Partenariat public-privé: mon œil!

Les sombres reportages à propos des frais accessoires et des liens douteux entre le public et le privé vous font tourner de l’oeil? Le Dr Alain Vadeboncoeur s’applique à clarifier le tout. 

iStockphoto
iStockphoto

Le reportage troublant de l’émission Enquête à propos de l’Institut de l’œil des Laurentides m’a donné la nausée, pas vous? Si tout cela s’avère exact, je ne suis pas très fier de certains représentants de ma profession. La dérive de ce partenariat privé-public (PPP) en santé paraît en effet avoir ouvert la porte à de solides abus.

Mais aujourd’hui, je ne vais pas vous parler du fond des choses, comme je l’ai déjà fait ici, je vais plutôt m’attarder à ces concepts qu’on lit partout, parfois dans la confusion: «privé» et «public». Que comprenez-vous des mots «privé» et «public» dans le contexte de ce PPP? Qu’est-ce qui est «privé» ou «public» dans l’Institut de l’oeil? Le financement? La prestation des soins? Les appareils? La clinique? Les honoraires des médecins? Un peu tout ça?

Je vais essayer de vous aider à y voir un peu plus plus clair. En résumé, ce PPP est une clinique privée, financée à la fois par le public et le privé. Par le public, grâce aux honoraires de la RAMQ versés aux médecins et les sommes versées par l’Hôpital de Saint-Jérôme à la clinique pour chaque chirurgie. Et par le privé, en raison des frais accessoires payés par les patients, des extras demandés pour certaines lentilles et, peut-être, des assurances privées.

Mais, au départ, même ce terme «clinique privée» est parfois mal compris. Surtout qu’il peut désigner tout autant la clinique privée de votre médecin, qui ne vous coûte rien, que la clinique «privée-privée» du Dr Marc Lacroix, où vous devez débourser pour des soins. Et que penser du terme assez juste mais moins courant de clinique «privée-conventionnée», qu’affectionne le ministre Gaétan Barrette. Le mot «conventionné» signifie simplement ici que la clinique est liée à l’État par une entente, notamment tarifaire.

On peut aussi embrouiller davantage les concepts en affirmant que les futures «super-cliniques» du ministre seront publiques — alors qu’elles sont plutôt privées, comme on va le voir.

Financement public ou privé?

Pour mieux comprendre, il faut séparer la question du financement (d’où vient l’argent) de celle de la prestation (où donne-t-on les soins). C’est qu’il y a du financement public et privé et de la prestation publique et privée.

Commençons donc par le financement, le nerf de la guerre. Le concept est plus subtil qu’on peut le penser. La meilleure façon de l’illustrer, c’est de suivre l’argent. Parce que c’est la trajectoire de l’argent, justement, qui détermine la nature du financement. La bonne question serait donc non pas «d’où vient l’argent?» mais plutôt: «par où passe l’argent?»

Parce que l’argent, vous savez, qu’on parle de financement «privé» ou «public», il vient toujours de la même place, c’est-à-dire de nos poches, autant celles de personnes physiques (vous et moi) que d’entreprises. Entre financement public et financement privé, c’est plutôt le chemin emprunté par cet argent qui diffère. Vous me suivez?

Pour mieux suivre, définissons un autre mot, peu utilisé, mais très utile, celui de «mutualisation». De quoi s’agit-il? Selon Antidote, mutualiser, c’est «répartir (une chose désagréable) entre les membres d’une collectivité». J’aime particulièrement la précision «désagréable»: puisqu’il s’agit de payer, la majorité des gens trouvent effectivement cela un peu «désagréable».

Il s’agit donc de mettre en commun les paiements, ici pour les soins de santé, c’est tout simple. C’est d’ailleurs le fondement de notre système de santé, et même de tout système de santé moderne, puisque sans cette mise en commun, il est impossible de disposer d’un système de santé accessible et cohérent.

Assurances privées ou publiques?

Puisqu’on parle d’argent, prenons au hasard l’exemple des frais accessoires, directement en cause dans le reportage d’Enquête. Il s’agit d’un paiement direct et tiré de la poche du patient, donc «privé». On est même dans la forme la plus pure — et la plus sournoise — du financement privé. Dans ce cas, il n’y a aucune mutualisation.

