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Le lait, Darwin et moi…

Pour tous les jeunes mammifères, quelle que soit l’espèce, l’allaitement est extrêmement avantageux : il permet au jeune de grandir et de prendre des forces sans aucune dépense d’énergie. L’allaitement demande, en revanche, énormément d’énergie pour la mère qui, elle, a besoin de sevrer son petit pour se préparer à une prochaine grossesse. Elle commence donc à résister à l’allaitement aussitôt que le jeune est assez fort pour survivre. Par des coups de pattes et des morsures par exemple. Et la programmation génétique vient l’aider : à un certain âge, des gènes de contrôle viennent « éteindre » chez son petit la production de lactase, nécessaire pour digérer le lactose. Le lait devient alors désagréable pour le jeune. Il s’en va. L’intolérance est donc une adaptation. L’homme est un mammifère, soumis au même mécanisme. Mais un mammifère qui a eu, un jour, la bonne idée d’inventer l’élevage. Et qui s’est rendu compte qu’il était possible de nourrir ses petits avec le lait de chèvre, de brebis ou de vache. Un grand avantage… Mais certains petits humains ne devenaient jamais intolérants au lactose. Leur gène de contrôle ne fonctionnait pas. «Dans les sociétés humaines qui pratiquaient l’élevage, ce ‘défaut de fabrication’ s’est transformé en un immense avantage, surtout en période de rareté alimentaire», dit Cyrille Barette, professeur de biologie à l’Université Laval. Les individus qui toléraient le lactose avaient ainsi plus de chances de survie. Cette caractéristique s’est donc répandue dans la population humaine, surtout en Occident. L’animal humain continue, lui aussi, à évoluer.

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L’homme émancipé ?

« La preuve de cet affranchissement relatif de la nature, c’est la capacité humaine de faire des choses « inutiles », comme la musique ou la gastronomie. Ce qui ne signifie pas qu’il soit supérieur », précise Cyrille Barrette, professeur de biologie à l’Université Laval depuis plus de 30 ans et auteur de l’ouvrage Le miroir du monde (MultiMondes, 2000). « L’homme n’est pas une truite améliorée, dit-il. Les Néandertaliens ne jouaient pas de clavecin. Ils ont tout de même vécu 200 000 ans et étaient drôlement bien adaptés à leur environnement. » Les espèces soumises à la sélection naturelle suivent le destin tracé par la programmation génétique héritée de leurs ancêtres qui ont survécu dans le passé. Elles sont ainsi en équilibre avec la nature. Cela signifie une mortalité infantile très élevée, une espérance de vie plus courte, et des épidémies qui peuvent éliminer toute une population. En comparaison, le futur de l’homme est fondé en très grande partie sur ses décisions. Par exemple, comment le génie génétique sera utilisé dans le futur ? Comment cela modifiera la destinée de l’humanité ? Jean-Paul Sartre n’a-t-il pas dit: « L’homme est condamné à inventer l’homme » ? Le pool génétique humain est aussi plus diversifié parce que la science et la technologie permettent à des individus qui se seraient peut-être éliminés de survivre. Dans le monde animal, s’il y a un refroidissement climatique, les bêtes au pelage moins dense mourront. Chez les humains, si le climat se refroidit, on invente le Kanuk, pour le meilleur et pour le pire. La nature de l’homme est d’avoir une double nature. Des êtres supérieurs ? Non. Mais certainement des êtres différents.

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Votre poisson intérieur

Un vrai poisson. Mais avec des poignets, des doigts et des narines… Le Tiktaalik (c’est le nom de la bestiole) a vécu sur la terre il y a 375 millions d’années. Une équipe de paléontologues américains ont découvert son fossile sur l’île d’Ellesmere, dans le Grand Nord canadien (au milieu de nulle part, quoi) en 2004. « Les découvertes faites depuis plus de 100 ans par les biologistes suggéraient que l’ancêtre de tous les animaux terrestres avait dû sortir de l’eau il y a environ 375 millions d’années », raconte Neil Shubin, biologiste évolutionnaire à l’Université de Chicago et co-découvreur du Tiktaalik. Les fossiles plus anciens sont des poissons. Et des fossiles plus jeunes, qui datent de 360 millions d’années, montrent les premiers animaux capables de marcher sur leurs nageoires devenues des pattes. Entre les deux, il devait y avoir un poisson qui cachait dans ses nageoires un squelette de pattes. L’équipe de Neil Shubin a cherché ce chaînon manquant dans des sédiments datant de la bonne époque. Et l’a trouvé. Le Tiktaalik (« gros poisson d’eau douce » en inuktitut) est l’ancêtre commun de tous les amphibiens, reptiles, dinosaures et mammifères, dont l’homme. «Le Tiktaalik est notre ancêtre à tous», écrit Neil Shubin dans son essai The Great Transition. « Il est à l’origine de mes poignets et de mes doigts. Grâce à lui, j’ai compris que mon corps est le résultat d’une histoire de la vie commencée il y a 3,5 milliards d’années. » La découverte du Tiktaalik n’est qu’un exemple de toutes ces découvertes qui, chaque année, viennent confirmer la théorie de l’évolution par la sélection naturelle. Neil Shubin vient de publier Your Inner Fish : A Journey into the 3.5-Billion-Year History of the Human Body (Pantheon, 2008). Cliquez ici pour lire la préface (en anglais seulement).

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Ils ont eu peur de Darwin

Pas fou, le bonhomme Darwin. Il a attendu plus de 20 ans avant de publier son Origine des espèces par voie de sélection naturelle. Parce que, croit-on, il voyait venir la controverse que sa théorie susciterait. Il savait que l’espèce humaine, qui se croyait installée par Dieu sur un piédestal d’où elle régnait sur toute la nature, n’accepterait pas facilement de devenir un animal comme les autres. Mais c’était il y a 150 ans. Et le chercheur britannique serait peut-être découragé de voir que, même au 21e siècle, sa théorie est encore si « dangereuse » que pas une banque, une société pharmaceutique ou une entreprise de haute technologie n’a accepté de s’y associer publiquement à l’occasion d’une exposition unique… On est pourtant dans le travail scientifique sérieux. Cette initiative est née il y a cinq ans, lorsque quatre établissements ont répondu à l’invitation de l’American Museum of National History de New York — et de son conservateur Niles Eldredge —, qui rêvait de monter une exposition sur Darwin. La conception a nécessité deux ans de travail et l’exposition a été inaugurée en 2005, à New York. Elle a ensuite été présentée au Museum of Science de Boston et au Field Museum de Chicago avant d’arriver au Musée royal de l’Ontario, à Toronto, où elle restera à l’affiche jusqu’en août. Son étape finale : le National History Museum de Londres, où elle coïncidera avec le 200e anniversaire de la naissance de Darwin, en février 2009. « Ça n’arriverait jamais ici », s’était dit William Thorsell, directeur du prestigieux Musée royal de l’Ontario, quand ses partenaires américains se sont fait claquer la porte au nez par les commanditaires potentiels. Il se trompait. Au Canada, comme en Grande-Bretagne et aux États-Unis, Darwin est resté orphelin. « Too hot to handle » [ce sujet est trop épineux], résume William Thorsell, médusé par la tournure des événements. « Certains de nos bons amis de l’entreprise privée m’ont téléphoné pour dire qu’ils donneraient une raison officielle à leur refus. Mais la vraie raison est que Darwin est trop controversé… » Aucun des musées n’a reculé, heureusement pour le public. Et la version torontoise de l’exposition, intitulée Darwin : La révolution de l’évolution, vaut la visite. Au menu : des animaux vivants, des spécimens d’insectes et de fossiles recueillis par Darwin lui-même ainsi qu’un emplacement « découverte » pour les enfants. Il y a également des carnets de notes du chercheur, des films et des tableaux explicatifs. Bref, tout ce qu’il faut pour suivre le scientifique dans ses voyages et dans l’évolution de sa pensée. Dans sa vie quotidienne, aussi. L’exposition présente une reconstitution de son bureau-labo et un film qui permet au visiteur de découvrir Sandwalk, le sentier privé où Darwin a marché tous les jours pendant des années, à Downe, en banlieue de Londres. L’entomologiste Chris Darling, professeur à l’Université de Toronto et conservateur au Musée royal de l’Ontario, a fait partie de l’équipe de concepteurs engagés dans cette aventure. L’actualité l’a rencontré au Musée au début de mars, quelques jours avant l’inauguration de l’exposition. *** Quel objectif principal les concepteurs se sont-ils donné ? — Présenter l’homme, sa pensée, son temps. C’était un grand esprit, et nous voulions raconter qui il était, comment il a vécu, ce qu’on croyait à son époque et ce qu’il a changé dans notre vision du monde. C’était aussi une personne intéressante et il a laissé des tonnes de livres et d’articles ainsi que 14 000 lettres. Il a correspondu pendant des décennies avec plus de 2 000 personnes ! Et il a tout gardé. Cela permet de suivre sa vie et sa pensée à la trace, de voir comment sa théorie a évolué, quand et pourquoi il a changé d’idée. L’exposition est un grand travail d’équipe… — Peu d’établissements ont les moyens de réunir les ressources humaines — experts et designers — nécessaires à la création de telles expositions. Et il est à la fois plus facile et plus intéressant de les concevoir pour qu’elles puissent voyager. D’où l’idée de la coproduction, qui permet le choc des idées qui crée la lumière. Et qui signifie aussi des déménagements délicats. Sans compter que les spécimens et les artefacts qui ont appartenu à Darwin doivent retourner à Londres entre chaque étape. Les conservateurs qui gèrent Down House, où Darwin a vécu la plus grande partie de sa vie, l’ont exigé. Ils viennent en personne emballer les artefacts pour les expédier à Londres, où ils sont examinés soigneusement avant d’être réexpédiés vers le lieu d’exposition suivant. Gare au partenaire qui abîmerait une coccinelle épinglée par le grand maître… Il y a aussi des défis intellectuels ? — Le plus grand défi est celui de la précision et de l’exactitude historique et scientifique. Car il existe une véritable industrie Darwin : des dizaines de chercheurs qui étudient l’homme et son œuvre sous toutes ses coutures. Ces spécialistes, bien sûr, regardaient par-dessus notre épaule, surveillant tout ce qu’on faisait. Et comme ils ne s’entendent pas toujours entre eux… Dans ce sens aussi, la collaboration entre plusieurs établissements était une bonne chose, car elle réduisait les risques de dogmatisme. Parce que, aux nombreuses questions qu’on pose sur Darwin, il y a plusieurs réponses possibles. Par exemple ? — Vers 1846, alors qu’il avait probablement terminé d’élaborer sa théorie de la sélection naturelle, Darwin a mis de côté la rédaction de son Origine des espèces pour passer huit ans à étudier la bernacle, une sorte de crustacé marin. Pourquoi ? Certains disent qu’il était malade et qu’il se consacrait à quelque chose de plus facile que son ouvrage. D’autres croient qu’il voulait établir sa crédibilité de chercheur : à son époque, c’est par l’étude méticuleuse d’une espèce animale qu’on y arrivait. D’autres encore sont convaincus qu’il a pris peur en voyant l’accueil réservé à un autre ouvrage [Vestiges of the Natural History of Creation, publié anonymement par Robert Chambers en 1844] qui traitait aussi d’évolution et qui avait été démoli par la communauté scientifique. Quand il s’agit d’interpréter, la prudence s’impose.

