Ne quittez pas, je double un cycliste

Microsoft Research étudie un système qui suspendrait automatiquement la conversation téléphonique d’un automobiliste dès que celui-ci arriverait dans une zone de conduite qui demande plus d’attention, rapporte le magazine Technology Review.

Le dispositif expérimental présenté lors de la Conference on Human Factors in Computing Systems 2011, qui s’est tenue la semaine dernière à Vancouver, vise à diminuer la distraction et donc les accidents.

Shamsi T. Iqbal et ses collègues de Microsoft Research ont demandé à 18 volontaires de conduire dans un simulateur, tout en répondant à des questions au téléphone.

Un système d’interruption automatique de la conversation se déclenchait dès que le véhicule pénétrait dans des zones dangereuses de la route virtuelle. 

Dans cette expérience de conduite exigeante, le système a permis de faire passer la fréquence des erreurs de conduite de une par 1,4 minute, quand la conversation se poursuivait, à une par 7,1 minutes, quand le système était activé.

Le dispositif qui doit déceler les zones à risque est encore en développement. Dans un premier temps, il pourrait combiner des informations en temps réel sur la vitesse de la voiture aux coordonnées géographiques des zones où se produisent le plus d’accidents, grâce aux applications mobiles et aux GPS.

Un tel dispositif risque-t-il malgré tout de donner un faux sentiment de sécurité aux conducteurs ? C’est possible, selon Paul Green, chercheur en sécurité routière à l’Université du Michigan cité par Technology Review.

Même si l’on parvient à annoncer les intersections dangereuses ou les zones de travaux, il restera toujours le cycliste isolé ou le chauffard que l’on n’a pas vu à temps et qu’aucun GPS ne pourra signaler au conducteur distrait.

Il y aurait bien une solution on ne peut plus simple, me direz-vous : ne pas téléphoner en conduisant.

Mais à voir le nombre de gens qui persistent à le le faire, même sans kit mains libres alors que c’est interdit, on n’est pas prêt d’y arriver!

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L’idée est intéressante sur le papier (ou, en l’occurrence, l’écran). Mais comme vous le soulignez, il y a le risque d’un faux sentiment de sécurité : en réduisant les risque dans les zones identifiées, mais en les augmentant indirectement hors de ces zones, le conducteur risquant alors d’être en excès de confiance.

J’en profite pour rebondir sur l’évocation du « kit main libre » (qu’il s’agisse d’un casque ou d’un simple haut-parleur)… Il n’y a pas longtemps, il était question de les interdire.

Mais qu’elle est la différence fondamentale entre parler au téléphone avec un kit main libre, et parler avec le passager de la voiture ? A chaque fois que le kit main libre est pointé du doigt, je ne peux pas m’empêcher de faire cette réflexion. Il y a bien la nécessite de pianoter sur le téléphone, mais guère plus que pour parcourir la bande FM dela radio, changer le CD, ou régler la clim…

Personne, mais absolument personne n’a besoin de téléphoner pendant qu’il conduit, personne.

Il y a bien la police, mais leurs conversations se limitent à quelques secondes pour des gens super entraînés à le faire.

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Sur le pont Jacques Cartier: Ring ring ring– Allo!–Mon choux–oui oui c’est moi–oui, n’oublie pas d’aller chercher du lait et du pain avant d’enter– oui, je n’ai pas oublié–*** avant la sortie du pont***–il y a aussi le garage qui m’a dit que ce n’est pas garanti–bon ce maudit là je vais aller lu régler son problème moi. Je commence a en avoir assez de…..bang cataflac scouishhhhh poc.

Celui de l’autre bord lui, y téléphonait pas.

À partir de ce moment, les compagnies de téléphône font une vraie fortune avec les gens pris sur le pont.

Au moins le titre du billet indique qu’il y a une certaine attention d’accorder au cycliste. Ce qui dans la réalité n’est pas toujours le cas.
Le scénario aurait pu être : «Bon je te laisse. Je suis pas sûr mais l’impression d’avoir entendu un bruit sur ma portière droite. Je vais aller voir ce que c’est.»

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