Nucléaire : de quoi faut-il avoir peur ?

L’idée d’un accident nucléaire majeur vous panique ? Voilà quelques clés pour comprendre les dangers.

Commençons par le commencement: qu’est-ce que la radioactivité ?

Quand des atomes se désintègrent, comme c’est le cas au coeur d’un réacteur nucléaire, ils relâchent de l’énergie sous forme de différentes radiations ionisantes, qui peuvent être constituées d’ondes électromagnétiques (comme les rayons X ou gamma) ou de particules (particules alpha et bêta, neutrons).

La quantité d’énergie et le temps pendant lequel elle est relâchée dépendent de la nature de l’atome. La demi-vie est définie comme le temps au bout duquel la moitié de l’énergie a été produite. Elle varie, selon le type d’ atomes, de quelques fractions de secondes à plusieurs millions d’années.

L’être humain est continuellement exposé à de la radioactivité d’origine naturelle, qui vient essentiellement du radon – un gaz que l’on retrouve naturellement dans le sol – et des rayons cosmiques.

La dose de radiation ionisante reçue par une personne se mesure en sievert (Sv), ou plus généralement en millisievert (1 mSv=0,001 sievert)., voire en microsievert (0,000 001 Sv)

En moyenne, dans une année, nous recevons tous une dose d’environ 3 mSv. Plus des trois quarts viennent de la radioactivité naturelle, le reste des radiations utilisées en médecine (surtout les rayons X des radiographies). On estime que les activités de l’industrie nucléaire (incluant Tchernobyl) exposeraient chaque être humain à une dose moyenne supplémentaire de 0,002 mSv par an.

Quels sont les effets sur la santé de ces doses?

Tout dépend de la dose et du temps pendant lequel on y est exposé. À 40 Sv, la mort est instantanée. À 10 Sv, elle survient peu de temps après. À plus de 1 Sv, une hospitalisation est nécessaire. En deça de 0,5,  et au delà de 0,1 Sv, le risque de cancer dans les décennies suivantes est accru.

Dans l’industrie nucléaire, les travaillers ne doivent pas être exposés à une dose de plus de 20 mSv/an. On considère qu’en deça de 100 mSv par an, la radioactivité n’accroit pas le risque de cancer.

Quels sont les doses à proximité d’une centrale nucléaire?

Quand elle fonctionne normalement, les doses émises n’ont aucun impact sur la santé des voisins ni des travailleurs.

Quelles pourraient être les conséquences de l’accident au Japon ?

Les personnes qui travaillent sur le site de la centrale pourraient être exposées accidentellement à des doses de radioactivité très élevées qui pourraient mettre leur santé, voire leur vie, en danger.

Plus la radioactivité est élevée, plus un grand nombre de travailleurs doivent se relayer pour que chacun reçoive une dose acceptable. Les Japonais vont-ils parvenir à limiter l’exposition des travailleurs ? Tout va dépendre du comportement des réacteurs et de l’organisation en place.

Il y a très peu de risque que des personnes des alentours soient exposés à des doses très élevées de radioactivité, surtout maintenant que la population environnante a été évacuée. Selon l’OMS, les autorités japonaises suivent les recommandations en vigueur à l’échelle internationale pour mettre la population à l’abri.

Et à plus grande distance ?

Difficile de se prononcer tant qu’on ne connaît pas les doses émises par l’accident, ni la direction ou la taille d’un éventuel nuage radioactif. Chose certaine, le risque diminue avec la distance, les particules radioactives se déposant progressivement dans l’environnement.

Lors d’un accident nucléaire, deux isotopes principalement peuvent causer des problèmes à la population : le césium 137, qui a une demi-vie de 30 ans et persiste encore dans la zone de Tchernobyl, et l’iode 131, dont la demi-vie est de 8 jours.

Les deux peuvent se retrouver dans l’air ambiant et y voyager au gré du vent, pour se déposer ensuite sur le sol, l’eau et les cultures.

Ils peuvent accroître le risque de cancer, dans une proportion qui dépend de l’exposition et qui peut devenir négligeable en comparaison d’autres facteurs de risque. Les effets de l’iode 131 peuvent être prévenus en prenant des comprimés d’iode 127 non radioactive qui vont saturer la thyroïde et empêcher de métaboliser l’iode radioactive.

