Non à deux vaccins

Les autorités de santé du Québec et des États-Unis viennent toutes deux de refuser des vaccins qui auraient pu présenter un certain intérêt dans la lutte à la pandémie de grippe. Preuve qu’elles ne sont pas encore complètement vendues à l’industrie… 🙂

Le Comité sur l’immunisation du Québec a déconseillé au gouvernement de procéder à un rappel de vaccination systématique de toute la population contre le pneumocoque. Ce vaccin, déjà autorisé, pourrait protéger contre certaines formes de pneumonies qui font partie des complications fréquentes de la grippe.

Il y a quelques semaines, une étude américaine concluait qu’une telle vaccination massive serait peut-être souhaitable dans le cadre de la pandémie (voir cet article à ce sujet). 

Après une révision de la situation, les chercheurs québécois ont jugé que le jeu n’en valait pas la chandelle. Mais ils conseillent qu’on prenne garde aux retards dans le programme régulier de vaccination des enfants.

Au Québec, 90% des enfants nés après 2005 ont déjà reçu les trois doses du vaccin VPC-7 qui protège contre sept types de pneumocoques, et 98% ont déjà reçu au moins une dose. Mais plus de la moitié des enfants reçoivent leur dernière dose largement en retard.

La vaccination n’est pas recommandée pour les gens en bonne santé entre 5 et 64 ans, car elle coûterait bien trop cher pour un bénéfice très minime. Les personnes à haut risque d’infection invasive à pneumocoque devraient en revanche être rapidement vaccinées.

Quant aux personnes âgées, même si elles sont peu touchées par la pandémie, elles devraient recevoir ce vaccin. À leur âge, toute infection virale peut dégénérer facilement et les pneumonies peuvent être très graves.

 

Aux États-Unis, la Food and Drug Administration (FDA) vient pour sa part de refuser un vaccin contre l’influenza fabriqué dans des cellules de chenilles plutôt que dans des œufs. Il faut actuellement plusieurs mois pour obtenir des quantités suffisantes de vaccin en multipliant la souche virale dans des millions d’œufs.

Utiliser des cellules de chenilles, comme le propose la compagnie Protein Sciences, serait deux fois plus rapide. Cela permettrait aussi de s’affranchir d’un scénario catastrophe peu probable mais pas impossible : qu’une grippe aviaire fasse des ravages parmi les oiseaux et mette en péril la production d’œufs à un moment où on en aurait besoin de grandes quantités pour produire des vaccins pour les humains.

Plusieurs effets secondaires ont cependant été observés chez les 3200 personnes qui ont participé aux essais cliniques pour ce nouveau vaccin, qui s’est par ailleurs montré efficace seulement pour les gens âgés de moins de 50 ans. LA FDA demande des recherches supplémentaires pour améliorer l’innocuité de ce vaccin et son efficacité chez les gens plus âgés.

Deux autres compagnies ont commencé à tester la production de vaccins dans des cellules aux États-Unis : Novartis projette d’utiliser des cellules de rein de chien, alors que Flugen mise sur les cellules d’ovaires de hamster. Les détails (en anglais) sont ici.

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Je discutais avec un membre de ma famille des raisons pour lesquelles je me suis faite vacciner. De son côté, il refuse le vaccin puisque selon lui, les grippes ayant majoritairement une origine aviaire, les élevages massifs de poulet pour produire les vaccins « encouragent » l’éclosion et la propagation de ces mêmes grippes. Est-ce que l’argument tient la route? Est-ce que toutes les grippes ont une origine aviaire? Si oui, est-ce que l’élevage intensif mène à plus de virus? Si un tel argument est bon, outre les questions économiques, serait-il préférable de se « forger » un système immunitaire par soi-même (en étant plus ou moins malade de la grippe)?
Merci d’éclairer ma lanterne!

Si j’en crois l’émission « Découverte » de Radio-Canada, les poulet desquels on tire les vaccins sont en fait élevés aux petits oignons dans un milieu aseptisé, ce sont des élevages beaucoup plus surveillés et plus petits que les immenses poulaillers industriels desquels on tire nos oeufs et volailles… Il est vrai quye la grippe nous vient des oiseaux, mais le problème vient plutôt des endroits à forte densité de population où animaux et humains vivent dans la même pièce dans des conditions d’hygiène douteuses, comme en Chine ou en Inde, comme c’était le cas pour le SRAS ou la grippe aviaire.
Il n’y a aucune différence entre se forger le système immunitaire par un vaccin ou une infection, à part le fait que la maladie a 1000 fois plus de chances de nous tuer. C’est particulièrement vrai dans le cas du H1N1 parce que les cellules du virus ressemblent trop aux cellules pulmonaires, donc les ados et jeunes adultesdont le système immunitaire est très fort (et attaque donc les poumons) risquent donc autant d’en mourrir que ceux traditionellement vulnérables (immunodéficients et personnes très âgées). Ça explique ceux qui en sont morts en 48h. Les gens de 65 ans et plus ont d’ailleurs été en contact avec un forme similair de H1 dans leur enfance, ils ont donc en proportion moins de cas reportés.

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