Nucléaire: la situation dégénère au Japon

Les dernières nouvelles ne sont guère rassurantes sur ce qui se passe à la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi.

Selon l’Institut de radioprotection et de sureté nucléaire français:

Une explosion est survenue à l’intérieur du bâtiment réacteur à 6h10 heure locale sur le réacteur n°2 et a conduit à l’endommagement de la piscine de condensation (« supression pool ») ainsi qu’à une altération de l’enceinte de confinement.

Des doutes existent sur l’inventaire des éléments combustibles stockés dans les piscines des réacteurs n°1, 2, 3 ainsi que sur leurs conditions de refroidissement.

Des informations complémentaires ont été délivrées à l’occasion d’un communiqué du premier ministre aux citoyens japonais : une explosion et un incendie ont été constatés sur le réacteur n°4. L’incendie serait actuellement éteint. Il aurait affecté la piscine d’entreposage du combustible usé, située dans la partie supérieure du bâtiment. On ne peut exclure un rejet de radioactivité direct dans l’atmosphère. Pour l’IRSN, les causes de cet événement ne sont pas clairement établies à l’heure actuelle.

Il a été signalé des débits de dose très élevés aux abords des réacteurs 1, 2 et 3. Les dernières mesures relevées sur les balises à proximité du site confirment une augmentation importante de la radioactivité ambiante. Le site a été évacué, seuls les intervenants sur l’accident sont présents.

Compte tenu des débits de dose, il est à craindre que les conditions d’intervention deviennent très difficiles.

À l’heure où j’écris ces lignes, soit 15 heures après ces événements, ni la compagnie TEPCO qui exploite la centrale ni l’Agence internationale de l’énergie atomique ni la Nuclear and Industrial Safety Agency du Japon n’ont donné de détails au sujet de ces événements, ce qui n’augure rien de bon.  Il est donc encore fort difficile de savoir à quoi s’en tenir.

Mais selon le directeur de l’Autorité de Sûreté Nucléaire française André-Claude Lacoste, cité par mon confrère blogueur français Sylvestre Huet, l’accident serait maintenant au niveau 6 de l’Échelle de gravité internationale des accidents nucléaires, ce qui en fait un «accident grave». La nouvelle n’est pas confirmée par ailleurs.

La seule bonne nouvelle, c’est que les opérations d’évacuation de la population semblent se dérouler sans anicroche, même si là aussi la panique risque de faire dégénérer les choses. Selon NHK, toute la population résidant dans un périmètre de 20 km autour de la centrale a désormais été évacuée. La situation dans les autres centrales nucléaires japonaises n’est plus inquiétante.

Il y a par contre fort à craindre que vues les conditions décrites par l’IRSN, les travailleurs d’urgence de la centrale Fukushima Daiichi payent un lourd tribu.

La radioactivité sur le site continue d’augmenter. Elle provient d’au moins trois sources: les dépressurisations volontaires  de l’enceinte de confinement des réacteurs 1 et 3, qui se poursuivent, et la vapeur qui s’échappe de l’enceinte de confinement endommagée du réacteur 2. Cette dernière va continuer de s’échapper en permanence tant que cette enceinte n’est pas hermétique.

L’incendie dans la zone de la piscine de confinement du combustible usagé du réacteur pourrait aussi avoir relâché d’importantes doses de radioactivité dans l’atmophère. Selon World Nuclear News, la dose serait montée brièvement à 8,217 millisievert par heure au dessus du bâtiment avant de redescendre du tiers. Ce qui reste très important.

Impossible pour l’instant de dire quelles seront les conséquences de cette contamination, tant qu’on n’en connaît pas l’ampleur exacte.

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