Pas simple de clouer le bec aux conspirationnistes

Afin de permettre au public de faire la différence entre les «affirmations raisonnables et douteuses», un chercheur a conçu un modèle mathématique simple mettant en évidence la probabilité de défaillance de n’importe quel complot supposé.

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En produisant un modèle scientifique visant à estimer la viabilité des croyances conspirationnistes, David Robert Grimes pensait pouvoir mettre à mal certaines thèses voulant que l’humain n’ait jamais marché sur la lune, ou que la vaccination soit dangereuse. Mais quand ses travaux ont été utilisés pour prouver la résurrection du Christ, un petit problème a commencé à poindre.

De toute évidence, la «tendance des individus à croire que les événements et les relations de pouvoir sont secrètement manipulés par certains groupes et organisations clandestines» inquiète le physicien et chercheur David Robert Grimes, de l’Université Oxford.

«Les efforts pour convaincre le grand public de la validité des constatations médicales et scientifiques peuvent être entravés par ces récits [conspirationnistes], ce qui peut donner l’impression d’un doute ou d’un désaccord là où la science est pourtant bien établie», a-t-il écrit dans un article publié par la revue PLOS ONE de la Public Library of Science – tout en reconnaissant qu’il existe des exemples de complots ayant éclaté au grand jour.

Afin de permettre au public de faire la différence entre les «affirmations raisonnables et douteuses», il a conçu un modèle mathématique simple mettant en évidence la probabilité de défaillance – ou d’existence – de n’importe quel complot supposé. Sans surprise, le facteur X est l’humain et sa capacité à tenir sa langue: une conspiration autour du changement climatique impliquerait que des dizaines de milliers de chercheurs soient dans le coup d’une manière ou d’une autre, rendant quasiment inévitable qu’une fuite intervienne à mesure que le temps passe.

Le docteur Grimes a ainsi avancé que cette éventuelle conspiration sur le changement climatique transpirerait au bout d’un maximum de 26,77 ans si elle n’impliquait que des scientifiques (leur nombre étant estimé à 29 083), et à 3,7 ans si les organismes scientifiques internationaux étaient aussi de la partie (portant le total d’acteurs à 405 000 personnes).

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De fait, il a établi le plafond du nombre de conspirateurs pouvant être impliqués afin qu’un secret reste bien gardé au bout de 5, 20, 50 ou même 100 ans.

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L’exploit de Neil Armstrong a-t-il été truqué? Le changement climatique est-il un canular? La vaccination est-elle réellement dangereuse? Le traitement contre le cancer a-t-il été enterré pour le profit d’intérêts particuliers? Selon les simulations de David Robert Grimes, toutes ces revendications ne seraient pas soutenables.

La mission Apollo 11 ayant envoyé Neil Armstrong et Buzz Aldrin sur la Lune aurait mobilisé, selon le chercheur, plus de 400 000 employés de la NASA. Or, personne n’a jamais apporté la preuve de la véracité d’un complot. «Les résultats de ce modèle suggèrent que de grandes conspirations (impliquant plus de 1000 personnes) deviennent rapidement intenables et sujettes à l’échec», a expliqué le chercheur.

Alors que de nombreux médias faisaient écho aux trouvailles du chercheur, la journaliste Ann Atkins a repris ce cheminement de pensée dans l’émission «Thought for the Day», de la BBC. Mais plutôt que de clouer le bec aux conspirationnistes, comme le docteur Grimes l’aurait sûrement espéré, elle l’a plutôt repris à son compte pour parler de la crucifixion et de la résurrection du Christ, dont beaucoup doutent.

«Les théories du complot abondent à propos de ce qui est arrivé à Jésus de Nazareth […] Cinq cents témoins oculaires ont été cités à l’époque. Selon le modèle du docteur Grimes, cela devrait indiquer l’effondrement inévitable d’une conspiration en quelques décennies. Et pourtant, elle a duré deux millénaires.»

