Placébo sur ordonnance

Un sondage mené en 2010 et 2011 auprès de 606 médecins canadiens, dont 257 psychiatres, révèle que 20 % d’entre eux ont déjà prescrit des placébos.

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Par ailleurs, 35 % des psychiatres ont admis prescrire à l’occasion des médicaments à des doses inférieures à celles reconnues pour faire effet. Enfin, 60 % des psychiatres estiment que les placébos peuvent avoir des bienfaits thérapeutiques.

Un médecin peut prescrire un placébo pour traiter un problème de sommeil, par exemple, en assurant à son patient qu’il lui donne « quelque chose qui a fait ses preuves auprès de nombreux insomniaques ». À proprement parler, ce n’est pas un mensonge.

« Beaucoup hésitent à y avoir recours, parce qu’ils considèrent que ce n’est pas à cent pour cent honnête », dit le Dr Amir Raz, professeur à l’Université McGill, qui a mené l’étude. « Même ceux qui les utilisent sont gênés de l’admettre. »

Ce psychiatre croit que le moment est venu de transgresser les tabous. « On sait que l’effet placébo est réel et puissant. Il faut avoir une discussion claire et ouverte au sein du corps médical sur les meilleures façons d’exploiter son potentiel. »