Santé et Science

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De l’espoir pour les dos en S

Jusqu’à l’âge de 13 ans, Maxime Gionet-Lavigne était un garçon sans histoire. Un sportif qui consacrait tout son temps libre à la lutte olympique. Mais à l’été 2006, sa posture s’est transformée. « On aurait dit que ses épaules penchaient d’un côté », se souvient sa mère. Danièle Gionet découvre alors que la colonne vertébrale de son fils, qui avait toujours été rectiligne, était maintenant tordue en forme de « S ». « Cette déviation s’est produite en quelques mois ! » s’exclame-t-elle, encore surprise par la progression rapide de la maladie. Maxime est atteint d’une déformation en trois dimensions de la colonne qu’on appelle « scoliose ». Une maladie restée jusqu’ici assez mystérieuse. En matière de soins, Maxime n’aurait pas pu mieux tomber. Le Groupe de recherche sur les déformations musculo-squelettiques du CHU Sainte-Justine, où il est soigné, réunit en effet une des équipes les plus performantes du monde. Selon le Dr Hubert Labelle, l’orthopédiste qui a fondé ce groupe de recherche il y a 20 ans, Sainte-Justine se classe parmi les trois ou quatre centres les plus importants de la planète, avec l’Université de Hongkong, l’Université de Washington à Saint Louis et le Rady Children’s Hospital de San Diego. « Je ne veux pas être présomptueux, mais d’ici cinq ans, nous projetons de former la meilleure équipe du monde », précise le Dr Labelle. Ce qui rend l’équipe du CHU Sainte-Justine unique en son genre, c’est la diversité des compétences qui y sont réunies. Des orthopédistes et des ingénieurs travaillent à mettre au point de nouvelles techniques chirurgicales, plus sûres et moins difficiles pour les patients. Et des chercheurs se penchent aussi sur les causes de la maladie. « La colonne vertébrale tourne sur elle-même un peu à la manière d’un escalier en colimaçon, explique le Dr Stefan Parent, orthopédiste à Sainte-Justine. Cette torsion fait pivoter la cage thoracique, ce qui crée une proéminence des côtes du côté convexe. Bien des jeunes se retrouvent alors avec une protubérance — une bosse — dans le dos. » On sait maintenant que la scoliose ne touche pas que la colonne vertébrale, au dire du biologiste Alain Moreau, chercheur en biologie moléculaire au même hôpital. « C’est une maladie qui atteint tout l’organisme. Les jeunes scoliotiques présentent aussi des anomalies du tonus musculaire et du système nerveux central. » La maladie compromettrait également l’occlusion dentaire ; de 80 % à 85 % des jeunes patients ont des problèmes orthodontiques. En 2004, l’équipe du Dr Moreau a fait une découverte importante : chez les scoliotiques, il existe une défectuosité dans le signal de transmission de la mélatonine, hormone produite par la glande pinéale, située dans le cerveau. Cette hormone, surtout connue pour ses effets sur les cycles d’éveil et de sommeil, agit aussi sur l’hormone de croissance et le métabolisme des os. Le chercheur a mis au point un test sanguin qui permettra de détecter ce défaut de signalisation et sera commercialisé au cours de 2009. Ce test permettra de dépister la maladie avant qu’elle déforme la colonne vertébrale. Par ailleurs, les œstrogènes joueraient aussi un rôle dans le développement de la maladie. « Deux fois plus de filles que de garçons sont atteints », dit la Dre Florina Moldovan, également chercheuse à Sainte-Justine, qui étudie la question. « Et elles sont aussi plus nombreuses à souffrir de scolioses graves. » La maladie touche à peu près 4 % de la population. Un faible pourcentage de scolioses est causé par des déformations congénitales ou des affections comme la dystrophie musculaire. Mais 85 % d’entre elles sont idiopathiques, c’est-à-dire sans cause connue. « Ce qui signifie que personne n’est à l’abri, dit Alain Moreau. À la naissance, la colonne vertébrale de l’enfant est tout à fait normale. La déformation se manifeste plus tard, à la puberté. » Certains adolescents sont touchés plus sérieusement que d’autres. Une déviation inférieure à 10 degrés est considérée comme bénigne. Entre 10 et 20 degrés, chez les adolescents en croissance, on recommande un corset souple pour arrêter la progression de la maladie. Entre 20 et 40 degrés, on prescrit un corset rigide. Et à partir de 50 degrés, on envisage une intervention chirurgicale. Atteint d’une scoliose de 61 degrés, Maxime Gionet-Lavigne doit se résoudre à passer au bistouri. « Sinon, la courbure pourrait continuer à progresser de un à deux degrés par an, explique le Dr Stefan Parent. Or, au-delà de 100 degrés, la cage thoracique comprime les organes vitaux, ce qui provoque de sérieux problèmes de santé. » Mais opérer une scoliose n’est pas une mince affaire. Le chirurgien doit insérer dans la colonne vertébrale des vis ou des crochets, dans lesquels on glisse deux tiges qui serviront à redresser la colonne. Ensuite, pour consolider la structure, on procède à une greffe osseuse afin de souder les vertèbres. C’est une intervention qui comporte des risques. L’anesthésie dure en moyenne de sept à huit heures. Le risque de paralysie est toujours présent, car on travaille très près de la moelle épinière. Le CHU Sainte-Justine et l’École polytechnique sont associés depuis une vingtaine d’années pour concevoir des outils qui aideront le chirurgien à faire ces interventions délicates. « Nous sommes en train de tester un logiciel qui permet de modéliser en trois dimensions la colonne vertébrale d’un patient scoliotique, souligne Carl-Éric Aubin, ingénieur et professeur à l’École polytech­nique. Comme on n’opère un patient qu’une seule fois, il ne faut pas se tromper. Le chirurgien pourra donc expérimenter plusieurs stratégies opératoires à l’aide de ce modèle informatique et voir avant l’opération quelle est la meilleure option. » Rien ne garantit que l’intervention mettra fin à la douleur si celle-ci était présente avant. À l’inverse, « il est très rare qu’un patient qui avait une scoliose non douloureuse se réveille après l’opération avec une scoliose qui lui fait mal », dit le Dr Charles-Hilaire Rivard. Des études ont par ailleurs révélé que les enfants scoliotiques ont mal au dos, mais pas plus que les enfants qui ont un dos normal. Il existe un autre traitement de la scoliose pour lequel le CHU Sainte-Justine est à l’avant-garde : le corset orthopédique. En 1995, le Dr Charles-Hilaire Rivard a mis au point un corset révolutionnaire, le SpineCor. Les autres corsets existants sont moulés dans un plastique rigide et ressemblent vaguement à une armure. « Avec ce type de corset, les adolescentes ne peuvent même pas lacer leurs souliers », dit le Dr Rivard. Le SpineCor, par contre, est composé de quatre bandes élastiques que l’on peut disposer de 11 façons différentes, selon le type de scoliose. Ce corset bouge avec le corps et redresse la colonne vertébrale à chaque mouvement. Et il est plus facile à porter sous les vêtements. Utilisé pour freiner la déviation chez les adolescents en croissance, le corset du Dr Rivard est également prescrit aux adultes dont la scoliose est douloureuse. « Les résultats sont très satisfaisants : leur douleur diminue et leur qualité de vie s’améliore », conclut le chercheur. Distribué dans 15 pays, le SpineCor est étrangement peu utilisé dans le reste du Canada. « Ne me demandez pas pourquoi ! lance le Dr Rivard en haussant les épaules. Je dois admettre cependant qu’il est plus difficile à ajuster qu’un corset rigide.» Les choses sont cependant en train de changer. En janvier dernier, le magazine Maclean’s publiait un article sur le SpineCor. Le Dr Rivard, concepteur du corset, a reçu de 200 à 300 courriels de partout au Canada, de la Colombie-Britannique à Terre-Neuve. Les secrétaires étaient débordées. Les médecins aussi. « Quand l’article de L’actualité paraîtra-t-il ? m’a-t-il demandé. J’aimerais avoir le temps de dormir avant la prochaine vague !» Dans un avenir pas très lointain, on pourra peut-être guérir la scoliose avant qu’elle cause des dommages. L’équipe du Dr Alain Moreau vient de découvrir un facteur biochimique dans le sang, qu’il a baptisé le « facteur P » et qui pourrait contribuer au développement de la maladie. « Nous travaillons aussi à la mise au point de médicaments, ajoute le chercheur. Pour y arriver, nous avons inau­guré, en novembre, un laboratoire en génétique moléculaire des maladies musculo-squelettiques qui va y travailler en priorité. Notre but, c’est d’éradiquer cette maladie… »

