Santé et Science

Sainte-Justine : 100 ans d'histoire Santé et Science

Sainte-Justine : 100 ans d’histoire

L’hôpital Sainte-Justine célèbre son centenaire cette année. D’un petit dispensaire de la rue Saint-Denis, l’établissement est devenu une institution pédiatrique de pointe dont la renommée internationale n’est plus à faire. Revivez son histoire en images, tirées de Naître, vivre, grandir: Sainte-Justine 1907-2007 (Boréal), de l’historienne Denyse Baillargeon.

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Sainte-Justine: 100 ans d'histoire Santé et Science

Sainte-Justine: 100 ans d’histoire

L’hôpital Sainte-Justine célèbre son centenaire cette année. D’un petit dispensaire de la rue Saint-Denis, l’établissement est devenu une institution pédiatrique de pointe dont la renommée internationale n’est plus à faire. Revivez son histoire en images, tirées de Naître, vivre, grandir: Sainte-Justine 1907-2007 (Boréal), de l’historienne Denyse Baillargeon.

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Les cellules de la discorde

Les cellules souches embryonnaires proviennent, comme leur nom l’indique, d’embryons. Idéalement, d’embryons humains. D’embryons très petits, vieux de quelques jours seulement, comme les embryons «surnuméraires» abandonnés dans les cliniques de fertilité une fois que leurs propriétaires ont eu le ou les bébés qu’ils voulaient. (On obtient souvent un surplus d’embryons pendant qu’on fait une fécondation in vitro.) De nombreuses personnes, invoquant des croyances religieuses, s’opposent à leur utilisation. Le président Bush a décrété, en 2001, un moratoire sur les recherches qui font appel à ces cellules. Sa décision interdit au gouvernement fédéral américain de leur allouer des fonds par le truchement des National Institutes of Health, par exemple. Mais elle n’interdit pas ces recherches si elles sont financées par des fonds provenant des États ou du secteur privé. Pour beaucoup, cet embargo est injustifié: un amas de cellules de cinq ou six jours n’a aucun caractère «humain». Ainsi, pour des groupes de pression comme ceux qui ont entouré l’acteur américain Christopher Reeve, devenu tétraplégique après une chute de cheval et décédé à 52 ans, en 2004, cet interdit n’a pas sa raison d’être. La recherche sur les cellules souches embryonnaires était son seul et unique espoir de guérir. Nancy Reagan, dont le mari, l’ancien président des États-Unis Ronald Reagan, est mort en 2004 après un long naufrage dans la maladie d’Alzheimer, milite toujours en faveur des recherches sur les cellules souches. L’allégeance républicaine de Mme Reagan ne l’empêche pas de s’opposer ouvertement à la politique de l’actuel président. Ce combat, l’acteur américain d’origine canadienne Michael J. Fox, à qui l’on a diagnostiqué la maladie de Parkinson en 1991 — il avait à peine 30 ans! —, ne cesse de le mener lui aussi. Pour eux, comme pour des milliers de patients, les cellules souches sont les cellules de l’espoir. Mais pour les «pro-vie», toucher à l’embryon humain, pour quelque raison que ce soit, c’est commettre un meurtre, point à la ligne. Toute la controverse est là. Le débat est généralement moins polarisé à l’extérieur des États-Unis. En Grande-Bretagne, l’embryon est assimilé à du simple matériel biologique jusqu’à l’âge de 14 jours. En France, il n’a les attributs de la personne que s’il s’inscrit dans un «projet parental». Au Canada, on peut faire des recherches sur les embryons surnuméraires à condition qu’ils aient été donnés. Et vous, qu’en pensez-vous ? Exprimez-vous sur notre tribune !