Au deuxième palier de la mutualisation, on retrouve les assurances privées, qui couvrent, par exemple, les frais pour une résonance magnétique en clinique privée (non couverte par la RAMQ), les services d’un psychologue travaillant hors établissement ou encore les médicaments si vous êtes couverts par une telle assurance. Il s’agit là aussi de financement privé, mais comportant un certain degré de mutualisation, puisque les assurés (et parfois les employeurs) mettent alors en commun leurs ressources.

La CSST correspond à un troisième degré de mutualisation. Quand les employeurs mettent en commun leurs ressources par des cotisations, on peut ainsi offrir aux travailleurs blessés un revenu d’appoint et des soins, souvent offerts en clinique privée, comme la physiothérapie. Il s’agit alors d’un système d’assurance quasi public, à large échelle, géré par un organisme parapublic.

Au plus haut niveau de la mutualisation, on retrouve enfin le financement public d’un système de santé généralement géré par l’État, comme chez nous, qui perçoit alors nos taxes et impôts et les redistribue pour assurer une prestation de soins au plus grand nombre.

Dans les différents systèmes de santé dans le monde, on applique ces modèles de mutualisation en proportions variables, même si le niveau étatique est habituellement prépondérant. Même aux États-Unis, où le privé occupe une large place, il y a de vastes portions publiques, comme Medicare, Medicaid ou Veterans. De façon surprenante, on y estime la part du financement public à environ 50 %, voire 60 %, du financement global, ce pourcentage tournant plutôt autour de 70 % chez nous. Ce qui est est bien moins que les 80 % à  85 % dans les pays européens.

En général, plus le financement est public, plus les soins sont prodigués en fonction des besoins et non des moyens, ce qui mène à un système globalement plus équitable.

La mutualisation

Au fait, pourquoi vouloir mutualiser le financement? C’est une question de partage des risques, comme le dit le mot. La maladie étant bien mal répartie dans la population, les plus malades d’entre nous obtiennent des soins qu’il est habituellement impossible de payer soi-même. Il s’agit de soins complexes, de chirurgies ou de séjours prolongés à l’hôpital, où des centaines de milliers de dollars sont en jeu.

La mutualisation, comme son nom l’indique, permet de payer pour les épisodes de soins coûteux des grands malades en mettant en commun les ressources du plus grand nombre possible de personnes. Les sommes requises proviennent d’ailleurs surtout des personnes en meilleure santé, souvent plus jeunes et aptes à travailler, et sont dirigées vers les grands malades, souvent des personnes âgées, par l’entremise de la redistribution.

Cette redistribution est majeure. Ainsi, on estime que plus de la moitié de nos ressources en santé permettent de soigner les 5 % des gens les plus malades, alors qu’inversement, moins de 5 % des ressources servent à soigner la moitié de la population, soit les moins malades. Autrement dit, les dépenses en santé sont utilisées de manière très asymétrique d’une personne à l’autre!

Prestation privée ou  publique?

Votre argent, perçu par les taxes et les impôts, mais aussi au moyen des frais accessoires, des primes d’assurance ou d’autres cotisations, sert donc à soigner les gens, surtout les plus malades, et c’est ce qu’on appelle la prestation des soins.

Quand on applique à cette prestation les qualificatifs «privé» et «public», le sens est différent de ceux donnés au financement. Il s’agit plutôt, dans ce cas, de savoir, pour simplifier, à qui appartient l’établissement où ces soins sont prodigués. Un hôpital appartient à l’État: c’est de la prestation publique; une clinique appartient généralement à un individu, un médecin par exemple: c’est de la prestation privée.

Les hôpitaux, les CLSC ou les CHLSD, établissements publics, offrent donc une prestation publique de soins, qui peut aussi inclure les soins donnés à domicile par des infirmières d’un CLSC, par exemple. La vaste majorité des frais y sont couverts par l’État. Par contre, les cliniques médicales, les centres d’accueil privés, l’Institut de l’œil, offrent des soins dans un cadre de prestation privée.

Le financement public

Mais ça se complique un peu, parce qu’il y a plusieurs combinaisons possibles des termes «privé» et «public» lorsque appliqués au financement ou à la prestation.

Dans le cas le plus simple, le financement public, provenant du gouvernement ou de programmes d’assurance parapublics comme la CSST, sert à budgéter un hôpital, payer son personnel ou les médicaments, acheter des équipements ou payer les médecins qui y travaillent, par exemple. On parle alors de financement public et de prestation publique.