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Un toit solide comme le roc

D’abord, on trouvera sur le toit une terrasse et une pergola de bois. Puis, plus de 80 panneaux photovoltaïques et thermiques – installés côte à côte à angle de 45 degrés – couvriront pratiquement toute la toiture. «Un méchant cerf-volant! dit le constructeur Robert Deschamps. Imaginez la pression qu’exercera le vent sur cet ensemble de panneaux solaires…» Les panneaux photovoltaïques serviront à produire de l’électricité à partir de l’énergie du soleil, tandis que les panneaux thermiques agiront comme chauffe-eau. J’y reviendrai plus en détail au moment de leur installation. Le toit d’un triplex «ordinaire» est recouvert de panneaux de contreplaqué de ½ pouce d’épaisseur, cloués. Dans le cas du triplex Le Soleil, les ouvriers utilisent plutôt des feuilles de contreplaqués d’une épaisseur de 5/8 de pouce, qui sont collées et vissées sur les fermes de toit. On leur ajoute aussi des contreventements, éléments de bois posés en oblique qui solidifient l’ensemble des pièces de la charpente. Les contreventements empêchent le toit de bouger et luttent contre la poussée du vent sur la toiture.Une question de poids… Question: Pour le toit du triplex Le Soleil, les fermes de toit sont-elles posées au 12, 16 ou 24 po? Je suis en train de regarder pour faire un chalet avec toiture plate et verte ( arbres et arbustes sur le toit) et je me dis que vue la pesanteur, les fermes de toits devraient être plus rapprochées et plus solides. Comment ça fonctionne? – Réjean Casavant, Québec Réponse: Des arbres? Pas sûr… Avez-vous pensé au système racinaire que cela représente? Ça sous-entend une quantité de terre importante, et qui dit quantité dit poids. Pour ce qui est de notre projet le Soleil, la charge calculée est de ± 120lbs au pied carré. C’est à votre ingénieur de déterminer la configuration de la structure nécessaire pour soutenir le poids de votre aménagement vert afin de tenir compte de l’accumulation de neige, des portées libres, etc. Dans ce type de projet chaque cas est d’espèce. – Robert Deschamps, Construction Sodero