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Darwin 101

LA THÉORIE L’orchidée, la drosophile, le saumon, le brontosaure, le colibri, et votre cousin François… Toutes les espèces ont les mêmes ancêtres : les premières cellules vivantes apparues sur Terre, il y a 3,8 milliards d’années. C’est à partir de celles-ci que la vie s’est développée, grâce à la sélection naturelle, mécanisme par lequel les individus les mieux équipés pour faire face aux conditions de leur environnement survivent mieux, et ont donc plus de chances de se reproduire et de léguer ainsi leurs caractéristiques à leur descendance. Pour qu’il s’enclenche, ce processus a besoin de quelques ingrédients. La variation Les individus d’une espèce ne sont pas tous identiques. L’un a les yeux bleus. L’autre, une allergie. Ces différences sont dues soit à des erreurs dans la copie du génome d’un organisme à un autre, soit au brassage de gènes lorsque deux individus sexués donnent naissance à un rejeton. Ces mutations se produisent par hasard (le gène de la fourrure dense n’apparaît pas parce qu’il fait plus froid…) et la majorité sont sans conséquence. Mais il arrive qu’une mutation rende l’individu plus fragile ou lui donne un avantage, comme une plus grande capacité respiratoire. La reproduction différenciée Un environnement donné — une île, par exemple — ne peut accueillir qu’un nombre limité d’individus d’une espèce — disons des chevreuils. S’ensuit une compétition pour les ressources vitales : de toute la population de chevreuils nés une année, une partie seulement vivra assez longtemps pour se reproduire à son tour. Certains individus réussiront grâce à un avantage engendré par une mutation génétique. L’hérédité Cet avantage, ils le légueront à leur progéniture. Comme ils seront plus nombreux à se reproduire, l’avantage se propagera dans la population. Au bout de 1 000 générations, la mutation sera devenue la norme chez les chevreuils de l’île. Le temps La nature a eu besoin de trois milliards d’années pour créer les premiers organismes multicellulaires. Mais des changements peuvent se produire en quelques générations seulement. Des changements d’environnement Les glaciations, les sécheresses, la disparition d’écosystèmes, l’isolement d’une population créent de nouvelles conditions de vie qui favorisent des caractéristiques différentes et contribuent à modifier les espèces, à en créer de nouvelles. Un animal adapté à un environnement glaciaire (l’ours polaire) aura moins de chances de survivre à un fort réchauffement climatique qui le priverait de son terrain de chasse sur la banquise. LES PREUVES Elles s’accumulent par milliers depuis 150 ans. Morphologie Mon bras, la patte de la vache, la nageoire de la baleine et l’aile de la chauve-souris ont des squelettes très semblables. La preuve que tous ont évolué à partir d’ancêtres communs. Génétique Le code génétique est le même pour tous les êtres vivants. Chez la majorité des animaux, une série de gènes orchestre l’organisation des cellules qui formeront l’embryon. Or, cette séquence est presque la même pour les insectes et pour les vertébrés. Histoire Les fossiles permettent de « voir » des espèces disparues depuis des millions d’années. En les étudiant, on peut retracer la modification des espèces au fil du temps. VRAI Les plus aptes survivent Au 19e siècle, à Manchester, en Angleterre, une population de phalènes du bouleau a changé de couleur en quelques décennies. Au départ, la majorité de ces papillons nocturnes étaient pâles. Ils passaient donc inaperçus sur les bouleaux clairs où ils se posaient le jour, échappant ainsi à leurs prédateurs. Mais la pollution a noirci les arbres. Ce sont alors les papillons sombres, les quelques moutons noirs du lot, qui y ont trouvé un couvert. Ils ont donc gagné en nombre. Mais depuis 1960, la pollution diminue. Les papillons sombres se font de nouveau plus rares et les pâles, plus nombreux ! Ainsi, les individus les mieux adaptés aux circonstances ont plus de chances de survivre et de se reproduire. Le mieux adapté ne veut pas nécessairement dire le plus fort ou le plus grand. FAUX L’homme « descend » du singe L’homme ne descend pas du singe. Il est un singe. Avec le chimpanzé, notre plus proche cousin, nous partageons un ancêtre, ni humain ni chimpanzé, qui vivait il y a six millions d’années. Le gorille est un cousin plus éloigné : notre ancêtre commun vivait il y a 10 millions d’années. Les espèces les plus récentes sont les plus évoluées Jusqu’au 19e siècle, la science essayait d’organiser les espèces vivantes sur le modèle d’une échelle. Les plantes en bas, puis les différentes espèces animales dans un certain ordre jusqu’à l’homme, tout en haut. On sait aujourd’hui que cette vision est fausse : la vie ne s’est pas améliorée, mais diversifiée. Et l’intelligence n’est, pour la nature, qu’une stratégie de survie parmi d’autres. L’homme n’est pas plus évolué, par exemple, que la pieuvre commune, capable de prouesses de camouflage à faire rougir David Copperfield (cliquez ici pour voir sa métamorphose). Il a simplement pris une trajectoire évolutive différente. Et il n’est pas certain, d’ailleurs, que l’espèce humaine survive plus longtemps que les pieuvres… C’EST PROUVÉ ! Même si elle se perfectionne constamment (elle évolue !), la théorie de l’évolution n’est plus une hypothèse depuis longtemps. Dans le langage courant, une théorie est une hypothèse, ou supposition, qu’il reste à prouver. En science, le mot a une définition différente. On appelle théorie scientifique une idée confirmée par des observations ou des expériences. On parle ainsi de la théorie héliocentrique, selon laquelle la Terre tourne autour du Soleil. La théorie de l’évolution est la conception générale qui permet de comprendre et d’organiser toute l’information qu’on possède sur la vie et son développement. PAS DE CONTROVERSE Voilà près de 150 ans que des chrétiens tentent de discréditer la théorie de l’évolution et, parfois, d’interdire son enseignement. Selon eux, la Bible raconte la création du monde telle qu’elle a eu lieu. Ils croient qu’il y a 10 000 ans Dieu a créé la Terre avec toutes les espèces végétales et animales comme elles existent aujourd’hui, puis qu’Il a façonné l’homme à son image pour régner sur sa création. Même déboutés par les tribunaux et contredits par de nombreux hommes d’Église, ils mènent leur combat au moyen, notamment, de musées de la création (plus de 25 aux États-Unis). Celui de l’Alberta présente une réplique de l’arche de Noé ainsi que des fossiles « prouvant » que l’homme a cohabité avec les dinosaures… Le créationnisme ou le dessein intelligent suscitaient l’appui de 54 % des Américains en 2005 (sondage Harris) et commencent à faire des gains en Europe. Au grand désespoir des scientifiques, pour qui il n’y a pas de controverse. « Il y a un nom savant pour désigner une hypothèse soutenue par des milliers de preuves, dit le biologiste Graham Bell. Cela s’appelle un fait ! »

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Singer Darwin

Jusqu’à la fin de sa vie, Darwin a continué à répondre aux opposants à sa théorie. Plusieurs caricatures le représentant avec un corps de singe et la grande barbe qu’il se laisse pousser à partir de 1866 ont été publiées dans divers journaux et magazines de l’époque. Voici la plus célèbre, parue dans le magazine Hornet en 1871.