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Les cellules de tous les espoirs

Les cellules de la discorde Les cellules souches embryonnaires proviennent, comme leur nom l’indique, d’embryons. Idéalement, d’embryons humains. D’embryons très petits, vieux de quelques jours seulement, comme les embryons «surnuméraires» abandonnés dans les cliniques de fertilité une fois que leurs propriétaires ont eu le ou les bébés qu’ils voulaient. (On obtient souvent un surplus d’embryons pendant qu’on fait une fécondation in vitro.) De nombreuses personnes, invoquant des croyances religieuses, s’opposent à leur utilisation. Le président Bush a décrété, en 2001, un moratoire sur les recherches qui font appel à ces cellules. Sa décision interdit au gouvernement fédéral américain de leur allouer des fonds par le truchement des National Institutes of Health, par exemple. Mais elle n’interdit pas ces recherches si elles sont financées par des fonds provenant des États ou du secteur privé. Pour beaucoup, cet embargo est injustifié: un amas de cellules de cinq ou six jours n’a aucun caractère «humain». Ainsi, pour des groupes de pression comme ceux qui ont entouré l’acteur américain Christopher Reeve, devenu tétraplégique après une chute de cheval et décédé à 52 ans, en 2004, cet interdit n’a pas sa raison d’être. La recherche sur les cellules souches embryonnaires était son seul et unique espoir de guérir. Nancy Reagan, dont le mari, l’ancien président des États-Unis Ronald Reagan, est mort en 2004 après un long naufrage dans la maladie d’Alzheimer, milite toujours en faveur des recherches sur les cellules souches. L’allégeance républicaine de Mme Reagan ne l’empêche pas de s’opposer ouvertement à la politique de l’actuel président. Ce combat, l’acteur américain d’origine canadienne Michael J. Fox, à qui l’on a diagnostiqué la maladie de Parkinson en 1991 — il avait à peine 30 ans! —, ne cesse de le mener lui aussi. Pour eux, comme pour des milliers de patients, les cellules souches sont les cellules de l’espoir. Mais pour les «pro-vie», toucher à l’embryon humain, pour quelque raison que ce soit, c’est commettre un meurtre, point à la ligne. Toute la controverse est là. Le débat est généralement moins polarisé à l’extérieur des États-Unis. En Grande-Bretagne, l’embryon est assimilé à du simple matériel biologique jusqu’à l’âge de 14 jours. En France, il n’a les attributs de la personne que s’il s’inscrit dans un «projet parental». Au Canada, on peut faire des recherches sur les embryons surnuméraires à condition qu’ils aient été donnés.

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Garde-chasse en ville !

Alain Dechêsne traque les braconniers, vient au secours des renards piégés ou blessés et ramène les chevreuils égarés dans le droit chemin. Rien d’original pour un garde-chasse. Sauf que son métier, il l’exerce à Montréal! «Quand je m’installe sous les manèges de La Ronde pour surveiller les pêcheurs d’esturgeons ou de brochets sous le pont Jacques-Cartier, je m’étonne toujours de travailler dans un milieu aussi urbain», dit-il en riant. Si les braconniers opèrent en ville, c’est qu’on y trouve beaucoup plus d’espèces animales qu’il n’y paraît. Les huit agents de protection de la faune — comme on appelle aujourd’hui les gardes-chasse — qui couvrent le grand Montréal ne manquent pas de boulot. «L’an dernier, nous avons dû intervenir au parc des Îles-de-Boucherville, où des Montréalais chassaient le chevreuil la nuit, raconte Alain Dechêsne. Ils se servaient d’arbalètes plutôt que de fusils, pour éviter que les coups de feu ne les fassent repérer. Nous avons aussi eu des cas de chasse au collet, dans le coin de Rivière-des-Prairies. Le plus souvent, les braconniers pistent le chevreuil ou pêchent, mais il y a de plus en plus de cas de captures illégales de chardonnerets, de petits oiseaux colorés, qui sont vendus sur le marché noir.» Le travail de ces gardes-chasse urbains ressemble un peu à celui des détectives. «Pour démanteler les réseaux, il faut d’abord découvrir leur modus operandi, les observer avec des télescopes et des lunettes de vision nocturne, dit Alain Dechêsne, qui a 30 ans de métier. Dans la forêt, on peut se cacher derrière les arbres, c’est facile. Mais quand on fait de la surveillance au milieu de la foule dans le Vieux-Port, où des gens pêchent illégalement le brochet et le doré, passer inaperçu avec tout notre équipement demande pas mal d’ingéniosité!» Mis à part les braconniers, les agents doivent faire face à des propriétaires d’animaux originaux. «Dans une ville comme Montréal, il y en a qui ont des goûts particuliers et qui se procurent illégalement des animaux exotiques. J’ai déjà saisi des alligators chez quelqu’un qui avait transformé son appartement de Rosemont en une véritable forêt tropicale. Le type avait des serpents venimeux et avait installé les alligators dans une pataugeoire pour enfants! Ça puait là-dedans…» Alain Dechêsne et ses collègues ne s’étonnent plus de ce genre de cas. L’homme sourit toutefois en évoquant la surprise des jeunes agents qui arrivent de la Gaspésie ou de la Côte-Nord et qui se retrouvent aux prises avec la faune urbaine. «Ils n’ont aucune idée de ce que le travail en ville exige. Par exemple, à Montréal, contrairement aux régions, on compte beaucoup de communautés culturelles. Et ces communautés sont souvent adeptes de chasse et de pêche. Il y a quelques années, nous avons découvert que des Chinois allaient à Rivière-des-Prairies pour y pêcher, même en période interdite, une espèce menacée: l’alose savoureuse. Pour réussir à faire respecter la loi en dépit de la barrière linguistique, le ministère des Ressources naturelles et de la Faune du Québec a fait imprimer un petit livre qui énumère les règles dans une dizaine de langues.» Les gardes-chasse mettent souvent la main au collet des mêmes contrevenants. Les actes de braconnage relèvent du Code pénal et ceux qui se font prendre doivent payer une amende, souvent dérisoire. Mais Alain Dechêsne est optimiste: «Quand j’ai commencé à travailler, les petits braconniers étaient valorisés par leur entourage. Aujourd’hui, les mentalités ont changé, surtout en ville. Le sentiment antichasse y est fort et les gens sont prompts à dénoncer ceux qui s’en prennent aux animaux. En fait, le pire ennemi des agents qui travaillent à Montréal, ce sont les bouchons de circulation!»