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Mon reportage carboneutre

Lors de la dernière campagne électorale fédérale, tous les chefs, sauf Stephen Harper, ont voulu compenser les émissions de gaz à effet de serre engendrées par leurs déplacements en donnant de l’argent à des organismes qui financent des technologies propres ou du reboisement. Être « carboneutre » est à la mode. Mais est-ce efficace ? Mon séjour à Lille, pour assurer la couverture d’un forum sur l’économie responsable, m’a donné l’occasion de tenter de réaliser un reportage carboneutre… Première étape : choisir un organisme de compensation parmi les dizaines dans le monde qui proposent leurs services dans Internet. « Optez pour un programme dont les activités sont reconnues par des autorités indépendantes, qui tient un registre public et offre des garanties », conseille Claude Villeneuve, titulaire de la chaire en écoconseil de l’Université du Québec à Chicoutimi. Une garantie pourra consister, par exemple, à s’engager à remplacer les arbres plantés qui ne survivront pas. Au Québec, l’organisme sans but lucratif Planetair domine le marché, avec près de 5 000 tonnes de carbone compensées en 2007 — l’équivalent de ce qu’émettent environ 1 600 voitures pendant un an. C’est à lui que le NPD et le Bloc québécois ont versé de l’argent pour compenser les émissions qu’ils ont produites lors de la dernière campagne électorale, tout comme le font l’Association des joueurs de la Ligue nationale de hockey et les Alouettes de Montréal. Planetair verse ensuite les fonds recueillis dans des programmes favorisant la production d’énergie renouvelable dans les pays du Sud : minicentrale hydroélectrique en Indonésie, centrale à la biomasse en Inde, éoliennes à Madagascar… Air Canada, de qui j’ai acheté mon billet vers Lille, me propose de faire affaire avec Zerofootprint, de Toronto, qui soutient quatre initiatives au Canada, dont un centre de recyclage de pneus à Trois-Rivières. L’organisme est avare de détails : je sais seulement que le concept répond à une norme de certification ISO. J’hésite. Je pourrais aussi choisir, comme l’ont fait les Cowboys Fringants pour leur tournée, le programme expérimental Carbone boréal, mis sur pied en septembre par le professeur Claude Villeneuve. Là, les fonds servent à reboiser des parcelles de forêt boréale à des fins de recherche sur la séquestration du CO2. Vaut-il mieux planter des arbres au Saguenay ou des éoliennes à Madagascar ? Impossible à dire sans connaître tous les détails et, de toute façon, les experts ne s’entendent pas. Mon choix sera forcément aléatoire… Deuxième étape : évaluer ses émissions au moyen d’un calculateur en ligne. De Québec à Montréal, puis Paris aller-retour (11 500 km au total), mon voyage aurait représenté environ 1,3 tonne de CO2 selon Zerofootprint… mais 3,3 tonnes selon Carbonzero, l’organisme torontois choisi par Stéphane Dion et Elizabeth May ! La comptabilité a des ratés. Pour compliquer le tout, Planetair m’offre le choix de tenir compte ou non du fait que les GES émis à haute altitude sont deux fois plus dommageables pour l’atmosphère que ceux qui sont produits au ras du sol. Les autres n’en parlent pas. Au secours ! Le calculateur d’Action Carbone, organisme français reconnu, m’apprend que les 500 km aller-retour de Paris-Lille en TGV génèrent seulement quatre kilos de CO2. Logique, avec un train alimenté par de l’électricité d’origine nucléaire. Selon Via Rail, un aller-retour Québec-Montréal en train — sensiblement la même distance — représenterait 67 kilos de CO2 par passager. Toute une différence ! Dernière étape : passer à la caisse. L’addition varie de 16 dollars la tonne de CO2 chez Zerofootprint à 43 dollars chez Planetair. « Il n’y a pas de prix raisonnable : tout dépend du type d’initiative financée », croit Claude Villeneuve, qui nous met toutefois en garde contre les excès. « J’ai déjà vu 150 dollars la tonne pour des programmes sans contrôle indépendant. C’est n’importe quoi ! » Si elle a la cote, la compensation volontaire ne représente toutefois qu’une goutte d’eau dans l’océan. En 2007, elle aurait permis de soustraire moins d’un millième des 28 milliards de tonnes de CO2 émises dans le monde, selon la Banque mondiale. Utile ? Même chez les écologistes, les avis sont partagés, certains craignant que compenser ne serve qu’à donner bonne conscience et « effacer les péchés », comme le dit Claude Villeneuve. Lui y voit une bonne manière d’encourager des initiatives et d’aider les entreprises à mettre sur pied une comptabilité du carbone. « Il faut le faire comme on donne à un organisme de charité pour lutter contre la pauvreté. Mais le plus important, c’est de diminuer vos émissions », insiste-t-il. En arrivant à l’hôtel, j’ai donc sagement coupé la climatisation et ouvert les fenêtres…