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Exercice mental

Pour une population vieillissante, parmi laquelle certains se demandent de plus en plus souvent « où ai-je mis mes clefs ? » ou « quel est son nom, déjà ? », une nouvelle industrie antiâge est en pleine explosion : celle de la mise en forme du cerveau. Des jeux vidéo d’entraînement, comme Brain Age, de Nintendo — 10 millions d’exemplaires vendus en deux ans ! —, ou des programmes d’exercices virtuels, comme Mindfit ou My Brain Trainer, promettent d’aiguiser les capacités cognitives, de tenir éloignées certaines maladies mentales et même de rajeunir le cerveau. Ils proposent des séries d’exercices quotidiens, qui rappellent les tortures de l’école primaire : calcul mental, lecture à voix haute, mémorisation, énigmes, etc. Aux États-Unis seulement, cette industrie a atteint 80 millions de dollars en 2007, alors qu’en 2003 elle était quasi inexistante. Il est connu que les personnes stimulées intellectuellement tout au long de l’âge adulte préservent mieux leurs capacités cérébrales et courent moins de risques de souffrir plus tard de démence. Mais de petits exercices réguliers peuvent-ils améliorer les facultés cognitives en général et prévenir les maladies mentales ? Les résultats des recherches scientifiques ne concordent pas, et lorsqu’il y a des améliorations, celles-ci sont modérées. S’il est évident que de tels exercices ne peuvent nuire, selon les spécialistes, s’investir dans un programme d’exercice mental est encore un acte de foi… Il existe une autre solution dont les effets sur le cerveau sont beaucoup plus spectaculaires que ceux de tous les logiciels, mais elle demande aux personnes qui l’adoptent de s’extraire de leur canapé. L’exercice physique entretient les facultés cognitives et prévient la démence ; les études sur le sujet ne manquent pas et sont unanimes. Par conséquent, si vous vous inquiétez de la santé de votre cerveau, gardez plutôt votre argent pour un abonnement au club de gym et pour vous offrir une bonne alimentation. Insolite Les fumeurs connaissent bien les effets néfastes du tabac sur la santé et, pourtant, ils persistent à en griller toujours une de plus. C’est ce constat qui a incité les chercheurs de l’Université Baylor, au Texas, à imaginer une expérience visant à étudier le jugement des fumeurs. Dans leur laboratoire, des fumeurs réguliers et des non-fumeurs ont participé à un jeu de simulation où ils devaient investir de l’argent en Bourse. Après chaque tour, les sujets recevaient des commentaires sur leurs bons et leurs mauvais coups. Selon les résultats parus dans la revue Nature Neuroscience, la majorité des non-fumeurs ont profité de ces trucs pour mieux investir. La plupart des fumeurs ont, pour leur part, ignoré les conseils et persisté à prendre le même type de décision tour après tour. Quoi de neuf au Québec ? Après les bleuets, le thé vert et le chocolat, c’est au tour du sirop et de l’eau d’érable de révéler leur pouvoir antioxydant et anti-inflammatoire. Selon des études publiées récemment par des chercheurs de l’Université du Québec à Chicoutimi et de l’Université du Québec à Montréal, une portion de 60 ml de sirop d’érable a une capacité antioxydante comparable à celle d’une portion de brocoli ou de banane. Une raison de plus de privilégier les produits de l’érable au sucre et à la cassonade ! Ailleurs dans le monde Par un jugement qui a stupéfié les scientifiques, le gouvernement américain vient de ranimer un débat depuis longtemps enterré. Il a offert une compensation à un couple qui affirme que sa fille aurait souffert d’autisme après avoir reçu le vaccin contre la rougeole, les oreillons et la rubéole. C’est un triomphe pour les milliers de parents qui persistent à croire que ce vaccin peut causer l’autisme, malgré le consensus des experts et les analyses résultant de décennies de recherche. La nouvelle se répand sur la Toile et dans des communiqués de presse sensationnalistes. Après sa vaccination, la fillette de neuf ans aurait éprouvé des problèmes de communication semblables à ceux que l’on observe dans des cas d’autisme. Le lien demeure encore à établir.

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La santé, ça se cultive Santé et Science

La santé, ça se cultive

Nos carottes contiennent 50 % plus de bêta-carotène que celles de nos grands-parents. Parce qu’il y a 20 ans, des biochimistes et des biologistes sont parvenus à hybrider différentes variétés de carottes pour obtenir de meilleurs légumes. En collaborant avec les scientifiques, les agriculteurs pourraient donc améliorer l’alimentation et la santé de l’ensemble de la population.

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Santé: bonjour le privé !