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L’université des patenteux

Une voiture made in Québecqui fait 687 km au litre, ça vous dirait? Le Québec conçoit également les meilleurs sous-marins-robots, avions-cargos, hélicoptères intelligents, motoneiges silencieuses et sous-marins à propulsion humaine… Serait-il en train de monter secrètement une armée futuriste? Qu’on se rassure: il s’agit de prototypes d’engins élaborés par les clubs étudiants de l’École de technologie supérieure (ETS), la dernière-née des écoles d’ingénieurs du Québec. Depuis 10 ans, les étudiants de l’ETS s’illustrent dans presque toutes les compétitions interuniversitaires, battant souvent à plate couture des facultés aussi prestigieuses que celles du Massachusetts Institute of Technology ou du California Institute of Technology. Lors des compétitions 2005 de la série Mini Baja (véhicule tout-terrain amphibie), ils ont même dominé outrageusement, remportant les trois concours organisés par la Society of Automotive Engineers, une première en 100 ans. Et dire que le Québec n’a pas d’industrie automobile! La clé de ces succès: de petits débrouillards capables de concevoir leur propre transmission, de monter un banc d’essai pour hélice d’avion, d’assembler une carte électronique maison, d’usiner une roue de voiture de course… Cette performance s’explique par le fait que tous les étudiants arrivent à l’ETS avec, dans leur coffre à outils, un diplôme d’études collégiales en technologie plutôt qu’un DEC en sciences de la nature. Ce profil de technicien qualifié et de patenteux génial n’est qu’un des traits qui distinguent l’ETS des autres écoles et facultés de génie québécoises et même canadiennes. Ce jeune établissement, fondé en 1973, compte maintenant autant d’étudiants — près de 5 000 — que la vénérable École polytechnique, pourtant centenaire. Déjà, 8 000 des 48 000 ingénieurs du Québec sont issus de ses rangs et cette proportion est appelée à croître, puisqu’on y forme le quart des étudiants en génie de la province. Outre le profil particulier de ses recrues, l’ETS a trois autres particularités: des stages obligatoires; une pédagogie axée sur la pratique; et une approche appliquée du génie qui se décline dans ses laboratoires, ses clubs étudiants et son incubateur d’entreprises. L’ETS est en effet l’une des deux seules écoles de génie au Canada (avec l’Université de Waterloo, en Ontario) où les stages en entreprise — au nombre de trois — sont obligatoires depuis les débuts. Chaque année, 12 agents de l’École sillonnent le Québec et démarchent 9 000 entreprises pour permettre à 2 150 étudiants de mettre leurs connaissances à l’épreuve. La réponse du milieu est si enthousiaste que le tiers des stages ne trouvent pas preneur. «L’École de technologie supérieure a été créée pour aider le Québec à combler son retard technologique», dit Yves Beauchamp, son directeur général, qui ne perd pas de vue que l’établissement a deux «clientèles»: les étudiants, mais aussi l’industrie québécoise, qui occupe la moitié des sièges au conseil d’administration. Pierre Rivet, directeur des stages, explique pour sa part que l’École joue un rôle stratégique pour les PME. «Les employeurs aiment beaucoup nos stagiaires, qui sont d’entrée de jeu des techniciens qualifiés, qui connaissent les ateliers de production, les machines, qui maîtrisent le maniement d’un oscilloscope ou la lecture des plans… Et à la fin de leurs études, 40% d’entre eux seront embauchés par l’entreprise qui les avait accueillis.» Rémunérés à environ 11 000 dollars chacun, ces stages annuels assurent aux ingénieurs en herbe un revenu minimal et limitent d’autant leurs dettes d’études. Pierre Rivet a constaté que 20% des étudiants abandonnent s’ils attendent au troisième trimestre pour faire leur premier stage, alors que seulement 10% jettent l’éponge s’ils le font en 1re année. Retenir les étudiants est une question cruciale à une époque où le nombre de ceux qui s’intéressent aux sciences