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La pilule intelligente

Il s’agit en fait d’un robot miniaturisé muni d’une caméra vidéo, capable de se déplacer et de se diriger dans le système digestif afin d’aller déposer des médicaments à certains endroits bien précis. Grâce à un système de transmission sans fil, il peut aussi être téléguidé par un médecin. Cette capsule comprend en outre des détecteurs de pH et de température corporelle, un microprocesseur, une pile, un réservoir à liquide et une pompe. Elle pourrait inspirer de nouveaux traitements, plus ciblés, notamment de la maladie de Crohn et du cancer du côlon. Le prochain défi des chercheurs: trouver une manière de récupérer cette pilule à usage unique à la sortie… Le cerveau des intimidateurs Qu’est-ce qui se passe dans la tête des jeunes intimidateurs lorsqu’ils tyrannisent, humilient ou taxent leurs camarades de classe ? Pour le savoir, des psychologues de l’Université de Chicago ont observé le cerveau d’adolescents au moyen d’un appareil d’imagerie médicale. Les résultats sont troublants. Alors que les chercheurs s’attendaient à ce que les oppresseurs soient insensibles à la douleur de leurs victimes, ils ont constaté que ceux-ci éprouvaient au contraire du plaisir quand ils infligeaient de la souffrance aux autres. Les chercheurs ont fait voir de courtes vidéos à une dizaine d’adolescents de 16 à 18 ans particulièrement agressifs, ainsi qu’à un groupe témoin de jeunes sans passé violent. Dans certains films, des personnes étaient victimes de petits accidents douloureux — elles recevaient un marteau sur les orteils, par exemple. Dans d’autres, des gens faisaient volontairement souffrir quelqu’un, notamment en écrasant son pied. L’analyse par résonance magnétique fonctionnelle a révélé que, chez les jeunes intimidateurs, les parties du cerveau associées à la récompense et au plaisir étaient stimulées. Au contraire, chez les adolescents du groupe témoin, les films activaient les zones cérébrales liées à la douleur, signe d’empathie. Les auteurs de la recherche croient que la fonction qui provoquerait la réaction naturelle d’empa­thie dans le cerveau pourrait être déficiente chez les jeunes intimidateurs. Ils espèrent que leurs travaux pourront mener à des thérapies novatrices pour eux. Du cuivre contre les maladies nosocomiales Les Égyptiens s’en servaient il y a 4 000 ans pour stériliser les plaies, et Hippocrate, pour traiter les ulcères aux jambes. Dans un essai mené à l’Hôpital universitaire Selly Oak, en Angleterre, les chercheurs ont redécouvert les propriétés antimicrobiennes du cuivre. Ils ont observé qu’il y avait beaucoup moins de micro-organismes (dans une proportion de 95 %) sur les objets en cuivre que sur les autres surfaces. La science ne sait pas encore précisément comment le cuivre agit, mais il détruit rapidement certains virus, dont celui de la grippe, le SARM et le C. difficile. Il suffirait donc d’installer des portes, des interrupteurs, des sièges de toilettes et des robinets en cuivre pour ralentir la propagation des maladies nosocomiales. Bedaines sous surveillance On savait que l’obésité prédisposait au diabète, aux maladies cardiovasculaires et à certains types de cancer. Mais une nouvelle étude, menée auprès de 359 387 Européens, confirme que les médecins devraient aussi prêter attention à la manière dont le gras est réparti chez leurs patients. À indice de masse corporelle égal, une augmentation de 5 cm du tour de taille accroît le risque de mort prématurée de 17 % chez les hommes et de 13 % chez les femmes. En moyenne, ce risque est deux fois plus élevé chez les hommes dont le tour de taille atteint 120 cm que chez ceux dont la taille mesure 80 cm. Une raison de plus pour lutter contre les bourrelets et autres poignées d’amour ! Les écouteurs, mauvais pour le cœur Les écouteurs de baladeurs MP3 peuvent nuire au fonctionnement des stimulateurs cardiaques et des défibrillateurs, même lorsqu’ils ne sont pas branchés à l’appareil. C’est la mise en garde émise lors du récent congrès de l’American Heart Association par des chercheurs du Beth Israel Medical Center, à Boston. Au cours d’une expérience, ils ont placé huit modèles d’écouteurs sur la poitrine de 60 patients et détecté des interférences sur quatre stimulateurs et dix défibrillateurs. Ces interférences seraient attribuables aux minuscules mais puissants aimants nécessaires à la production du son dans les écouteurs. Selon les chercheurs, il n’est pas dangereux pour les patients de porter des écouteurs sur la tête, mais ceux-ci doivent être tenus à au moins trois centimètres de leur poitrine.