Avec sa douleur chronique à la hanche et son horaire de PDG, Don Downing, de Vancouver, n’avait ni l’envie ni le temps d’attendre qu’une place se libère dans le système public de santé. Mais il ne voulait pas non plus se faire opérer aux États-Unis, même si les hôpitaux privés y pullulent. Après quelques recherches dans Internet, il a finalement acheté un billet d’avion et mis le cap sur… Montréal, où il a reçu une toute nouvelle hanche au début de décembre. « Ma femme et moi en avons profité pour louer un appartement à Montréal, dit l’homme de 59 ans. On a visité le Musée des beaux-arts, l’oratoire Saint-Joseph, le Vieux-Montréal dans le temps des Fêtes. C’était très agréable. » Cet homme d’affaires actif dans le domaine du pétrole est l’un des quelque 75 clients de l’extérieur du Québec opérés l’an dernier à la clinique orthopédique privée du Dr Nicolas Duval, à Laval. Ils sont loin d’être les uniques touristes médicaux à avoir choisi le Québec. À lui seul, le consultant Rick Baker, président de Timely Medical Alternatives, à Vancouver, oriente chaque année des centaines de clients venant d’un bout à l’autre du pays vers les dizaines de cliniques privées de toutes sortes qui ont éclos au Québec ces dernières années. « Beaucoup de mes clients sont ontariens, dit Rick Baker. Quand ils franchissent la rivière des Outaouais et mettent les pieds au Québec, ils font plus que changer de province : ils passent de la nuit noire de la médecine socialisée au jour éclatant de la médecine privée à la québécoise. » Pour cet adversaire acharné du système public de santé comme pour ses plus farouches défenseurs, le terreau le plus fertile à la médecine privée au pays n’est pas en Alberta et encore moins en Ontario. Contrairement aux idées reçues, il est au Québec. Dans nulle autre province on ne trouve une telle concentration de cliniques privées de radiologie (une quarantaine), où les patients peuvent payer pour des services normalement couverts par le régime public. Nulle part il n’y a autant d’ophtalmologistes désireux de vous débarrasser rapidement de votre cataracte — en échange de 1 500 à 3000 dollars. Et nulle part ailleurs on ne dénombre autant de médecins ne participant pas au régime public — le Québec en compte 151, soit 20 fois plus que toutes les autres provinces réunies. Ce foisonnement est particulièrement visible à Montréal. Zoltan Nagy, directeur de l’Association des cliniques médicales indépendantes du Canada, qualifie la métropole de « capitale canadienne des soins de santé privés au pays ». Les Montréalais ont l’embarras du choix s’ils désirent payer de leur poche pour se faire vacciner à la maison ou obtenir des analyses sanguines directement sur leur lieu de travail. Les patients qui ont le désir et les moyens de contourner les listes d’attente dans les hôpitaux ont le choix entre six cliniques de chirurgie, où ils peuvent subir de multiples interventions, allant d’une simple réparation de ligament à la pose d’une toute nouvelle hanche artificielle. Dernière tendance en vogue dans ce domaine en ébullition, Montréal accueille aussi un nombre grandissant de cliniques de médecine familiale privées, où se réfugient les citadins lassés des longs délais d’attente dans le public. En matière de santé, le contraste entre le Québec et l’Ontario ne saurait être plus frappant. Dès le début de son mandat, en 2003, le ministre ontarien de la Santé, le libéral George Smitherman, a adopté une loi extrêmement sévère — la Loi sur l’engagement d’assurer l’avenir de l’assurance-santé —, qui interdit aux médecins de se désaffilier du régime public et impose de lourdes peines aux contrevenants. Un Ontarien surpris à payer pour un service assuré par le régime public est passible d’une amende de 10 000 dollars. Le simple fait d’être au courant d’une pratique illégale sans la dénoncer illico peut entraîner une amende allant jusqu’à 1 000 dollars ! « On a claqué la porte au nez du système à deux vitesses », se réjouit Laurel Ostfield, porte-parole du ministre. Dans les provinces de l’Atlantique et des Prairies, les pouvoirs publics résistent aussi avec vigueur aux pressions exercées par le privé. Impossible d’y dénicher un seul médecin de famille exerçant hors du système public. L’Alberta, gouvernée par les conservateurs sans interruption depuis les années 1970 et réputée pour son ouverture aux entrepreneurs de tous les types, reste, malgré les préjugés à son égard, un modèle aux yeux des défenseurs du système public universel. Les Albertains plus fortunés qui désirent contourner le régime public n’ont d’autre choix que de se tourner vers le tourisme médical — ils se dirigent généralement vers les États-Unis, le Québec ou la Colombie-Britannique, seule autre province où fleurit une industrie médicale privée digne de ce nom. La côte ouest canadienne abrite notamment 14 cliniques privées de chirurgie, dont une, à Vancouver, est dotée de six salles d’opération. Vu du reste du Canada, le Québec demeure toutefois le leader incontesté des soins privés au pays. « Le Québec a la réputation d’être beaucoup plus innovateur en cette matière, c’est un modèle pour le reste du pays », dit Jim Viccars, agent d’assurances de Calgary qui offre à ses clients de se protéger contre les temps d’attente dans le réseau public, une première au Canada. « Nous suivons très attentivement » ce qui se déroule au Québec, dit Zoltan Nagy, de l’Association des cliniques médicales indépendantes du Canada, dont le siège social se situe à Vancouver. Selon lui, le Québec jouirait d’une plus grande marge de manœuvre pour « expérimenter de nouvelles façons de financer et d’offrir des soins de santé ». « Le fédéral veut éviter les affrontements avec le Québec et fait preuve de plus de souplesse à l’égard des initiatives qui en émanent », dit-il. Zoltan Nagy souligne aussi la « contribution exceptionnelle » du Québécois Jacques Chaoulli à la cause du privé. Ce médecin de famille est considéré comme un héros par une partie de la communauté médicale depuis son long combat en faveur du droit de contracter une assurance médicale privée. En juin 2005, la Cour suprême du pays lui a donné raison en invalidant les dispositions de deux lois qui interdisaient aux patients de contracter une assurance pour des services couverts par le régime public. « La preuve démontre que les délais du système public sont répandus et que, dans des cas graves, des patients meurent en raison de listes d’attente pour la prestation de soins de santé publics », écrit la Cour dans un jugement partagé (quatre juges contre trois). Dans ce contexte, concluent les juges majoritaires, l’interdiction de se procurer des assurances maladie privées « porte atteinte aux droits à la vie, à la liberté et à la sécurité de la personne protégés par la Charte canadienne ». Même s’il ne s’applique qu’au Québec, ce jugement a eu l’effet d’un électrochoc partout au Canada. Les gouvernements provinciaux ont tous compris qu’ils pourraient eux aussi être engagés dans des procès semblables s’ils ne s’attaquaient pas rapidement aux listes d’attente. « Le jugement Chaoulli marque un tournant », dit le Dr Robert Ouellet, radiologiste et président désigné de l’Association médicale canadienne (AMC), le plus important regroupement de médecins du pays. « Le système de santé a longtemps été vu comme une religion. Il était impossible de parler du privé sans être ostracisé. Chaoulli a brisé un tabou. » Tout en continuant d’appuyer l’existence d’un système de santé universel au pays, l’AMC ne se gêne plus, depuis quelques années, pour s’afficher publiquement en faveur d’une plus grande ouverture au privé. Son président actuel, le chirurgien orthopédiste Brian Day, s’est retiré du système public il y a plusieurs années et a ouvert le seul véritable hôpital privé au Canada, le Cambie Surgery Centre, à Vancouver. Robert Ouellet, qui lui succédera officiellement au prochain congrès annuel de l’AMC, l’été prochain à Montréal, partage la même vision. Il a également joué un rôle important dans la privatisation des services de radiologie au Québec. La loi 33, adoptée en décembre 2006 par le gouvernement québécois pour se conformer au jugement de la Cour suprême, a aussi contribué à donner une légitimité accrue aux partisans du privé. Cette loi controversée autorise le recours à l’assurance privée pour trois types d’interventions (hanche, genou et cataracte), qui devront obligatoirement avoir lieu dans des cliniques médicales spécialisées (CMS), où n’exercent que des médecins ne participant pas au régime public. Le chirurgien orthopédiste Nicolas Duval, dont la clinique ne dispose pour le moment que d’une licence municipale de centre de convalescence, devrait obtenir son permis de CMS d’ici juin. « Ça change tout pour moi. Avant, j’étais dans une zone grise — ni dans la légalité ni dans l’illégalité. » Quand il a quitté le réseau public, il y a sept ans, beaucoup de gens l’ont traité de « bandit », de « vendu au privé », dit-il. « L’attitude a changé complètement depuis l’arrêt Chaoulli et la loi 33. Le ton est beaucoup plus conciliant. » Ceux qui désirent conserver l’intégrité du régime public actuel s’inquiètent précisément de cette attitude conciliante. Selon Marie-Claude Prémont, professeure à l’École nationale d’administration publique et spécialiste de la santé, la loi 33 ouvre une véritable boîte de Pandore. « Les CMS vont créer des marchés exclusifs pour les médecins non participants, dénonce-t-elle. Le gouvernement Charest va plus loin que ce que demandait la Cour suprême et contribue à assurer la légitimité et la rentabilité du réseau privé à but lucratif qui émerge présentement. » La commission Castonguay, mandatée par Québec pour réfléchir à l’avenir du financement des soins de santé, propose d’aller encore plus loin et d’élargir immédiatement l’assurance privée à d’autres interventions déjà couvertes par le régime public. Elle recommande aussi de « décloisonner » la pratique médicale en permettant aux médecins de travailler dans le privé après avoir effectué un nombre minimal d’heures de service dans le public. Le ministre de la Santé, Philippe Couillard, s’est montré ouvert à cette idée, même s’il ne la juge pas applicable pour le moment en raison de la pénurie de médecins. Si le Québec devait officiellement choisir la voie de la mixité, c’est le cœur même de la Loi canadienne sur la santé qui serait touché, estime Colleen Flood, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur le droit et les politiques relatifs à la santé. « Un système mixte peut fonctionner si tous les médecins travaillent beaucoup plus qu’avant. Mais rien ne nous laisse croire que c’est ce qui se produirait. On n’aurait donc plus qu’à espérer que les médecins établissent un ordre de priorité entre leurs patients selon la gravité des cas et non selon l’épaisseur du portefeuille… » Cette professeure de l’Université de Toronto suit avec intérêt ce qui se passe au Québec. « Les discussions y sont beaucoup plus sereines qu’en Ontario, dit-elle. Ici, le débat soulève les passions. Le système de santé universel reste au cœur de l’identité des gens. C’est un terrain miné. » D’après elle, la vraie bataille risque de se jouer devant les tribunaux. Déjà, deux poursuites judiciaires — une en Alberta, l’autre en Ontario — invoquent le précédent créé par l’arrêt Chaoulli pour tenter de casser le monopole du système public. Surnommées « Ontario Chaoulli » et « Alberta Chaoulli », ces deux affaires reçoivent notamment le soutien financier de la Canadian Constitution Foundation, institut de Calgary dont la mission consiste à « protéger les droits constitutionnels des Canadiens ». « La saga ne fait que commencer », dit Colleen Flood.

Santé et Science

Santé: bonjour le privé !