est en baisse, et à plus forte raison pour une école comme l’ETS, dont le profil de l’effectif n’est pas celui des «bollés» en maths, physique et chimie du secondaire. «Vous ne pouvez pas savoir combien d’étudiants qui pochaient les cours de sciences au secondaire sont venus me trouver pour me dire qu’ils étaient surpris qu’on ait pu non seulement leur faire comprendre ces matières, mais aussi les leur faire aimer», dit Robert Papineau, qui a dirigé l’ETS pendant 18 ans avant de passer à Polytechnique, en 2004. L’ETS a mis au point — deuxième grande particularité — une pédagogie axée sur la pratique et l’application. «Ses dirigeants consultent beaucoup l’industrie pour valider le contenu des cours offerts», confirme Réal Laporte, ancien de l’ETS devenu président d’Hydro-Québec Équipement et PDG de la Société d’énergie de la Baie James. La plupart des sujets de thèse de maîtrise et de doctorat de ses étudiants collent d’ailleurs de très près aux besoins de l’industrie. Les classes sont petites — 32 étudiants en moyenne et jamais plus de 50 —, alors qu’elles font facilement le double, voire le triple, dans les autres facultés. De plus, tous les cours sont suivis d’un labo obligatoire de deux heures par semaine ou, dans le cas des maths, d’un tutorat concernant les problèmes pratiques, contre 30% des cours à Polytechnique. «Et tous nos professeurs doivent avoir une expérience dans l’industrie, dit Yves Beauchamp. Les bons candidats qui n’en ont pas, nous les envoyons six mois ou un an se former en entreprise!» Christian Masson, titulaire de la Chaire sur l’aérodynamique des éoliennes en milieu nordique, lui-même un pur produit de Polytechnique, a adapté son enseignement. «Les étudiants connaissent très bien les produits existants et les fabricants, explique-t-il. Le diamètre d, la vitesse v, ça passe en classe, mais un élève demandera certainement comment l’équation marche avec une turbine de deux mètres de telle ou telle marque. Il est faux de croire que la plupart des étudiants en génie sont des petits vites qui ont gossé dans des moteurs de tondeuse. C’est cependant vrai des étudiants de l’ETS.» Et au terme de leur cursus, ils seront devenus des spécialistes à part entière, des «ingénieurs d’application». Un type dont la profession a grandement besoin, car les trois quarts des ingénieurs ont une formation beaucoup plus théorique. Selon le doyen de la Faculté des sciences et de génie de l’Université Laval, Jean Sérodes, «il n’y a pas de distinction fondamentale dans les programmes. Cela dit, des différences d’orientation vont faire que certains diplômés de l’ETS sont plus pratiques mais plus limités devant un problème théorique, plus manuels que cérébraux.» Alain Chabot, étudiant en génie mécanique de l’ETS et membre du club Formule SAE (qui construit des bolides de course), rétorque: «Un étudiant de Polytechnique qui tombe dans un trou va se demander pourquoi et comment. Nous, on cherche à sortir du trou.» «Au fil des années, sur le terrain, les différences de profil ont tendance à s’estomper», précise toutefois Réal Laporte. La troisième grande particularité de l’École de technologie supérieure est qu’elle consacre deux directions séparées à ses clubs étudiants et à son incubateur d’entreprises. Les étudiants sont fortement encouragés à y participer — même si ces activités périscolaires ne sont pas comptabilisées —, car les clubs et les entreprises en gestation sont une véritable école dans l’École, et leurs participants sont au bout du compte les candidats les plus recherchés lors des stages et à l’embauche. La raison: ces étudiants ont dû faire face à la réalité du travail; ils ont géré un budget de développement, trouvé les mots pour intéresser des commanditaires; ils ont travaillé au sein d’équipes multidisciplinaires et se sont même colletaillés aux autorités. Cet apprentissage ne se fait pas sans heurts. «L’année dernière, les douaniers américains ont jugé notre prototype suspect et nous sommes arrivés à