Un sous-sol chaud, chaud, chaud Santé et Science

Un sous-sol chaud, chaud, chaud

Un triplex douillet comme une pantoufle! Voilà ce qui attend les propriétaires des condos du triplex Le Soleil. Cette semaine, les ouvriers ont installé des panneaux de polystyrène de 5 cm d’épaisseur sur toute la surface du sol. Objectif: isoler la dalle de béton du sous-sol, qui sera coulée directement sur ce polystyrène, de la terre qui se trouve dessous.

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Tous les goûts sont dans la nature !

Laurie aime les champignons mais pas les tomates. La pomme que se partagent Frédéric et sa sœur ne leur procure manifestement pas la même sensation… Jusqu’à tout récemment, on n’avait que fort peu d’explications sur ce type de phénomène. Parce que le goût et l’odorat, longtemps vus comme des sens « mineurs », plus proches de l’animal, étaient moins étudiés que la vue et l’ouïe, considérées comme plus nobles. Et, disons-le, parce qu’ils sont très compliqués. Aujourd’hui, l’étude du goût — ce sens lié à l’un des plus grands plaisirs de la vie, manger — fait de grands progrès grâce aux neurosciences et à la génétique moléculaire. En matière de goût, chaque personne est unique, dit Paul Breslin, expert de la psychologie expérimentale au Monell Chemical Senses Center, à Philadelphie, où s’activent une soixantaine de chercheurs qui se consacrent exclusivement à la compréhension du fonctionnement du goût et de l’odorat. C’est d’abord une affaire de gènes. « Rien que dans la perception de l’amertume, plus de 25 gènes sont mis à profit », dit Paul Breslin, dont c’est la spécialité. Et chacun d’eux influence la sensibilité des récepteurs gustatifs qui tapissent la bouche. Nous en possédons plus de 80 sortes, pour l’amertume seulement. Résultat probable : des centaines de façons de ressentir l’amertume de la bière, des olives ou du café. Et c’est probablement la même chose pour chacune des cinq saveurs fondamentales (voir Le club des cinq). « Pour chaque saveur fondamentale, la population compte 10 % de non-goûteurs et autant de super-goûteurs, lesquels possèdent beaucoup plus de bourgeons gustatifs (situés dans les papilles) que les goûteurs normaux, dit Jacinthe Fortin, analyste de l’évaluation sensorielle au Centre de recherche et de développement sur les aliments, rattaché au ministère de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire du Canada. « Les Québécois, connus pour sucrer beaucoup, capables d’ajouter du caramel sur leur tarte au sucre, sont probablement plus près que d’autres peuples des non-goûteurs de sucre. » Ensuite vient la culture. Vijay, né et élevé à Bombay, a plus de chances d’aimer le cari que Jean-Paul, qui n’a jamais quitté Sainte-Rose-du-Nord. Les goûts, ça se cultive… très tôt dans la vie. Le bébé est en effet exposé aux saveurs absorbées par sa mère, d’abord par le liquide amniotique, avant la naissance, puis par le lait maternel. Si elle mange des piments jalapeños tous les jours, il y a de grandes chances que le petit Pedro s’y adaptera. D’après des recherches menées à Monell, des nouveau-nés nourris avec une formule lactée amère dans les sept premiers mois de la vie l’ont acceptée sans problème, alors que les plus âgés l’ont refusée. Mieux encore, les bébés accoutumés tôt à l’amertume y ont développé une tolérance qu’ils ont conservée par la suite. À cela viennent s’ajouter vos expériences, vos souvenirs, vos émotions. Si vous détestez les poires, c’est peut-être à cause d’une indigestion faite à l’âge de deux ans après avoir mangé de la purée de poire, par exemple. Vous ne vous le rappelez pas, mais votre organisme, lui, s’en souvient. Et vous avez toujours gardé un faible pour les framboises : votre grand-mère en faisait une confiture exquise… Car le plaisir, ce n’est pas que la sensation. Les sentiments que procurent le sac de croustilles d’un soir de déprime et la crème glacée au chocolat qu’on s’offre en récompense représentent aussi une satisfaction d’ordre émotionnel. Et les spaghettis à la bolognaise ont bien meilleur goût si on les partage avec un ami que si on les avale tout seul devant la télé. Il y a quelques années, Martin Seligman, professeur de psychologie à l’Université de Pennsylvanie, avait imaginé l’existence d’une « machine à plaisirs » dans laquelle il suffirait d’entrer pour obtenir, sur demande et à satiété, tous les plaisirs possibles. Mais la porte de son engin imaginaire était à sens unique ; une fois à l’intérieur, impossible d’en sortir. « Voudriez-vous y entrer ? » a-t-il demandé à des milliers de gens. Presque tous ont décliné. L’homme sait bien, d’instinct, que le plaisir sensoriel n’est ni le seul ni le plus important…

