Pas de plante miracle pour les biocarburants

La révolution du jatropha n’aura pas lieu: l’or vert du désert, comme on surnomme cette plante originaire du Brésil, s’avère beaucoup plus difficile à cultiver que ce que l’on espérait. 

En 2007, on présentait le jatropha curcas comme une plante miraculeuse. Capable de pousser dans des conditions très arides et de lutter contre l’érosion, très riche en huile facilement transformable en biodiesel et non comestible, donc peu susceptible d’entraîner des hausses de prix des aliments, cette culture était vue comme l’une des meilleures solutions pour produire des carburants propres dans les pays du sud, sans nuire à l’alimentation.

«Mais depuis trois ans, les investissements sont allés bien au delà des connaissances scientifiques sur la plante», regrette Rob Bailis, un spécialiste en environnement de l’Université Yale, cité à ce sujet dans un article du magazine Nature.

Les investisseurs ont voulu griller les étapes, promettant de fournir à bas coût des quantités industrielles d’huile de jatropha à des raffineries américaines ou européennes qui pourraient le transformer en biodiesel. Certains commencent à le regretter.

Dans les faits, les rendements en huile du jatropha curcas varient beaucoup sans qu’on sache trop pourquoi. Par ailleurs, il faut attendre trois ans avant que la plante n’arrive à maturité. Plus inquiétant, selon une étude publiée en juin par des chercheurs néerlandais (mais qui reste contestée, voire les citations en bas du même article),  la culture du jatropha consommerait plus d’eau que celle du maïs pour produire une même quantité d’énergie !

Les scientifiques comme Rob Bailis croient que dans un premier temps, le jatropha pourrait être planté là où rien d’autre ne pousse et être utilisé localement, le temps qu’on comprenne mieux l’espèce et ses conditions idéales de culture.

En matière de carburants du futur, on oublie souvent que c’est d’abord la science, ensuite les usines et les retours sur investissements. Les promesses, je n’y crois plus!

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Une question revient toujours. Quelle est l’énergie utilisée pour les longs voyages de la terre à la planète mars comme dans un bidule comme mars orbiter par exemple.
Tout de même curieux que les journalistes scientifiques ne savent pas, car s’ils le savaient, ils nous renseigneraient.

Il me semble que l’on devrait dénoncer haut et fort l’idée qu’il existerait un « carburant miracle » capable de remplacer le pétrole: si ce dernier joue un rôle si central aujourd’hui, c’est justement parce qu’il possède un nombre de propriétiés uniques. De ce fait c’est un produit qu’on ne pourra remplacer (à bien moindre echelle que l’usage qu’on en fait ces temps-ci!) qu’avec difficulté.

Je serais particulièrement curieux, Madame Borde, de savoir ce que vous pensez des travaux portant sur le déclin des réserves mondiales de pétrole: je crains fort que la situation soit bien pire que ce que l’on pense. En ce cas, le déclin des réserves mondiales de pétrole sera sans le moindre doute le plus grand défi que nous aurons à relever dans l’avenir immédiat.

« …non comestible, donc peu susceptible d’entraîner des hausses de prix des aliments »

Si on remplace les cultures comestibles par des cultures non comestibles, le prix des aliments va augmenter.

Ce n’est pas sa non-comestibilité qui lui donnait cet avantage, c’est le fait qu’elle pouvait pousser là où les autres plantes ne poussent pas.

Un peu de sélection génétique et on pourrait faire des miracles avec cette plante. Trois ans de recherche, c’est trop court pour développer des cultivars efficaces. Il faudrait continuer encore plusieurs années.

Elle semble avoir un bon potentiel:

« …Capable de pousser dans des conditions très arides et de lutter contre l’érosion, très riche en huile facilement transformable en biodiesel… »

Les biocarburants doivent êtres vus comme des additifs au carburant ordinaire. En maintenant le niveau actuel de production de biocarburant, si la consommation diminue, la concentration de biocarburant augmentera.