San Diego avec seulement une moitié de sous-marin!» raconte Félix Pageau, étudiant en génie logiciel et capitaine de l’équipe du sous-marin-robot SONIA (pour «système d’opération nautique intelligent et autonome»), qui s’est malgré tout classé deuxième. «Pour récupérer les pièces saisies à la douane, ce fut une véritable course contre la montre!» L’incubateur d’entreprises participe du même projet pédagogique. Son fondateur, Jacques Fortin, était le comptable de l’ETS, mais surtout un passionné d’entrepreneuriat. Au début des années 1990, il s’est aperçu que rien n’était fait pour affûter le sens des affaires de ses étudiants. Dès 1995, il avait établi un système de parrainage. L’incubateur regroupe à ce jour 37 entreprises en devenir, sans compter les 28 autres qui volent déjà de leurs propres ailes et emploient près de 300 personnes. Parmi les vedettes, il y a le Groupe GBA, avec ses pieux vissés, SOE Technologie, avec sa transmission à 110 vitesses, et Théorème, qui conçoit une ampoule de serre utilisant seulement 25% de l’énergie d’une ampoule classique et durant de quatre à cinq fois plus longtemps! Difficile aujourd’hui de croire que l’ETS a failli mourir dans l’œuf parce que ses diplômés n’étaient pas reconnus par l’Office des professions du Québec et par l’Ordre des ingénieurs du Québec, ce dernier jugeant, en 1978, qu’ils n’avaient pas suffisamment de compétences et d’années d’études pour devenir ingénieurs. L’École fut sauvée grâce à l’intervention providentielle de Robert Papineau, ingénieur qui l’a dirigée de 1986 à 2004. Il a réglé la crise en rehaussant les standards de l’établissement, faisant passer le nombre d’unités de 70 à 105, et le temps de formation de deux ans à trois ans et demi. En trois ans, l’ETS obtient la reconnaissance officielle comme école d’ingénieurs et organise des séries d’examens extrêmement exigeants permettant aux anciens diplômés de devenir ingénieurs. Depuis cette renaissance, la maison d’enseignement a vu le nombre de ses étudiants quintupler et s’est établie au coin des rues Peel et Notre-Dame. Sa croissance est telle qu’elle lance un programme d’agrandissement de 64 millions de dollars — on manque de labos. Il règne une fébrilité particulière au sein du corps professoral de l’ETS. «Nous sommes une jeune école et tout est à bâtir», dit le professeur Louis A. Dessaint, titulaire de la Chaire de recherche TransÉnergie sur la simulation et la commande des réseaux électriques. Moins de deux ans après sa reconnaissance officielle, en 1990, l’École crée un premier programme de maîtrise, puis en ouvre un de doctorat, en 1998. Ses programmes de cycles supérieurs attirent aujourd’hui 1 000 étudiants, dont la moitié venus de l’étranger. Depuis 2003, elle a plus que doublé ses budgets de recherche et créé sept nouvelles chaires de recherche. L’École de technologie supérieure avait aussi pour mission d’aider le Québec à rattraper son retard économique. L’apport des écoles d’ingénierie à ce chapitre est mesurable: le nombre d’ingénieurs pour 100 000 habitants est passé au Québec de 77 à 125 en 15 ans. D’autres statistiques illustrent la contribution majeure de l’ETS au Québec de demain. Par exemple, 80% de ceux qui la fréquentent sont des étudiants universitaires de première génération, c’est-à-dire qu’aucun de leurs parents n’avait fréquenté l’université. Autre exemple: l’ETS envoie dans les régions — aux prises avec un fort exode rural — 20% de ses ingénieurs, alors que seulement 15% de ses étudiants en viennent. «L’ETS est un puissant message d’espoir pour les jeunes et le Québec», dit le professeur Kamal Al-Haddad, qui dirige le Groupe de recherche en électronique de puissance et commande industrielle. «Autrefois, ceux qui n’avaient pas de DEC en sciences de la nature se faisaient dire qu’ils resteraient des techniciens à vie. L’ETS leur permet non seulement de devenir ingénieurs, mais de faire une maîtrise, un doctorat et — qui sait? — d’obtenir le Nobel! The sky is the limit!»