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Le club des cinq

Mis en évidence par un chercheur japonais au tout début du 20 e siècle, l’umami n’a été admis que récemment par le milieu scientifique occidental dans le club des saveurs fondamentales. Il se trouve dans certaines viandes (bœuf et poulet, par exemple), certains légumes (pommes de terre, carottes, tomates, certains champignons) et dans un grand nombre de produits de la mer, dont la morue, les crevettes et les sardines. C’est la saveur du glutamate monosodique. L’umami est beaucoup plus difficile à détecter que les autres saveurs, mais lorsqu’ils sont invités à choisir, les bébés préfèrent toujours le bouillon qui en contient…

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L’école des sens

Ça sent la quincaillerie, je trouve. À moins que ce ne soit le sous-bois en automne ? Les yeux clos, les narines dilatées, entièrement concentrée sur les odeurs, je hume, je hume, pour tenter de déterminer le contenu d’un petit pot qu’on m’a mis sous le nez. Il faut dire qu’il est 7 h 30 et que je viens de me taper 45 minutes de route, sans café — ça bousille l’odorat — et sans déjeuner, pour venir m’asseoir dans une salle beige d’un immeuble des autorités fédérales à Saint-Hyacinthe. Autour de la table : des spécialistes de l’évaluation sensorielle, des artisans fromagers, des dégustateurs professionnels. But de la rencontre : se faire plaisir. Ordre du jour : dégustation de fromages fins du Québec, précédée d’une séance d’exercices « d’échauffement olfactif ». Que j’ai échouée lamentablement. L’odeur de quincaillerie, finalement, c’étaient des noix de Grenoble rancies. Je n’avais aucune chance… Ça arrive tout le temps, paraît-il. Mis en présence d’une odeur, au restaurant ou au marché, le cerveau trépigne. Est-ce que ça sent la sauge ou le romarin ? Et ce potage, c’est du panais ou de la courge ? Le corps reconnaît la sensation, mais le cerveau n’arrive pas à mettre un nom dessus. Frustrant. « C’est une opération très difficile », admet Jacinthe Fortin, analyste de l’évaluation sensorielle au Centre de recherche et de développement sur les aliments, rattaché au ministère de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire du Canada. « Difficile, parce que la partie du cerveau qui reconnaît l’odeur n’a aucun lien direct avec celle qui traite le langage. » D’autant que la comptable ou le plombier du 21 e siècle travaille beaucoup moins avec son goût et son odorat que la cueilleuse du néolithique. Mais ça s’apprend. Et ça se développe. On peut suivre des cours — la SAQ en propose, pour la dégustation des vins et des alcools, par exemple. Ou s’entraîner ; il existe des trousses à cet effet, et on trouve dans Internet des protocoles de dégustation de fromages, de chocolat, de toutes sortes de choses, qui offrent quelques trucs pour mettre le produit en valeur et nous aider à acquérir le vocabulaire qui permet de partager ses impressions. Mais on peut fort bien en faire un jeu auquel s’adonner en famille ou entre amis, à la maison et à la bonne franquette. La meilleure méthode consiste à acheter cinq ou six produits différents, cinq chocolats ou cinq fromages de chèvre, par exemple. Et à les goûter les uns après les autres, en comparer la texture et le goût. Le cerveau remarque davantage s’il peut comparer. « Il y a deux grandes méthodes », dit Christine Chénard, directrice de la recherche et du développement consommateur à Cintech agroalimentaire, un centre de recherche pour l’industrie alimentaire. On peut essayer de reconnaître directement le produit — de la coriandre, par exemple. Mais on peut aussi remonter le fil des souvenirs et des émotions réveillés par le goût ou l’odeur. « Ça vous rappelle votre grand-mère ? dit-elle. Pourquoi ? Ça sent le tiroir à bonbons qu’il y avait dans sa cuisine ? Ah, c’est de la menthe… » À force de s’entraîner, assure-t-elle, on pourra finir par faire la différence, à l’odorat seulement, entre un bleu et un cheddar, entre différents types de noix. « Vient un moment où le plaisir se multiplie, dit Jacinthe Fortin. Au plaisir gustatif proprement dit se greffe celui de l’analyse. Le plaisir de prêter attention, de chercher, de trouver. Le plaisir d’acquérir de l’expertise. » Le plaisir eudémonique de perfectionner son plaisir hédonique, quoi…

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Pénurie d’infirmières: les solutions d’une experte