Avec sa douleur chronique à la hanche et son horaire de PDG, Don Downing, de Vancouver, n’avait ni l’envie ni le temps d’attendre qu’une place se libère dans le système public de santé. Mais il ne voulait pas non plus se faire opérer aux États-Unis, même si les hôpitaux privés y pullulent. Après quelques recherches dans Internet, il a finalement acheté un billet d’avion et mis le cap sur… Montréal, où il a reçu une toute nouvelle hanche au début de décembre. « Ma femme et moi en avons profité pour louer un appartement à Montréal, dit l’homme de 59 ans. On a visité le Musée des beaux-arts, l’oratoire Saint-Joseph, le Vieux-Montréal dans le temps des Fêtes. C’était très agréable. » Cet homme d’affaires actif dans le domaine du pétrole est l’un des quelque 75 clients de l’extérieur du Québec opérés l’an dernier à la clinique orthopédique privée du Dr Nicolas Duval, à Laval. Ils sont loin d’être les uniques touristes médicaux à avoir choisi le Québec. À lui seul, le consultant Rick Baker, président de Timely Medical Alternatives, à Vancouver, oriente chaque année des centaines de clients venant d’un bout à l’autre du pays vers les dizaines de cliniques privées de toutes sortes qui ont éclos au Québec ces dernières années. « Beaucoup de mes clients sont ontariens, dit Rick Baker. Quand ils franchissent la rivière des Outaouais et mettent les pieds au Québec, ils font plus que changer de province : ils passent de la nuit noire de la médecine socialisée au jour éclatant de la médecine privée à la québécoise. » Pour cet adversaire acharné du système public de santé comme pour ses plus farouches défenseurs, le terreau le plus fertile à la médecine privée au pays n’est pas en Alberta et encore moins en Ontario. Contrairement aux idées reçues, il est au Québec. Dans nulle autre province on ne trouve une telle concentration de cliniques privées de radiologie (une quarantaine), où les patients peuvent payer pour des services normalement couverts par le régime public. Nulle part il n’y a autant d’ophtalmologistes désireux de vous débarrasser rapidement de votre cataracte — en échange de 1 500 à 3000 dollars. Et nulle part ailleurs on ne dénombre autant de médecins ne participant pas au régime public — le Québec en compte 151, soit 20 fois plus que toutes les autres provinces réunies. Ce foisonnement est particulièrement visible à Montréal. Zoltan Nagy, directeur de l’Association des cliniques médicales indépendantes du Canada, qualifie la métropole de « capitale canadienne des soins de santé privés au pays ». Les Montréalais ont l’embarras du choix s’ils désirent payer de leur poche pour se faire vacciner à la maison ou obtenir des analyses sanguines directement sur leur lieu de travail. Les patients qui ont le désir et les moyens de contourner les listes d’attente dans les hôpitaux ont le choix entre six cliniques de chirurgie, où ils peuvent subir de multiples interventions, allant d’une simple réparation de ligament à la pose d’une toute nouvelle hanche artificielle. Dernière tendance en vogue dans ce domaine en ébullition, Montréal accueille aussi un nombre grandissant de cliniques de médecine familiale privées, où se réfugient les citadins lassés des longs délais d’attente dans le public. En matière de santé, le contraste entre le Québec et l’Ontario ne saurait être plus frappant. Dès le début de son mandat, en 2003, le ministre ontarien de la Santé, le libéral George Smitherman, a adopté une loi extrêmement sévère — la Loi sur l’engagement d’assurer l’avenir de l’assurance-santé —, qui interdit aux médecins de se désaffilier du régime public et impose de lourdes peines aux contrevenants. Un Ontarien surpris à payer pour un service assuré par le régime public est passible d’une amende de 10 000 dollars. Le simple fait d’être au courant d’une pratique illégale sans la dénoncer illico peut entraîner une amende allant jusqu’à 1 000 dollars ! « On a claqué la porte au nez du système à deux vitesses », se réjouit Laurel Ostfield, porte-parole du ministre. Dans les provinces de l’Atlantique et des Prairies, les pouvoirs publics résistent aussi avec vigueur aux pressions exercées par le privé. Impossible d’y dénicher un seul médecin de famille exerçant hors du système public. L’Alberta, gouvernée par les conservateurs sans interruption depuis les années 1970 et réputée pour son ouverture aux entrepreneurs de tous les types, reste, malgré les préjugés à son égard, un modèle aux yeux des défenseurs du système public universel. Les Albertains plus fortunés qui désirent contourner le régime public n’ont d’autre choix que de se tourner vers le tourisme médical — ils se dirigent généralement vers les États-Unis, le Québec ou la Colombie-Britannique, seule autre province où fleurit une industrie médicale privée digne de ce nom. La côte ouest canadienne abrite notamment 14 cliniques privées de chirurgie, dont une, à Vancouver, est dotée de six salles d’opération. Vu du reste du Canada, le Québec demeure toutefois le leader incontesté des soins privés au pays. « Le Québec a la réputation d’être beaucoup plus innovateur en cette matière, c’est un modèle pour le reste du pays », dit Jim Viccars, agent d’assurances de Calgary qui offre à ses clients de se protéger contre les temps d’attente dans le réseau public, une première au Canada. « Nous suivons très attentivement » ce qui se déroule au Québec, dit Zoltan Nagy, de l’Association des cliniques médicales indépendantes du Canada, dont le siège social se situe à Vancouver. Selon lui, le Québec jouirait d’une plus grande marge de manœuvre pour « expérimenter de nouvelles façons de financer et d’offrir des soins de santé ». « Le fédéral veut éviter les affrontements avec le Québec et fait preuve de plus de souplesse à l’égard des initiatives qui en émanent », dit-il. Zoltan Nagy souligne aussi la « contribution exceptionnelle » du Québécois Jacques Chaoulli à la cause du privé. Ce médecin de famille est considéré comme un héros par une partie de la communauté médicale depuis son long combat en faveur du droit de contracter une assurance médicale privée. En juin 2005, la Cour suprême du pays lui a donné raison en invalidant les dispositions de deux lois qui interdisaient aux patients de contracter une assurance pour des services couverts par le régime public. « La preuve démontre que les délais du système public sont répandus et que, dans des cas graves, des patients meurent en raison de listes d’attente pour la prestation de soins de santé publics », écrit la Cour dans un jugement partagé (quatre juges contre trois). Dans ce contexte, concluent les juges majoritaires, l’interdiction de se procurer des assurances maladie privées « porte atteinte aux droits à la vie, à la liberté et à la sécurité de la personne protégés par la Charte canadienne ». Même s’il ne s’applique qu’au Québec, ce jugement a eu l’effet d’un électrochoc partout au Canada. Les gouvernements provinciaux ont tous compris qu’ils pourraient eux aussi être engagés dans des procès semblables s’ils ne s’attaquaient pas rapidement aux listes d’attente. « Le jugement Chaoulli marque un tournant », dit le Dr Robert Ouellet, radiologiste et président désigné de l’Association médicale canadienne (AMC), le plus important regroupement de médecins du pays. « Le système de santé a longtemps été vu comme une religion. Il était impossible de parler du privé sans être ostracisé. Chaoulli a brisé un tabou. » Tout en continuant d’appuyer l’existence d’un système de santé universel au pays, l’AMC ne se gêne plus, depuis quelques années, pour s’afficher publiquement en faveur d’une plus grande ouverture au privé. Son président actuel, le chirurgien orthopédiste Brian Day, s’est retiré du système public il y a plusieurs années et a ouvert le seul véritable hôpital privé au Canada, le Cambie Surgery Centre, à Vancouver. Robert Ouellet, qui lui succédera officiellement au prochain congrès annuel de l’AMC, l’été prochain à Montréal, partage la même vision. Il a également joué un rôle important dans la privatisation des services de radiologie au Québec. La loi 33, adoptée en décembre 2006 par le gouvernement québécois pour se conformer au jugement de la Cour suprême, a aussi contribué à donner une légitimité accrue aux partisans du privé. Cette loi controversée autorise le recours à l’assurance privée pour trois types d’interventions (hanche, genou et cataracte), qui devront obligatoirement avoir lieu dans des cliniques médicales spécialisées (CMS), où n’exercent que des médecins ne participant pas au régime public. Le chirurgien orthopédiste Nicolas Duval, dont la clinique ne dispose pour le moment que d’une licence municipale de centre de convalescence, devrait obtenir son permis de CMS d’ici juin. « Ça change tout pour moi. Avant, j’étais dans une zone grise — ni dans la légalité ni dans l’illégalité. » Quand il a quitté le réseau public, il y a sept ans, beaucoup de gens l’ont traité de « bandit », de « vendu au privé », dit-il. « L’attitude a changé complètement depuis l’arrêt Chaoulli et la loi 33. Le ton est beaucoup plus conciliant. » Ceux qui désirent conserver l’intégrité du régime public actuel s’inquiètent précisément de cette attitude conciliante. Selon Marie-Claude Prémont, professeure à l’École nationale d’administration publique et spécialiste de la santé, la loi 33 ouvre une véritable boîte de Pandore. « Les CMS vont créer des marchés exclusifs pour les médecins non participants, dénonce-t-elle. Le gouvernement Charest va plus loin que ce que demandait la Cour suprême et contribue à assurer la légitimité et la rentabilité du réseau privé à but lucratif qui émerge présentement. » La commission Castonguay, mandatée par Québec pour réfléchir à l’avenir du financement des soins de santé, propose d’aller encore plus loin et d’élargir immédiatement l’assurance privée à d’autres interventions déjà couvertes par le régime public. Elle recommande aussi de « décloisonner » la pratique médicale en permettant aux médecins de travailler dans le privé après avoir effectué un nombre minimal d’heures de service dans le public. Le ministre de la Santé, Philippe Couillard, s’est montré ouvert à cette idée, même s’il ne la juge pas applicable pour le moment en raison de la pénurie de médecins. Si le Québec devait officiellement choisir la voie de la mixité, c’est le cœur même de la Loi canadienne sur la santé qui serait touché, estime Colleen Flood, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur le droit et les politiques relatifs à la santé. « Un système mixte peut fonctionner si tous les médecins travaillent beaucoup plus qu’avant. Mais rien ne nous laisse croire que c’est ce qui se produirait. On n’aurait donc plus qu’à espérer que les médecins établissent un ordre de priorité entre leurs patients selon la gravité des cas et non selon l’épaisseur du portefeuille… » Cette professeure de l’Université de Toronto suit avec intérêt ce qui se passe au Québec. « Les discussions y sont beaucoup plus sereines qu’en Ontario, dit-elle. Ici, le débat soulève les passions. Le système de santé universel reste au cœur de l’identité des gens. C’est un terrain miné. » D’après elle, la vraie bataille risque de se jouer devant les tribunaux. Déjà, deux poursuites judiciaires — une en Alberta, l’autre en Ontario — invoquent le précédent créé par l’arrêt Chaoulli pour tenter de casser le monopole du système public. Surnommées « Ontario Chaoulli » et « Alberta Chaoulli », ces deux affaires reçoivent notamment le soutien financier de la Canadian Constitution Foundation, institut de Calgary dont la mission consiste à « protéger les droits constitutionnels des Canadiens ». « La saga ne fait que commencer », dit Colleen Flood.

