Parabènes: ridicule chasse aux sorcières chimiques

Début mai, les députés de l’Assemblée nationale française ont voté un projet de loi en faveur de l’interdiction des parabènes sur le territoire de l’Hexagone, contre l’avis du gouvernement et des experts.

Mais voilà que les Français viennent de découvrir, grâce à un article du quotidien Le Monde, que ces agents conservateurs largement présents dans les produits cosmétiques entrent aussi dans la composition de centaines de médicaments!

Que vont faire les députés? Revenir sur leur décision ? Forcer l’industrie pharmaceutique à changer ses recettes ? Et pour mettre quoi à la place des parabènes ?

Toute cette histoire illustre à merveille le ridicule de la chasse aux sorcières menée contre certains produits chimiques, alors qu’il existe certainement des milliers de dangers plus graves qui pèsent sur l’humanité.

Depuis des décennies, les parabènes sont utilisés comme agents de conservation dans beaucoup de produits, car ils sont d’excellents antibactériens et antifongiques.

Ces substances existent aussi à l’état naturel, notamment dans l’orge, les fraises, les carottes, les bleuets, etc.

Que ces molécules soient d’origine naturelle ou synthétisée par l’industrie ne change évidemment rien à leur éventuelle toxicité. Si vous en doutez, ouvrez n’importe quel livre de chimie de niveau secondaire pour remettre vos connaissances à jour sur ce qu’est une molécule.

Les parabènes pourraient, selon certaines études, perturber certains mécanismes hormonaux et engendrer, en théorie, une diminution de la fertilité pour l’homme et une éventuelle promotion de tumeurs œstrogéno-dépendantes chez la femme.

Leur effet perturbateur serait infime, mais on craint que l’exposition par le biais de nombreux produits ne puisse finir par s’avérer dangereuse.

Cela a suffi pour en faire de véritables monstres aux yeux de certains pourfendeurs de la «méchante industrie chimique qui aura notre peau c’est sûr».

Certes, compte tenu de leur usage très répandu, ce n’est peut-être pas une mauvaise idée d’essayer de mieux comprendre le risque que posent les parabènes.

Mais dans leur empressement à plaire à leurs électeurs qui diabolisent ces maudites substances, les députés français ont «oublié» un détail : les parabènes sont métabolisés par le corps humain.

Même leurs opposants les plus véhéments reconnaissent qu’on ne risque probablement rien à en avaler!

«Les parabènes des aliments sont métabolisés lorsqu’ils sont ingérés, ce qui les rend moins fortement oestrogéniques», explique la Fondation David Suzuki sur son site.

Moins que très très peu, ça commence à devenir sérieusement négligeable.

Dans leur aveuglement, les députés français vont donc mettre des bâtons dans les roues de fabricants de médicaments tels que certains agents de chimiothérapie, tout cela pour protéger leurs concitoyens d’un risque de cancer ultrahypothétique! C’est tout simplement stupide.

Et si on interdit les parabènes des médicaments ou des cosmétiques, on va mettre quoi à la place pour empêcher que ces produits moisissent ? Des nouvelles substances qu’on connait encore moins bien que les parabènes ? Rien, avec les risques que cela pourrait représenter? Et qui va payer pour les changements?

Me semble pourtant que les députés socialistes qui ont appuyé ce projet de loi déposé par le Nouveau Centre auraient une multitude de problèmes plus urgents à régler que celui des parabènes…

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Vous avez raison, la France est devenue la fille ainée de la Trouille, la filiation avec l’Église n’étant plus à la mode. La question véritable est celle de la sensibilité de l’électorat à ces interrogations (au pluriel, car les trouilles sont multiples).
Si, régulièrement, des manifs de quelques dizaines de porteurs de pancartes se réunissent sur le nucléaire, le gaz de shiste, les OGM, , le téléphone portable, les lignes à haute tension,les nano-technologies, la majorité des citoyens, tout en opinant du bonnet, continue à vivre sans rien changer à ses habitudes. Déterminerait-elle son vote sur ces questions? Les politiques hésitent à en prendre le risques au nom de la raison.

Je n’ai aucune connaissance dans ce domaine, mais avec un peu de logique on peut aussi tenir un raisonnement différent (non que vous n’ayez pas de logique) :
Si il y a un doute, même plus que petit sur le parabène, autant le supprimer du superflu (les cosmétiques) et le laisser là où l’évaluation du bénéfice risque est favorable à sa présence, comme dans les anti cancéreux. Ce n’est pas la première fois que je poste sur ce blog en évoquant le principe du bénéfice risque. C’est une notion qui semble vous échappez et que vous devriez peut être cultivé (j’en avais déjà parlé sur si ma mémoire est bonne, sur le bénéfice risque des solutions d’imagerie médicale par rapport au détection des méladies, étant moi même atteint par une maladie orpheline nécessitant de fréquentes radio et scaner).
Après aucun doute, il y a des enjeux électoraux.

Superflus les cosmétiques ?
Et bien adieu shampooing, dentifrice, savon…
Bref ce qui permet d’assurer l’hygiene la plus basique.
Ce n’est peut être pas une priorité pour tous après tout !, Oublions aussi la crème de protection solaire… Rien de tel qu’un bon gros coup de soleil pour se sentir en vacances.
Mesdames et messieurs les primitifs allez psychoter dans votre coin mais laissez nous vivre !

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