Océans : quand le plastique entre dans la chaîne alimentaire…

Des millions de tonnes de plastique disparaissent des océans. Avant de se retrouver dans nos assiettes, les animaux marins les ingèrent-ils ?

Photo © Getty Images
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FouineurChaque année, près de 10 % de la production mondiale de plastique – estimée à 300 millions de tonnes – finit dans les océans. « Les déchets qui peuplent les océans proviennent en effet à 80 % des terres, portés par le vent ou les rivières – le reste tombant des navires de commerce », écrivait Le Monde en 2012.

La « grande poubelle du Pacifique Nord » (Great Pacific Garbage Patch), d’une dimension de 3,4 millions de km2, est l’une des cinq gigantesques plaques de déchets qui se sont formées à la surface des océans. Dans ces gyres océaniques, tels qu’on les appelle, des courants marins se rencontrent et s’enroulent, formant des vortex géants d’où la myriade de morceaux de plastique ne s’extirpe jamais.

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Plus inquiétant encore : la quasi-totalité du plastique qui pollue les océans disparaît pour une raison mystérieuse. 

Une équipe de scientifiques est partie inspecter les cinq gyres océaniques, en 2010 et 2011. À leur grande surprise, ils n’ont pas trouvé de trace de millions de tonnes de plastiques à la surface des eaux. Selon eux, il faut plutôt parler de dizaines de milliers de tonnes, 40 000 au maximum.

« Nous ne pouvons expliquer ce qui arrive à 99% du plastique que nous avons dans les océans », a expliqué à The Verge Carlos Duarte, océanographe à l’Université d’Australie-Occidentale et coauteur d’une étude publiée dans le journal officiel de l’Académie américaine des sciences.

Où se trouvent donc les millions de tonnes de plastique manquantes ? Les chercheurs ont émis quatre hypothèses.

La plupart du plastique flottant dans le grand bleu, dégradé par le rayonnement du soleil puis brisé par l’action des vagues, se trouve être de très petite taille – les océans abondent de fragments d’environ deux millimètres. Les scientifiques ont utilisé des filets à mailles très fines qui auraient dû permettre d’en ramasser, mais sans succès.

Ainsi, ils semblent écarter l’hypothèse voulant que ces minuscules fragments piégés au milieu des océans aient pu échouer sur les côtes. Ils ne croient pas davantage à l’idée qu’ils aient pu s’incruster dans les sédiments marins. En fait, deux pistes ont leur préférence.

Le plastique a très bien pu subir un processus de fragmentation, rendant impossible sa détection par les moyens conventionnels. Pire, la faune marine a pu ingérer ces particules de plastique dans des proportions plus larges que ce qui avait été documenté jusqu’à présent…

« Il est possible que le plastique entre dans la chaîne alimentaire océanique mondiale », dit-il. Une chaîne alimentaire dont l’homme fait partie, faut-il le rappeler. Et les conséquences éventuelles sur l’écosystème sont inconnues.

Ainsi, les scientifiques appellent à continuer la recherche sur cette question, car « comprendre le devenir de ces débris est une question d’urgence ».

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