Mais ce même financement public sert aussi, par ailleurs, à payer votre médecin dans sa propre clinique privée, ou l’infirmière de GMF (privé) qui suit chaque mois votre diabète, ou encore vos médicaments achetés en pharmacie (privée). On parle alors du financement public d’une prestation privée de soins. Ça reste équitable et la vaste majorité des systèmes de santé dans le monde fonctionnent ainsi en première ligne.

Par contre, alors qu’ils ne sont pas couverts par l’assurance publique lorsque donnés en dehors d’un établissement public, les soins dentaires des adultes ou les services de psychologie ou de physiothérapie sont couverts lorsqu’ils sont offerts à l’hôpital! Ce qui rend les choses un peu complexes, non?

De manière générale, retenez que la presque totalité des soins et services en établissements de même que tous les soins requis prodigués par les médecins sont couverts par le ministère de la Santé ou l’assurance publique qu’est la RAMQ.

Ce même financement public peut également couvrir des soins plus complexes, comme ceux offerts dans certains milieux extra-hospitaliers tel l’Institut de l’œil, en raison d’ententes de services négociées entre un hôpital et ces cliniques privées. Il s’agit, dans ce cas, du financement public d’une prestation privée de soins.

Le financement privé

Le financement privé s’applique plus souvent en dehors des établissements publics. Par exemple, sous forme de frais directs comme les frais accessoires dans les cliniques médicales (abolis depuis la fin janvier), ou encore, par l’entremise des assurances privées, pour payer un examen de tomodensitométrie (un service curieusement non couvert hors établissement) ou encore pour les médicaments à la pharmacie.

Mais pour compliquer encore une fois les choses, on retrouve un peu de financement privé dans les établissements, quand par exemple vous choisissez une lentille souple pour votre chirurgie de la cataracte plutôt que la lentille «standard», couverte par le régime public.

Et il ne faut pas oublier le cas des fondations hospitalières, qui occupent un rôle de plus en plus important dans le financement des hôpitaux, notamment pour l’achat de certains équipements onéreux. Il s’agit de financement privé, permettant cette fois d’assurer une prestation publique de soins. Mais en fait, ces dons aux fondations sont à la fois publics et privés, parce qu’elles permettent une économie d’impôt et sont donc indirectement financés par l’État. Ouf, ça finit par être compliqué!

Conclusion

Mais vous aurez au moins compris que, pour bien parler du «privé» et du «public» en santé, il faut d’abord préciser si on parle du financement ou de la prestation de soins. Parce que si cela n’est pas précisé, on peut vraiment faire dire n’importe quoi aux mots. Alors si vous tombez sur un éditorial ou même un blogue de médecin-militant et lisez une question «Pour ou contre le privé?» demandez-vous d’abord à quoi on fait précisément référence. Si ce n’est pas clair, passez à autre chose au lieu de perdre votre temps.

Et pour revenir à l’Institut de l’œil, vous pourrez lire ici la réponse de la clinique au reportage d’Enquête pour vous faire une idée par vous-mêmes. Je me permets de penser qu’il s’agit probablement d’une dérive de prestation privée en PPP, dont le financement à la fois privé (frais accessoires) et public (entente de service avec l’Hôpital Saint-Jérôme et honoraires de la RAMQ) s’est avéré à tout le moins plutôt lucratif pour les médecins ayant assuré cette prestation privée de soins. Pour cette fois, j’espère que c’est assez clair!

**

Alain Vadeboncœur est urgentologue et chef du service de médecine d’urgence de l’Institut de cardiologie de Montréal.


À lire aussi:

Le ministre Barrette n’assume pas sa propre loi


Les commentaires sont fermés.

Bonjour Dr. Vadeboncoeur!
Peut-être est-il temps de commencer à militer pour l’efficience, plutôt que de se crêper le chignon, à gauche ou à droite, public versus privé ? Encore faut-il en avoir un, car moi aussi j’ai le crâne plutôt dégarni.
Qu’en pensez-vous ?

