Pénurie de médicaments : pas de solution simple

Les pénuries de médicaments constituent un problème mondial, qui n’est ni nouveau ni près de se résoudre, selon deux pharmaciens qui publient une analyse très intéressante à ce sujet dans le dernier bulletin de l’OMS. À lire, alors qu’à Ottawa, la Chambre des communes a adopté la semaine dernière à l’unanimité une motion visant à lutter contre ce problème.

Selon les deux auteurs, membres du bureau de la Fédération internationale pharmaceutique (qui représentent les phramaciens et chercheurs en pharmacie et non les compagnies fabricantes de médicaments ), 21 pays seraient actuellement touchés par des problèmes d’approvisionnement en plusieurs types de médicaments, dont 80% sont des médicamants injectables comme des agents chimiothérapiques ou des anesthésiques.

En 2010, 15 pays ont aussi manqué de streptomycine, un antibiotique injectable, et 11 anticipaient des pénuries.

Les raisons de ces problèmes sont multiples, croient les auteurs. Aux États-Unis, 43% des des 127 pénuries ayant fait l’objet d’une investigation de la Food and Drug Administration ont été attribuées à des problèmes de qualité de fabrication, surtout liés à des changements intervenus dans la réglementation.

Mais c’est avant tout la concentration de la fabrication des médicaments chez un petit nombre de fournisseurs qui semble problématique : selon un rapport du IMS Institute for Healthcare Informatics,  les deux tiers des produits présentant des problèmes d’approvisionnement provenaient de trois fournisseurs ou moins.

Selon un autre article publié en novembre dans le New England Journal of medicine par un médecin et une pharmacienne américains, la cause des pénuries aux États-Unis serait avant tout économique.

D’une part, les marges trop faibles sur les produits génériques encourageraient les fabricants à en arrêter la fabrication.

D’autre part, les oncologues américains reçoivent moins d’argent quand ils prescrivent des génériques: «Pourquoi donneraient-ils du paclitaxel à leurs patients atteints de cancer, pour recevoir 6% de 312$ de Medicare, alors qu’ils peuvent leur prescrire l’Abraxane qui leur rapporte  6% de $5,824?», s’interrogent Mandy Gatesman et Thomas Smith.

La solution à ces pénuries ? Ce ne sera pas simple, préviennent les spécialistes. Pour l’instant, gouvernements et industrie s’entendent pour dire qu’ils doivent plancher sur une stratégie. Laquelle ? On n’en a encore aucune idée…

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La proposition de créer Pharma-Québec, un pôle public d’acquisition, de recherche et de production de produits pharmaceutiques, pourrait être une partie de la solution. Cela permettrait entre autres de produire en quantité suffisante les médicaments que les pharmaceutiques se permettent de juger pas assez payant à produire alors qu’ils font des profits exhorbitants sur leurs médicaments-vedettes.

Moi aussi je propose Pharma-Québec. L’industrie pharmaceutique nous laisse tomber et nous ruine collectivement en s’enrichissant grâce à la maladie de nos citoyen.

« selon un rapport du IMS Institute for Healthcare Informatics, les deux tiers des produits présentant des problèmes d’approvisionnement provenaient de trois fournisseurs ou moins. »

Hé! Avez-vous remarqué que l’on se rapproche de façon plus ou moins évidente de l’ex URSS.

Décidément oui Pharma-Québec inc détenue par l’assurance santé du Québec serait une solution. Vu que les médicaments fabriqués par cette entreprise coûteraient au moins 30% moins cher, cela réduirait les coûts de l’assurance médicaments en plus d’assurer une fiabilité d’approvisionnement.

pharma-québec… laissez-moi rire. non seulment les prix ne feraient qu’augmenter, mais la pénurie ne serait pas près de se résorber

Le problème est très bien expliqué en fin d’article:
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D’autre part, les oncologues américains reçoivent moins d’argent quand ils prescrivent des génériques: «Pourquoi donneraient-ils du paclitaxel à leurs patients atteints de cancer, pour recevoir 6% de 312$ de Medicare, alors qu’ils peuvent leur prescrire l’Abraxane qui leur rapporte 6% de $5,824?», s’interrogent Mandy Gatesman et Thomas Smith.
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Ceci tue la concurrence en faisant en sorte que le prix le plus bas ne gagne plus, c’est le prix le plus élevé. En fait, c’est l’inverse même du capitalisme. On est en présence d’un cartel qui gonfle artificiellement les prix.

La solution, éliminer les commissions sur les médicaments ou bien les fixer à un prix fixe par prescription. À ce moment, seul le prix le plus bas ferait loi, ce qui encouragerait la concurrence entre les pharmaceutiques.

Pharma-Québec, tant que c’est sur le modèle Néo-Zélandais, OK.

Mais il faut pour cela que le fonctionnement des brevets canadiens soient changé, ce qui ne sera pas évident avec les conservateurs à la barre…

Ah Les prix augmenterais et les pénuries seraient pire exactement comme Hydro-Quebec. D’ailleurs les tarif sont trop hauts et il manque d’électricité.

» D’ailleurs les tarif sont trop hauts et il manque d’électricité. »

HQ, société d’État qui profite d’un avantage déloyal, qui vend son électricité à perte, qui a produit son premier dividende après 20 ans d’existence (la nationalisation) et qui est en situation de surplus.

Société d’État : quand l’État tente de nous faire croire que le capitalisme a échoué alors que c’est SA faute

Continuez de nous tenir informés. Continuez d’en parler. Continuez de demander des mises à jour à nos organisations québécoises et canadiennes sur leurs actions et/ou intentions. Il faut maintenir l’intérêt des lecteurs sur le problème, garder le « momentum » en l’alimentant. Ce n’est pas une nouvelle dont on ne doit plus se rappeler demain. C’est un problème grave, non résolut. Merci Valérie de vous y attarder avec autant de professionnalisme.

@mathieu

L’électricité est moins chère qu Québec que partout ailleurs. D’ailleurs, les ÉU nous menaçaient de qualifier l’électricité du Québec de « dumping » parce que c’était trop bas…

Poussez, mais poussez égal!

De plus, les pénuries sont causées par un trop faible nombre de producteurs pas de distributeurs…

On parle de pilule, dans le moment un échec du privé ou du capitalisme et les libertariens déçus de ce fait nous parlent d’Hydro en la déformant pour nous faire oublier les pilules.

» dans le moment un échec du privé »

ce qu’on voit : une pénurie de médicaments de compagnies privées

ce qu’on ne voit pas : la magouille du gouvernement derrière, notamment les assurances et les monopoles

meilleure chance la prochaine fois

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