Pour un réinvestissement massif en recherche au Québec

À la veille de la rencontre préparatoire au Sommet sur l’enseignement supérieur qui se déroule aujourd’hui à Rimouski avec comme thème l’avenir de la recherche, les chercheurs en santé ont lancé une campagne de communication visant à mieux faire connaître les conséquences des coupes récentes dans les fonds de recherche du Québec.

Avec comme slogan Je suis Michèle, d’un prénom d’une femme aux prises avec un cancer dont la recherche constitue le seul espoir, les 18 centres de recherche des établissements du Québec en santé ont dénoncé la diminution de 10 millions de dollars des subventions que leur accorde le Fonds de recherche en santé du Québec.

Le ministre de la santé Réjean Hébert a reconnu que ces compressions auraient des conséquences, mais a voulu rassurer les Québécois en disant qu’elles n’affectaient pas aujourd’hui les soins aux patients.

Ils sont pourtant des milliers au Québec à participer à des essais de recherche clinique susceptibles non seulement de faire progresser la science, mais aussi de leur faire profiter de traitements encore expérimentaux.

À lui seul, le Consortium de recherche en oncologie clinique du Québec réunit 300 médecins chercheurs qui ont engagé certains de leurs patients dans des protocoles de recherche.

Bien sûr, les 10 millions de dollars soustraits au FRSQ ne constituent qu’une petite portion du budget de recherche universitaire en santé au Québec, que le ministre Pierre Duchesne évalue à 560 millions de dollars, incluant les contributions du fédéral, des entreprises et des fondations.

Ils sont néanmoins essentiels pour financer correctement les étudiants de deuxième et troisième cycles sur lesquels reposent une bonne partie de l’effort de recherche des universités.

Ce sont ces bourses gouvernementales qui permettent aux étudiants de ne pas dépendre uniquement de contrats attribués à la pièce par leurs profs quand ceux-ci décrochent des subventions.

Mais surtout, bien des chercheurs se sentent trahis par un gouvernement qui ne cesse de clamer son attachement à la science et à cette fameuse société du savoir, mais qui a sans ambages coupé dans le budget des universités comme dans celui des fonds de recherche.

Ajoutez à cela le peu de considération qu’Ottawa accorde à la science (lisez à ce sujet l’entrevue que j’ai réalisée avec le chercheur Yves Gingras, publiée dans le numéro de février de L’actualité) et vous comprendrez sans peine que les scientifiques ont de quoi être sur les nerfs par les temps qui courent.

Au Québec, les compressions, qui correspondent en fait à la fin de la Stratégie québécois de la recherche et de l’innovation 2010-2013, auraient pu être évitées si l’on avait tout de suite dégagé des fonds pour la future politique québécoise de la recherche, qui doit être annoncée ce printemps.

La seule chose que les chercheurs peuvent maintenant espérer, c’est que l’annonce de cette politique sera assortie d’un réinvestissement majeur.

Au strict minimum, Québec devrait redonner au Fonds de recherche du Québec le même budget que celui que lui avait attribué le gouvernement Charest pour 2012, soit 180 millions de dollars.

Donner aussi (enfin!) au Scientifique en chef Rémi Quirion les moyens de ses ambitions.

Ne pas céder, ensuite, à ceux qui veulent maximiser les retombées de la recherche à court terme, au détriment de la recherche fondamentale dont les retombées sont de plus longue haleine (ie, pas sur la même échelle de temps que les campagnes électorales…) mais ô combien importantes.

Le tout, sans tarder, et sans céder aux lobbies qui voudraient tirer la couverte à eux avec des «projets mobilisateurs» décidés on ne sait trop comment.

D’ici là, le ministre Duchesne devrait se garder de faire la leçon aux chercheurs sur leur manière de communiquer, histoire de ne pas envenimer des relations de plus en plus tendues.

Hier, il s’est fait quelques ennemis de plus en dénonçant ces scientifiques qui ont «instrumentalisé la détresse» pour faire entendre leurs revendications.

Monsieur Duchesne, citez-moi une seule compagnie pharmaceutique, ou un seul lobbyiste en santé qui ne l’ait jamais fait ! Le ruban rose, ça vous dit quelque chose ?

Je suis bien d’accord avec le ministre que cette manière de faire entendre sa voix n’est pas jolie jolie, et je suis la première à applaudir ceux qui l’évitent.

Mais force est de reconnaître qu’elle fonctionne, notamment auprès des médias, et que le milieu de la santé en a toujours profité allègrement pour réclamer plus d’argent que les autres secteurs d’activité.

