Panama: massacrer la nature avec l’argent des riches

Si au moins l’argent camouflé au Panama servait à une bonne cause, on trouverait peut-être la pilule des Panama Papers un peu moins amère. 

Panama City, au Panama (Photo: Matthew Straubmuller/Flickr)
La Ciudad de Panama (Photo: Matthew Straubmuller/Flickr)

Mais dans ce pays, considéré comme un des centres financiers les plus opaques de la planète, il a surtout permis de massacrer l’environnement, et n’a évidemment pas sorti grand monde de la pauvreté.

Depuis la crise financière de 2008, le Panama a poursuivi sa croissance économique au rythme de 6 % à 10 % par an et son produit intérieur brut dépasse aujourd’hui les 47 milliards de dollars. Cette croissance, parmi les plus rapides au monde, a profité en partie à la classe moyenne, mais le Panama reste un pays de très grandes inégalités sociales: le coefficient de Gini était de 0,517 au Panama en 2013, contre 0,411 aux États-Unis et 0.326 au Canada (plus ce chiffre est proche de 1, plus les inégalités sont criantes). Plus de 25 % de la population est considérée comme pauvre, et un Panaméen sur dix vit dans l’extrême pauvreté.

Le ministère de l’environnement du Panama n’a été créé… qu’en mars 2015. Le pays est l’un des rares au monde à ne pas avoir soumis de cible de réduction des émissions de gaz à effet de serre à la COP21, la dernière Conférence des Nations Unies sur le climat.

Pourtant, le pays jouit, de par sa position géographique, d’une incroyable biodiversité. Sur un territoire 20 fois plus petit de Québec, on compte par exemple 1002 espèces d’oiseaux, soit plus que dans tout le Canada et les États-Unis réunis.


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La Ciudad de Panama, la capitale où vivent environ 1,5 millions de personnes, est située à l’embouchure du canal qui coupe le pays en deux, sur la côte pacifique. Depuis le début des années 2000, elle s’est transformée du tout au tout. Panama compte aujourd’hui une vingtaine de gratte-ciel de condos de plus de 200 mètres de haut, tous construits depuis 2008 (le plus haut, le Trump Ocean Club International Hotel &Tower a été érigé par la compagnie de Donald Trump pour 260 millions de dollars entre 2007 et 2011). Des centaines d’autres buildings à peine plus petits ont poussé comme des champignons.

La ville nouvelle a poussé au détriment d’une des zones de mangrove les plus importantes d’Amérique centrale, qui servait autant aux oiseaux migrateurs qu’à l’épuration naturelle de l’eau et à la protection de l’érosion. La qualité de l’eau s’est considérablement dégradée dans tous les environs, d’autant plus que les installations de traitement de l’eau et des déchets n’ont pas suivi la croissance urbaine.

Selon le rapport GEO 2014 fourni aux Nations Unies, la proportion du Panama couverte de forêts est passée de 45 % en 2000 à moins de 40 % aujourd’hui. Le nombre de voitures immatriculées a doublé depuis 2009, et la capitale connait d’énormes embouteillages malgré la construction du premier réseau de métro d’Amérique centrale.

En 2012, le gouvernement panaméen a même envisagé de retirer son statut d’aire protégée à une partie de la baie de Panama considérée comme un site d’intérêt mondial pour la préservation de la biodiversité, où hivernent deux millions d’oiseaux de l’Amérique du nord. Il a fallu une mobilisation internationale de la Audubon Society, qui a porté la cause jusque devant la Cour Suprême, pour qu’en 2015, le président Juan Carlos Varela revienne sur la décision de son prédécesseur.

Ricardo Martinelli, chef du gouvernement de 2009 à 2014, est aujourd’hui en fuite et visé depuis décembre dernier par un mandat d’arrêt pour détournement de fonds publics et divers autres crimes financiers. Varela, élu en 2014, semble un peu plus sensible à l’environnement… Mais il faudra des années pour réparer les pots cassés.

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Cette réalité n’est pas unique aux pays pauvres il en est de même pour les pays industrialisés où les centre villes font une course aux “joyaux de l’immobilier” dont les coûts sont de plus en plus faramineux puisque les formes exigent des prouesses de l’ingénierie, le tout, bien entendu afin d’augmenter les frais des architectes payés au pourcentage des ouvrages dont les hallucinations atteignent d’année en année des sommets jamais obtenus auparavant.

Les coûts de constructions, souvent entre les mains de la mafia, tant au Canada que partout sur la planète augmente le coût de location des bureaux qui en retour doivent être payé par les citoyens qui font des affaires avec les sociétés qui les payent.

Avant de se payer un Rembrandt et une décoration digne de Léonardo da Vinci, nous devrions penser à permettre aux citoyens de se payer un toit pour se loger et au moins un repas à chaque jour.

Nous entendons parler des pays scandinaves comme exemple pour leur développement et urbanisme mais nous oublions que ces pays sont endettés jusqu’au coup. Il y a toujours deux côtés à chaque médaille. Je n’ai rien contre la vertu mais celle-ci n’a rien à voir avec le développement humain qui relève des secteurs de l’éducation de la santé et du bien être général des citoyens.

Le développement tout azimut des pays producteurs de pétrole est un exemple du “m’a tu vu”, sauf pour le Venezuela qui est le seul pays à redonner aux citoyens les bénéfices de sa production.

L’argent qui fut la plus grande invention de tous les temps est devenus celle qui nous mènera tous dans la dèche. Ma mère répétant sans cesse que “parmi tous les animaux vivant sur cette terre c’est l’humain qui demeurait le plus bête”.

En unissant les deux, les humains et l’argent, ne peut mener le genre humain que vers une déchéance tant économique que sociale déjà dégradante, vers la fin de son empire capitaliste à sens unique et du “je, me, moi” qui lui est intrinsèque vers son déclin. Puisque l’empire présumé communiste de Poutine a une saveur pro capitalisme depuis une vingtaine d’années, il est fort probable que “ça va brasser” et que compte tenu du très grand nombre de soldats, nous assisterons à un carnage d’une ampleur démoniaque. Il semble aussi que la vente d’équipements militaires aux forces policières aux États-Unis servira à des massacres de moindre ampleur mais atteindra les mêmes proportions qu’en Russie.

Je répète depuis le début des années 2000 qu’il n’y aura pas de troisième guerre mondiale. Se sont des guerres civiles qui se déclareront en domino, causé par les citoyens des pays qui en ont par-dessus la tête de se faire emmerder par leur gouvernement respectif et les grandes corporations qui les conservent dans une position économique de plus en plus fragile.

Les gouvernements sont actuellement dans une impasse économique. Ils ont des déficits et dettes incontrôlables et ont dû conserver depuis cinq ans, les taux d’intérêt à un taux plancher afin de ne pas les augmenter et permettre aux citoyens qui n’ont pas les moyens de s’acheter de châteaux de cartes sur évalués et de leur permettre de faire leurs versements sans trop de difficulté.

Mais ce temps est terminé et prend fin en 2016, du moins c’est ce qu’ont annoncé la FED américaine, et la Banque de l’Union européenne. Les taux subiront deux augmentations durant 2016 pour les États-Unis et trois pour l’Europe. Durant ce temps, les Asiatiques s’endettent à une vitesse sans précédent.

Il faut comprendre que l’argent provient de quelque part et les pays qui “hypothèquent” en grande partie nos dettes veulent un meilleur rendement qu’un taux à 1% sur leurs placements.

À suire… (sic)