Montréal au fil de l’eau

Il n’y a pas que dans le Vieux-Port que la métropole affiche son insularité. Suivez le guide!

Pourquoi ne pas troquer le métro-boulot-dodo contre le maillot-canot-pédalo ? Montréal est une île sur les berges de laquelle on a aménagé des installations nautiques très diversifiées. On y recense trois plages, une demi-douzaine de ports de plaisance, quatre rapides et quelques douzaines de parcs et de promenades où l’on peut se rafraîchir, faire de la planche à voile, du surf et même du rafting !

Les plus grands parcs-nature de Montréal bordent la rivière des Prairies, au nord. C’est à Cap-Saint-Jacques que s’étire la plus vaste plage, envahie par la foule les jours de canicule. « Les couchers de soleil sur le lac des Deux Montagnes sont spectaculaires », dit la directrice générale du Groupe uni des éducateurs-naturalistes et professionnels en environnement (GUEPE), Sarah Mailhot, qui fréquente le parc. Le Bois-de-l’Île-Bizard comprend aussi une plage, plus petite, et un marais, qu’on observe à partir d’une passerelle d’un demi-kilomètre de long. D’un genre différent, le parc régional de l’Île-de-la-Visitation relie une série d’îles. À cheval sur celles-ci, Hydro-Québec a construit une centrale, dont on peut visiter les installations Art déco. Fréquenté en toute saison, le parc abrite un excellent bistrot au bord de la cascade ainsi qu’un petit musée qui raconte les belles heures du rapide du Sault-au-Récollet.

Et pourquoi ne pas épicer l’été avec des pique-niques au bord de l’eau ? À Pierrefonds, dans le nord-ouest de l’île, on peut croquer un sandwich au parc des Rapides-du-Cheval-Blanc tout en se trempant les pieds dans le rapide. Même invitation au parc Jean-Drapeau, sur les îles Sainte-Hélène et Notre-Dame. Une façon agréable de s’y rendre : la navette fluviale qui part du quai Jacques-Cartier, dans le Vieux-Port.

Hors de l’île, deux destinations valent le détour. Au nord, le parc de la Rivière-des-Mille-Îles, à Laval, qui est consacré aux activités nautiques et à l’observation de la faune — oiseaux, tortues, castors. On accède aux plus beaux sentiers de randonnée, sur l’île Chabot et l’île des Juifs, en canot, en pédalo ou en chaloupe — plus de 200 embarcations en location ! Sur la Rive-Sud, le Récré-O-Parc de Sainte-Catherine, qui exploite une très belle plage devant les rapides de Lachine. Les sportifs peuvent s’y rendre par la piste cyclable de la Voie maritime, à laquelle on accède par l’île Notre-Dame ou par l’estacade du pont Champlain. Cette balade d’une dizaine de kilomètres permet de découvrir quelques belles petites plages secrètes tout le long du bassin de La Prairie, avec des perspectives uniques sur le centre-ville de Montréal et d’excellents emplacements de camping à squatter !

Les rapides de Lachine, qui barrent le fleuve sur toute sa largeur entre les ponts Mercier et Champlain, sont d’une beauté exceptionnelle. Du côté de Montréal, le parc régional des Rapides, accessible à vélo, permet de se perdre dans la contemplation de la masse d’eau en furie. La digue offre une superposition unique d’habitats — rapides, marais, bassins —, qui abritent une faune étonnamment diversifiée. Les plus braves peuvent y louer un kayak ou aller faire une sortie de rafting dans les rapides.

Au nord de l’île, trois rapides agitent les eaux de la rivière des Prairies. Voilà le prétexte pour s’offrir une journée de canot au gré du courant. Ces rapides de niveau R1 sont beaucoup moins dangereux que ceux de Lachine, et les hors-bord s’y engagent sans crainte entre les balises. On peut louer un canot à la plage de Cap-Saint-Jacques ou dans un des autres centres nautiques. Le premier rapide, celui de Cap-Saint-Jacques, est bordé de belles forêts. « Vous n’aurez pas l’impression d’être à Montréal », promet Sarah Mailhot. Seul inconvénient : un portage de 1,5 km à l’île de la Visitation. Mais l’aventure, c’est l’aventure !

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