Les 2 000 infirmières du CHUM font plus de 3 000 heures supplémentaires chaque semaine. L’an dernier, près de deux millions d’heures supplémentaires ont été effectuées dans une cinquantaine d’hôpitaux du Québec. Et ça ne suffit pas. Dans certains établissements, on en est réduit à pratiquer des césariennes préventives en soirée pour éviter que la seule équipe d’infirmières de nuit du bloc opératoire ne soit monopolisée par un accouchement au milieu de la nuit… Et alors qu’on se chamaillait encore sur l’emplacement exact du nouveau CHUM, le directeur du Service des soins intensifs du centre hospitalier savait déjà qu’il lui manquerait 270 infirmières. De mars 2007 à mars 2008, quelque 3 200 d’entre elles ont quitté la profession (seulement la moitié pour prendre leur retraite). C’est 600 de plus que l’année précédente. Quinze mille autres ont plus de 55 ans, et la relève se fait timide. Francine Girard, infirmière depuis 34 ans, refuse pourtant de crier au loup ou de baisser les bras. Après une carrière de plus 30 ans en Alberta — où elle a été tour à tour clinicienne, cadre, vice-présidente des services infirmiers de la Calgary Health Region —, elle est devenue en 2007 doyenne de la Faculté des sciences infirmières de l’Université de Montréal. À ce titre, elle a présidé cette année-là, à la demande du ministre de la Santé d’alors, Philippe Couillard, une table de concertation sur la main-d’œuvre en soins infirmiers. L’actualité l’a rencontrée à son bureau de l’Université de Montréal. *** La situation des infirmières semble critique partout au Québec. S’agit-il d’une situation exceptionnelle ? — On sait depuis longtemps qu’un problème majeur s’en vient. L’Ordre des infirmières le dit depuis des années : on perd des effectifs tous les ans et la relève est difficile à assurer. Parce que le métier est à la fois ardu et peu valorisé, l a pénurie existe dans tout le pays, aux États-Unis et même en Europe. Et elle entraîne des conséquences. Les gestionnaires font de leur mieux avec les ressources dont ils disposent. On en est venu à offrir des conditions de travail qui sont loin d’être acceptables. Le temps supplémentaire obligatoire, ça n’a aucun sens. L’infirmière sait que si elle s’en va, il n’y aura personne pour donner les soins. Ce sens moral-là est très fort. Mais on ne peut pas jouer indéfiniment sur le sens moral des personnes. C’est ce qui fait fuir les infirmières ? — C’est une des causes. Mais pas la seule. Au Canada, environ 30 % des étudiantes abandonnent leurs cours avant l’obtention de leur diplôme. Et une autre tranche de 20 % ou 25 % quittent la profession après deux ans de pratique. Il y a un fossé énorme entre ce qui est enseigné et ce qui se vit. L’université doit préparer les infirmières à la réalité tout en leur donnant une belle tête philosophique, scolaire et de caring [NDLR : ce qu’on appelle la prise en charge globale, qui fait la promotion de l’humanisme, de la santé et de la qualité de vie dans les soins ]. Mais quand elles arrivent dans leurs milieux de travail, il faut les encadrer, ne pas les abandonner dans un service où tout le monde court. Or, les infirmières ne sont pas toujour s disposées à appuyer les jeunes générations… Elles sont tellement débordées qu’elles ne voient ni la possibilité ni l’intérêt de le faire, et elles ne s’en sentent pas la responsabilité. C’est pourtant essentiel. Si chaque jeune infirmière avait un mentor, elle naviguerait toute seule en six mois. Ce qu’on ne fait pas en ce moment. Renverser une situation comme celle qui existe au Québec, est-ce faisable ? — Oui. Quand je suis arrivée à la direction des soins infirmiers de la région de Calgary, on avait entre 700 et 800 postes à pourvoir. Chaque été, il fallait fermer de 40 à 70 lits à cause du manque d’infirmières. Les deux derniers étés avant mon départ, qui a eu lieu cinq ans plus tard, on n’a pas eu à en fermer un seul. On a travaillé fort dans le domaine de la formation continue, de la qualité de l’environnement physique, de la relation avec les médecins, de l’encadrement des étudiantes. Il faut intervenir sur plusieurs fronts. Des recherches, aux États-Unis surtout, ont permis de repérer ce qu’on appelle des magnet hospitals, des hôpitaux capables d’attirer et de retenir leur personnel infirmier. Par des moyens multiples : de bonnes conditions de travail, bien sûr, mais aussi de l’équipement pour assister l’infirmière dans son travail — les lève-patients, par exemple ; l’environnement physique — de l’air et des locaux propres — et, surtout, le milieu humain. On a aussi démontré l’importance que revêt l’infirmière-chef du service. Si elle a de la crédibilité, si elle est juste, les infirmières resteront plus longtemps. Même chose pour la directrice des soins infirmiers. Si elle est visionnaire, si elle défend ses équipes, si elle est valorisée par les autres dirigeants, les infirmières restent attachées à l’hôpital. La solution est donc multiple… — Si une solution unique existait, on l’aurait trouvée il y a longtemps. Il faut revoir l’organisation des soins, surtout. Les conditions ont incroyablement changé. Les patients d’aujourd’hui arrivent avec plus d’un problème et plus d’une maladie. Mais o n utilise encore des modèles de soins mis en place dans les années 1970. Dans un service, l’infirmière, l’infirmière auxiliaire, l’inhalothérapeute, le pharmacien ont