébés-éprouvette

En voulant mettre en place un système universel de procréation assistée, Québec va trop vite, dit Édith Deleury, présidente de la Commission de l’éthique de la science et de la technologie.

En voulant mettre en place un système universel de procréation assistée, Québec
photo : Istock

L’an dernier, le ministère de la Santé s’est engagé à rembourser trois traitements de fécondation in vitro (FIV) aux couples qui en feraient la demande et, en janvier, il a demandé à des hôpitaux universitaires de mettre sur pied les services nécessaires.

Pourquoi vous opposez-vous à cette décision ?

– Une FIV coûte de 15 000 à 50 000 dollars, et le ministère de la Santé s’attend à ce que la demande quadruple d’ici 2013, pour atteindre 10 000 FIV par an. Cette dépense est-elle néces­saire alors que les urgences débordent ?

N’est-ce pas injuste pour les couples infertiles ?

– Le désir d’avoir un enfant est légitime et la douleur des couples infertiles réelle, mais l’État n’est pas tenu d’accéder à toutes les demandes. Avant d’offrir des services, il faut mettre des balises, et pas seulement pour le nombre de tentatives remboursées. Ce qui se passe actuellement ne respecte pas l’esprit des 19 recommandations de la Commission de l’éthique. Le droit d’avoir un enfant n’existe pas.

Que devrait-on faire alors ?

– Mettre l’accent sur la prévention de l’infertilité, par exemple en informant mieux la population sur les risques de retarder une grossesse. Encourager l’adoption. Mieux évaluer les risques de la procréation assistée pour les enfants à naître. Et organiser un débat public, comme on le fait pour les soins en fin de vie, parce qu’il faut faire des choix. Nos moyens ne pourront pas combler tous les désirs. Doit-on, comme société, payer pour la congélation des ovo­cytes d’une femme de 20 ans qui veut faire carrière et recourir à une FIV 15 ans plus tard ?

 

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