Lors de l’accident de Tchernobyl, les annonces contradictoires des autorités n’avaient pas permis à la population de se faire une bonne idée de la propagation du nuage radioactif. La peur du nucléaire provoque parfois une telle panique qu’on préfère parfois rester vague, voire mentir, plutôt que de prendre le risque d’affoler les gens, même quand le danger est somme toute très très mineur.

Un peu partout dans le monde, déjà, des gens s’inquiètent: le nuage va-t-il venir jusqu’à nous ?

De telles peurs sont largement prématurées et ont toutes les chances d’être totalement infondées presque partout dans le monde.

Plutôt que de craindre égoistement et en vain pour sa santé à des milliers de kilomètres de l’accident, pensons plutôt à ces employés japonais de la centrale et des services d’urgence qui travaillent en ce moment dans des conditions extrêmement dangereuses, alors qu’eux et leurs proches ont probablement été durement touchées par le séisme et le tsunami.

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Encore une fois, un billet permet de faire contrepoids aux élans de panique démesurée de certains commentateurs ne possédant pas les connaissances requises.

Merci.

Ne pas en avoir peur serait inconscient. Mais n’y a-t-il pas d’autres inventions humaines qui exigent des précautions d’un niveau élevé, comme les avions de ligne, par exemple. L’accident grave, ou très grave qui survient au Japon en raison d’un tsunami exceptionnel ne disqualifie pas l’électricité nucléaire, moins chère et non polluante, comme la chute d’un Airbus 580 ne ferait pas renoncer à ce moyen de transport. Je suis sûr que les japonais arriveront à contrôler cet accident, et à mettre à l’abri les habitants de l’archipel et ceux des pays voisins. En Ukraine, des animaux sauvages ont proliféré dans les zones interdites, sans dommage apparent imputables au rayonnement résiduel.

De tout et de rien !… Nous ne sommes après tout que sur un point infime de l’Univers !… Mais inutile de le rendre plus moche pour autant !… Malheureusement, c’est ce que nous faisons, et avec beaucoup de conviction !… Après la Bombe « destructeur de monde » ( qui ne sert à rien, sauf à flanquer la trouille !), voilà le dragon lâché !… Celui de Tchernobyl n’avait qu’une tête, celui de Fukushima ( un nom historique désormais !) en montre trois !… Et nous n’en sommes qu’au début de ses « exploits » !…
Mais c’est l’occasion unique de réfléchir enfin ! sur cette fuite en avant à la poursuite de l’ Energie où s’est engagée l’Humanité !… C’est « Matrix » avec des décors rappelant ceux de « Dragon Head » un manga ( 1997) écrit par Minetarō Mochizuki. Cette fois, on va peut-être comprendre que l’on construit des machines d’apprenti-sorciers, dont nous sommes toujours incapables d’éliminer les déchets !… Ceci 60 ans après la mise en fonction des premières « piles atomiques » !… Or, il avait été « convenu » par la génération années 70 qu’on aurait « probablement » résolu le problème à l’horizon de l’An 2000 !… Cette « tacite convention » fut le « ciment » qui arracha l’adhésion populaire pour la construction de ces centrales !… Or, l’espoir de réaliser la fusion thermonucléaire contrôlée ne cesse de reculer et avec lui, le moyen d’éliminer ces déchets [on voulait aussi les balancer dans le soleil !…] pour enfin accéder à une énergie « propre, illimitée et quasiment gratuite » !…
On peut se dire aussi que certains ne sont pas pressés de nous voir réaliser notre propre indépendance énergétique ( … voire individuellement, comme le proposait Nikola Tesla !) !!!… Mais dans ce cas, on dirait que les « scénarios » ont dérapés : accident « hors de contrôle » au Japon, pourtant dans un environnement industriel high tech, révoltes populaires ( avec menaces de recours aux armes …) contre l’installation de « poubelles nucléaires » !…
« Quelque chose » est en train d’arriver !… Dans « Dragon Head », le parcours des personnages étaient d’affronter la Peur dans une succession d’épreuves !… Mais au Japon, le temps de la Peur semble bel et bien venu !….

Le nucléaire, ça ressemble a un préhistorique qui trouve un pistolet, qui tire un coup en l’air avec et ne sachant pas ce qui se passe tire le prochain coup en regardant dans le canon ha ha ha….

il faut avoir peur du (mox) plutonium 139 ca durer de vie est peut-etre plus de 24,000 ans a detruire tout sur son passage terre eau humain animaux et meme la biosphere l,homme ne realise pas que de jouer avec des armes on fini par se tuer

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