Pour des réformes rapides après le Sommet sur l’enseignement supérieur

Maintenant que le gouvernement Marois a pu régler sans trop de heurts la question sensible des frais de scolarité grâce au Sommet sur l’enseignement supérieur, il va devoir s’attaquer  à un énorme chantier de réformes au cours des prochains mois pour que les universités puissent s’acquitter au mieux de leur mission, avec le moins d’argent possible.

Il y a urgence, car comme l’a dit le Dr Guy Breton, recteur de l’université de Montréal, le patient n’est pas en grande forme et ce n’est pas un hypothétique réinvestissement futur qui le soignera.

Mais l’attention médiatique va rapidement s’estomper dès lors que s’éloigne le spectre de grèves et de manifestations dans les rues, et le risque est grand que le processus s’enlise dans d’interminables discussions.

Maintenant que toutes les parties ont pu présenter au ministre leur vision des choses à l’occasion des rencontres préparatoires et du Sommet, que d’innombrables groupes et personnes ont déposé des mémoires, le gouvernement a tout en main pour prendre les décisions qu’il jugera les plus opportunes.

Plutôt que de perdre du temps en longs chantiers consultatifs où chacun va une fois de plus amener son opinion avant que le gouvernement ne tranche (ou laisse dormir les rapports sur les tablettes), le ministre Pierre Duchesne devrait très rapidement présenter les faits sur lesquels il entend baser les réformes.

On gagnerait ainsi beaucoup de temps, et donc de l’argent…

Voici à quoi cela pourrait ressembler, par exemple pour la question de la reddition de comptes:

Document ministériel:

1. Aujourd’hui, voilà la manière dont les universités rendent des comptes.

2. Voici pourquoi on veut la changer.

3. Voici les propositions sur la table, inspirées notamment des mémoires déposés au Sommet.

4. Cochez oui/non.

Cela éviterait de discuter éternellement de propositions qui n’ont aucune chance d’aboutir et de noyer le poisson jusqu’aux prochaines élections, maintenant qu’il n’y a plus guère de péril en l’opinion publique.

Cela aurait aussi le mérite d’écarter d’emblée des propositions farfelues telles que celle des universités à deux niveaux que propose la Coalition Avenir Québec, qui de toute évidence n’a pas compris en quoi consiste la recherche universitaire.

Voir à ce sujet l’excellent texte du professeur Yves Gingras publié dans Le Devoir, qui explique très bien pourquoi la proposition de Monsieur Legault n’a tout simplement aucun sens.

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Bien des choses ont été dites, bien plus ont été gardées secrètes. Ce qui est le plus étonnant réside dans l’instantanéité des décisions relatives au développement de l’enseignement supérieur. Nous agissons comme si réfléchir n’était pas nécessaire. Nous ne nous posons pas les bonnes questions de telle sorte que nous aboutissons aux mauvaises réponses. Les leaderships locaux l’emportent sur sur le bien commun car les livres financiers de nos universités sont assi fermés qu’une huître. Bien malin celui qui est capable de déchiffrer leurs besoins financiers. Qu’est-ce que les profs veukent offrir de plus pour favoriser le développement de l’enseignement supérieur? Nos étudiants veulent-ils vraiment s’instruire ou simplement fréquenter l’université?

Ce sommet n’est qu’une opération de relation publique très bien orchestré par le PQ pour classer un dossier dont les dérapages peuvent être désastreux pour le parti au pouvoir. On l’a vu avec le précédent gouvernement pris avec une large coalition de mouvement populaire dont l’objectif était de le renverser.

L’origine de la crise est la bonification du financement des universités et cela passait par une majoration de la contribution des usagers. Le PQ a finalement imposé ce modèle contre la volonté des étudiants qui tiennent à la sacro-sainte accessiblité (lire gratuité). Or d’une main le gouvernement impose une modeste indexation aux usagers et de l’autre main il coupe 250$M dans les budgets des universités. Finalement, le précédent gouvernement avait raison d’en demander plus aux usagers afin de maintenir le financement au niveau actuel.

Ce que je retiens du sommet est, à part les chantiers, une promesse de réinvestissement en 2015. Je ne suis pas dupe, une promesse étant une promesse, la réalité économique et démographique du Québec me font croire qu’il n’y aura pas de réinvestissement dans les universités.