leurs tâches définies. On travaille en silo. Cela donne beaucoup de redondance et pas assez de communication entre les personnes. Tout le monde travaille fort, mais l’efficacité n’est pas la même que si l’équipe était bien coordonnée. Il faut se demander qui est la meilleure personne pour donner telle ou telle partie des soins au meilleur moment. Ça s’est fait ici et là, en îlots. Mais ça doit être fait de façon plus systématique. Il a été démontré que la réorganisation du travail ne résout pas tous les problèmes de pénurie, mais elle aplanit une grande partie des difficultés. On n’utilise pas les infirmières de la meilleure façon ? — On pourrait faire mieux. Si elle doit aller chercher les plateaux de repas des patients, courir au labo, laver le plancher des salles d’opération, l’infirmière n’a plus le temps de faire son boulot. Il faut repenser le travail d’équipe, se baser sur les connaissances de l’un et de l’autre. Dans le but commun d’améliorer les soins . Il faudrait regarder les horaires et l’organisation des postes. Les jeunes veulent travailler à temps plein, pour payer leurs dettes d’études et s’établir dans la profession. Or, ces postes ne leur sont pas toujours accessibles. Les plus expérimentées, de leur côté, voudraient ralentir. On devrait pouvoir leur offrir des postes de quatre jours, leur imposer moins de travail la fin de semaine. Cela permettrait de les retenir plus longtemps et d’assurer l’encadrement clinique dont on a tellement besoin. Même si le temps partiel complique drôlement la planification des horaires. Autre chose : pourquoi les établissements francophones ont-ils abandonné les rotations jour-soir ou jour-nuit, par exemple, au profit des postes de jour ou de soir ? Les hôpitaux anglophones, qui les ont conservées, souffrent moins de pénurie. La profession semble évoluer à toute vitesse… — De plus en plus, les soins seront donnés à l’externe, en services ambulatoires. Et les hôpitaux recevront les patients très malades. Peut-être aura-t-on besoin de moins d’infirmières, mais d’infirmières de grande qualité. Des expertes capables d’évaluer les situations, de s’assurer du leadership clinique, de la coordination et de la coopération de l’équipe. Et qui joueront un rôle encore plus important que maintenant. Ailleurs au Canada et aux États-Unis, le baccalauréat est obligatoire pour porter le titre d’infirmière. En Europe aussi, tout professionnel de la santé devra être titulaire d’un baccalauréat d’ici quelques années. Au Québec, le programme de techniques infirmières a parfaitement rempli son rôle pendant longtemps. Il est toujours offert par 42 cégeps. Or, nous sommes en train de démontrer que le Québec est au niveau de certains pays de l’Afrique francophone dans le domaine de la formation ! Si on demande un bac à tout le monde, ne va-t-on pas amplifier la pénurie ? — Il y a moyen d’aménager des transitions organisées. Certaines techniciennes ont beaucoup d’expérience et sont excellentes. Je ne dis pas qu’elles doivent toutes retourner à l’école demain. Mais si on veut soutenir la concurrence avec d’autres pays et d’autres provinces, il va falloir se mettre à niveau. Dans le passé, des programmes d’intégration entre cégeps et universités ont permis à 30 % des techniciennes de décrocher leur bac. Il faut poursuivre dans cette voie. Il y a moyen d’améliorer la formation sans tout remettre en question. L’Université de Montréal a élaboré un bac offrant l’alternance travail-études, en collaboration avec certains établissements, dont le CHUM et Sainte-Justine. On paie l’infirmière à temps complet pendant qu’elle suit un programme travail-études. On a aussi créé un programme qui divise le bac en modules. L’infirmière fait un module à la fois, à temps partiel. Et elle obtient une reconnaissance salariale après en avoir réussi quelques-uns. On a aussi mis au point de mini-programmes de gestion. A ctuellement, l’infirmière qui se perfectionne n’a pas grand-chose en retour. C ‘est un peu décourageant. Le ministre Bolduc vient d’accepter de reconnaître la spécialisation en contrôle et prévention des infections. Mais il va falloir en faire plus. La profession a changé, mais ne jouit toujours pas de la reconnaissance qu’elle mérite… — C’est devenu une profession très scientifique. Certaines sont titulaires d’une maîtrise et d’un doctorat en sciences infirmières, en gestion de la santé. Or, on les sous-utilise. Dans les hôpitaux québécois, les directrices des soins infirmiers non seulement ne prennent pas de grandes décisions, mais elles ne sont pas souvent consultées par les gens qui les prennent. Les infirmières sont considérées comme du personnel de soutien aux soins médicaux, alors que ce sont elles qui donnent les soins. Ce sont elles qui, dans 90 % des cas, sont au chevet du patient et prennent les décisions premières. Dans tous les établissements, les infirmières forment le tiers du personnel clinique. Elles sont généralement en première ligne et ce sont elles qui tiennent le système de santé à bout de bras. Ne seraient-elles pas les mieux outillées pour gérer les soins infirmiers des grands hôpitaux ?

Place au bois… certifié! Santé et Science

Place au bois… certifié!

Ce matin-là, sur le chantier, les ouvriers s’affairent à poser les poutrelles de bois qui serviront de structure pour le plancher du rez-de-chaussée. Du bois certifié FSC, bien entendu.