Santé et Science

Répertoire des soins privés au Québec

Agence de voyages Assurances privées Avocats de la santé Cataractes Chirurgie Cliniques médicales – Médecine familiale Courtage médical Financement Médecine pour cadres Prélèvements Radiologie Agence de voyages Combien ? Exemples de prix dans les hôpitaux cubains (ils varient selon la gravité des cas) : Implant dentaire : 1 200 dollars. Greffe de cheveux : 1 100 dollars. Examen par résonance magnétique : 350 dollars. Prothèse de genou : entre 2 000 et 2 500 dollars. Prothèse de hanche : 11 000 dollars. Hernie discale : 4 000 dollars. Autres exemples: Prothèse de hanche en Inde: 6 000 dollars. En France: 15 000 dollars. GoSculptura 1200, rue Sherbrooke Ouest, bureau 2200 Montréal (QC) H3A 3L6 1 800 576-0942 www.gosculptura.com Spécialisée dans les voyages pour de la chirurgie esthétique. HealthTrips 1622 Michael Street Ottawa (Ont.) K1B 3T7 613 868-2428 www.healthtrips.com Organise des voyages en Inde. Meditours 1 866 717-6565 www.meditours.org Offre des voyages en Inde et en Chine. MedSolution 3114 Boundary Road Burnaby (B.C.) V5M 4A2 1 800 984-0457 www.medsolution.com Organise des voyages dans des cliniques et des hôpitaux dans un grand nombre de pays dont la France, la Pologne, la Turquie, l’Inde et l’Afrique du Sud. OneWorld Medicare 6081 No. 3 Road, 10th floor Richmond (B.C.) V6Y 2B2 1 800 533-8718 www.oneworldmedicare.com Organise des interventions chirurgicales et des traitements au Canada ou aux États-Unis. Sun Medical Group 410-119 West Pender Street Vancouver (B.C.) V6B 1S2 604 321-6012 1 888 288-5788 www.healthtourism.ca Offre des forfaits pour des hôpitaux en Malaisie, à Singapour et en Thaïlande. Surgical Tourism Canada 400-601 West Broadway Vancouver (B.C.) V5Z 4C2 604 871-4315 1 877 871-4315 www.surgicaltourism.ca Planifie des interventions notamment en Inde, à Abou Dhabi (Émirats arabes unis) et au Mexique. Timely Medical Alternatives 1275 West 6th Avenue, 3rd floor Vancouver (B.C.) V6H 1A6 604 714 4999 1 866 884-6359 www.timelymedical.ca Organise des traitements dans des cliniques privées canadiennes ou des installations américaines. Agence de voyages Assurances privées Avocats de la santé Cataractes Chirurgie Cliniques médicales – Médecine familiale Courtage médical Financement Médecine pour cadres Prélèvements Radiologie Assurances privées Combien ? À partir de 65 dollars par mois pour une famille. OneWorld Medicare 6081 No. 3 Road, 10th Floor Richmond (B.C.) V6Y 2B2 1 800 533-8718 info@oneworldmedicare.com www.oneworldmedicare.com Agence de voyages Assurances privées Avocats de la santé Cataractes Chirurgie Cliniques médicales – Médecine familiale Courtage médical Financement Médecine pour cadres Prélèvements Radiologie Avocats de la santé Combien ? Les honoraires des avocats spécialisés en politique de santé varient entre 250 et 750 dollars l’heure. Barry Stein 1203-5, Place Ville-Marie Montréal (Qc) H3B 2G2 514 875-2100 Agence de voyages Assurances privées Avocats de la santé Cataractes Chirurgie Cliniques médicales – Médecine familiale Courtage médical Financement Médecine pour cadres Prélèvements Radiologie Cataractes Combien ? Entre 1 500 et 3 000 dollars par œil. Temps d’attente, système public: entre 4 et 19 semaines, selon les régions. Temps d’attente, cliniques privées: une semaine. 100% Vision 100-2727, rue King Ouest Sherbrooke (Qc) J1L 1C2 819 346-2727 1 800 346-9389 www.100pour100vision.qc.ca ChirurgiVision Clinic 579, rue Laviolette Trois-Rivières (Qc) G9A 1V6 819 693-5757 1 800 693-5657 www.chirurgivision.com Clinique ChirurgiVision de Drummondville 103-350, rue St-Jean Drummondville (Qc) J2B 5L4 819 475-1050 1 888 429-1050 www.chirurgivision.com Cliniques Michel Pop 900-9001, boul. l’Acadie Nord Montréal (Qc) H4N 3H5 514 381-2020 R11-200, rue Montcalm Gatineau (Qc) J8Y 3B5 819 773-2020 1 800 661-6345www.cmpop.com La clinique de l’œil de Montréal Bureau de Montréal : 901-300, rue Léo-Pariseau Montréal (Qc) H2X 4B3 514 288-0088 1 888 844-8888 Bureau de Longueuil : 3298, boul. Taschereau Greenfield Park (Qc) J4V 2H6 450 465-8724 www.cdom.com Institut privé de chirurgie 180-801, Grande-Allée Ouest Quebec (Qc) G1S 1C1 418 687-7328 www.institutprivedechirurgie.com Clinique d’Ophtalmologie Iris (Les chirurgies ne sont pratiquées qu’à cette clinique, et non dans les autres centres de la chaîne.) 3030, boul. du Carrefour, bureau 1105 Laval (Qc) H7T 2P5 450 688-6574 1 877 656-4747 www.iris.ca Laservue Clinic 201-1100, avenue Beaumont Montréal (Qc) H3P 3H5 514 738-6666 1 888 734-6666 www.laservue.net Agence de voyages Assurances privées Avocats de la santé Cataractes Chirurgie Cliniques médicales – Médecine familiale Courtage médical Financement Médecine pour cadres Prélèvements Radiologie Chirurgie Combien ? Les prix (approximatifs) varient d’une clinique à l’autre. Prothèse de coude : entre 17 000 et 20 000 dollars. Prothèse de genou : 13 000 dollars. Prothèse de hanche : 12 000 dollars. Prothèse d’épaule : entre 5 000 et 8 000 dollars. Temps d’attente, système public : Le temps d’attente moyen selon les régions au Québec pour une prothèse de genou, de hanche, d’épaule ou de coude varie de 5 à 40 semaines. Temps d’attente, cliniques privées : Entre une et quatre semaines. André Perreault Clinique de chirurgie du pied de Montréal 200-2320, rue Fleury Est Montréal (Qc) H2B 1K9 514 387-3871 www.halluxvalgus.com Spécialiste des chirurgies du pied, de la cheville, mais aussi de la main et du poignet Clinique orthopédique Duval 1487 boul. des Laurentides Laval (Qc) H7M 2Y3 450 663-3901 www.duval.bz Chirurgie de la hanche et du genou et reconstruction de ligaments MédiClub 6100, avenue du Boisé Montréal (Qc) H3S 2W1 514 739-5646 www.mediclub.ca Orthopédie, cataractes, chirurgie générale Opmedic 300-1565, boul de l’Avenir Laval (Qc) H7S 2N5 450 662-9393 301-1361, avenue Beaumont Montréal (Qc) H3P 2W3 514-345-8535 1-866-999-3885 www.opmedic.com Chirurgie générale, ano-rectale, vasculaire RocklandMD 100, chemin Rockland Montréal (Qc) H3P 2V9 514 667-3383 www.rocklandmd.com Chirirgie générale et orthopédique Westmount Square Surgical Center 1 Westmount Square, bureau C190 Westmount (Qc) H3Z 2P9 514 931-5500 www.wssurgical.com Spécialisé en chirurgie orthopédique et en chirurgie de l’hernie Agence de voyages Assurances privées Avocats de la santé Cataractes Chirurgie Cliniques médicales – Médecine familiale Courtage médical Financement Médecine pour cadres Prélèvements Radiologie Cliniques médicales – Médecine familiale Combien ? Les coûts varient d’une clinique à l’autre : entre 150 et 300 dollars l’heure (avec un minimum de 100 dollars par visite). Des forfaits sont souvent offerts. Centre Multi-Medic 320, chemin du Golf Montréal (Qc) H3E 1A8 514 768-4717 www.multi-medic.com Médecine générale, médecine du sport et médecine préventive Centre de médecine privée Blouin-Valois 299, boul. Sir Wilfred Laurier Saint-Lambert (Qc) J4R 2L1 450 465-5541 Clinique médicale MD-Plus Centre médical René Laënnec 301-1100, avenue Beaumont Montréal (Qc) H3P 3H5 514 738-7587 514 738-4445 www.md-plus.ca Médecine familiale, entente avec un laboratoire privé et un service de radiologie Clinique médicale privée de Dr. Geneviève Préfontaine Seaforth Medical Building 540-3550, chemin Côte-des-Neiges Montréal (Qc) H3H 1V4 514 932-7578 Médecine familiale, santé de la femme et du nourrisson MédiClub 6100, avenue du Boisé Montréal (Qc) H3S 2W1 514 739-5646 www.mediclub.ca Médecine préventive, laboratoire, bloc opératoire, clinique santé-voyage RocklandMD 100, chemin Rockland Montréal (Qc) H3P 2V9 514 667-3383 www.rocklandmd.com Médecine préventive, médecine familiale Groupe Santé Physimed 6363, route Transcanadienne, bureau 121 Montréal (Qc) H4T 1Z9 514 747-8888 1 888 749-7463 www.physimed.com Médecine préventive, médecine d’entreprise, radiologie, prélèvements, médecine familiale, chirurgie Sentinelle Santé 260-4, rue Taschereau Gatineau (Qc) J8Y 2V5 819 778-1330 www.sentinellehealthgroup.ca Médecine familiale, chirurgie mineure, laboratoire Agence de voyages Assurances privées Avocats de la santé Cataractes Chirurgie Cliniques médicales – Médecine familiale Courtage médical Financement Médecine pour cadres Prélèvements Radiologie Courtage médical Combien ? 