Pilule de guerre

Les soldats qui partent au front pourraient bientôt s’équiper d’une nouvelle arme: des comprimés qui permettent de garder son sang-froid, même dans le feu de l’action.

Le Dr Charles A. Morgan, psychiatre à l’Université Yale, a prélevé des échantillons de salive de combattants qui participaient à un entraînement où ils étaient privés de sommeil, soumis à des tirs simulés et emprisonnés dans des camps. Le chercheur a détecté dans la salive des soldats un niveau de cortisol – une hormone associée au stress – supérieur à celui de patients s’apprêtant à subir une intervention chirurgicale ou de personnes sur le point de sauter en parachute. Le niveau de noradrénaline – à l’origine, notamment, de l’augmentation du rythme cardiaque – était aussi astronomique. En grande quantité, cette molécule agit sur le cortex préfrontal du cerveau, nuisant à la concentration et à la prise de décision.

Les combattants qui arrivaient à garder la tête froide et à réagir au quart de tour, même en situation de crise, sécrétaient également l’hormone déhydroépiandrostérone (DHEA) et le neurotransmetteur neuropeptide Y (NPY) en quantité supérieure à la normale. Ces deux molécules amortiraient l’effet du cortisol et de la noradrénaline, neutralisant les répercussions du stress sur le cerveau.

Le psychiatre croit que des suppléments de DHEA et de NPY permettraient de «façonner» de meilleurs combattants et de réduire le risque de souffrir d’un syndrome post-traumatique.

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