OGM et santé : quelle polémique ?

Une nouvelle étude chinoise relance la controverse sur l’impact des OGM sur la santé, annonce le magazine Courrier International en reprenant un article publié à l’origine en anglais sur le site Alternet, également repris par  The Atlantic.

Faux ! L’analyse présentée dans cet article ne tient tout simplement pas la route.

À partir d’une étude très sérieuse, l’auteur, qui n’est certainement pas un journaliste scientifique, extrapole pour en arriver à une conclusion qui n’a strictement aucun fondement. C’est facile à lire, bien vulgarisé… mais faux !

L’étude chinoise dont il est question a été publiée à l’automne par des chercheurs de la Nanjing University dans la revue Cell.

Elle porte sur le microARN, une petite molécule que l’on retrouve dans les cellules de toutes les plantes et des animaux, et qui intervient dans l’expression des gènes.

Les chercheurs chinois ont observé que les microARN présents dans les cellules de ce que l’on mange (du riz dans leur étude) peuvent modifier l’expression de nos gènes.

C’est une découverte importante, qui pourrait notamment permettre de mieux comprendre comment notre environnement, au sens large, influence nos gènes.

Mais de là à en déduire que les OGM peuvent altérer nos gènes, il y a tout un monde ! Les chercheurs n’évoquent d’ailleurs même pas cette possibilité.

D’abord, parce que l’ADN transféré à un OGM n’a pas de raison a priori de donner naissance à de nouveaux microARN.

L’ADN que les fabricants d’OGM ajoutent au génome d’un plant de maïs, par exemple, n’est pas pris au hasard. Il est choisi pour qu’il modifie l’expression d’une protéine bien précise.

Ce n’est certainement pas le même bout d’ADN qui code pour les microARN.

Et même s’il s’avérait que l’ADN donné à un OGM lui fasse produire de nouveaux microARN, est-ce qu’il faudrait s’en inquiéter ?  

Chaque jour, nous avalons de l’ADN provenant d’une multitude de sources: non seulement de tous les végétaux et produits animaux que nous mangeons, mais aussi de tous les micro-contaminants que contiennent nos aliments (microbes en tout genre, résidus de carapaces d’insectes, bouts de cheveux…) et de tout ce que nous portons à notre bouche par inadvertance. Ça fait une bonne diversité!

Pourquoi parmi tous les microARN que nous avalons ceux qui seraient éventuellement issus d’ADN transféré à un OGM auraient-ils un impact particulier ?

On peut toujours creuser la question pour voir ce qu’un aliment OGM produit comme microARN comparé à son alter ego non-OGM, mais franchement, il y a peu de chance que les résultats soient significatifs en terme d’impacts sur la santé.

Depuis que les OGM existent, d’innombrables études ont analysé leurs impacts sur la santé, et on n’a jamais rien trouvé. Ça fait pourtant 15 ans que des millions de gens en consomment partout sur la planète.

L’impact environnemental et surtout socio-économique des OGM, lui, est beaucoup plus controversé.

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« Qui veut noyer son chien lui trouve la rage ». Cette fausse étude que vous démasquez ne sera pas la dernière, et la Raison que vous défendez n’entamera pas certaines convictions idéologiques, presque religieuses.
Mais la défense de la vérité est une noble cause.

Oui, il est facile d’extrapoler et de dire n’importe quoi. Mais on ne peut pas dire que pq on a rien trouvé, qu’il ne se passe rien…. Un tient de l’incompétence, le 2eme tiens encore …de l’innocence!

« un OGM n’a pas de raison a priori de donner naissance à de nouveaux microARN », « Ce n’est certainement pas le même bout d’ADN qui code pour les microARN. » : c’est là qu’on sent tout le travail de réflexion, tout la rigueur du raisonnement.