Pour ou contre les compteurs d’eau?

Une odeur de scandale accompagne l’arrivée prochaine de compteurs d’eau à Montréal. Mais que sait-on au juste de leur efficacité  ?

J’ai posé la question à Frédéric Lasserre, expert en géopolitique de l’eau à l’Université Laval, qui étudie notamment les pratiques de gestion de l’eau dans le monde.

Selon le chercheur, on a prouvé à maintes reprises que faire payer l’eau en fonction du volume utilisé fait diminuer la consommation, que la mesure s’applique à des individus ou à des entreprises, commerces ou institutions.

Ce qui est moins évident, c’est le prix qu’il faut y mettre. Pour le calculer, on doit tenir compte de  la rareté des ressources en eau, du coût d’opération des infrastructures existantes, du coût d’installation des compteurs et de la capacité de payer des consommateurs. Il est très difficile d’établir le juste prix. D’où le risque bien réel de magouille.

Dans le sud-ouest américain, souvent cité en exemple, l’installation de compteurs pour l’ensemble la population et des entreprises a eu un effet à la baisse radical sur la consommation. La facture d’eau peut atteindre des centaines de dollars par mois pour des citoyens trop gourmands ! Mais là-bas, l’eau est vraiment rare…

Les Québécois sont réfractaires à l’idée de payer pour une ressource relativement abondante et qu’ils considèrent comme un bien commun. La ville de Montréal a décidé d’installer des compteurs uniquement pour les entreprises, commerces et institutions, notamment suite aux révélations du Devoir sur l’énorme gaspillage qu’entraîne le branchement sur le réseau d’eau potable – sans permis – de climatiseurs et réfrigérateurs dans de nombreux commerces et industries. En piratant cette eau bien fraiche, tous ces filous profitent du laxisme de la ville pour détourner l’eau sans frais et économiser sur leur facture d’électricité.

Mais, rappelle le chercheur, ce sont quand même les citoyens ordinaires qui, collectivement, consomment le plus d’eau ! Même si la population n’est pas prête à accepter des compteurs, on aurait au moins pu prévoir d’en installer quelques uns par quartier, pour mieux repérer les fuites dans le réseau ou cibler les campagnes de communication vers là où la consommation bat des records.

Selon Frédéric Lasserre, l’idée que les compteurs d’eau soient un premier pas vers la privatisation de la ressource ne se vérifie pas dans les faits. Il existe bien des endroits dans le monde, notamment en Europe et au Québec (20% de la population a un compteur), où l’eau est  facturée à l’utilisation sans que le réseau soit privé.

Avez-vous encore peur des compteurs d’eau ?

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J’ai le sentiment qu’il ya une grande confusion au sujet de l’eau et de son utilisation. Beaucoup de gens dans les villes ne sont pas en contact avec l’eau autrement qu’en ouvrant un robinet. Dans les campagnes ( je vis à la campagne) de l’eau il y en a partout. Comment avoir une pleine conscience des dangers liés à l’utilisation de l’eau ?

Sur un plan strictement rationnnel et prenant connaissance des études sur le sujet, on peut comprendre qu’il est nécessaire de rationaliser son utilisation.

Mais même en s’y arrêtant pour y réfléchir, pour l’ours moyen. comme moi, ça reste un problème théorique. Surtout dans notre hémisphère.

Est-ce que ça ne serait pas précisément ça le vrai problème, le fait que dans le fond, il est difficile de vraiment comprendre la gravité de la situation?

D’où il en résulte que tout ce débat semble plutôt économique, alors qu’en réalité sa vraie nature est masquée et que les citoyens ne se sentent pas concernés.

Bonjour,

Je pense que les compteurs d’eau sont nécessaires, autant pour les citoyens que les organisations et entreprises. C’est toujours utile de savoir ce que l’on consomme. L’eau est certes un bien public, mais ce n’est pas une raison pour la gaspiller. Des analyses comme celle de M. Lasserre mériteraient un meilleur écho.

