Old Harry: des retombées encore hypothétiques

Il reste peut-être des décennies d’étapes techniques et administratives à franchir avant que le Québec tire réellement profit du gisement Old Harry, qui a fait l’objet d’une entente qualifiée d’«historique» entre Québec et Ottawa jeudi dernier.

Pour l’instant, même la compagnie Corridor Resources ne sait pas si le gisement renferme du pétrole ou du gaz naturel.

Les premiers relevés sismiques permettant d’établir les grandes caractéristiques du gisement datent de 1998.

Cela peut sembler déjà ancien, mais il faudra de nombreuses années avant que ces premières caractérisations géologiques se traduisent éventuellement par la mise en place d’une exploitation commerciale à grande échelle.

Dans le cas du champ pétrolier Hibernia, situé à 300 km au large de Terre-Neuve et que l’on compare souvent à Old Harry, cela a pris très exactement… 31 ans.

C’est en 1966 que la compagnie Mobil avait réalisé ses premiers relevés sismiques, mais il a fallu attendre 1990 pour qu’Hibernia soit considéré comme exploitable à l’échelle commerciale, et novembre 1997 pour qu’en sortent les premiers barils de pétrole.

Toutes les procédures sont détaillées sur le site de Hibernia. Vous allez voir, c’est long! 

Pour Old Harry, la prochaine étape cruciale est maintenant le dépot de l’Évaluation environnementale stratégique du bassin de Madeleine, prévu pour l’automne 2012.

Cette étude permettra de mieux cerner les impacts de l’exploration et de l’exploitation, comme l’explique le ministère des ressources naturelles et de la faune (document pdf).

C’est la seconde fois que le Québec entreprend une telle étude.

La première, l’EES du bassin de l’estuaire maritime et du nord-ouest du golfe du Saint-Laurent, a débuté en 2009 et a abouti à l’interdiction de l’exploration et de l’exploitation pétrolière ou gazière dans cette région jugée trop fragile.

La seconde pourrait, ou non, aboutir à des conclusions similaires.

L’Office Canada – Terre-Neuve des hydrocarbures extracôtiers mène de telles évaluations depuis 2002, sans que cela n’ait pour l’instant hypothéqué de projets.

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Un trop grand risque…
Ce que cette exploitation menace c’est le milliard de revenus annuel de la pêche et du tourisme non seulement des Iles de la Madeleine mais aussi de tous les villages côtiers des maritimes. Avec ce projet c’est l’économie et la qualité de vie de la région du Golfe St-Laurent qu’on met en danger. Le moindre accident relié au pétrole serait catastrophique comme conséquence pour ce coin de pays et même l’exploitation normale de cette industrie mettrait en danger la qualité des eaux du golfe. Le golf St-Laurent c’est un garde-manger de haute qualité: du homard, des pétoncles, des palourdes, des moules, du flétan, de la morue, de la sole ect…C’est totalement irresponsable d’aller extraire du pétrole en plein centre de ce garde-manger.

Fernand Turbide

Ça va se faire sans le Québec.

Encore une fois on va attribuer le territoire de ce gisement à Terre-Neuve, tout comme le Labrador au début du XXe siècle.

Pourquoi s’en faire et tergiverser sur le sujet?