Que ce soit par le biais des impôts, de primes d’assurances personnelles, ou d’assurances collectives (payés partiellement ou entièrement par l’employeur, constituent du salaire et par conséquent imposable à ce titre), par frais accessoires, de fondations au bout du compte c’est toujours qu’une seule personne paye, et c’est le citoyen. De plus, la vaste majorité des citoyens étant salariés, leur contribution est pour ainsi impossible à réduire, la possibilité de la réduire étant limitée, aux exemptions de base, au REER, au CELI (en autant que son salaire le lui permette).

De continuer à perpétuer la vérité alternative que le privé constitue un choix avantageux pour le citoyen sous prétexte d’une gestion plus rigoureuse évacuant totalement le fait que l’objectif premier d’une entreprise privée est non seulement la rentabilité et par surcroît, le profit est d’une naïveté, d’une mauvaise foi crasse voir même de malhonnêteté.

Sans oublier que ces médecins, de moins de 50 ans font partie de la génération dont les frais de scolarités ont été « mutualisés » et par conséquent payés par ceux-là même qui encore aujourd’hui paient, sans aucun échappatoire, le citoyen salarié, la vache à lait des profiteurs.

Les entreprises privées doivent attirer les clients et donner le meilleur service possible pour attirer le plus de clients possible parce que effectivement elles doivent faire un profit. Celles qui échouent à cette tâche sont remplacées par d’autres.

Dans un monopole public c’est l’inverse, moins on a de clients, plus on les décourage de venir moins ça coûte cher… Et si le monopole échoue il n’est pas remplacé et comme le montrent les multiples tentatives de réforme il est pratiquement irréformable.

Vous avez raison de parler des frais de scolarité, le problème commence là. Parce qu’on subventionne cette formation qui coûte très cher on doit limiter les entrées. En libéralisant les frais de scolarités (qui a offrir des bourse pour faciliter l’accès) on pourrait former beaucoup plus de médecins. De plus un système privé qui n’engagerait pas l’état pourrait accueillir plus de médecins étranger.

Plus de médecins, même trop ça veut dire des médecins en concurrence entre eux et des prix qui baissent. Pourquoi croyez vous donc qu’un médecin français gagne beaucoup moins que ce que gagne un médecin Québécois?

M. pBrasseur. Les contribuables payent 98.2% (au 31 mars 2016) des frais encourus pour chaque médecin car c’est un domaine qui exige beaucoup d’équipement de laboratoire, sont ceux qui ont le plus petit nombre d’étudiant par cour, et autres mais aussi la surveillance durant deux années par des médecins pratiquant pour leur résidence (internat).

Enquête faisait état qu’il y avait beaucoup trop de spécialiste puisque les jeunes depuis une dizaines d’années préfèrent se spécialiser que de faire de la médecine générale, d’où le fait que les listes d’attente ne diminuent pas.

En effet la main mise du Collège des médecins empêche la venue de médecins étrangers depuis des lunes et la majorité selon le Ministère de la santé, sont des praticiens de médecine générale.

Une des solutions pourrait de moduler les frais en fonction de la faculté à laquelle l’étudiant adhère???

Curieusement, la vérité ne plaît pas sur Twitter… Les ophtalmologistes se sont comportés comme des ogres. S’ils n’avaient pas exagéré avec les gouttes à 200$, nul n’aurait pu les blâmer. Ils ont fait 60,000 opérations…

En effet il y a le vrai secteur privé détaché de la RAMQ et le «privé» qui travaille pour l’état et qui n’est pas plus privé que ne le sont les travaux sur le réseau routier.

Le vrai secteur privé en santé est (pour le moment) marginal au Québec parce que l’interdiction d’assurance (unique en occident) consacre le statut de monopole du système étatique. Sans assurances les soins au véritable privé deviennent sont trop chers pour la plupart des Québécois qui paient déjà très cher le système public et rechignent à l’idée de payer en double. Il faut être pas mal riche ou très motivé pour aller au privé, ce que font de plus en plus de gens et ça veut tout dire…

À mon avis tôt ou tard il faudra lever les interdits face au privé et au libre marché dans la santé, on ne pourra éternellement, sous des prétexte politiques et idéologiques, empêcher des gens d’obtenir le service qu’ils veulent dans un domaine aussi important pour la santé.

Si on persiste le monopole de la santé atteindra un état si catastrophique, sera si dangereux et fera si peur (c’est déjà le cas je crois) que sans alternatives beaucoup de personnes fortunées et investisseurs quitteront et éviteront la province, un vrai problème économique donc et un cercle vicieux qui ira en s’aggravant.