Des compteurs d’eau? Oui, pourquoi pas? Ça permettrait de diminuer les abus engendrés par la « gratuité » de l’eau potable (arrosages quotidiens d’entrée de garage, lavages de voiture à outrance, pelouses transformées en « greens » de golf, etc).
Je pense qu’il faudrait avant tout se doter d’un réseau de distribution efficace. Dans les « vieilles » villes comme Montréal ou Québec il est antédiluvien… On évoque un taux de fuites de 40% à Montréal! Alors des compteurs, oui, mais un réseau étanche en amont en priorité.

Je suis pour les compteurs, plus on en utilise plus on doit payer.
Ça va surement générer des revenus supplémentaire pour la ville de Montréal qui pourra ainsi investir dans les infracstructures désuettes.

Oui à des compteurs d’eau, et des compteurs d’électricité, intelligents ! Je crois que cette information doit aussi être accessible à tous. Ca serait bien de pouvoir aller sur la page web d’Hydro-Québec pour y voir sa consommation en temps réel. C’est un outil intéressant pour analyser sa consommation et réduire ses factures ! Je vis en France présentement et j’ai un compteur d’eau simple, mais je le regarde et je fais beaucoup plus attention à ma consommation que si j’étais au Québec.

Le gouvernement américain en collaboration avec Google va installer 40 millions de ces compteurs intelligents au É-U.

http://www.google.org/powermeter/smarterpower.html

Les compteurs d’eau pour les ICI (Industries, Commerces et Institutions) est une bonne chose qui peut permettre d’importantes économies d’eau.

Toutefois, au niveau résidentiel, ça pénalise les familles pauvres avec de nombreux enfants. J’ai déjà habité un quartier doté de compteurs et le gaspillage et l’arrosage d’asphalte étaient fréquent. En instaurant une politique d’utilisateur/payeur, il est très difficile de réglementer l’usage de l’eau puisque le gaspilleur se justifiera en disant qu’il paye pour ce qu’il fait. De plus, comme les tarifs sont faibles, il en coûte plus cher en gestion (lire et entretenir les compteurs, envoyer les factures et courir après les mauvais payeurs) que ce que le système peut rapporter.

Ici à Nicolet petite ville de 5 000 habitants avant les fusions, la ville a installé 100 compteurs pour vérifier la consommation. L’eau était chargée à part égale par logis.

La ville a constaté que la consommation variait de 160 000 litres à 1 250 000 de litres pour chaque logis. 1 250 000 litres d’eau c’est 25 piscines de 24 pieds pleines. Une demi piscine par semaine.

L’année suivante la ville a installé des compteurs pour toutes les entrées d’eau et a débuté la facturation au mètre cube d’eau.

La deuxième année il y en a plusieurs qui ont crié au meurtre et ont fait des plaintes à la ville. Malheureusement pour eux ils ont dû payer, les compteurs étant très justes.

Imaginez, je payais pour les gaspilleurs qui laissaient couler leur boyau toute la journée du samedi pour laver le char l’entrée etc.

Un simple FILET D’EAU quand le réservoir de la toilette coule peut aller jusqu’à 250 000 litres d’eau en un an, près de la consommation totale de 2 LOGEMENTS sans compter celui du robinet de la cuisine.

@ Sébastien T.

Je ne comprends pas votre point.

Avec la consommation normale, il est très facile d’avoir une famille de 5 enfants. Quand le bonhomme laisse couler le robinet pendant tout le temps qu’il se fait la barbe, n’allez pas imaginer que les enfants vont économiser l’eau.

Ici pour ma résidence, j’ai une piscine et un système d’arrosage automatique contrôlé par un processeur. Pourtant la ville me dit que je suis dans la moyenne. Je paye 325$ pour ma consommation d’eau et si je vidais la piscine pour avoir de l’eau neuve traitée et arrosais pour avoir une pelouse de golf ce serait plus de 550$. Facile pour moi d’avoir une pelouse comme un tapis vert, je n’ai qu’à presser sur les boutons, mais mon portefeuille m’incite au contraire.

Pour la facturation

Dans un premier temps, mon compteur n’a jamais brisé ni celui de mes logements depuis 30 ans.

Dans un deuxième temps, les compteurs sont électroniques. La personne qui fait la lecture ‘’pluge’’, à l’extérieur de la maison, une fois par année et le compte s’enregistre seul. C’est sans compter que les lectures d’eau et d’électricité se feront par câble dans peu d’année.