180 dollars l’heure. Des forfaits pour les membres sont également possibles. MedExtra 210-750, boul. Marcel-Laurin Montréal (Qc) H4M 2M4 514 522-8000 1 877 373-9872 www.medextra.com Agence de voyages Assurances privées Avocats de la santé Cataractes Chirurgie Cliniques médicales – Médecine familiale Courtage médical Financement Médecine pour cadres Prélèvements Radiologie Financement Taux d’intérêt : entre 9,95 % et 22,95 %. Medicard 1-888-689-9876 www.medicard.com Couvre tout le Canada. Site en anglais seulement. Crédit médical et Care Credit Agence de voyages Assurances privées Avocats de la santé Cataractes Chirurgie Cliniques médicales – Médecine familiale Courtage médical Financement Médecine pour cadres Prélèvements Radiologie Médecine pour cadres Combien ? Bilan de santé complet : entre 800 et 1 200 dollars. Services additionnels (comme la disponibilité d’un médecin au téléphone 24 heures sur 24) : entre 1 000 et 1 500 dollars par an, par employé. Medcan 1500-150 York Street Toronto (Ont.) M5H 3S5 416 350-5900 1 800 463-3226 www.medcan.com A des antennes à Vancouver, Edmonton, Calgary, Montréal, Ottawa, Dartmouth Medisys 500, rue Sherbrooke Ouest, 11e étage Montréal (Qc) H3A 3C6 514 845-1211 1 800 499-1394 www.medisys.ca Possède des bureaux à Calgary, Vancouver, Toronto, Ottawa, Montréal Agence de voyages Assurances privées Avocats de la santé Cataractes Chirurgie Cliniques médicales – Médecine familiale Courtage médical Financement Médecine pour cadres Prélèvements Radiologie Prélèvements Combien ? Entre 35 dollars (pour un prélèvement analysé dans un laboratoire public) et 675 dollars (pour un profil allergique complet, analysé dans un laboratoire privé). Laboratoire Biron 4105-F, boul. Matte, Longueuil (Qc) J4Y 2P4 514 866-6146 1 800 463-7674 info@laboratoirebiron.com www.laboratoirebiron.com Laboratoires CDL Siège social : 5990, rue Côte-des-Neiges Montréal (Qc) H3S 1Z5 514 344-8022 Centre médical Côte-Des-Neiges 5858, rue Côte-des-Neiges, bureau 318 Montreal (Qc) H8Z 1W5 514 345-8494 Centre-ville de Montréal 666, rue Sherbrooke Ouest, bureau 1900 Montréal (Qc) H3A 1E7 514 982-9696 Ouest de l’île 12 774, boul Gouin Ouest, bureau 30 Pierrefonds (Qc) H1Z 1W5 514 684-8460 service@laboratoirescdl.com www.laboratoirescdl.com Laboratoire Bio-Médic de l’Est Québec 4495 Boul. Wilfrid Hamel suite150 Québec QC Canada G1P 2J7 418 780-3322 1 866 624-3322 Sept-Îles 781 Boul. Laure Sept-Îles QC Canada G4R 1Y2 418 968-3322 1 877 968-3422 Centre Médical Sillery 1751 av. Sheppard, 2ième étage Québec QC Canada G1S 4G1 418 688-0664 418 780-6265 Baie-Comeau 189 Damasse Potvin Baie-Comeau QC Canada G4Z 2Y9 418 296-3321 1 877 596-3321 www.biomedic.cc Centre de prélèvements Myrrha Santé Inc. 68, rue Picard L’Épiphanie (Qc) J5X 2R1 514 774-1159 1 866 769-7742 www.myrrhasante.com Groupe Santé Physimed 6363, route Transcanadienne, bureau 121 Montréal (Qc) H4T 1Z9 514 747-8888 1 888 749-7463 www.physimed.com MédiClub 6100, avenue du Boisé Montréal (Qc) H3S 2W1 514 739-5646 www.mediclub.ca Sentinelle Santé 260-4, rue Taschereau Gatineau (Qc) J8Y 2V5 819 778-1330 www.sentinellehealthgroup.ca Agence de voyages Assurances privées Avocats de la santé Cataractes Chirurgie Cliniques médicales – Médecine familiale Courtage médical Financement Médecine pour cadres Prélèvements Radiologie Radiologie Tous les types d’examen Résonance magnétique Imagerie nucléaire, tomographie par émission de positrons et tomographie Assistée par ordinateur (TEP/CT) Mammographie Échographie Scopie en gastro-entérologie Combien ? Examen de résonance magnétique : entre 600 et 900 dollars. Tomographie par émission de positons : entre 2 350 et 2 850 dollars. Tomodensitométrie assistée par ordinateur : entre 225 et 675 dollars. Coloscopie virtuelle : 600 dollars. Tous les types d’examen Centre d’Imagerie médicale RésoScan 2984, boul. Taschereau Greenfield Park (Qc) J4V 2G9 450 671-6173 www.resoscan.com Léger et associés 1851, rue Sherbrooke Est, bureau 201 Montréal (Qc) H2K 4L5 514 523-2121 rum@legerradiologie.qc.ca www.legerradiologie.qc.ca Imagerie Médicale Westmount Square 1 Westmount Square, bureau C210 Westmount (Qc) H3Z 2P9 514 939-WSMI, poste 9764 www.radiologymontreal.com Radiologie Varad 4, Complexe Desjardins, Niveau 4 C.P. 91 – Succursale Desjardins Montréal (Qc) H5B 1B2 514 281-1355 www.radiologievarad.com Radiologie Laënnec 1100, avenue Beaumont Ville de Mont-Royal (Qc) H3P 3H5 514 738-6866 Centre de radiologie West Island 350-175, chemin Stillview Pointe Claire (Qc) H9R 4S3 514 697-9940 600, boul. Harwood Vaudreuil-Dorion (Qc) J7V 6A3 450 455-9301, poste 244 Centre d’imagerie RM Clarke 5885, chemin Côte-des-Neiges Montréal (Qc) H3S 2T2 514 739-1444 IRM Quebec / Clinique Radiologique Saint-Pascal 110-1900, rue Mailloux Québec (Qc) G1J 5B9 418 667-0060 (MRI) 418 667-6041 www.irmquebec.com Radiologie Ellendale 200-5950, chemin Côte-des-Neiges Montréal (Qc) H3S 1Z4 514 739-6169 Radiologie Saint-Denis 1-8415, rue St-Denis Montréal (Qc) H2P 2H1 514 387-8725 www.radiologiemedica.com Radiologie Montérégie 240-100, Place Charles-Lemoyne Longueuil (Qc) J4K 2T4 450 674-0909 1 877 674-0909 www.radiologiemonteregie.com Résonance magnétique Le centre d’imagerie par résonance magnétique de Medisys 5811, chemin Côte-des-Neiges Montréal (Qc) H3S 1Z2 514 341-5253 mri@medisys.ca IRM Trois-Rivières 105-1900, boul. des Récollets Trois-Rivières (Qc) G8Z 4K4 819 697-2474 877 797-2474 www.irmquebec.com Le centre de résonance magnétique de la Vallée de l’Outaouais 15, rue Papineau Gatineau (Qc) J8X 1T4 819 420-0130 1 866 222-9771 www.ottawavalleymri.com MRI IRM Plus 61, rue Laurier Gatineau (QC) J8X 3V7 819 771-1MRI [1674] 1 877 771-1MRI info@mriplus.ca www.mriplus.ca IRM St-Joseph 228, boul. Saint-Joseph Gatineau (Qc) J8Y 3X4 819 777-1MRI (1674) 1 877 677-1MRI (1674 ) info@stjosephmri www.stjosephmri.com Réso-Concorde / Réso-Carrefour 300, boul. de la Concorde Est Laval (Qc) H7G 2E6 503-3030, boul. le Carrefour Laval (Qc) H7T 2P5 450 668-7376 1 866 668-7376 www.resoconcorde.com Imagerie nucléaire, tomographie par émission de positrons et tomographie assistée par ordinateur (TEP/CT) Imagerie nucléaire et TEP/CT Ville-Marie 2345, rue Guy Montréal (Qc) H3H 2L9 514 933-5885 1 888 933-5885 www.villemariepetct.com Tomo Concorde 300, boul. de la Concorde Est Laval (Qc) H7G 2E6 450 629-8666 1 800 561-8666 www.tomoconcorde.com Imatech 500, Sherbrooke Ouest, 11e étage Montréal (Qc) H3A 3C6 imatech@medisys.ca 514 499-2791 1 877 314-6444 www.imatech.ca Mammographie Centre médical et centre de la santé de la femme Ville-Marie 1000-1538, rue Sherbrooke Ouest Montréal (Qc) H3G 1L5 514 933-2778 www.villemariemed.com Échographie Clinique privée d’échographie 4, rue Taschereau, bureau 555 Gatineau (Qc) J8Y 2V5 819 771-1884 Ultrason@clinique-echo.com www.clinique-echo.com Le centre de fertilité de Montréal 5252, boul. de Maisonneuve Ouest, bureau 220 Montréal (Qc) H4A 3S5 514 369-6116 www.montrealfertility.com Cliniques Procrea 1361, avenue Beaumont, bureau 301 Ville de Mont-Royal (Qc) H3P 2W3 514 345-8535 1 888 776-2732 5600, boulevard des Galeries, bureau 401 Québec (Qc) G2K 2H6 418 260-9555 1 877 776-2732 177, rue Denison Est Granby (Qc) J2G 4C4 1 888 776-2732 www.procrea.com Scopie en gastro-entérologie Centre de gastro-entérologie 223, boul. St-Jean, bureau 223 Plaza Pointe-Claire Pointe-Claire (Qc) H9R 3J1 514 426 0090 www.gastrocentre.com Spécialistes MD 1 Westmount Square, bureau C200 Westmount (Qc) H3Z 2P9 514 904-0666 www.specialistesMDspecialists.com