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Beaux parleurs, petits faiseurs

Les résultats reposent sur 1 002 entrevues téléphoniques, dont 601 au Québec et 401 dans le reste du Canada. Les entrevues ont été réalisées du 11 au 22 janvier 2007. La marge d¹erreur de l¹échantillon québécois est de plus ou moins 4%, celle de l¹échantillon hors Québec, de plus ou moins 5%. Vous habitez une petite ville où le taux de chômage est de 15%. Une usine veut s’y installer, mais ses eaux usées rendraient impossibles la baignade et la pêche dans un lac voisin. Devrait-on autoriser l’usine? Québec Autres provinces 2007 1992 2007 1992 OUI, si elle crée 100 emplois 14 % 16 % 14 % 10 % OUI, si elle crée 1 000 emplois 10 % 15 % 6 % 15 % NON 76 % 69 % 80 % 75 % Seriez-vous prêt à payer plus d’impôts pour protéger l’environnement et empêcher la pollution? Québec Autres provinces 2007 1992 2007 1992 A) 10 % D’IMPÔTS DE PLUS Prêt 55 % 46 % 66 % 60 % Pas prêts 44 % 49 % 33 % 35 % B) 2 % D’IMPÔTS DE PLUS Prêt 76 % 64 % 82 % 77 % Pas prêt 22 % 29 % 17 % 18 %

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Le Web à deux vitesses ?