Des ententes comme celle de l’Institut de l’Oeil des Laurentides pleuvent depuis 15 ans, nous payons en triple, beaucoup de médecins au Québec, il semble que vous ne connaissiez que la pointe du Iceberg concernant les spécialistes car ce sont eux qui abusent du système. Vous pourrez constater d’ici une année, le nombre de poursuites qui se multiplieront. Puisque plusieurs médecins se sont empétrés dans la fraude, ils paieront la facture et c’est très bien comme cela. Pour les remplacer, il en aura bien d’autres puisque nous avons trop de spécialistes au Québec.

Dans un système où les pénuries sont inhérentes et institutionalisées (et effectivement pas nécessairement reliées aux nombre de soignants…) les fournisseurs de services ont le gros bout du bâton et vous avez raison, ça coûte cher, en tout cas pour la qualité qu’on obtient.

Le «graissage» des spécialistes dont vous parlez est bien sûr odieux, mais c’est peut-être aussi ça qui empêche certaine pénuries de s’aggraver.

Comme quoi ce système est vraiment au bout de la corde…

Bien naïvement, j’exprimerai ce qui m’apparaît essentiel en pratique de la médecine: d’abord prévenir les maladies par la recherche et l’enseignement public et individuel, et s’il arrive des maladies et des accidents, rechercher les causes et traiter les conséquences, ayant d’abord en tête les intérêts « PREMIERS » de la personne malade ou blessée. J’ai souvent vu le contraire malheureusement.
La médecine, ce n’est pas empêcher la mort comme la nature l’a prévu, ce n’est pas enrichir les pharmaceutiques qui font croire aux vertus de leurs produits, ce n’est pas « D’ABORD » s’enrichir sur le dos des citoyens parce que c’est si facile et que personne ne s’en occupe ou presque. Seulement quelques journalistes dits « téméraires » le font à l’occasion.
Y a-t-il encore des médecins dans la salle, et qui sont préoccupés pour les personnes citoyennes qu’ils soignent? J’espère que oui…Qui et où sont-ils? J’aimerais bien vous connaître et connaître vos points de vue, pas seulement en privé mais en public aussi…J’espère qu’un jour il n’y aura plus de « PATIENTS », trop patients.
Merci M. Vadeboncoeur pour votre générosité à nous expliquer.

Le jour où il termine sa formation, le médecin s’inscrit à la RAMQ et son salaire est garantie à 100% en partant. Il est donc employé de l’État car l’argent qu’il reçoit vient de l’État. Pourtant, en partie ou en totalité il pratique dans une clinique privée financé par l’État et il jouit à ce titre d’appréciables avantages fiscaux relié au fait qu’il est également un entrepreneur. Cherchez l’erreur.

Cher docteur, vous m’avez perdu dans la longueur de votre texte .
Je constate qu’un médecin doit aussi être un expert en finance et en procédurite .

Les médecins au Québec sont les mieux payés en Amérique et en Europe ! Parce qu’ ils ont le meilleurs des 2 mondes . Ils sont considérés comme des travailleurs autonomes et par le fait même le droit de s’ incorporer ! Leurs clients leur sont fournis par l’ état et n’ ont aucune autre source de revenus de ce que l’ état leur fournit. C’ est à la limite de la légalité; actuellement un travailleur autonome au Québec doit faire la preuve au ministère du revenu qu’ il a plusieurs clients qui font des affaires avec lui ! Les médecins ont un seul client et c’ est l’état !! C’ est honteux ! Avec leurs corporations, leurs associations , leurs fédérations …. Ils sont ni plus ni moins que des travailleurs syndiqués de la santé ! Le salaire des médecins gruge la grande majorité du budget de la santé et ça frôle l’ indécence! Alors Dr. Vadeboncoeur vous ne me ferez pas pleurer aujourd’ hui !

M. Beauly02. Vous faites erreur sur l’échelle des salaires. Vous avez raison en ce qui a trait de l’Europe puisque en fait ils le sont pour toute la planète sauf pour nos voisins, les américains qui attirent le meilleur des médecins qui ont fait leur études gratuitement au Canada, qui sont bien entendu bilingue, pour aller pratiquer aux USA. Un million de $ aux USA n’est pas une exception, c’est la norme.

