Oui au jambon dans les boîtes à lunch

Photo : iStockphoto
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Ne mettez plus de jambon dans les boîtes à lunch de vos enfants! Avec une telle mise en garde à quelques jours de la rentrée scolaire, le Fonds mondial de la recherche sur le cancer était sûr d’attirer l’attention des médias et des parents sur les risques associés à la consommation abusive de charcuterie et de viandes transformées. Quitte à aller au delà de la recommandation que le Fonds a lui-même édictée à ce sujet il y a deux ans (qui correspond d’ailleurs à celle de la Société canadienne du cancer ou de Santé Canada) et qui se résume au message suivant: la charcuterie, oui, mais à petites doses, et pas trop souvent.

Je veux bien croire qu’il y ait trop de cancers liés à la malbouffe dans notre société. Mais si tous les organismes de santé publique adoptent cette stratégie de communication pour faire passer leurs messages, on criera bientôt au loup pour tout et n’importe quoi. Plus personne n’y croira et ce seront les petits cochons qui nous mangeront.

Le Fonds ne s’appuie sur aucune nouvelle étude qui justifierait qu’on interdise le jambon à nos enfants. Même si c’est pour une bonne cause, il nous ment et profite du sentiment de culpabilité des parents pour faire passer son message de santé publique (ce qui ne doit pas nuire à ses campagnes de financement, soit dit en passant).

Les viandes transformées et le jambon contiennent des nitrites, du sel et des matières grasses connus pour augmenter le risque de cancer colorectal. Jambon et autres saucisses à hot-dog ne rendront pas vos enfants malades sur le champ, mais ils risquent de les habituer à apprécier ces aliments potentiellement dangereux lorsqu’on en abuse, surtout quand c’est au détriment d’aliments plus sains tels que les fruits et légumes, explique le Fonds.

Pour les adultes, il estime que le risque de cancer colorectal augmente à partir de 70 grammes par semaine de bacon, soit environ trois tranches. Pour les enfants, on n’en sait rien, parce que cela n’a jamais été étudié.

En demandant aux parents de renoncer complètement au jambon dans les boîtes à lunch, le Fonds prétend les aider à ne pas donner de mauvaises habitudes alimentaires à leurs enfants.

Sauf qu’il y a une différence entre interdire et éduquer.Va-t-on interdir internet à nos flos sous prétexte qu’il y a des cyberpédophiles embusqués sur la toile? Non, on va leur apprendre à adopter des comportements sécuritaires. C’est pareil pour le jambon ou les saucisses à hot-dog. Interdisez leur et ils s’en gaveront dès que vous aurez le dos tourné.

Alors oui, je continuerai à mettre du jambon dans la boîte à lunch de Fiston. Mais pas tous les jours, ni en grandes quantités, et je choisirai de préférence une marque pas trop salée ni trop grasse (regardez les étiquettes, vous verrez qu’il y a d’énormes différences entre les produits!). Et s’il en réclame, je lui expliquerai pourquoi il ne faut pas en abuser, sans pour autant le terroriser avec des histoires d’horreur.

Dans ces conditions, je ne m’inquièterai pas du taux de nitrites, qui est quand même réglementé et à peu près respecté par les industriels. Voyez à ce sujet ce reportage de Radio-Canada et celui-ci de la Télévision Suisse Romande.

P.S. En remplacement des viandes préparées, il y a des tonnes de choses qu’on peut mettre dans les boîtes à lunch des enfants qui ne ne sont ni chères, ni longues à préparer, ni mauvaises (si on n’en abuse pas, s’entend) : restes de la veille au soir, thon en boîte, oeuf dur, fromage, carottes ou brocolis crus, pommes, bananes, compote, pain, pâtes. Le moins de choses industrielles possible et de l’eau pour boire, recommandent les nutritionnistes.

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J’aime beaucoup lorsque vous écrivez un article super scientifiques ou engagés et que vous y mettez du joual.

Comme « Va-t-on interdir internet à nos flos ». À nos flos =)

J’ai une amie qui travaille à l’AFSSA (Agence Française de Sécurité Sanitaire et Alimentaire).
Elle m’explique tout le temps que le plus important c’est de varier son alimentation pour 2 raisons :
– on couvre un plus large évantail de ces besoins alimentaires,
– en cas de découverte de risque sur un produit (comme le jambon dans cet exemple), l’effet est diminué par dilution dans le reste de notre alimentation…

Saviez vous qu’il ne faut pas non plus que nos enfants mangent en trop grande quantité de certains poissons ( en particulier les prédateurs, qui concentrent alors les polluants dans leur organisme) …:
http://www.afssa.fr/Poisson/SIA2009/F2.pdf

et comme en plus au Canada (à la différence de la France) vous êtes de grands mangeurs de cranberry, voilà de quoi vous donner raison :
http://www.afssa.fr/Documents/NUT2006sa0256.pdf

Bon appétit 😉

Les charcuteries que nous faisons ont une quantité de nitrite juste assez sufisante pour pas que la bactérie du botulisme soit présente. (Le botulisme est encore plus dangereux, il paralyse et peut causer la mort). Nous sommes soumis aux normes serrées du MAPAQ, ils controlent aussi nos quantités de nitrites. Si on n’en met pas, on n’est pas corrects, et si on en met un gramme de trop par 100 litres d’eau on n’est pas mieux non plus.. Alors on veille à ce que nos produits soient les mieux préparés possibles. Nous les employés, en mangeons de nos produits et on n’a jamais eu mal au ventre….

Je trouve ça irresponsable de faire peur au monde au lieu de juste les informer! Le Fonds mondial de la recherche sur le cancer voulait seulement faire parler de lui mais pour moi c’est un mauvais coup!

Merci de ne pas être alarmiste, Mme Borde! 🙂

Un cancer prend de 4 à 40 ans à se développer….
Donc, un enfant qui mange quotidiennement des charcuteries à 7 ans pourrait se réveiller avec un cancer quelconque dès l’âge de 40 ou 50 ans.
Donnez-lui du poulet ou du saumon en boites dans ses sandwiches…

Merci beaucoup Mme Borde,

J’aurais une petite question :

Cette question a trait non pas à la quantité hebdomadaire mais à la durée de consommation en continu de charcuterie (70 g/sem.) pour augmenter le risque de développer un cancer colorectal????

Voyez-vous, plusieurs articles de journaux omettent ce détail. Et lorsque l’on peut mettre la main sur l’étude on s’aperçoit que la durée d’exposition ou de consommation est très longue.

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