Où en est le Canada dans la course aux vaccins ?

Le point sur l’état d’avancement des découvertes en matière de vaccin.

Crédit : Getty Images

Pfizer et BioNTech ont donné de l’espoir au monde entier le 9 novembre avec les résultats préliminaires de leur essai clinique de phase III. Même s’il doit être testé sur un plus grand nombre d’individus et sur la durée, leur vaccin contre la COVID-19 est, selon l’annonce, efficace à 90 %, un chiffre inespéré. Sa fabrication est simple, son entreposage, plus complexe (le vaccin doit être conservé à des températures très basses), et sa production à grande échelle devrait commencer sous peu.

Si la ligne d’arrivée se profile maintenant pour Pfizer et BioNTech, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) recense 202 vaccins candidats dans le monde, dont 47 sont en phase d’essai chez l’humain. Dans cette course, le Canada n’a pas mis tous ses œufs dans le même panier. Outre Pfizer et BioNTech, il a conclu des ententes avec six sociétés pharmaceutiques : Moderna, Sanofi et GlaxoSmithKline, Johnson & Johnson, Novavax, AstraZeneca et Medicago. Le pays a réservé 76 millions de doses du vaccin de Pfizer et BioNTech.

Au total, le gouvernement du Canada a réservé 414 millions de doses. Plus important encore, il s’est assuré de diversifier les types de vaccins choisis.

Aperçu des types de vaccins en phase d’étude clinique (selon la mise à jour du 3 novembre de l’OMS)

En effet, les scientifiques emploient différentes plateformes pour les développer. Certains candidats en phase d’étude clinique exploitent des mécanismes utilisés dans des vaccins existants. D’autres se basent sur des approches novatrices jamais testées auparavant. Voici un tour d’horizon des divers types de vaccins.

Les vaccins inactivés

Utilisés depuis les années 1880, les vaccins inactivés contiennent des virus dont le pouvoir infectieux est supprimé par un traitement chimique, comme c’est le cas pour les vaccins candidats contre le SRAS-CoV-2 (agent pathogène qui cause la COVID-19), ou par un traitement physique. Avec ce type de vaccin, le système immunitaire rencontre le virus dans son entièreté. Il peut ainsi monter une armée lorsqu’il détecte la protéine S (aussi appelée spicule), l’enveloppe et la nucléoprotéine virales.

Actuellement, sept vaccins inactivés sont testés chez l’humain. Trois d’entre eux sont en phase III d’essai clinique. À la différence des phases I et II, qui servent à évaluer la tolérance, l’innocuité et la capacité d’induction d’une réponse immunitaire des vaccins, la phase III permet aux scientifiques de tester leur efficacité.

Les protéines recombinantes

Les vaccins à protéines recombinantes se divisent en deux catégories : les vaccins sous-unitaires et les vaccins à particules pseudo-virales. Dans le cas des premiers, une protéine virale est produite en grand nombre dans une « usine » vivante, comme une bactérie, une plante, une cellule de mammifère ou d’insecte. Le processus de fabrication dépend de l’« usine » choisie.

La protéine virale est ensuite présentée au système immunitaire afin de déclencher une réaction. Les 13 vaccins candidats sous-unitaires actuellement en phase I, II ou III d’essai clinique sont composés soit de la protéine S entière, soit d’une partie spécifique de celle-ci : le domaine de liaison au récepteur.

Les vaccins à particules pseudo-virales, eux, sont composés d’un ensemble de protéines virales qui permettent de reproduire la forme du virus. Cependant, ces particules sont des coques vides et dépourvues de matériel génétique. Par conséquent, elles sont non infectieuses, ce qui ne les empêche pas d’entraîner le système immunitaire à les reconnaître.

Les plateformes utilisées pour les vaccins candidats contre la COVID-19 en phase d’essai clinique. Les stratégies déjà employées sont présentées dans l’encadré rouge, alors que les approches novatrices sont dans l’encadré vert. (Source : BioRender.com)

Les vaccins à vecteur viral

Cette approche est basée sur l’utilisation d’un virus non pathogène ou peu dangereux pour l’humain. Parmi les 12 candidats de ce type actuellement à l’étude, le vecteur est dans la plupart des cas un adénovirus, membre d’un vaste groupe de virus pouvant notamment causer des rhumes et des conjonctivites.