Par contre aux USA les médecins payent des primes d’ assurance erreurs- omissions faramineuses car ils sont souvent accusés en cours!

Docteur Vadeboncoeur, je constate que vous écrivez très bien et beaucoup. Dans ce reportage, j’ai constaté que notre système de santé est très malade. Pourquoi, personne ne contrôle rien ou presque. Existe-t-il dans notre société un commerce ou une PME qui charge comme bon lui semble et qui n’a de compte a rendre a personne ou presque??? Dans vos beaux mots savants, (a tout le m oins lucratifs), faudrait lire que pour une autre personne qu’un médecin, cela s’appellerait du VOL. Ce ne sont pas de petites erreurs de parcours, c’est très bien pensé Je pense que ces supposées erreurs devraient être enquêtées sérieusement et un remboursement et des amendes devraient être imposées. Il y a toujours un maudit boutte a se faire charger le prix des gouttes a 100 fois leur prix. Ce ministère ne devrait pas être géré par un médecin…

Bonjour Dr Vadeboncoeur

Vous avez décrit les PPP comme ils devraient être constitués. C’est bien beau dans le meilleur des mondes mais c’est très loin de la pratique de nombreuses cliniques. En fait, mise à part les GMF, nous constatons que ces cliniques privées ne sont que des où “l’argent passe en premier sur les intérêts des soins prodigués aux patients passe par la suite”.

Vous indiquez notamment “une clinique appartient généralement à un individu, un médecin par exemple : c’est de la prestation privée”. Vous oubliez de dire que les médecins qui sont propriétaires ne peuvent constituer des cliniques multidisciplinaires, ne peuvent louer des espaces de bureaux ou temps d’équipements.

Une clinique bien connue à Québec (encore des ophtalmologistes) ont une pratique semblable à celle de St-Jérome et est sur le point d’être sous enquête. Un groupe de personnes du milieu que j’ai mis en place il y a cinq années ont muni des centaines de patient(e)s d’appareils enregistrant tout ce qui se passe durant leurs visites.

Les gouttes qui ne coûtent que 3 cent sont facturées par la pharmacie située en face dans le corridor au coût de 30$ (en 2015) par la pharmacie qui refuse de donner un reçu puisque la clinique ne prend aucun paiement et achemine les patients vers la pharmacie, belle magouille n’est ce pas ? Il s’agit de la plus grande clinique de la région de la capitale nationale et située à Ste-Foy (ou tout près de) près de l’hôpital du St-Sacrement où est situé tous les ophtalmologues de la ville et région de Québec qui réfèrent des patients à cette clinique.

Le ministre Barrette a bien fait de mettre fin sous peine d’amende, des frais accessoires puisque les amendes devraient diminuer les abus. Les frais accessoires étaient pourtant illégaux depuis longtemps.

En ce qui concerne le cas de l’Institut de l’oeil des Laurentides, leur réponse indique ce qui suit :

“Concernant le montant de 1 375 $ par chirurgie de la cataracte avancée dans le reportage, la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ) a déterminé qu’un montant de 325 $ servait à rémunérer le médecin. Pour le reste, le montant de 850 $ (qui est d’ailleurs passé à 650 $ dans la seconde entente) servait à couvrir les infrastructures, les équipements, les frais de fonctionnement, la formation du personnel, etc. Cet argent n’allait pas dans les poches du médecin comme l’affirme et le calcule de façon maladroite et simpliste l’émission Enquête”.

Il est clair que les 850$ (2 millions par année) (à concurrence de 40 à 50 patients par jour) ou 650$ (1.7$ millions par année) depuis la nouvelle entente servent à payer pour les infrastructures (le bâtiment et équipements), les frais de fonctionnement, la formation du personnel etc, tel que leur réponse l’indique clairement et inclus ceux qui ne sont pas reliés à l’ophtalmologie puisqu’il n’y a que 10 ophtalmologues (9 en 2015 et 8 en 2013) dont 4 sont sur le conseil d’administration qui ne compte que 4 membres, belle magouille. Quatre des sept membres de la directions sont des apparentés des 4 membres du C.A. Ce n’est pas une surprise !

