Naître inuit et en bonne santé, tout un défi

Il ne fait pas bon naître chez les Inuits. Voilà comment on pourrait résumer l’étude publiée hier dans le Journal de l’Association médicale canadienne par un groupe de chercheurs, provenant entre autres de l’Hôpital Sainte-Justine de Montréal.

Le médecin chercheur Zhong-Cheng Luo et ses collègues ont comparé le taux de naissances prématurées, de décès à la naissance et de mortalité infantile (avant l’âge d’un an) dans les quatre grandes régions du Canada peuplées majoritairement par des Inuits et dans le reste du pays, de 1990 à 2000.

Leurs résultats sont affligeants : chez les Inuits, le taux de mortalité infantile est de 16,5 pour 1000, soit presque quatre fois plus que dans le reste du Canada – 4,6 pour 1000. C’est aussi plus de deux fois le taux de mortalité infantile dans les autres régions nordiques du Canada (7,9 pour 1000), où vivent aussi des peuples autochtones. Le taux de naissances prématurées et la mortinatalité sont aussi plus élevées chez les Inuits que n’importe où ailleurs au Canada.

Dans leur étude, les chercheurs ont considéré comme territoire inuit les quatre régions où les Inuits forment plus de 80% de la population : la région inuvialuit des Territoires-du–Nord-Ouest, le Nunavut, le Nunavik (au nord du Québec) et le Nunatsiavut (côte nord du Labrador). Dans ces régions, les femmes Inuites sont à l’origine de 90% des naissances.

Selon les chercheurs, une grande partie de ces décès pourraient être évités. Il y a urgence, selon eux, à investir dans des interventions plus efficaces pour améliorer l’état de santé des mères et des bébés inuits.

Car les choses ne vont pas en s’arrangeant : il n’y a eu aucun progrès par rapport au reste du Canada au cours de la décennie qu’ils ont étudiée.

Un taux de mortalité infantile de 16,5 pour 1000, c’est à peu près ce que l’on retrouve en Géorgie ou au Sultanat d’Oman, selon le CIA Worldfact book. Dans le monde, le taux de mortalité infantile varie de 2,3 pour 1000 à Singapour à 180 pour 1000 en Angola.

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Se pourrait-il que (toutes autres choses étant égales) la zone climatique dans laquelle les Inuits vivent ne favorise pas les grossesses sans problème et une faible mortalité infantile? Se pourrait-il qu’un réchauffement climatique leur améliorerait les choses? Un peu; un tout petit peu; on s’entend qu’il y a des facteurs culturels, financiers et administratifs bien plus importants qui influencent naissances prématurées et mortalité infantile.

Entretemps, le GIEC fait parler de lui, Mme Borde. Cela ne vous intéresse pas?

http://www.nationalpost.com/opinion/columnists/story.html?id=90f8dd19-4a79-4f8f-ab42-b9655edc289b#ixzz0dpiB0tX3

Je suis un ergoteur de détails, c’est évident, doublé d’un soupçonneux chronique ; et puis je devrais surtout parler de la catastrophe humaine que ces froides statistiques nous mettent sous le nez. Mais enfin, c’est le titre qui me fait tiquer : « Naître Inuit… » Allons, madame Borde, malgré (hi, hi) votre formation scientifique, j’espère que vous ne croyez pas sérieusement que l’on est Inuit à la naissance, comme un chat angora est un chat angora à la naissance ? Si tel est le cas, les travaux du professeur Cavalli-Sforza vous feraient le plus grand bien…

Rien de bien nouveau sous le soleil nordique!

Combien d’Esquimaudes fument? (un lien direct avec la prématurité)

Combien boivent?

Quel suivi médical ont-elle?

Où accouchent-elles?

C’était quoi le taux de mortalité avant l’arrivée des Blancs (milieu du 20e sièce) dans le Grand Nord?

Tiens, je ne peux m’empêcher de revenir à la charge sur mon point précédent (voir message 2). Cette fois, ça se passe en territoire Mohawk. Les théories frappadingues de la race et du sang – auxquelles le gentil Canada croyait dur comme fer au moment de créer les réserves – ont encore frappé. Il paraîtrait qu’un homme à la peau noire, adopté à la naissance par un couple de Mohawks et qui a grandi sur la réserve, ne serait pas mohawk lui-même. Elle est bien bonne ! De quelle autre culture pourrait-il bien être, alors ?

Mais le plus dingue, c’est que présentement les théories du sang, qui sont au coeur de ce qu’on appelle le racisme (comme l’ont bien montré Croce, Salvemini, Arendt, Levinas, Levi-Strauss) contaminent l’antiracisme lui-même !!

Ça risque de mal se terminer, tout ça…