La récupération des travaux du docteur Grimes a fait bondir le journaliste Martin Robbins, qui y a vu le signe que l’étude en question n’était peut-être pas à la hauteur de l’intention. Après s’être plongé dans la méthodologie du chercheur, Martin Robbins a en fait trouvé ce qu’il considère être «un cas d’école de ce qu’il ne faut pas faire en statistiques».

Le journaliste a notamment pointé du doigt le fait que le docteur Grimes ne s’est appuyé que sur trois exemples pour mettre au point les paramètres de son modèle, ce qui est loin d’être une «mine d’or statistique», selon les mots de Robbins. Le chercheur ne s’en était d’ailleurs pas caché: les détails entourant un complot n’abondant pas, il n’avait pu utiliser que les informations existantes sur trois exemples connus de conspiration: le programme de surveillance PRISM de la National Security Agency (NSA) américaine, l’étude de Tuskegee sur la syphilis et les erreurs scientifiques du FBI dans l’analyse de cheveux.

Mais le problème est plus profond. «Dans chaque cas, le nombre de personnes impliquées est une conjecture totale. Au sujet de la NSA, Grimes utilise le chiffre de 30 000, ce qui présuppose que l’ensemble du personnel était dans le coup, du directeur jusqu’au concierge. En réalité, cela a pu ne concerner que des centaines de personnes, peut-être même quelques dizaines. Les données sont simplement absurdes», a commenté Robbins.

Quant à l’hypothèse émise par le docteur Grimes selon laquelle une personne moyenne a 0,0005 % de chance de divulguer une information secrète au cours d’une année, Robbins la réfute tout autant. «Si cela était vrai, il n’y aurait pas de mot pour “commérage” dans le dictionnaire. Nous nous promènerions dans le silence le plus complet toute la journée. La réponse standard à la question “Comment vas-tu ?” serait “Cela ne te concerne pas”.»

Et encore, tout ceci n’a que peu d’importance, selon Robbins, comparé à une «erreur de calcul très simple» qui a miné l’étude au complet puisqu’elle est intervenue dès la première équation. D’autres férus de statistiques l’ont également mis en évidence, s’en prenant notamment au système de révision et d’approbation par les pairs mis en place par PLOS ONE.

«La conclusion [émise par le docteur Grimes] a toujours du sens : si un grand nombre de personnes est impliqué, garder le secret sur une conspiration devient incroyablement invraisemblable. Mais nous savions déjà cela. Même en corrigeant son erreur, le modèle que présente Grimes ne serait qu’une courbe de probabilité standard nourrie pas certaines hypothèses improbables. Cela ne nous approcherait pas d’une prédiction sur la longévité d’une conspiration dans le monde réel.»

Si le scepticisme et le rationalisme ont tous deux été alimentés par l’étude du docteur Grimes, force est de constater que la vérité est toujours ailleurs.

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17 commentaires
Les commentaires sont fermés.

Clouer le bec et au pilori! Rien que ça???
Rhétorique stérile sans contenu se tenant le plus éloigné possible du factuel en utilisant la confusion comme outil de dominance sans aucune méthodologie scientifique. Lamentable retour à l’inquisition des plus sombres âges de l’humanité.

Remarque plutôt évasive. Que veux-tu dire ? Qu’on est obligés de croire la « version officielle » sans jamais poser de questions, ne jamais douter ? Explications s.v.p.!

Vous voulez de vrais conspirationnistes?

N’avez qu’a écouter le PQ et toutes ses théories toutes plus farfelues les une que les autre sur l’influence néfaste qu’aurait eu le ROC sur le développement du pauvre-Québec-éternelle-victime-du-système-Canadien.

ÇA c’est de la VRAIE théorie conspirationniste.

Encore un article de promotion du conspiro !

C’est environ le dix millième article de ce genre.

Un article de promotion du fantastique et merveilleux étiquetage « conspirationniste » (complotiste).

Un article pour renforcer l’étiquetage.
Un étiquetage qui permet de clouer le bec à tous les regards critiques que l’on peut faire sur certaines situations ou informations.

Pour éviter toute réflexion sur certains sujets et surtout éviter de considérer certains faits véritables, vérifiables et indéniables, on sort rapidement le fameux étiquetage « conspirationniste », et hop ! Le tour est joué.