J’espère juste que le ministre Duchesne ne se laissera pas émouvoir et qu’il n’oubliera pas que la recherche en sciences naturelles et génie, et celles en sciences humaines et sociales, sont aussi drôlement importantes.

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Pour une augmentation massive des subventions de recherche (taux de succès de 18 % au CIHR depuis des années, comparativement à 40 % il y a 25 ou 30 ans).

A la rigueur, pour une augmentation du montant de bourse qu’un étudiant de 2ème ou 3ème cycle reçoit. Mais cela pourrait donner un message trompeur: donner l’illusion que la vie sera facile après.

Contre une augmentation du nombre de bourses accordées aux étudiants de 2ème et 3ème cycle, sauf si cela est associé à une interdiction de payer un salaire aux étudiants de 2ème ou 3ème cycle à même la subvention de recherche.

Ainsi, le détenteur d’une subvention de recherche pourra offrir des vrais emplois à des associés de recherche ou à des assistants de recherche au lieu d’augmenter excessivement le nombre de diplômés M.Sc. et Ph.D. par effet pyramidal sans offrir d’emplois réels de recherche.

Les directeurs de laboratoire de recherche veulent plus d’étudiants boursiers; ils veulent former plus d’étudiants. Pourquoi? Parce que cela est pour eux la manière la plus économique de produire des publications. Une fois cela fait, ils se fouttent complètement (mais prétendront le contraire!) de ce que leurs diplômés obtiennent ou non un bon emploi: un emploi dans leur domaine à long terme. La preuve: les université n’ont aucune idée du statut d’emploi de leurs diplômés qui ont maintenant 45, 50, 55, 60 ou 65 ans!

Ce qui était valable dans les années 50 ou 60, quand la demande d’emplois de recherche augmentait exponentiellement ne l’est nullement depuis la fin des anneés 1980.

Il y a présentement un énorme surplus de Ph.D. Aux Etats-Unis, seulement 23 % des Ph.D. trouvent un emploi dans le domaine de la recherche. Que ferait-on si seulement 23 % des M.D. trouvaient un emploi dans le domaine de la médecine? On crierait à la surproduction de M.D. au lieu de dire, comme on fait présentement pour les Ph.D.: « ah mais c’est bien qu’ils se recyclent en journalistes, an animateurs de radio, en enseignants au secondaire ou au CEGEP, etc. »

Des compagnies diront qu’il y a manque criant de main d’oeuvre scientifique dans certains domaines. Laissez-moi vous dire dans quel domaine il y a un manque criant de main d’oeuvre: dans le domaine des serviteurs dans les maisons: comparez avec le bon vieux temps de Dowton Abbey! En effet, il y aura toujours manque de personnes prêtes à travailler pour presque rien.

Chez Ford Motor Company, immédiatement après l’invention de la chaine de montage, il y avait attrition terrible chez les employés. Le travail était terriblement ennuyant; Ford n’arrivait pas à retenir ses employés. Leur salaire était pourtant raisonnable: $2.35 par jour.

Qu’a fait Henry Ford? Il a augmenté le salaire à $ 5 par jour. Le travail à la chaine était tout aussi ennuyant, mais maintenant les employés se battaient pour travailler chez Ford et ceux qui y obtenaient ces emplois ennuyants les gardaient.

En somme, il n’y a pénurie que quand on offre des salaires trop bas ou des conditions de travail trop onéreuses.

A lire par toute personne désirant faire un Ph.D.:

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Le gouvernement du Québec devrait obliger les universités à montrer ce document web à quiconque désire faire des études graduées ou demander une bourse d’études graduées.

@honorable. Est-ce qu’il y a des statistiques de disponibles au QC ou Canada concernant les conditions de travail des dîplomés MsC et PhD? Salaire moyen, chomage etc.? Je demande car encore une fois l’aspect de la surproduction et perspective d’avenir minables des dîplomés PhD et MSc est encore une fois absent du débat. C’est désolant. Comment faire connaître cet aspect du débat? Quelqu’un doit « attacher le grelot » comme on dit!

Je dois ma carrière aux programmes de soutien aux entreprises pour la recherche appliquée. Grâce aux subventions fédérales qui abondaient dans les années 80, j’ai pu acquérir des connaissances très pointues dans mon domaine et je n’ai jamais manqué de travail depuis. J’ai également vu naître une industrie à Québec. La ville de Québec est mieux connu pour son industrie de la photonique mais Québec est également le pôle mondiale dans le domaine des essais non destructifs. Une dizaine de compagnies évoluent dans ce secteur (Olympus NDT, Zetec, Eddyfi, etc), cela soutien plus de 500 emplois et à généré des retombés qui dépassent le milliard de dollars.