Dans un troisième temps, il n’y a pas de facture. Le total de la consommation est sur le compte de taxe annuel, donc pas de frais pour les mauvais payeurs.

Le citoyen ordinaire gaspille autant que les commerces et l’industrie. Il y en a qui font gaspiller 1000$ d’eau à la municipalité pour en sauver 300$ sur leur compte d’électricité….

@Mathieu Benoit

Ici je peux regarder ma consommation d’électricité sur le net chaque mois et la comparer avec l’année précédente sur un graphique. Pour l’eau je peux regarder aller le compteur comme pour l’odomètre d’une auto.

Mais le compte, ça compte. Money talk.

@Yvon Fleurent Nicolet C’est déja un début ! Mais je pense plutot à avoir la consommation en temps réel, pouvoir comparer la consommation à différents moments de la journée. Un peu comme on peut le faire avec le débit de données de nos connections internet. La technologie est simple à implémenter et doit se payer tout seule… Sauf si c’est des compteur d’eau à Montréal ! Imaginez par exemple, durant une vague de froid, il serait utile de pouvoir regarder sa consommation a l’heure de pointe et voir les différents pics associés à différents appareils ou bien voir facilement la différence en consommation quand on baisse le chauffage de 2-3 degrés avant d’aller travailler. Même ma voiture m’envoie un email tout les mois pour me faire un bilan de santé !

@Sébastien T. Je ne comprends pas votre point de vue. C’est statistiquement improbable que l’instauration de compteur engendre une augmentation de la consommation ! Ce que vous racontez me semble plutôt de l’ordre de l’anecdotique.

À brossard nous avons des compteurs d’eau utilisateur payeur. Quand c’est gratuit les gens ne font pas attention. Même chose en santé: un ticket modérateur règlerait bien des problèmes.

@ maud

« Même chose en santé: un ticket modérateur règlerait bien des problèmes. »

Voulez-vous dire que les gens feraient attention d’être moins malades avec un ticket modérateur?

Et vu que nous sommes en pleine grippe H1N1, et que si les gens n’ont que de petit symptômes de grippe ils devraient attendre d’être très malade avant d’aller chez le médecin?

C’est comme ça aux USA et l’espérance de vie est plus de 2 ans de moins élevée qu’au Québec et les gens sont plus malades.

Je crois aussi qu’installer des compteurs dans chaque foyer aidera grandement à sensibiliser les gens quand à l’usage qu’ils font de l’eau.

Il faut arrêter de penser qu’on « paye de l’eau » mais plutôt qu’on aide à défrayer les coûts de son épuration et du système d’aqueduc qui l’amène jusque chez nous.

Quelqu’un qui sait que son compteur tourne sera plus susceptible de prendre son balai pour nettoyer son bout de trottoir au lieu de sortir le boyau d’arrosage.

Pour régler le problème des familles ou des plus démunis, il s’agirait d’utiliser un seuil maximal d’utilisation d’eau avant que ça soit payant. Ce seuil serait établi selon les besoins normaux en eau d’une personne (études, recherches scientifiques, etc.). 5 personnes = seuil x5. Après son dépassement dans l’année, le compteur $$$ se met en marche. Cette façon permettrait donc de ne pas taxer les besoins vitaux en eau d’une personne, ce qui est équitable pour tous, mais de taxer ceux qui en utilisent plus que ce qui est nécessaire en moyenne.

Bien sûr, la solution équitable et juste est toujours la plus complexe ($$$), car elle tient compte de plusieurs facteurs (nombre de personne, enfant ou adulte, etc.) alors elle est automatique rejetée.

L’eau n’est pas une ressource inépuisable. Je trouve normal que nous appliquions le principe utilisateur payeur. Ainsi les gens y penseront avant de laver leur alsphate et arroser inutilement leur pelouse. Dans ma ville nous avons des compteurs d’eau et je suis d’accord avec cette politique.

Moi je suis pour et contre les compteurs d’eau certaines familles sont plus grosses que d’autres et ça ne serait pas juste de les faire payer plus pour un peu rien…

Je suis pour et contre les compteurs d’eau.
Pour: Sa diminue le gaspillage de l’eau
Contre: C’est injutse pour les familles pauvres qui on besoin d’eau autant que les personnes qui ont de l’argent.