On plaque au sol rapidement tous ceux qui peuvent apporter une observation qui fait réfléchir et qui peut remettre en question certaines affirmations ou assurances concernant plusieurs sujets.

Par cet étiquetage on discrédite en un claquement de doigts tous ceux qui dérangent et font réfléchir.
C’est une trouvaille géniale.

Conjointement à ces articles, des équipes s’emploient à pondre des théories conspirationnistes ridicules visant à prouver que lesdits « conspiros » sont des débiles de la pire espèce.

Voici quelques exemples de théories du complot totalement farfelues et ayant été pondu dans le but de justifier le genre d’article que nous avons ici.
– Elvis ne serait pas mort !
– Armstrong et les autres n’auraient jamais mis les pieds sur la lune !
– Les illuminatistes nous contrôlent !
Et quoi encore !

Par ces théories loufoques et ces articles de promotion de l’étiquetage « conspiro » on tente de discréditer la presse alternative.
On insinue que «LA» vérité n’est nulle part ailleurs que dans les organes de presse officielle nous rapportant comme une vérité d’évangile tous les discours et propos de nos politiciens, sans jamais oser les confronter aux faits.

Serge Charbonneau
Québec

Vous n’avez clairement pas lu l’article. Il est mentionné clairement que l’auteur avait utilisé 3 théories qui s’étaient avérées existantes et les 6 derniers paragraphes de susbstances ont été dédiés à critiquer la théorie en cause (celle de David Robert Grimes).

Vous soulevez un problème qui n’a aucun lien avec le travail journalistique présent ici.

Une chose est sûre, ce billet ne traite pas de la volonté de croire. Il ne s’agit pas ici seulement de statistiques mais de psychologie et, pourquoi pas, de neurologie. La seule façon de se tenir loin de cette volonté de croire et de cheminer grâce au raisonnement (statistiques à l’appui quand c’est possible), c’est de s’appuyer sur la méthode scientifique. Vive la science.

J’ai tenté d’envoyer un message hier, et ça n’a pas marché ??? Alors, le revoici…
Que dire des pseudo-méthodes scientifiques qui ont servi d’explications « Officielles » à l’effondrement des deux tours du WTC, du 7e édifice aussi et du trou de 20 pieds de diamètre dans les murs de 9 pieds d’épais de béton armé du Pentagone par un avion majoritairement fait de plastique composite ??? Je ne suis pas un ingénieur en bâtiments, mais je ne suis pas un deux de pique non plus. Quand les méthodes scientifiques ne sont pas du bon bord, ça donne des lois qui ne tolèrent aucune contestation, aucune analyse, aucune remise en question, négation ou révision comme on connaît en Europe sur des sujets très sensibles, mais dont il ne faut pas parler. « Crois ou meurs ».

Vous confondez plusieurs choses. La méthode scientifique sert à tester des hypothèses de travail. C’est une méthode qui sert à acquérir de nouvelles connaissances, à expliquer des observations que nous ne pouvons pas expliquer parfaitement avec nos connaissances actuelles.

Il n’est pas nécessaire d’appliquer la méthode scientifique pour expliquer rigoureusement l’effondrement des tours jumelles ou du pentagone puisque les connaissances scientifiques actuelles (en l’occurrence en matière de génie structurel) permettent de le faire aisément.

« Je ne suis pas un ingénieur en bâtiments, mais je ne suis pas un deux de pique non plus. »

Malheureusement c’est difficile de vous croire lorsque votre principal argument concerne la composition de l’avion, qui est d’ailleurs composé à plus de 70% d’aluminium (à moins, bien sûr, que vous refusez de croire la « version officielle » pour une raison quelconque). Ah, je ne dis pas qu’il n’y a aucun plastique utilisé dans un Boeing, mais vous avancez que c’est « un avion majoritairement fait de plastique composite ». Ce n’est rien d’autre que risible comme argument.

