Oui, les adultes peuvent recevoir un diagnostic de TDAH

Il est essentiel de comprendre ce trouble chez l’adulte, de le prendre plus au sérieux, de le faire connaître et d’investir dans des services permettant d’améliorer les délais de diagnostic, affirment deux chercheurs atteints d’un TDAH.

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James Brown est professeur agrégé de biologie et science biomédicale à l’Université Aston, au Royaume-Uni. Alex Conner est chargé de cours en communication des sciences biomédicales à l’Université de Birmingham.

Beaucoup d’entre nous pensent que le trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité (TDAH) est lié à l’enfance. Mais un nombre croissant d’adultes reçoivent ce diagnostic et témoignent maintenant de leur expérience.

Les médias sociaux ont joué un rôle à cet égard. Des gens se sont rendus chez leur médecin après avoir vu des vidéos de personnes parlant de leurs symptômes sur TikTok ou d’autres réseaux sociaux. En fait, on estime que plus de 1,3 million d’adultes canadiens sont atteints d’un TDAH. Nous-mêmes souffrons d’un TDAH et avons eu ce diagnostic à l’âge adulte.

Pourtant, malgré cette prise de conscience croissante, de nombreux adultes doivent encore se battre pour obtenir un diagnostic.

Le TDAH est un trouble génétique du développement neurologique, dans lequel le cerveau présente un déséquilibre dans la production des substances chimiques spécifiques impliquées dans le plaisir et la récompense.

Cela signifie que le cerveau des personnes atteintes d’un TDAH cherche souvent des moyens de stimuler ces substances chimiques, ce qui explique pourquoi les personnes concernées peuvent être inattentives, hyperactives et impulsives.

Les traits communs du TDAH sont :

  • Ne pas persévérer dans des tâches plus longues (ou ne pas les commencer).
  • Se laisser distraire par d’autres tâches ou pensées.
  • Rechercher le risque ou les activités qui procurent une récompense immédiate.
  • Se sentir agité ou s’agiter.
  • Interrompre les autres involontairement.

Les symptômes se ressemblent chez les adultes et les enfants, bien que certains éléments diffèrent ou changent avec l’âge. Par exemple, l’inattention est le symptôme le plus persistant chez les adultes.

Le TDAH peut être envahissant. Il affecte la qualité de vie et augmente la probabilité d’avoir des problèmes de consommation d’alcool ou de drogues, de se retrouver au chômage ou de se blesser accidentellement. Les risques de suicide et de mort prématurée sont aussi plus élevés chez les adultes souffrant d’un TDAH. En outre, il peut coûter cher en traitements médicaux.

Le TDAH est également souvent associé à un large éventail de comorbidités chez les adultes.

Par exemple, la dépression est presque trois fois plus fréquente chez les adultes atteints d’un TDAH. Et près de la moitié des adultes ayant ce diagnostic souffrent également d’un trouble du spectre bipolaire.

Environ 70 % des adultes atteints d’un TDAH souffrent également de dysrégulation émotionnelle, ce qui peut rendre plus difficile le contrôle des réponses émotionnelles. On pense également que presque tous les adultes atteints d’un TDAH présentent une dysphorie de sensibilité au rejet, un état dans lequel le rejet ou la critique perçus peuvent provoquer une douleur émotionnelle extrême.

En outre, les adultes avec ce diagnostic peuvent avoir des problèmes de mémoire à court terme — comme l’impossibilité de se souvenir d’une courte liste de courses — et une incapacité à percevoir le temps.

Certains peuvent également présenter un trouble oppositionnel avec provocation, ce qui signifie qu’ils réagissent souvent mal aux consignes ou aux règles.

Bien qu’aucune de ces comorbidités ne soit utilisée pour diagnostiquer le TDAH, elles peuvent le rendre d’autant plus difficile à vivre.

Obtenir un diagnostic

Il peut être difficile pour un adulte d’obtenir un diagnostic de TDAH. Seul un spécialiste (neurologue ou psychologue spécialisé) peut le faire. Mais même avec un billet du médecin pour une consultation avec un spécialiste, une personne doit prouver qu’elle a tous les traits du TDAH, et ce, depuis l’enfance, et que ceux-ci ont des répercussions sérieuses sur sa vie (problèmes au travail ou dans ses relations personnelles).