Je crois que les gouvernements doivent supporter la recherche avec des budgets prévisibles et une stratégie cohérente à long terme. Les projets doivent répondre à des besoins concrets afin de supporter le développement d’industrie permettant de mettre au travail nos techniciens, ingénieurs, scientifiques et hommes d’affaire, et aussi pour générer des retombées permettant de financer nos généreux programmes sociaux. L’attidute de Pierre Duschesne est méprisante envers un secteur que les gouvernements ne cessent de décrire comme vecteur de développement.

Puisque c’est d’actualité, le secteur des essais non destructifs de Québec dont j’ai fait mention plus haut s’est implanté pour répondre à des besoins de la centrale nucléaire Gentilly-2. En cette triste semaine, je remercie le personnel da la centrale qui a eu confiance dans les ingénieurs et scientifiques de Québec (beaucoup de U. Laval) pour développer les technologies qui rendent nos centrales, avions, automobiles et pipelines plus sécuritaire et ce pour le bien de tous.

« Contre une augmentation du nombre de bourses accordées aux étudiants de 2ème et 3ème cycle »

(1)

Le probleme ici c’est que c’est pas evident si on se prive pas de gens motive et competent. Car bien difficile de prevoir le parcours d’un etudiant meme talentueux, car une carriere c’est long et on peut recevoir une bourse CRSNG dans les premier sur la liste et decider d’arreter avant d’autres qui etaient 8e ou 9e ou meme changer de discipline …

(a)

J’ai vu des gens avoir une prestigieuse bourse CRSNG du premier coup a la maitrise … puis arreter a la maitrise pour toute sorte de raison … et justement pour certains devenir professeur de cegep

(b)

Puis d’autre etudiants obtenir une bourse FQRNT que du 2e coup a la maitrise, meme chose au doctorat et avoir une bourse postdoctoral peut etre que dans la troisieme offre seulement … pour une couple d’annee plus tard avoir beaucoup plus d’article que d’autre qui avait eu le CRSNG du premier coup.

(2)

Le probleme c’est que les demandes CRSNG et FQRNT ont leur limite. Elles ne sont pas aussi serieuse par exemple qu’en angleterre ou en australie ou la description de projet est plus volumineuse, qu’on recoit les rapports sur notre projet et qu’on peut repondre aux rapports.

La description du projet est tellement courte au CRSNG et FQRNT qu’on se demande sur quoi on evalue le projet …

(3)

(a)

Au niveau de la bourse maitrise une seule ou quelque « mauvaises notes » au baccalaureat peuvent faire tomber une cote de 4.2 sur 4.3 a 4.1 ou 4.0 bien difficile de savoir si le candidat qui est 5e ou 8e dans un comite sur la liste est au final plus a meme de faire une carriere en recherche.

(b)

Le fait qu’un etudiant avant la maitrise ait ou non deja des publications est aleatoire et ca depend souvent bien peu de lui meme.

Si l’etudiant a choisit un groupe de recherche x ou y et qu’on lui a donne une partie d’un projet deja sur les railles ou qui peut se faire en un ete, plus facile d’avoir une publication. Mais d’autres etudiants ont des projets qui ne peuvent aboutir en un ete a une publication ou meme ont ete mal cible.

Et puis meme au niveau de la maitrise ou du doctorat pas evident de voir la contribution intellectuelle reelle de l’etudiant et surtout quand il y a 3-4 noms ou meme 25 comme dans certaines disciplines.

(c)

La demande elle-meme est evaluer sur la presentation. Certains groupes font un suivi plus serre que d’autre des applications des etudiants alors que dans d’autres centres ils sont laisse a eux meme par le superviseur.

(4)

En regard de (1)-(3). Moi je prefere en donner de ces bourses ( quitte a donner moins ) … et ne pas les imposer meme au postdoc.

Puis laisser au temps faire son oeuvre de departager tout ce beau monde …

A la longue on va perdre certains candidats qui etaient premier a la maitrise sur la liste de bourse du CRSNG ou FRQNT au cegep ou a faire autre chose … mais qu’on va peut etre donner un coup de pouce a d’autre dans une 2e ou 3e offre qui vont pour toutes sortes de raisons

perseverer et faire une carriere.

C’est pas un sprint mais un marathon …