Pas de salaire pour les orthopédistes en Haïti

Les orthopédistes québécois partis aider en Haïti accomplissent une bien noble mission, mais ils se trompent s’ils pensent que la Régie de l’Assurance maladie du Québec devraient les dédommager pour le temps qu’ils passeront là bas, comme ils le demandent.

J’ai une lecture à leur suggérer à leur retour. Dans un long article publié en 2006 dans la revue scientifique Current Problems in Surgery, le chirurgien américain Thomas Pezzella fait le tour de tout ce qu’un spécialiste doit savoir avant de s’embarquer dans une mission humanitaire, en se basant sur les documents déjà publiés à ce sujet.

Conditions de vie sur place, instruments chirurgicaux à emporter, connaissance de la culture médicale locale, assurances, différents types de participation (en solo, via une ONG, un plan gouvernemental…), tout y passe, y compris la conception d’un plan d’affaires pour compenser éventuellement le manque à gagner.

«Se porter volontaire pour aider, c’est comme prendre un nouvel emploi, sauf que vous n’êtes pas payé. La plupart des médecins payent leurs propres frais de déplacement, mais sont nourris/logés une fois sur place», explique ce chirurgien.

Si Québec avait demandé aux orthopédistes de se rendre en Haïti, il aurait été logique qu’on leur verse un salaire, tout comme on le fait pour les militaires ou les policiers (voir cet autre article tiré du site de L’actualité médicale). Mais ils sont partis sur une base volontaire…

Le journal Le Monde soulève une autre question bien plus inquiétante à propos du travail des orthopédistes en Haïti: selon des médecins français présents sur place, les chirurgiens américains auraient été trop prompts à amputer des blessés à la chaîne, parfois même quand ce n’était pas nécessaire et alors qu’aucune aide n’est disponible pour soutenir ces milliers de nouveaux handicapés.

Ont-ils raison? Ou s’agit-il d’un conflit entre deux cultures médicales, l’américaine et la française? Et qu’en pensent nos spécialistes?

En cas de crise humanitaire, des médecins mal préparés peuvent-ils faire plus de mal que de bien?

>> À lire sur le sujet –Haïti : devrait-on payer les orthopédistes ?

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Encore et toujours cette mentalité d’élitiste qui se croit de par ses fonctions au-dessus des lois.

LE simple fait de penser comme Dr Jacques Desnoyers le fait le rabaisse au rang des minus à mes yeux.

Contrairement au commentaire précédent, je comprends les préoccupations de l’Association des orthopédistes. Pour bien montrer que mon opinion est impartiale, je vous dirai que je suis Haïtienne. Oui, l’association a raison. Soyons réalistes. Combien de jours, un orthopédiste bénévole pourra-t-il tenir à aider (et Dieu seul sait combien il y a d’handicapés maintenant) en Haïti s’il n’a pas de bonnes économies pour faire face à ses engagements dans le pays d’origine? Soyons réalistes. Sans vouloir minimiser le travail des policiers et des pompiers qui y sont allés, il n’en est pas moins vrai que ces derniers n’ont pas ces préoccupations. Ils le font dans le cadre de leurs emplois. Leurs obligations n’en souffriront pas (sans jugement) Ne soyons pas hypocrites, charité bien ordonné commence par soi-même. Il n’est qu’à penser à tous ces gens qui voudraient aller aider et dont les obligations financières les en empêchent. Si ces gens avaient une compensation, comme cela se fait dans le cas des volontaires de la Croix Rouge, de l’ACDI et d’autres ONG, ils iraient volontiers aider. D’ailleurs, personne n’est vraiment «bénévole» : les ONG ne prélèvent-elles pas 10% des sommes amassées? Leurs budgets de fonctionnement ne viennent-ils pas, pour une bonne partie, de dons recueillis lors de catastrophes comme celle en Haïti? Alors pourquoi serait-il inadmissible et odieux lorsqu’il s’agit d’un orthopédiste qui a des obligations existentielles comme tout le monde? Je suis d’avis que, non seulement, ils doivent avoir une compensation qui leur permettent de continuer à subvenir à leurs besoins primordiaux et ainsi leur permettre de mettre leurs compétences sans souci au service d’Haïti, mais aussi, que cette dernière doit être assumée par les ONG qui ont colligé toute cette aide immense donnée si généreusement et mondialement pour Haïti. Car, ne nous leurrons pas, cette aide est là pour les besoins immédiats et les orthopédistes en font partie. Ils en sont même essentiels. Ils ne pourront pas faire du bénévolat longtemps car ils ont des créanciers comme tout le monde. L’aide n’est pas uniquement pour de la nourriture, même si, jusqu’ici, on nous a servi la pauvreté d’Haïti comme une carte postale, at nauseam, nous ne sommes pas pour autant un peuple de « crève-la-faim ». Il faut que l’aide amassée puisse aussi servir à des choses qui élèvent mon peuple et non uniquement pour le ventre. Comme, par exemple, soulager les souffrances de ce Grand Peuple d’Écorchés vifs. Selon moi, réparer des membres brisés, des désordres psychologiques, des blessures, etc., est aussi important que donner à manger. L’aide ramassée doit servir à soulager la souffrance, quelle qu’elle soit et non uniquement celle causée par la Faim. Cette façon d’utiliser l’aide recueillie pour Haïti par les ONG doit changer. Haïti n’a pas que faim, elle souffre et gémit aussi de ses blessures. D’ailleurs, jusqu’ici, ce ne sont pas les dons émanent de partout. Il y en a assez pour satisfaire, de façon adéquate, les besoins en ressources humaines et matérielles immédiates d’Haïti. Cette fois-ci, la répartition de l’aide devra être adaptée aux besoins et transparente.

Pour l’instant plutôt que de soigner les blessures on coupe la patte et bon débarras.

Les orthopédistes n’auront pas un sous sa ne paye pas et il n’y a pas de gain pour le Canada.

La majeure partie de l’aide que recevront les Haïtiens est conditionnelle à mettre la patte sur le pays.

C’est de l’aide intéressée par les richesse naturelles et le territoire.

Pauvre Haïti!

L’argent donné partout dans le monde (je ne parle pas des Gouvernements) à quoi va t-il servir? Il pourrait, entre autre, être utilisé à acheter des prothèses pour ceux qui ont perdu leurs membres, bras ou jambes NM

Les orthopédistes ne sont pas les seuls qui sont partis à Haïti pour aider les gens à reconstruire leur pays. Des tas de gens, dont d’autres professionnels de la santé québécois (autres médecins, sages-femmes, infirmières, etc) y sont actuellement et font de leur mieux ET ne seront pas payés pour le travail qu’ils feront là-bas. Certes, les orthopédistes ont aussi des paiements de voiture et de logement à faire, comme tout le monde, mais un de leur propre confrère faisait valoir l’autre jour qu’ils gagnent jusqu’à 350 000$ par an: personne ne me fera pleurer en me disant que, les pauvres, ils ne toucheront que 285 000$ cette année. Par ailleurs, le choix de partir était volontaire: s’ils voulaient continuer à toucher un salaire, ils n’avaient qu’à rester au Québec et ne pas aller se chercher une image de héros à Haïti.