Pas d’éducation sexuelle sans sexologue

L’éducation à la sexualité qui fera bientôt son retour dans les écoles du Québec risque fort d’être «défaillante, incomplète et donnée par des gens qui ne sont pas à l’aise d’aborder la sexualité», selon un collectif de 185 sexologues diplômés de l’UQÀM.

Étonnamment, la Commission d’étude sur le retour des cours d’éducation à la sexualité à l’école qui s’est tenue le 29 novembre dernier n’a pas retenu ces spécialistes parmi la liste des acteurs potentiels susceptibles de donner ces nouveaux cours.

Il semble pourtant évident que peu de gens sont aussi à l’aise et compétents pour parler de sexualité que les sexologues.

Vous n’êtes pas convaincu ? Allez donc faire un tour sur le site de Sophie Morin, l’une des signataires de la lettre adressée à la ministre de l’éducation Line Beauchamp.

Vous me direz après qui peut répondre aussi clairement, sans gêne ni chichis, à une question aussi niaiseuse en apparence que : «Est-ce qu’on peut se fracturer le pénis ?» alors que tout le monde sait que ce n’est pas un os. Allez-voir, vous allez être surpris! 

Récemment, le docteur Alain Poirier, directeur de la santé publique, rappelait pourquoi l’éducation à la sexualité fait partie des bagages indispensables pour une société en santé.

Les sexologues formés au Québec ont passé trois ans à étudier le sexe sous toutes ses facettes: psychologie, biologie, criminologie, sociologie, droit, éducation…

Ce ne sont pas des médecins ni des enseignants, mais ils en connaissent un rayon sur la chose et sont capables d’en parler comme aucun enseignant ne pourra jamais le faire à moins d’avoir reçu une formation en béton à ce sujet.

Se priver des compétences des sexologues pour donner des cours d’éducation sexuelle, alors que nos enseignants en ont déjà plein leur casque, n’a tout simplement aucun sens.

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Le fait de ne pas inclure les sexologues dans la liste des acteurs potentiels m’apparaît probablement lié à une question de sécurité, puisqu’il n’existe pas d’Ordre des Sexologues à proprement parler. Il y a, bien sûr, l’ASQ, l’Association des Sexologues du Québec, mais cet OSBL ne peut suspendre ou radier ces membres, malgré son rôle éthique. Autrement dit, le terme « sexologue » peut être utilisé par n’importe qui étant plus ou moins qualifié, comme l’était le terme « psychothérapeute » avant l’adoption de la loi 21. La création d’un Ordre des Sexologues permettrait à ces derniers d’obtenir la légitimité qui était probablement recherchée par la Commission d’étude sur le retour des cours d’éducation à la sexualité à l’école.

Évidemment, malgré le problème derrière l’usage du terme « sexologue », il est ridicule d’exclure une personne détenant des études en sexologie, particulièrement si cette dernière a aussi des notions de pédagogie…

@Mme Borde: Merci beaucoup pour cette visibilité! 🙂

@ Marc P.: Sachez que l’ASQ, le RPSQ et le département de sexologie de l’UQAM travaillent à mettre en place l’ordre des sexologues. L’Office des professions a donné son o.k. pour que cet ordre soit mis en place; ce n’est qu’une question de temps maintenant!

Enfin, presqu`un cris d`alarme !!
Notre formation nous permet d`être tellement plus à l`aise avec la terminologie autour de la sexualité. Rien à rougir, rien pour avoir honte et d`être gêné.

Alors que le prof de secondaire, même de l`élémentaire est encore non seulement inconfortable, mais mal informé autour de la sexualité.Il y a encore trop de gêne, de malaise pour parler honnêtement, surtout simplement de la sexualité humaine.Il faut y voir !!

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