http://www.southampton.ac.uk/~jps7/Aircraft%20Design%20Resources/Structures/Boeing%20777%20materials.pdf (il s’agit d’un 777, mais il n’y a pas de technologies structurelles radicalement différentes entre un 777 et un 757-200 comme celui qui a foncé dans le Pentagone)

Vous devriez vérifier un peu plus ce que vous publiez.
La référence sur le complotisme pour le gouvernement français a publié cet article :
http://www.conspiracywatch.info/Les-complots-ne-peuvent-pas-tenir-Est-ce-prouve_a1535.html

Donc on ne sait pas encore s’il y avait plusieurs tireurs pour l’assassinat de Kennedy, et il faut étudier les zones d’ombre du 11 septembre.

Ce n’est pas le fait qu’il y ait 10 personnes, 100 ou 1000 personnes qui soient au courant d’un événement et qu’ils fassent croire à une version qui devient « officielle » qu’on doive vite crier au complot. Deux personnes partagent un secret, et on est certain que dans laps de temps assez court, l’une des deux aura flanché. Ce qui est déplorable dans toutes les versions officielles d’un événement plus ou moins grave, c’est que toutes les traces de preuves « officielles » elles, sont cachées dans des dossiers « Top Secret » sous prétexte de la sécurité nationale. Si j’ai bonne mémoire, les documents classifiés sur l’assassinat de Kennedy devraient être déclassifiés en 2017, soit 54 ans après les événements, et ils seront sans doute très caviardés. Elles sont là les racines du complotisme. À tel point qu’après un temps aussi long (cas de Kennedy) il ne serait même pas étonnant d’apprendre que plus personne ne sait OÙ sont les documents. Alors, version officielle ou pas, dans la majorité des cas, on ne connaîtra jamais LA Vérité.

Votre théorie tient-elle compte du fait que les participants à un complots peuvent faire leur part en toute bonne foi sans être au courant de ce que font les autres « départements ». Je parle ici de compartimentation. (Tout le monde produit une pièce de l’engrenage sans connaître le résultat final de leur travail.)

Peut-être est-ce là une partie de l’énigme qui fait en sorte qu’on ne détienne jamais la totalité des pièces du même casse-tête, mais en fin de compte, ne serait-il pas normal qu’en haut de la pyramide, on ait une vue d’ensemble même incomplète ? C’est ce qui me fait douter sur les résultats de nombreuses enquêtes et tout spécialement sur l’enquête (qu’on peut qualifier de « pseudo ») sur le WTC et le Pentagone. Dans ce dernier cas, dans la semaine qui a suivi le fameux « crash » d’un supposé Boeing, on ait recouvert la pelouse d’une épaisse couche de terre et de nouvelle pelouse, faisant en sorte que l’un n’y retrouve plus aucune trace de débris de l’objet qui aurait heurté le bâtiment. J’avais treize ans quand Kennedy fut assassiné, et je peux dire que je suis devenu « sceptique » dans les années qui ont suivi cet événement, car personne n’a jamais connu la vérité depuis, malgré le lot d’agences de renseignement et services d’intelligence qui gravitent autour de ces événements. Le scepticisme n’est pas synonyme de complotisme ou révisionnisme, c’est la faculté de savoir se poser des questions quand tout semble trop facile à digérer parce qu’on nous a trop mastiqué la bouchée.
Bonne semaine à vous.

Il faut rajouter en plus l’argumentation de la carotte et du bâton. C’est le système Cosa-Nostra.

tous le monde asteur cris au complot quand tu fais beaucoups d’argent moi sa ma beaucoup affecter les théorie du complot illuminati etc. J’ai compris finalement que sa ne servais a rien et sa m’avancerai a rien dans la vie de croire au théorie du complot j’aime mieux croire en Dieu aumoin c’est plus positif. Les gens se plaignent et il vont rien faire. d’autre vont dire les riche deviennent de plus en plus riche et les pauvres de plus en plus pauvres sais pas la faute des riches ni du gouvernement c’est la notre a place de vouloir changer les choses dans notre vie et dans la vie des autres vaut mieux rester assis et crier au complot