Le bâtiment ainsi que les équipements sont donc la propriété de trois médecins mais furent payés par le gouvernement, ah bon ? Non seulement les patients ont payé les équipements par le biais de leurs impôts et taxes, ils payent une deuxième fois pour les utiliser en plus de payer afin que la RAMQ paye une troisième fois, ET POURQUOI PAS ! Pourquoi aller à la pêche aux poissons des chenaux (poulamons) LORSQUE L’ON PEUT SE FAIRE LES GROS POISSONS QUE SONT LES QUÉBÉCOIS ET TOUT PARTICULIÈREMENT LES PATIENTS.

L’institut de l’oeil appartient à trois compagnies à numéros dont les propriétaires sont 3 des 4 membres du conseil d’administration de “l’institut de l’oeil des Laurentides”, de plus en plus une magouille bien organisée et bien orchestrée.

Pour ce qui est des employés et location d’espaces de bureau et location (en temps d’utilisation) des équipements (payé par le gouvernement) vont directement dans les poches de ces trois médecins car “l’institut abrite tous types de spécialistes (mise à part des orthopédistes)” selon leur Statut constitutif déposé sous la Loi sur les compagnies (RLRQ c, C-38 ainsi que RLRQ c, S-31.1) et réitéré selon le rapport annuel déposé auprès du Registraire du Québec.

Nous n’avons qu’à consulter la banque des entreprises du Québec (CIDREQ) pour nous en convaincre puisque l’institut est dans la tranche des 50 à 100 employés, le nombre réel étant 77 au dernier rapport déposé auprès du Registraire du Québec déposé le 2 février 2016, ce qui n’apparaît pas dans le rapport. Le bâtiment comporte trois étages pour une surface totale d’environ 42,000 pieds carrés servant à son exploitation. Il s’agit de 4,200 pieds carrés par ophtalmologue, BEN OUI… CE N’EST PLUS UN POIGNÉE DANS LE DOS MAIS BIEN UN RAMPE D’ESCALIER DANS LES CONTRIBUABLES DU QUÉBEC.

Ils ont le culot de prétendre donner des services dans la région, tout près des patients alors qu’ils sont situés à 25 km de St-Jérôme, le point central de la région des Laurentides qui s’étend jusqu’au Mont- Tremblant (division régionale) tout ce qui est au nord du Mont-Tremblant fait partie d’une division administrative régionale différente.

Selon le rôle foncier de Boisbriand, l’Institut de l’oeil des Laurentides comporte un bâtiment dont la valeur municipale est de 5.5$ millions pour 2017 mais fut construit en 2008 (et donc à un prix beaucoup plus bas) sur un terrain de 12 millions de mètres carrés soit environ 135 millions de pieds carrés pour un bâtiment qui ne compte que 1,224 mètres carrés, soit environ 14,000 pieds carrés.

Ils ont donc un terrain qu’ils peuvent vendre couvrant une superficie qui pourrait comporter 11,500 terrains pour maisons unies-familiales incluant l’espace pour les rues. Le tout sur le dos des contribuables. WOW

Le gouvernement devra refaire ses devoirs sur la question plus large concernant la médecine à deux vitesses que sont les cliniques privées où établir des échelles de salaires aux médecins ainsi qu’un minimum d’actes médicaux à faire, selon sa spécialité. Si vous pensez que c’est un cas exceptionnel, vous vous trompez.

Lorsque l’on sait que les médecins payent un maigre pourcentage d’impôts lorsque comparé à l’ensemble des contribuables, le tout est rendu insupportable en terme de deniers publics et inacceptable du point de vue moral, pour des gens qui se disent des professionnels, Des professionnels j’en convient mais ceux-ci doivent t’il des professionnels de la fraude et du vol ?

Encore ce matin dans le journal de Montréal & Québec ; un article sur les médecins spécialistes qui profite largement du système de la RAMQ !!! Affiliation-désaffiliation etc…. On appelle cela le serment d’ hypocrites !!! Ce n’ est pas le ministre Barrette qui est en cause car il doit composer avec le fameux modèle québecois de notre élite gauchiste qui nous explique sagement qu’ on a n’ a pas le droit de faire de l’ argent sur le pauvre monde et surtout sur le dos des malades !!!

Oui mais peut-on vraiment les blâmer dans les cas où le système public limite arbitrairement le nombres d’actes qu’ils peuvent effectuer.

Bien sûr on pourrait interdire aux médecins de la RAMQ de travailler au privé mais alors les files d’attente s’allongeraient au public qui coûterait beaucoup plus cher s’il augmente le nombre d’intervention.