Oui à l’euthanasie et au suicide assisté

La Société royale du Canada a publié hier le rapport de son comité d’experts sur la prise de décision en fin de vie, qui recommande clairement de légaliser l’euthanasie et le suicide assisté au Canada.

Principal argument : actuellement, ces gestes sont déjà largement posés au Canada sous le manteau, et leur légalisation permettra, comme c’est le cas à d’autres endroits dans le monde, de mieux contrôler les pratiques.

Les six experts étaient Udo SchuklenkJohannes van DeldenJocelyn DownieSheila McLean, Ross Upshur et le Québécois Daniel Weinstock.

Ils ont considéré que l’autonomie de la personne était la valeur la plus importante aux yeux des Canadiens, ce qui justifie que la loi puisse leur accorder le droit de mourir comme ils l’entendent.

Plusieurs autres spécialistes se sont en partie dissociés des conclusions du rapport.

Pour Brian Mishara, directeur du Centre de recherche et d’intervention sur le suicide et l’euthanasie à l’UQÀM, il faudrait imposer beaucoup plus de balises avant de légaliser ces pratiques.

Le succès de l’euthanasie et du suicide assisté dans d’autres pays est largement dû à un contrôle très strict, note-t-il. Aux Pays-Bas, par exemple, les deux tiers des demandes de suicide assisté sont refusées en raison des prérequis exigés. Il faut par exemple avoir tout tenté pour soulager la souffrance. Quant à l’euthanasie, même dans ces pays, elle reste extrêmement rare.

Or le Canada est loin d’être un champion des soins palliatifs, selon les données exposées dans le rapport de la SRC.

La situation est particulièrement critique pour les enfants en fin de vie: seuls 5 à 12% de ceux qui pourraient en bénéficier sont dirigés vers ces services au Canada.

C’est dramatique et on devrait faire beaucoup mieux!

Wayne Sumner, professeur de philosophie à l’Université de Toronto et auteur du livre Assisted Death, trouve lui aussi que les experts mandatés par la SRC ouvrent la porte un peu trop largement à l’euthanasie et au suicide assisté, et qu’ils n’ont pas assez pris en compte la notion de soulagement de la souffrance qui devrait pourtant être centrale.

Margaret Sommerville, directrice et fondatrice du Centre de médecine, d’éthique et de droit de McGill, s’est quant à elle nettement dissociée du rapport, reprochant notamment aux experts de n’avoir réfléchi qu’au niveau des individus, sans replacer le débat dans le cadre plus large du système de santé et de la notion du respect de la vie comme valeur sociale fondamentale, et sans se questionner sur des alternatives à la légalisation pure et simple.

Cependant, même si les avis divergent, il est de plus en plus clair avec ce rapport que l’euthanasie et le suicide assistés doivent être légalisés au Canada.

Ce qu’il reste à décider, ce sont les balises précises qui devraient encadrer les pratiques. Et là, il reste beaucoup de travail à faire…

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Avant de parler de suicide assisté, nous devrions explorer d’étendre la notion de soins palliatifs à d’autres catégories que les cancers en phase terminale. Soulager la douleur, les nausées et les symptômes changent la perspective. Je suis infirmière et je travaille tous les jours avec des personnes en fin de vie. Le seul fait de soulager permet aux personnes d’envisager la mort de façon plus sereine ainsi qu’à leurs proches de se préparer à la séparation. Il faut avant tout préparer les médecins à dire et expliquer les diagnostics et offrir du support face à cette fin. Développer les soins palliatifs et vous verrez la souffrance morale des patients et de leur famille diminuée.

tout a fait d’accord avec c,alarie au sujet du suicide assisté; plus de soins paliatif, et suicide assisté si la personne le reclame avec tout son esprit. pour l’euthanasie je suis complètement contre si elle n’a pas déjà signé au préalable un document a ce sujet. Qui sommes-nous pour avoir le droit sur la vie d’une autre personne? C’est le traitement qu’on réserve aux animaux, chiens, chats, ect.