Notre propre expérience du diagnostic d’un TDAH n’est pas si différente de celle d’autres adultes…

Comme beaucoup de gens, j’ai [Alex] eu un diagnostic de TDAH « par accident », après avoir été orienté vers un psychiatre pour soigner une automédication par l’alcool (je le sais maintenant). En raison de mon TDAH, mon cerveau exige des stimulations assez extrêmes la plupart du temps.

Ironiquement, j’ai publié des articles scientifiques sur le TDAH et — probablement en raison d’un manque de conscience de soi classique du TDAH — il ne m’est pas venu à l’esprit que je pouvais en être atteint. Cette « étiquette » m’a depuis aidé à comprendre mon comportement.

Mes principaux défis restent la hiérarchisation des tâches en fonction de leur importance (au lieu de leur caractère excitant) et un comportement anti-autorité assez extrême (parfois appelé défiance oppositionnelle). Je suis également un terrible spectateur, j’ai du mal à assister à des conférences ou à rester assis au théâtre — cela peut même être ressenti comme une douleur physique.

De mon côté, j’ai [James] eu un diagnostic assez rapidement parce que j’ai eu recours à une clinique privée — bien qu’il y ait eu une longue attente pour les médicaments. Pourtant, je savais depuis cinq ans que j’avais probablement un TDAH, mais je m’en étais bien accommodé jusqu’à la pandémie. La pression supplémentaire de l’isolement et l’augmentation de la charge de travail ont eu un impact sur ma santé mentale, j’ai donc consulté pour obtenir un diagnostic.

Maintenant que je connais mon état et que je suis un traitement, la vie est de plus en plus facile, même si je dois encore relever de nombreux défis chaque jour. Je ressens souvent de l’anxiété pour des choses banales, comme parler à un ami, mais passer à la télévision ne me pose aucun problème.

Au quotidien, j’oublie beaucoup de choses simples, comme l’endroit où j’ai laissé mes clés ou la fermeture du robinet lorsque je remplis la baignoire. J’ai énormément de mal à maîtriser mes émotions, particulièrement le rejet. Par exemple, lorsque personne n’a ri à une blague que j’ai faite sur mon TDAH dans un groupe de messagerie pour cadres supérieurs, j’ai voulu quitter mon emploi. Je suis tout à fait incapable de rester attentif lors de réunions ou de séminaires, et je fais des achats impulsifs.

Bien que le TDAH soit de plus en plus reconnu chez les adultes, de nombreuses personnes vivent encore avec ce trouble sans en avoir eu le diagnostic parfois parce qu’elles ne sont même pas conscientes de ce qu’elles vivent.

Il est essentiel de comprendre ce trouble chez l’adulte, de le prendre plus au sérieux, de le faire connaître et d’investir dans des services permettant d’améliorer les délais de diagnostic. Ce dernier ouvre la voie au traitement, qui peut avoir un effet considérable sur la vie avec le TDAH, notamment en améliorant l’estime de soi, la productivité et la qualité de vie.La Conversation

La version originale de cet article a été publiée sur La Conversation.

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J’ai obtenu mon diagnostic à 38 ans, il y a 3 ans. À cause des délais importants en psychiatrie publique, les médecins de famille étaient alors autorisés à faire le diagnostic. J’ajouterais que Peut-être certaines personnes non-diagnostiquées vivant avec le TDAH en sont inconscientes, mais je pense que ce serait plutôt qu’elles croient naïvement que tout le monde vit les mêmes problèmes qu’elles. C’était mon cas. Aussi, il arrive plus souvent qu’autrement qu’un enfant qui naît avec un TDAH gardera la condition toute sa vie. Les exceptions auront simplement réussi à peaufiner une hygiène de vie adaptée avec le support de l’entourage. Il en va de même avec les gens ayant un TSA (trouble du spectre de l’autisme). J’aimerais bien que ce trouble soit plus discuté, car voilà un diagnostic encore plus difficile à obtenir pour un adulte et encore plus pour une femme.

Bonjour, je dois me faire vacciner demain alors que je suis sois traitement antibiotiques( amoxicilline, lamaline). Est ce que je dois quand même le faire??