Les hommes sont tous égaux face au Web. Son accès est universel. Il y a bien ceux qui paient pour un accès Internet à haute vitesse. Mais vite ou lentement, les internautes ont accès à la même information, puisque les fournisseurs de service transportent toutes les données sans discrimination. Ce principe, que l’on appelle «neutralité des réseaux», est aujourd’hui menacé. Aux États-Unis, les grandes entreprises de téléphonie et de câble — comme AT&T, Verizon, Time-Warner ou Comcast — aimeraient introduire un Internet à deux vitesses: une voie rapide pour les sites qui accepteraient de leur verser des mensualités et une autre, plus lente, pour… tous les autres. Si les réseaux parviennent à imposer leurs vues, Yahoo pourrait, par exemple, payer leurs propriétaires pour que ses pages se chargent plus rapidement que celles de Google, comme l’a ouvertement envisagé à la fin de 2005 William Smith, l’un des dirigeants de BellSouth, société de communications américaine. De la même façon, les sites et blogues qui n’auraient pas les moyens de payer les abonnements verraient leurs pages se charger plus lentement. Pour l’internaute, les effets en seraient subtils mais importants. Selon Frannie Wellings, l’une des responsables de Savetheinternet.org, coalition qui défend les intérêts des utilisateurs du Web aux États-Unis, la différence entre les sites «prioritaires» et les autres ne serait pas énorme, mais suffisante pour qu’on la remarque. «Vous voulez, par exemple, acheter un billet d’avion dans Internet. Si Travelocity offre le même tarif qu’Orbitz et a payé pour s’afficher plus rapidement que son concurrent, vous privilégierez forcément Travelocity.» La bataille se déroule autour du «dernier kilomètre», segment qui relie l’utilisateur au commutateur du réseau. «Ce tronçon appartient aux sociétés de télécommunications, explique David Farber, professeur d’informatique à l’Université Carnegie Mellon, de Pittsburgh. C’est là qu’elles ont la possibilité de déterminer, en fonction de l’origine des données, la vitesse avec laquelle celles-ci sont transmises à l’internaute.» L’affrontement a pour l’instant lieu aux États-Unis. Les membres de la Chambre des représentants Ed Markey et Rick Boucher, deux démocrates, veulent faire passer une loi qui interdirait l’introduction d’un service Internet différencié. Une initiative similaire s’était soldée par un échec l’année dernière, mais Rick Boucher voit dans le retour de son parti au pouvoir au Congrès, en novembre dernier, l’occasion de relancer son combat. «Une loi sur la neutralité des réseaux sera l’une de nos priorités, affirme-t-il. Et je suis convaincu que nous obtiendrons cette fois les voix nécessaires.» En face, les sociétés de télécommunications ont créé une coalition: Hands off the Internet (littéralement, «touche pas à Internet»: www.handsoff.org). Ce groupe accuse les élus de vouloir contrôler Internet. Il affirme aussi que l’introduction d’un service à péage permettrait de financer le développement de leurs réseaux, saturés par le flux grandissant de données. Les répercussions d’un changement des règles du jeu aux États-Unis ne seraient pas directes pour l’internaute canadien. Comme le rappelle David Farber, de l’Université Carnegie Mellon, la «colonne vertébrale d’Internet» — les connexions entre les différents réseaux internationaux — ne serait pas touchée par la mise en place d’un Web à deux vitesses aux États-Unis. Tant que les sociétés de télécommunications canadiennes ne s’attaqueraient pas au «dernier kilomètre», il n’y aurait pas de différence dans le service. Michael Geist, professeur de droit à l’Université d’Ottawa et spécialiste des questions relatives à Internet, craint cependant un effet boule de neige du côté canadien. Il a recensé de nombreuses initiatives d’entreprises — dont Telus, Shaw, Rogers (propriétaire de L’actualité) et Vidéotron — pour se rapprocher d’un Internet à deux vitesses. «Vidéotron a, par exemple, proposé en novembre dernier que les fournisseurs de contenu paient une taxe selon la masse de données qu’ils mettent sur la Toile», explique Michael Geist. Il s’inquiète aussi du refus de Maxime Bernier, ministre de l’Industrie du Canada, de s’engager publiquement en faveur d’un Web universel. Aux États-Unis, Internet tel qu’on le connaît semble en sursis. La Commission américaine des communications a en effet donné son feu vert à la fusion entre AT&T et Bell South, à la condition que la nouvelle société n’introduise pas le système à deux vitesses… avant deux ans.

L'écolo raisonnable Santé et Science

L’écolo raisonnable

L’un des cofondateurs de Greenpeace, le Canadien Patrick Moore, dénonce les dérives de ses anciens compagnons d’armes. Les principaux obstacles à l’atteinte des objectifs du protocole de Kyoto, dit-il, ce sont eux!

L'Inde protège la planète Monde

L’Inde protège la planète

On l’imagine polluée. Elle l’est. Mais l’Inde se convertit peu à peu aux industries propres, qui lui permettent de tirer profit des crédits de carbone. Les contrats affluent de partout!

Un prophète nommé Guilbeault Santé et Science

Un prophète nommé Guilbeault

Il incarne, presque à lui seul, la préoccupation des Québécois pour l’environnement. Omniprésent dans les médias, courtisés par les partis politiques, Steven Guilbeault est aux yeux du public la star incontestée des écolos. Histoire d’une ascension.