Santé et Science

Wô la techno !

À sa naissance, chaque petit Québécois subit une piqûre dans le talon. On lui fait ainsi une prise de sang qui permet de dépister trois maladies métaboliques héréditaires graves touchant un nouveau-né sur 3 500. Mais en utilisant une nouvelle technique d’analyse, la spectrométrie de masse en tandem, pour analyser cet échantillon de sang, on pourrait déceler jusqu’à 30 maladies métaboliques d’un coup. En Amérique du Nord et en Europe, cette technologie s’est répandue et on l’utilise, selon les pays, pour détecter de 2 à 29 de ces maladies. Mais est-ce vraiment un plus pour la population ? Le Québec est un des rares endroits où on a soumis la question à des spécialistes en évaluation des technologies médicales. Pourquoi ? Entre autres parce que l’équipement coûte cher (plus de 250 000 dollars), que la technique n’est pas entièrement fiable pour toutes les maladies, dont certaines sont très rares (un cas sur un million), et que le dépistage systématique de défauts génétiques soulève de nombreuses questions éthiques. Après avoir compilé une multitude d’études menées partout dans le monde sur divers aspects de la question, du taux de succès de l’analyse pour déceler chaque maladie aux répercussions du dépistage sur la santé des enfants atteints en passant par la réorganisation des services, les chercheurs de l’Agence d’évaluation des technologies et des modes d’intervention en santé (AETMIS) ont rendu leurs conclusions il y a quelques mois et conseillé au gouvernement de ne pas s’emballer. Le Québec a ainsi évité d’investir trop et trop vite dans une technologie qui n’est peut-être pas aussi performante qu’elle en a l’air. Mais une telle démarche est très rare. « La plupart des décisions en matière de techniques médicales ne sont pas basées sur des évaluations complètes et rigoureuses. Elles reposent sur la pression des lobbys, sur des considérations politiques ou sur la volonté collective de disposer de la technologie dernier cri », dénonce Renaldo Battista, directeur du Département d’administration de la santé de la Faculté de médecine de l’Université de Montréal et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en évaluation des technologies et des modes d’intervention en santé. Diplômé de Harvard, ex-président de l’AETMIS, ce chercheur croit qu’on n’a plus le choix : il faut accepter, collectivement, de prendre des décisions éclairées. Et de renoncer à des innovations quand elles ne se justifient pas. L’actualité l’a rencontré. — Vous dites que l’évaluation des technologies fait partie des solutions à la crise des systèmes de santé. Pourquoi ? — Partout, les coûts de santé ont explosé, notamment parce que les technologies et les médicaments sont de plus en plus chers. Les services publics ont atteint un plafond dans leur capacité de payer. Les décideurs savent qu’il faut faire des choix, et les gens sont conscients que ces choix doivent s’appuyer sur des analyses rigoureuses. Car on sait bien que tout ce qui est nouveau — médicament ou technique — n’est pas forcément meilleur : il faut pouvoir comparer la valeur ajoutée de chaque solution à celle des autres. Une technologie peut être prometteuse sur le papier, mais inopérante parce qu’incompatible avec le mode d’organisation des soins ou éthiquement inacceptable. Tout comme un médicament qui, au bout du compte, n’est guère plus efficace qu’un autre, 10 fois moins coûteux. Une évaluation objective, qui tient compte des aspects médicaux, économiques, sociaux, organisationnels et éthiques, est nécessaire pour minimiser le risque d’erreurs. C’est une sorte de contrepoids à la manière naturelle de prendre des décisions, fondée sur des critères pas toujours rationnels. Pourtant, on sait que les erreurs peuvent coûter très cher… — Oui, car une fois introduite, une technologie médicale ne sera pas éliminée avant des années, même si on en trouve une meilleure. C’est le principe de la substitution partielle, un des phénomènes à l’origine de l’augmentation des coûts. Ainsi, quand les hôpitaux ont investi dans la tomographie par émission de positrons, le PET scan, pour diagnostiquer certaines tumeurs, ils n’ont pas éliminé les tomodensitomètres, ou scanners. Et ils ont conservé les PET scan quand l’imagerie par résonance magnétique est devenue plus performante. Mais on n’a pas pour autant déterminé la manière optimale de répartir les analyses entre ces trois techniques. Il y a eu addition des coûts plutôt que substitution. A-t-on vraiment les outils nécessaires pour évaluer tout cela de façon fiable ? — L’évaluation en santé est née dans les années 1970, à partir de disciplines telles que l’épidémiologie, la recherche clinique, les sciences économiques et sociales. Elle n’a cessé de progresser, jusqu’à devenir une spécialité à part entière qui compte des experts partout dans le monde. Au début, on essayait surtout d’établir le ratio coût-efficacité d’une technologie, par exemple la tomodensitométrie, pour savoir s’il valait la peine d’investir dans un appareil coûteux. Puis, on a élargi l’analyse. Dans les années 1990, on a commencé à réfléchir en fonction de la maladie. On s’est demandé quels étaient les meilleurs médicaments ou modes d’intervention pour traiter le cancer du sein. Aujourd’hui, c’est toute l’organisation des services qu’on évalue : on peut ainsi déterminer le rôle optimal que devraient jouer les infirmières dans la prise en charge du traitement du cancer. Les méthodes d’évaluation actuelles sont éprouvées : depuis les années 2000, toutes les commissions d’enquête et instances internationales qui se sont penchées sur la question insistent sur l’importance primordiale que devrait avoir l’évaluation dans les processus de décision. Comment cette évaluation est-elle organisée actuellement ? — En 1972, les États-Unis ont été les premiers à se doter d’un organisme national chargé de conseiller le gouvernement, l’Office of Technology Assessment. [NDLR : L’organisme a été supprimé par les républicains en 1995, mais Hillary Clinton a promis de le ressusciter si elle est élue.] La plupart des pays industrialisés ont suivi. Le Québec a été un pionnier au Canada en créant, en 1988, le Conseil d’évaluation des technologies de la santé, qui est devenu, en 2002, une agence indépendante, l’AETMIS. L’Office canadien de coordination de l’évaluation des technologies de la santé a été mis sur pied en 1989, puis remplacé, en 2006, par l’Agence canadienne des médicaments et des technologies de la santé. Toutes ces instances peuvent, dans une certaine mesure, partager leurs résultats, mais elles doivent replacer leur évaluation dans le contexte local. Au cours des dernières années, certains hôpitaux universitaires, comme celui de l’Université McGill, ont créé leurs propres services d’évaluation, qui tentent d’insuffler cette culture à l’intérieur même de l’établissement, où de nombreuses décisions sont prises. Pourtant, la plupart des décisions d’investissement ou de réorganisation ne s’appuient pas sur de telles évaluations… — L’évaluation est le parent pauvre de la santé. Le budget annuel de l’Aetmis stagne depuis plusieurs années à environ trois millions de dollars et les budgets des services d’évaluation des hôpitaux sont minimes, alors que le Québec dépense chaque année 23 milliards pour le système de santé. Dans l’ensemble du Canada, on consacre moins de 30 millions à l’évaluation, pour 125 milliards en santé. En 2002, quand je présidais l’Aetmis, j’avais calculé avec un expert du ministère de la Santé et des Services sociaux que 20 millions de dollars permettraient aux spécialistes de répondre aux demandes les plus pressantes des décideurs. Nous sommes en 2008 et on en est encore loin… Si on consacrait 0,5 % du budget de la santé aux évaluations, on ferait un immense pas en avant ! Certains pays l’ont compris, comme la Grande-Bretagne, dont le National Institute for Health and Clinical Excellence, le NICE, dispose à lui seul de près de 60 millions de dollars par an pour évaluer technologies, médicaments et modes d’intervention (voir l’encadré). Vous constatez tout de même des progrès ? — Oui, les mentalités changent, et dans les hôpitaux, de plus en plus de décisions se fondent sur des évaluations. On en est au stade où un grand nombre de décideurs sont convaincus de la justesse de l’approche, mais les spécialistes en évaluation ne suffisent pas à répondre à la demande. Il faut augmenter le nombre d’experts et les rapprocher des gens qui décident des investissements. On observe aussi des progrès chez les concepteurs d’équipement ou de médicaments, qui sont de plus en plus conscients des limites de la capacité de payer des services publics. Ma collègue Pascale Lehoux, titulaire de la Chaire de recherche sur les innovations en santé, cherche à créer des forums interactifs entre décideurs et concepteurs pour accélérer cette prise de conscience et faire en sorte qu’on dispose de technologies plus efficaces et mieux arrimées aux besoins du système de santé. Pourquoi, alors, tarde-t-on à réagir ? — Faire des choix éclairés veut dire renoncer ouvertement à certaines solutions, ce qui n’est jamais populaire. Cela implique aussi de réfléchir, collectivement, à la façon dont on aborde la santé, la vie et la mort, trois concepts indissociables. C’est un défi dans nos sociétés occidentales, où l’on pense que toutes les solutions sont technologiques et qu’on a besoin d’elles pour repousser la mort à tout prix. Il faudrait plus de débats publics sur ces questions. Mais l’évaluation en santé est aussi une discipline très aride. Pour les journalistes, elle est bien moins glamour quand il s’agit de séduire le lecteur que les dernières inventions capables de sauver des vies ! Les spécialistes en évaluation doivent aussi faire mieux connaître leur travail, comme le fait Pascale Lehoux dans un blogue sur le sujet [Innovations en santé : Pour s’y retrouver !, www.hinnovic.org]. De mon côté, je travaille à mettre au point une méthode pour mesurer les effets de l’évaluation sur les décisions d’investissement : quand on saura chiffrer précisément ce qu’il en coûte de ne pas baser nos choix sur la raison, on changera peut-être nos pratiques !