Utilisé comme « cheval de Troie », le virus est modifié pour exprimer la protéine S du SRAS-CoV-2 à la suite de la vaccination. Les vaccins à vecteur viral constituent une stratégie récente, mais qui a déjà été employée contre le virus Ebola.

Les vaccins à ARN ou à ADN

Malgré des différences dans leur composition, l’ADN et l’ARNm (ARN messager) contiennent tous deux de l’information génétique permettant la production de protéines. Si la fabrication de celles-ci peut se faire directement à partir d’une molécule d’ARN, une étape intermédiaire est nécessaire lorsqu’il s’agit d’ADN.

Les vaccins candidats à ARN ou à ADN diffèrent des autres stratégies par deux points. D’abord, il s’agit d’une stratégie nouvelle : aucun vaccin à ADN ou à ARN n’existe sur le marché. Ensuite, ils sont les seuls à être composés uniquement de matériel génétique. Dans le cas des vaccins à ARN, des molécules d’ARN messager sont enveloppées dans des nanoparticules de lipides. Après l’injection, l’ARN servira de matrice pour que les cellules du corps produisent une protéine virale, le spicule.

Les vaccins à ADN, quant à eux, sont composés d’un ADN de forme circulaire (le plasmide). Celui-ci sera transcrit en ARN, qui servira encore une fois de matrice. Six vaccins candidats à ARN sont actuellement testés chez l’humain, dont deux sont en phase III. Les cinq vaccins candidats à ADN sont en phases I et II d’essai clinique.

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Et le Canada dans tout ça ?

Voici un aperçu des sociétés qui ont conclu une entente avec le gouvernement fédéral, des types de vaccins en développement et du nombre de doses réservées par le Canada dans chaque cas :

Pfizer/BioNTech

76 millions de doses réservées

Les sociétés BioNTech, en Allemagne, et Pfizer, aux États-Unis, développent conjointement un vaccin à ARN. Ce candidat code pour la fabrication de la protéine S.

L’étude clinique de phase III se poursuit sur plus de 43 000 personnes aux États-Unis, en Argentine, au Brésil, en Allemagne, en Turquie et en Afrique du Sud. Ce vaccin serait efficace à plus de 90 % et n’aurait causé aucun effet secondaire grave.

Malgré ces résultats préliminaires encourageants, Pfizer et BioNTech n’ont pas encore franchi la ligne d’arrivée. Les données détaillées n’ont pas été publiées et des questions subsistent, notamment sur l’âge et les facteurs de risque des individus vaccinés ainsi que sur la durée de la protection. L’essai clinique suit son cours et davantage de données seront analysées.

Moderna

56 millions de doses réservées

Le candidat de Moderna, une société américaine de biotechnologie, est un vaccin à ARN. Une fois injecté, il permettra l’expression de la protéine S. Actuellement en phase III d’étude clinique, il est testé sur 30 000 individus dans différentes régions des États-Unis.

Johnson & Johnson

38 millions de doses réservées

Le candidat conçu par la multinationale américaine Johnson & Johnson est un vaccin à vecteur viral composé d’un adénovirus humain modifié pour le rendre incapable de se répliquer et exprimant la protéine S du SRAS-CoV-2. La phase III, amorcée en septembre 2020, se déroule dans plusieurs pays et impliquera 60 000 participants.

AstraZeneca-Université d’Oxford

20 millions de doses réservées

L’Université d’Oxford, au Royaume-Uni, travaille en partenariat avec la société AstraZeneca à un vaccin à vecteur viral. Le candidat est composé d’un adénovirus de chimpanzé qui a été modifié et qui exprime la protéine S. Il est en phase III d’essai clinique.

Novavax

76 millions de doses réservées

Le candidat de Novavax, une société américaine, se base sur la stratégie des protéines recombinantes. Il est composé de la protéine S et d’un adjuvant. Ce dernier a pour but d’accroître la réponse immunitaire. La phase III d’essai clinique a débuté en septembre 2020 et implique 10 000 participants au Royaume-Uni.

Quelques exemples de vaccins qui sont offerts sur le marché et qui utilisent les différentes plateformes décrites. (Source : Servier Medical Art)

Sanofi-GSK

72 millions de doses réservées

Le candidat de la société française Sanofi et du géant britannique GlaxoSmithKline (GSK) est composé d’un adjuvant et de protéines recombinantes de protéines S produites à partir d’une « usine » vivante (les baculovirus). Les essais cliniques de phase I et II testent actuellement l’innocuité, la tolérance et la capacité d’induction d’une réponse immunitaire.

