Nous sommes nuls pour apprendre des catastrophes!

Sachant que le tsunami de 2004 a fait plus de 200 000 victimes autour de l’océan indien, où pensez-vous qu’il serait le plus utile d’avoir un système très efficace d’alerte au tsunami? Dans les pays qui bordent l’océan indien… ou sur le pourtour de la Méditerranée?

Lisez d’abord ce qui suit, et je vous donnerai la réponse un peu plus bas… 

L’an dernier est paru aux États-Unis un livre fort intéressant à propos de la gestion des catastrophes d’origine humaine ou naturelle.

Dans Learning from catastrophes, strategies for reaction and response, les chercheurs américains Howard Kunreuther et Michael Useem ont réuni 20 experts en management du risque et gestion des catastrophes pour faire le point sur les connaissances à ce sujet.

En se basant sur des événements tels que l’ouragan Katrina, la crise financière, le SRAS, le tsunami de 2004, la canicule en France, des accidents d’avion … et bien d’autres, les chercheurs montrent à quel point les organisations ont tendance à mal réagir face à des catastrophes peu probables mais potentiellement dévastatrices.

Les émotions déforment notre perception des risques de multiples manières, rappellent d’abord les auteurs.

On a toujours plus peur des séismes après un séisme majeur, même si ce dernier n’augmente pas le risque. C’est le fameux biais du joueur de roulette, qui croit toujours que le noir a plus de chances de sortir que le rouge après une longue série de rouges. 

On a aussi plus peur de mourir de causes invisibles qui nous échappent, comme une catastrophe nucléaire ou des virus, que d’un bête accident d’auto qui est pourtant  nettement plus probable.

Malheureusement, toutes ces perceptions erronées se traduisent aussi dans les décisions prises à l’échelle d’un pays ou d’une région du monde.

La conclusion des chercheurs est claire: il reste beaucoup à faire pour que les décideurs agissent froidement et de manière rationnelle pour nous protéger des catastrophes.

Les mauvaises décisions coûtent des milliards et font des milliers de décès évitables.

Investir sur le long terme face à un risque peu probable, comme un séisme de magnitude élevée,  est pourtant généralement payant, compte tenu du coût astronomique des dégâts.

J’en reviens à mon histoire de tsunami. Vous avez répondu la Méditerranée ? Bien vu! Le risque de tsunami est loin d’y être négligeable, comme vous pourrez le voir dans cet article du magazine Pour la Science.

Selon les auteurs de Learning from catastrophes, il aurait été plus urgent d’installer un système d’alerte au tsunami autour de la Méditerranée qu’autour de l’océan indien.

Pourtant, après 2004, les priorités se sont inversées, alors que la communauté internationale a décidé d’urgence de doter l’océan indien d’un tel système.

Mais on n’a encore quasiment rien fait pour informer sérieusement les résidents du pourtour méditerranéen, alors qu’on connaît le risque. Jusqu’à ce que…

Cette gestion avisée des risques est évidemment peu compatible avec des politiques à courte vue, basée sur l’opinion publique plutôt que sur la science.

La reconstruction des hôpitaux de Charlevoix pour les mettre à l’abri du risque sismique constitue une exception remarquable à ce sujet. Pourtant, la nouvelle a suscité bien de la grogne dans la population.

N’attendons pas le prochain séisme pour féliciter le ministre Bolduc pour cette sage décision!

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Au CHU Sainte-Justine, plusieurs millions ont été investis pour la consolidation de l’hôpital par des murs anti-sismiques. Ça donné de nouveaux locaux à l’arrière de l’hôpital avec une immense verrière assez spectaculaire, surtout le soir, par son éclairage coloré.

Christian

“Nous sommes nuls pour apprendre des catastrophes!”

Effectivement, il y a plus ou moins cinquante ans, le gouvernement provincial de Maurice DUPLESSIS avec la complicité du corps médical et de l’Église détruisait la vie de milliers d’orphelins pour des raisons économique.

En 2011, Jean CHAREST et l’ensemble de l’Assemblée nationale du Québec (les 125 députés) commettent encore la même magouille, toujours avec la complicité du corps médical, pour détruire et voler la vie d’accidentés du travail.

“Nous sommes nuls pour apprendre des catastrophes!”

Jean GODBOUT
Victime d’un crime d’État
http://jeangodbout.com