Oui aux chimères animaux-humains

Êtes-vous d’accord pour que les scientifiques utilisent des animaux contenant du matériel biologique humain pour leurs recherches ?

Oui, à condition que ce soit dans le but de faire progresser la recherche en santé, ont répondu en substance les 1046 Britanniques interviewés à ce sujet lors d’une enquête commandée à l’institut de sondage Ipsos Mari par The Academy of medical sciences de Grande-Bretagne.

Dans le but de susciter un «dialogue citoyen» à ce sujet, l’organisme a aussi interviewé plus longuement 20 personnes qui avaient accepté, avec 50 autres, d’assister à deux journées complètes d’information.

Depuis plusieurs années, de nombreux chercheurs dans le monde font appel à des animaux qui ont été modifiés génétiquement pour exprimer des protéines humaines – comme des vaches transgéniques dont le lait contient de l’insuline humaine, ou auxquels on a transféré des cellules humaines – comme les chimpanzés dans le cerveau desquels on a placé des cellules souches humaines.

Ces expériences sont-elles acceptables au plan éthique ?

Lorsque la question du sondage téléphonique mentionnait que les animaux en question sont destinés à la recherche en santé, 48 % des personnées interrogées y étaient plutôt favorables, contre 31 % contre.

Sans cette précision, en revanche, les animaux contenant du matériel biologique humain suscitaient beaucoup plus de méfiance: 40 % les jugeaient relativement acceptables, et 37 % plutôt inacceptables.

Un résultat qui s’est confirmé lors des entrevues détaillées : pour les personnes interrogées, c’est avant tout le but de ces recherches qui les rend plus ou moins acceptables, avant les risques et la question du bien-être des animaux.

Reste qu’il y a des limites à ne pas dépasser. Ainsi, les recherches impliquant des modifications majeures du cerveau et du système reproductif seraient au delà du raisonnable, selon les personnes interrogées.

Et vous, vous êtes plutôt pour ou contre ?

Laisser un commentaire

Tous, même les plus orthodoxes, considèrent qu’un spermatozoide ou un ovule peut être jeté à la poubelle, malgré le potentiel “humanogène” contenu (pensons à la parthénogénèse), et le fait qu’un génome humain quasi complet y est présent.

Sur cette base, il me semble qu’un animal porteur d’environ 0,003 % des gènes humains (c.-à-d. 1 gène humain) ou même 30 % des gènes humains (c.-à-d. 10 000 gènes humains) ne devrait causer aucune inquiétudes éthique chez tout être rationnel.

L’animal transgénique en question n’aurait pas le potentiel “humanogène” de l’ovule ou du spermatozoide, et ne contiendrait que 0,003 à 30 % du génome d’un spermatozoide ou un ovule.

Deux caveats, cependant;

1) un 30 % de gènes humains qui inclurait 100% des gènes reliés à la conscience et l’intelligence humaine pourrait créer des soucis éthiques.

2) un 30 % de gènes humains introduit dans un génome d’orang-outang, de bonobo ou de chimpanzé pourrait introduire des ressemblances physiques ou intellectuelles avec l’humain qui créeraient des soucis éthiques.