Medicago

76 millions de doses réservées

Conçu par la société québécoise Medicago, ce candidat est composé de particules pseudo-virales. Ces dernières sont produites à partir de plantes infectées par des bactéries génétiquement modifiées pour fabriquer plusieurs protéines du SRAS-CoV-2. Ces plantes deviennent ainsi des « usines ». Les chercheurs peuvent ensuite extraire les particules à partir des feuilles et les purifier. Le vaccin de Medicago est actuellement en phase I d’essai clinique, et les résultats sont prometteurs.The Conversation

La version originale de cet article a été publiée sur La Conversation.

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Vous etes completement a coté de la trac ! C est loin d etre une maladie illusoire , si il avais vous un moyen pour le démontrer sans traumatiser la populasse . C est tellement abbérant de remplir la tete des gens avec vos mensonges que l établishment veux garder dans l ombre comme moyen d arriver a leur fins , sa me donne mal au coeur , quoi que émotionellement , le savoir nous apprends a absorber le chocs afin de diminuer les effets néfastes pour le corps physique alors , C est par respect des autres que je ne montre pas la réalité concrete en image ou video ,cette maladie non naturelle donc man made . La vérité ne pourra rester cachées tres longtemps car je ne suis pas le seul hélas ds cette situation tres particuliere , pour cwertaine pwersonne sa creer des chocs tres important qu ils en meurent avant meme que la maladie est fait son travail, comme j ai expliqué plus haut , les émotions nous tuent et nous rendent malade, et bien sur la cause de la mort ne sera jamais dévoilléds sa véracité . De plus il est tres difficile de comprendre le corps humain parceque notre chere médecine n étudie que la mort alors qu elle devrais plutot s interessé a la vie , mais ils ont prient les mesures adéquates pour empecher que cela arrive car C EST INTERDIT d étudier la vie . Alors vous devriez faire le tri de vos articles car il est obselete et pollue l esprit des gens tres déconcertants et enrageant pour certaines personnes car la vérité ne fait pas le poids contre la réalité . J ai meme les preuves a l appuis au cas ou sa pourrais servir , on sait jamais , un accident arriver alors pas de chance a prendre on duplique et on indique que au cas ou … merci de votre attention

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Cher «steve de la famille charron»,

Est-ce un être humain qui a écrit ce texte décousu, absurde et truffé de fautes, ou une intelligence artificielle? Un générateur de texte de type GPT-3?

Si vous êtes une personne vraie ou réelle selon ce que vous préférez, je vous conseille sincèrement d’aller chercher de l’aide.

Scientifiquement et humainement vôtre

Claude COULOMBE

Espérons que les familles Charron ne soient pas trop attristées par vos commentaires… Bravo pour l’article et le commentaire de M Olivier. Tout peut s’apprendre monsieur « steve » ; la réflexion; la science; l’esprit critique et réfléchi etc. Ainsi que l’utilisation du français et du clavier…

Article fouillé et précis. Pour ce qui est du commentaire précédent steve souverain libre serait bien inspiré d avoir de l humilité et de croire que nous sommes nombreux à désirer être informer de la heure juste
A mon sens l article à rempli sa mission et moi en France je n ai pas de telles informations donc merci pour cet article précis et complet

Une mouvance vaccinoseptique, covidoseptique, climatoseptique sévit en ce moment
J apparente cela a de la désinformation caractérisée

Cordialement

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Merci pour cette excellente synthèse de la recherche actuelle sur les vaccins contre le SRAS-CoV-2.
C’est de la vulgarisation scientifique de haut niveau qui demande quelques connaissances de base en biologie, normal car il provient du site « La Conversation». Votre article fouillé et lumineux m’a permis de comprendre et mieux apprécier la stratégie du gouvernement dans le choix de vaccins. Enfin, on ne peut qu’applaudir la vitesse, l’effort et l’ingéniosité des scientifiques qui travaillent partout dans le monde à la mise au point des vaccins contre le SRAS-CoV-2. Chapeau!

Scientifiquement vôtre

Claude COULOMBE

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